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Patrick Besnier (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070377644
Éditeur : Gallimard (13/10/1986)

Note moyenne : 3.56/5 (sur 74 notes)
Résumé :
Vienne, Schönbrunn, Metternich, un empire qui se croyait éternel malgré l'ombre de Napoléon qui pèse encore sur l'Europe à travers un jeune homme irrésistible de charme, de fragilité et de mélancolie, une sorte d'Hamlet androgyne qui fut le grand rôle de Sarah Bernhardt et qui était le duc de Reichstadt, le fils de l'Ogre et de l'Aigle : le roi de Rome, l'Aiglon.
Les ailes de l'Aiglon naissent, s'ouvrent, palpitent au souvenir de tant de puissance et de gloir... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
michfred
  15 septembre 2016
Tellement en-dessous de l'illustre Cyrano de Bergerac du même auteur, que, prise de pitié pour cette pièce oubliée, négligée, moquée, je voulais simplement dire qu'il faudrait arrêter de la jouer aux matinées scolaires : ma grand- mère m'y avait emmenée,toute jeunette, et j'ai vu l'Aiglon joué par un très vieux monsieur maquillé comme une voiture volée, avec une voix de vieille dame!!
Même impressionnable comme je l'étais alors, je dois dire qu'il ne m'a pas bouleversée et m'aurait fait plutôt rire...mais je me souviens de mes larmes à la mort de Flambeau, le fidèle grognard: "Flambé, Flambeau!"
Pour cette scène, pour ce personnage, pour ces larmes, discrètes qui allaient devenir torrent , un peu plus tard, quand j'ai lu, puis vu, puis relu, puis revu, la mort de Cyrano, je dois bien quelque lignes de reconnaissance à ce pauvre Aiglon tombé du nid, et qui, de toute évidence, ne sera jamais un aigle..
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brigittelascombe
  04 mars 2013
"Qui sera le sauveur de la France?"
Sûrement pas le Duc de Reichstadt, Franz pour les uns, François pour les autres, homme écartelé entre deux nationalités, deux visions politiques opposées, qui bien que fils de Napoléon I, ce "Petit Bonaparte" triste et sans grande envergure, n'en est pas moins fils de Marie Louise d'Autriche dont le père autoritaire est l'Empereur d'Autriche (soutenu par son chancelier Metternich, ironique, méprisant et décourageant).
" Alea jacta est!" L'Aiglon, même promu Napoléon II, ne serait-il qu'un cygne sacrifié sur l'autel du pouvoir et de ses complots?Voilà, à mon avis, le point de vue romantique que nous donne à voir Edmond Rostand (poète et dramaturge du XIX° siècle, académicien) dans cette pièce de théâtre (en six actes et en alexandrins), ce drame héroïque dont l'action se situe en 1830 à Baden près de Vienne.
"Saperlipopette!" Sacré Flambeau! le bon vieux grognard est là pour rebooster les neurones en berne de ce dit prisonnier dépressif (mais pourtant utopiste) dont le courrier est censuré,dont la porte est gardée et qui n'a pas de vie propre mais surtout, Flambeau, fervent bonapartiste soutenu par moult partisans est là pour ranimer la flamme du trop résigné fils d'un défunt vainqueur.
"Tara tata!" "La Marseillaise a des favoris" pas des moustaches! Dur, dur, d'être empereur. Qu'Edmond Rostand excuse mes impertinences peu académiques mais les divers passages de Flambeau (familier, impertinent,théâtral, grandiose et lyrique) au langage pittoresque, m'ont distraite quelque peu des angoisses de ce jeune homme romantique, tout droit issu des générations succédant au poète allemand Goethe,(dont les tourments intérieurs sont équivalents aux souffrances du jeune Werther).
Edmond Rostand, dont Cyrano de Bergerac reste le chef-d'oeuvre, produit avec L'Aiglon, une pièce basée sur un fond historique intéressant. L'ambiance du palais est bien rendue.Le portrait de l'Aiglon, surnommé perfidement "La Gloriette",qui "ne se sent pas prêt" à être empereur, qui joue avec des soldats de plomb mais ne manie pas les vraies armes, qui doute,qui n'est que "le souvenir d'un fantôme",qui ne peut vivre sa vie d'homme amoureux, est émouvant.
Edmond Rostand sait rendre cet exilé mélancolique attachant car pitoyable.
