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Critique de fuji


fuji
  21 août 2019
Dès les premières lignes l'auteur pose devant nos yeux le matériau qui formule son art :
« le corps dévoile ce que l'esprit ne peut verbaliser. »
Valérie Rossignol sculpte non pas ce qu'elle voit, mais elle restitue ce que lui confie ce corps exposé. Seule, elle construit sur le non-dit.
L'auteur nous explique très bien ce qui fait son quotidien, en mots choisis elle nous invite dans son atelier, nous écoutons avec elle le silence, nous fixons son oeil, nous mesurons, nous regardons ses mains échafauder une ébauche du dépouillement avant de le nourrir.
Nous sentons la lumière, la terre dans nos mains…
Elle le dit magnifiquement lors de la sculpture d'un ami malade :
« La sculpture finissait par n'être que présence, non pas corps mais instant saisi, instant d'une profonde simplicité et d'une grande quiétude.
J'ai sculpté son aura.
J'ai sculpté ce qui restera de lui quand il sera mort.
Son éternité. »
Dans cette première partie, elle nous apprend beaucoup de chose sur « le modèle », il n'est pas anodin de poser et ce n'est pas à la portée de tout le monde.
La deuxième partie est une longue lettre d'amour à son homme.
Le lecteur se sentirait presque voyeur, si ce n'est l'élégance et la poésie mises pour dire que seul le lien physique ne peut être l'amour. L'amour a de multiples facettes qui les unes sans les autres ne feraient pas d'un être « l'unique ».
L'être qui nous révèle et nous rend vivante.
Je me suis longtemps interrogée sur cette lettre et le pourquoi de sa publication. Car n'y a-t-il pas plus intime qu'une lettre d'amour et plus étrange que de se voir dévoiler la sensualité de quelqu'un.
En refermant cet opus, je me suis fait la réflexion que cette femme sculpte avec les mains, organes de la préhension, de la créativité par le toucher.
Il faut deux mains pour symboliser une coupe. La coupe est elle-même un symbole cosmique : l'oeuf du monde, chaque moitié représentant l'une la Terre l'autre le Ciel.
Cette pensée m'a amenée à me dire que la sculptrice Valérie Rossignol ne serait peut-être pas la même sans l'homme qui partage sa vie, et que ces deux parties forment symboliquement le Saint Graal pour elle.
Une lecture qui incite le lecteur à voir au-delà, à aller plus loin et sûrement à voir plus d'Arts.
Merci à l'auteur et à cette maison d'éditions l'arbre hominescent pour le soin apporté à l'envoi et bien sûr merci à Masse Critique Babelio qui a fait le lien.
©Chantal Lafon-Litteratum Amor 21 août 2019.
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