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Patrick Besnier (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070377640
434 pages
Gallimard (13/10/1986)
3.7/5   95 notes
Résumé :
Vienne, Schönbrunn, Metternich, un empire qui se croyait éternel malgré l'ombre de Napoléon qui pèse encore sur l'Europe à travers un jeune homme irrésistible de charme, de fragilité et de mélancolie, une sorte d'Hamlet androgyne qui fut le grand rôle de Sarah Bernhardt et qui était le duc de Reichstadt, le fils de l'Ogre et de l'Aigle : le roi de Rome, l'Aiglon.
Les ailes de l'Aiglon naissent, s'ouvrent, palpitent au souvenir de tant de puissance et de gloir... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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elea2022
  19 janvier 2022
Cyrano de Bergerac étant un de mes livres (et personnages) préférés, j'ai découvert avec intérêt et plaisir cet autre personnage historique, qui n'est autre que le fils de Napoléon, celui qui devait devenir Roi de Rome, mais qui termina sa vie dans un rôle subalterne à la cour de son grand-père l'empereur d'Autriche.
La pièce est construite en 6 actes, tous intitulés de manière symbolique, par "les ailes", avec un adjectif adapté, selon les étapes de l'intrigue et le destin peut-être superbe qui se présente au Duc de Reichstadt, Napoléon II. La pièce commence alors que, jeune homme fragile de santé, gâté à la Cour bien qu'un peu abandonné par sa mère, Marie-Louise, l'ex-impératrice, il prend peu à peu conscience de son sang, et organise une sorte de résistance pour cultiver le souvenir de son père. Hélas, il souffre d'un manque de confiance en lui, couplé à une conscience cruelle de sa nature, si différente de celle de son père - et Metternich, le froid chancelier, ne se prive pas d'alimenter ses doutes...
A l'approche d'une fête mémorable au château de Schoenbrünn, le jeune homme fait des rencontres surprenantes, parfois au sein même de sa maison, comme le grenadier Flambeau, infiltré parmi les agents de police qui surveillent le Duc, et qui cache bien son secret, ou encore sa tante, la Comtesse Camerata, Napoléone, qui lui propose de l'aider à s'enfuir. le régime de Louis-Philippe ne plaît pas à tous, nous sommes en 1830, et l'aura d'un Napoléon ferait le plus grand bien au moral de la France. Pétri de doutes et d'incertitudes, Franz, duc de Reichstadt, accepte de redevenir le fils de Napoléon, et sent grandir en lui des promesses d'avenir. Mais Metternich et le policier en chef Sedlinsky veillent, et c'est dans un bal masqué que les conspirateurs devront se trouver, déjouer les pièges et agir. Lorsque le complot les amènera à la plaine de Wagram, le Duc reverra-t-il son pays et son peuple qui l'attendent ?
Le destin du jeune Duc est éminemment romantique, d'une part, et son personnage complexe, son ironie et son auto-dérision touchent le coeur et attirent la sympathie, autant que sa vie peut émouvoir ; pour autant, le vrai panache est assuré par des personnages plus secondaires, mais qui donnent à la pièce une allure de roman d'aventures, de cape et d'épée, aussi héroïque qu'il est nécessaire : la Comtesse Camerata, hardie et déterminée, qui prend les risques les plus fous et se révèle aussi invincible que son illustre frère ; Flambeau, enfin, l'obscur, le sans-grade, le témoin de première main de ces soldats fidèles qui ont tant aimé leur chef. Certaines scènes prennent une force proprement hallucinante, comme les visions de Franz sur le champ de bataille de Wagram, et, comme un fil rouge, le vers de Rostand occupe la scène avec la même chair, le même naturel, que dans Cyrano. J'ai retrouvé avec émotion la façon unique qu'il a de découper un alexandrin en plusieurs répliques pour faire fuser le trait d'esprit. Je n'oublierai pas non plus la gouaille alliée au sublime dans les répliques de Flambeau, celui qui aime "le luxe", le gratuit d'une belle action jusqu'à griller sa vie (ne rappelle-t-il pas quelqu'un non plus ?). C'est une pièce forte qui, malgré des longueurs, ou un manque de dynamisme dans certaines scènes intermédiaires, doit produire de l'effet sur les planches. J'aimerais vraiment la voir au théâtre, et je la relirai très certainement : la langue, l'esprit de Rostand est un refuge brillant où l'on peut tout oublier.
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michfred
  15 septembre 2016
Tellement en-dessous de l'illustre Cyrano de Bergerac du même auteur, que, prise de pitié pour cette pièce oubliée, négligée, moquée, je voulais simplement dire qu'il faudrait arrêter de la jouer aux matinées scolaires : ma grand- mère m'y avait emmenée,toute jeunette, et j'ai vu l'Aiglon joué par un très vieux monsieur maquillé comme une voiture volée, avec une voix de vieille dame!!
Même impressionnable comme je l'étais alors, je dois dire qu'il ne m'a pas bouleversée et m'aurait fait plutôt rire...mais je me souviens de mes larmes à la mort de Flambeau, le fidèle grognard: "Flambé, Flambeau!"
Pour cette scène, pour ce personnage, pour ces larmes, discrètes qui allaient devenir torrent , un peu plus tard, quand j'ai lu, puis vu, puis relu, puis revu, la mort de Cyrano, je dois bien quelque lignes de reconnaissance à ce pauvre Aiglon tombé du nid, et qui, de toute évidence, ne sera jamais un aigle..
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brigittelascombe
