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ISBN : 2221111540
Éditeur : Robert Laffont (16/10/2008)

Note moyenne : 3/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Du tag au rap, l’itinéraire chaotique d’un « bad boy » devenu un citoyen engagé.

Chanteur et producteur de rap indépendant, Rost s’est fait connaître du public et des médias avec son association Banlieues actives, créée pour inciter les jeunes à aller voter lors de la présidentielle de 2007. Depuis, il met sa jeune notoriété et sa rage contre l’injustice au service d’actions engagées, interpellant sans relâche les politiques et la société sur les quar... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Dridjo
  05 mai 2014
(Début de l'article...http://www.loumeto.com/spip.php?article422 )
Dans "Enfants des lieux bannis", publié chez Robert Laffont en 2008, Rost entreprend de nous décrire son parcours en quatre actes :
de sa naissance togolaise, sa vie rêvée de gamin dans les rues de Kuma dans une fratrie de neuf enfants, à sa vie au Gabon, loin de ses parents pendant quatre ans. C'est le début de la course d'obstacles de sa vie, et aussi l'un de mes plus grands regrets dans ce livre. le passage "africain" du parcours de Rost m'a frustré car trop vite expédié. Trop vite balayé le "pourquoi" de l'exil forcé de ses parents, les choix qu'ils ont dû faire d'abandonner derrière eux leur fils aînés, la douleur que ça a dû être pour eux.
J'ai aimé cette première partie du livre mais peut-être – peut-être seulement – aurait-elle gagné en richesse si Rost avait réussi à obtenir de ses parents la confession de leurs émotions, de leur réalité dans ces moments sans doute marqués par une violence extrême. Au-delà de Rost, le cheminement de son père, de sa mère et leur rapport au Togo sont des sujets que j'aurai adoré lire. Hélas, évidemment, nous sommes dans une autobiographie, le moi est de rigueur, c'est l'écueil de l'exercice (voir plus haut) qui, dès le début du livre pointe son nez.
le second acte conte une période d'insertion du jeune Rost (environ dix ans) dans son nouvel environnement français. Et, sous-jacent, on lit la faillite de l'accompagnement que ce soit de la part du système éducatif ou des parents. Un gamin qui déboule dans une nouvelle vie sans "mentor" pour lui donner les codes, l'épaule et être un soutien ; alors il apprend de façon violent. Rost est grand et plus costaud que la moyenne, donc il répond à la violence verbale par des uppercuts, puis découvre le tag comme exutoire. Ma question est : que serait-il advenu de lui s'il avait été gamin frêle, chétif et donc privé de la réponse brutale ? Un dépressif suicidaire ? Un psychopathe tueur en série ? Cette seconde partie du parcours de Rost, entre bastons générales et tags sauvages dans les couloirs du métro, est le symbole de la faillite des adultes.
Quand, dans la troisième partie de son parcours, Rost passe du tag au rap, on rejoint un parcours un peu plus "classique" des artistes de l'urbanité occidentale. Rost dépeint bien la rage qui habite le jeune qu'il était et la nécessité de trouver un mode d'expression personnel.
L'ironie c'est que l'on est dans la partie "rap" de sa vie mais aussi dans une zone égotrip assez forte dans le livre. Les "j'ai fait", "j'ai donné", "j'ai vendu"… deviennent vite agaçant. Bien que la description de ses combats soit intéressante, les notions de combats et de persévérance de bon aloi ; impossible d'ignorer le nombrilisme de l'auteur. Nous sommes là bien dans une autobiographie.

L'engagement politique de Rost est décrit dans la 4ème partie et c'est là une des choses les plus intéressantes dans le parcours de l'auteur. La création de son association "Banlieue active", ses combats et, surtout, Rost rend hommage à un grand nombre de personne qui lui ont tendu la main et c'est là quelque chose de louable, même si, je pense, qu'une plus grande place aurait pu être donnée à ses partenaires de tous les jours, ceux qui allaient au carton avec lui.
le sentiment, cependant, qui m'habite en lisant ses cris du coeur à la citoyenneté et à la république, c'est qu'ils ne servent pas à grand-chose. le public qui devrait être touché par ses mots n'est pas – ou si faiblement – un lectorat actif un peu comme il n'est électorat actif. Et les autres, ceux qui liront ses confessions d'engagées, ont déjà – souvent – eu une réflexion sur ses sujets là. Oui, j'ai des tendances pessimistes quand je lis des engagements "gourou-like" plein de bons sentiments et un tantinet donneur de leçon. Mais il en faut. Même si cela ne devait toucher qu'un ado sur mille, ça en vaut la peine.

Ne nous trompons pas, ce n'est pas là – à mon avis – l'oeuvre d'un écrivain à qui l'on demanderait des exploits littéraires. La narration est faite avec une langue familière assez banale, et faible par moment, mais qui colle à l'atmosphère entourant le personnage. Il est dommage qu'un éditeur aussi important que Robert Laffont n'ait pas aidé l'auteur à retravailler le texte pour l'aider à se défaire de la multiplication de "verbes pauvres" (dire, faire, trouver…) et donner une plus grande richesse à son style.
Cependant je termine ce livre avec le sentiment que Rost est tombé dans tous les écueils qui me font fuir les autobiographies et que malgré cela j'ai eu plaisir à le découvrir à travers son parcours. le livre se lit vite, sans ennui grâce au dynamisme de l'écriture. Ce récit mérite d'être lu et, surtout, donné à lire aux jeunes de tout horizon socio-culturel parce que ceux qui se battent, persévèrent et gagnent leurs combats mériteraient d'être toujours ceux qui servent d'exemple. Voeux pieux.
(Suite... http://www.loumeto.com/spip.php?article422)
Lien : http://www.loumeto.com/spip...
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samsarag
  14 septembre 2013
Un livre de souffrance, de combats , et d'espoir
J'ai aimé ce livre courageux, sans compromissions ni nombrilisme.
Lien : http://www.banlieuesactives...
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
DridjoDridjo   05 mai 2014
« Les mesures judiciaires suivirent leur cours ; un jeudi matin, je me retrouvai devant le juge des enfants. Tous les bureaux des juges des enfants sont couverts de montagnes de dossiers. Celui-ci était comme les autres, soixante-dix centimètres de dossiers sur toute sa surface. J’apercevais à peine la juge, une femme blonde, de l’autre côté, derrière les piles de paperasse. Ses traits étaient fatigués, elle enchaînait les affaires depuis huit heures. »
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DridjoDridjo   05 mai 2014
« Comme j’allais le calculer pour un exercice de mathématiques l’année suivante, l’appartement dans lequel nous habitions comptait vingt-huit mètre carrés. Et nous étions neuf à y vivre quotidiennement. Dans un exercice de français, j’appris que cela s’appelait "un taudis", ou "une turne". Il n’y avait pas à dire, l’instruction ça a du bon. »
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DridjoDridjo   05 mai 2014
« On récupérait de vieux cintres tordus dans les poubelles des tailleurs, on les dépliait soigneusement et on fabriquait avec des cerceaux aussi ronds que possibles. A l’aide d’un fil de fer, on faisait une boucle au bout d’un bâton. On passait ensuite le cerceau dans la boucle. Le but du jeu était de courir le plus longtemps en tenant le bâton d’un bras tout en guidant le cerceau. »
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