  04 mars 2013
"Qui sera le sauveur de la France?"
Sûrement pas le Duc de Reichstadt, Franz pour les uns, François pour les autres, homme écartelé entre deux nationalités, deux visions politiques opposées, qui bien que fils de Napoléon I, ce "Petit Bonaparte" triste et sans grande envergure, n'en est pas moins fils de Marie Louise d'Autriche dont le père autoritaire est l'Empereur d'Autriche (soutenu par son chancelier Metternich, ironique, méprisant et décourageant).
" Alea jacta est!" L'Aiglon, même promu Napoléon II, ne serait-il qu'un cygne sacrifié sur l'autel du pouvoir et de ses complots?Voilà, à mon avis, le point de vue romantique que nous donne à voir Edmond Rostand (poète et dramaturge du XIX° siècle, académicien) dans cette pièce de théâtre (en six actes et en alexandrins), ce drame héroïque dont l'action se situe en 1830 à Baden près de Vienne.
"Saperlipopette!" Sacré Flambeau! le bon vieux grognard est là pour rebooster les neurones en berne de ce dit prisonnier dépressif (mais pourtant utopiste) dont le courrier est censuré,dont la porte est gardée et qui n'a pas de vie propre mais surtout, Flambeau, fervent bonapartiste soutenu par moult partisans est là pour ranimer la flamme du trop résigné fils d'un défunt vainqueur.
"Tara tata!" "La Marseillaise a des favoris" pas des moustaches! Dur, dur, d'être empereur. Qu'Edmond Rostand excuse mes impertinences peu académiques mais les divers passages de Flambeau (familier, impertinent,théâtral, grandiose et lyrique) au langage pittoresque, m'ont distraite quelque peu des angoisses de ce jeune homme romantique, tout droit issu des générations succédant au poète allemand Goethe,(dont les tourments intérieurs sont équivalents aux souffrances du jeune Werther).
Edmond Rostand, dont Cyrano de Bergerac reste le chef-d'oeuvre, produit avec L'Aiglon, une pièce basée sur un fond historique intéressant. L'ambiance du palais est bien rendue.Le portrait de l'Aiglon, surnommé perfidement "La Gloriette",qui "ne se sent pas prêt" à être empereur, qui joue avec des soldats de plomb mais ne manie pas les vraies armes, qui doute,qui n'est que "le souvenir d'un fantôme",qui ne peut vivre sa vie d'homme amoureux, est émouvant.
Edmond Rostand sait rendre cet exilé mélancolique attachant car pitoyable.
La satire, en filigrane (car Edmond Rostand dédie ce drame "à mon "fils Maurice,à la mémoire de son héroïque arrière grand-père Maurice, comte Gérard, Maréchal de France) dénonce l'impérialisme autrichien.
On pense alors bien que l'époque soit différente à L'homme sans qualités de Robert Musil (qui ironise sur l'aveuglement de la société viennoise bercée par l'impérialisme de François-Joseph et fête ses 70 de règne alors qu'elle a subi la défaite de la première guerre mondiale).
"Que suis-je?" "Vivre a bien un prix". Voilà aussi des questions existentielles que pose l'auteur, élevant ainsi son Aiglon à un discours plus général quant à l'identité d'un homme.
A lire, un classique incontournable!
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Scrat
  10 octobre 2015
L'aiglon était une découverte totale, se déroulant dans un contexte historique parfaitement inconnu de moi : le post-napoléon.
Et j'ai beaucoup, beaucoup aimé. J'ai lu ça un après-midi, sur le balcon, d'une traite. La langue est folle d'émotion et cette histoire m'a beaucoup, beaucoup touchée. Toute la complexité des sentiments, des situations, sont traduites avec un luxe de subtilité très appréciable La psychée du héros est très joliement dessinée, un peu immature : passant de la révolte, au doute, de l'espoir enthousiaste, a la dépression mélancolique... On s'attache presque à tous les personnages, même les antagonistes, ce qui est quand même une performance. Ça vaut vraiment le coup. Je ne vous en dit pas plus : tenter votre chance.
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helhiv
  08 février 2017
L'Aiglon souffre d'être toujours comparée à Cyrano de Bergerac. L'Aiglon c'est l'éternel deuxième de l'oeuvre d'Edmond Rostand ... certainement à juste titre. Mais regardons la pour elle-même.
L'Aiglon, fils de Napoléon, est Franz, le Duc de Reichstadt, prisonnier de la cour d'Autriche auprès de sa mère Marie Louise. Franz est jeune et n'a pas les épaules pour endosser un possible destin impérial. le souffle du passé, dans la personne d'un ancien grognard (le célèbre Flambeau, peut-être le vrai héros dramatique de la pièce), va lui faire croire que son heure est peut-être venue. Mais l'Aiglon ne sait pas voler ...
Dans cette pièce, chaque personnage a son moment comme pour montrer que Franz est incapable de concentrer l'attention sur lui-même en permanence. J'ai trouvé la pièce un peu longue avec des scènes sur la vie de cour qui m'ont paru diluer le propos. C'est vraiment le lyrisme populaire de Flambeau qui emballe l'action et tente de faire de ce jeune homme, un peu romantique, très mélancolique et assez délicat, un empereur de légende. On sait par l'histoire que Napoléon II avait déjà vécu ...
Ne serait-ce que pour la grande qualité des vers d'Edmond Rostand, cette pièce est désormais un classique à connaître.
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
elea2022elea2022   19 janvier 2022
LE DUC
Je ne peux pourtant – rentrons là-bas –
Souffrir qu’on m’assassine et que je n’y sois pas !

V, 2.
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elea2022elea2022   19 janvier 2022
LE DUC
(...) Ah ! je la sens ce soir assez vaste, mon âme,
Pour qu’un peuple y vienne prier !
Il me semble que j’ai pour âme Notre-Dame !...

V,2.
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elea2022elea2022   18 janvier 2022
FLAMBEAU
Avec un coup d’oeil sur la chambre du prince.
Tu ne l’auras pas su.
C’est pour moi seul. C’est du vrai luxe, – inaperçu !

Il s’arrête, l’oeil jubilant.

S’offrir un pareil coup pour n’éblouir personne,
Mais pour se dire, à soi tout seul : « Elle est bien bonne ! »

III, 7.
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elea2022elea2022   17 janvier 2022
LE DUC
Votre Excellence veut, n’est-ce pas ? qu’effaçant
Cette tache de ciel, cette tache de sang,
Et n’ayant plus aux mains qu’un linge sans mémoire,
J’offre à la Liberté ce linceul dérisoire ?

(Metternich veut supprimer le drapeau bleu-blanc-rouge)

III, 3.
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elea2022elea2022   17 janvier 2022
L’EMPEREUR, lisant le papier qu’il a pris des mains d’un jeune berger profondément incliné et enveloppé d’un grand manteau.

« Un pâtre du Tyrol,
Orphelin, sans appui, dépouillé de sa terre,
Chassé par des bergers ennemis de son père,
Voudrait revoir ses bois et son ciel... » – Très touchant !
– « Et le champ paternel ! » ... On lui rendra son champ.

Il passe la supplique au chambellan, qui l’annote.

LE CHAMBELLAN
Le nom de ce berger qui demande assistance ?

LE PATRE, se redressant.
C’est le duc de Reichstadt, et le champ, c’est la France !

III, 1.
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Il est l'heure de sortir une feuille de papier ! Comme chaque semaine, Rachid Santaki, invité d'Olivia Gesbert dans l'émission "En français dans le texte" sur France Culture, vous propose une dictée géante pour tester votre orthographe. Au programme du jour, un extrait de "Cyrano de Bergerac" d'Edmond Rostand (1897). À vous de tenter un sans faute !
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