La satire, en filigrane (car Edmond Rostand dédie ce drame "à mon "fils Maurice,à la mémoire de son héroïque arrière grand-père Maurice, comte Gérard, Maréchal de France) dénonce l'impérialisme autrichien.
On pense alors bien que l'époque soit différente à L'homme sans qualités de Robert Musil (qui ironise sur l'aveuglement de la société viennoise bercée par l'impérialisme de François-Joseph et fête ses 70 de règne alors qu'elle a subi la défaite de la première guerre mondiale).
"Que suis-je?" "Vivre a bien un prix". Voilà aussi des questions existentielles que pose l'auteur, élevant ainsi son Aiglon à un discours plus général quant à l'identité d'un homme.
A lire, un classique incontournable!
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Scrat
  10 octobre 2015
L'aiglon était une découverte totale, se déroulant dans un contexte historique parfaitement inconnu de moi : le post-napoléon.
Et j'ai beaucoup, beaucoup aimé. J'ai lu ça un après-midi, sur le balcon, d'une traite. La langue est folle d'émotion et cette histoire m'a beaucoup, beaucoup touchée. Toute la complexité des sentiments, des situations, sont traduites avec un luxe de subtilité très appréciable La psychée du héros est très joliement dessinée, un peu immature : passant de la révolte, au doute, de l'espoir enthousiaste, a la dépression mélancolique... On s'attache presque à tous les personnages, même les antagonistes, ce qui est quand même une performance. Ça vaut vraiment le coup. Je ne vous en dit pas plus : tenter votre chance.
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helhiv
  08 février 2017
L'Aiglon souffre d'être toujours comparée à Cyrano de Bergerac. L'Aiglon c'est l'éternel deuxième de l'oeuvre d'Edmond Rostand ... certainement à juste titre. Mais regardons la pour elle-même.
L'Aiglon, fils de Napoléon, est Franz, le Duc de Reichstadt, prisonnier de la cour d'Autriche auprès de sa mère Marie Louise. Franz est jeune et n'a pas les épaules pour endosser un possible destin impérial. le souffle du passé, dans la personne d'un ancien grognard (le célèbre Flambeau, peut-être le vrai héros dramatique de la pièce), va lui faire croire que son heure est peut-être venue. Mais l'Aiglon ne sait pas voler ...
Dans cette pièce, chaque personnage a son moment comme pour montrer que Franz est incapable de concentrer l'attention sur lui-même en permanence. J'ai trouvé la pièce un peu longue avec des scènes sur la vie de cour qui m'ont paru diluer le propos. C'est vraiment le lyrisme populaire de Flambeau qui emballe l'action et tente de faire de ce jeune homme, un peu romantique, très mélancolique et assez délicat, un empereur de légende. On sait par l'histoire que Napoléon II avait déjà vécu ...
Ne serait-ce que pour la grande qualité des vers d'Edmond Rostand, cette pièce est désormais un classique à connaître.
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Prudence
  04 mai 2017
Je n'ai pas vraiment accroché avec cette pièce sans pour autant pouvoir dire pourquoi: le niveau de langage est toujours impeccable, comme toujours avec Edmond Rostand... mais je n'ai pas ressenti la magie habituelle, cette étincelle éblouissante qui m'a délicieusement aveuglée dans Cyrano de Bergerac, Chantecler et La princesse lointaine.
L'aiglon n'a pas étendu ses ailes comme un aigle majestueux, condamné à ne rester qu'un Aiglon dans l'ombre d'autres aigles.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
michfredmichfred   15 septembre 2016
Et nous, les petits, les obscurs, les sans-grades,

Nous qui marchions fourbus, blessés, crottés, malades,

Sans espoir de duchés ni de dotations;

Nous qui marchions toujours et jamais n'avancions;

Trop simples et trop gueux pour que l'espoir nous berne

De ce fameux bâton qu'on a dans sa giberne;

Nous qui par tous les temps n'avons cessé d'aller,

Suant sans avoir peur, grelottant sans trembler,

Ne nous soutenant plus qu'à force de trompette,

De fièvre, et de chansons qu'en marchant on répète;

Nous sur lesquels pendant dix-sept ans, songez-y,

Sac, sabre, tournevis, pierres à feu, fusil,

-Ne parlons pas du poids toujours absent des vivres!-

Ont fait le doux total de cinquante-huit livres;

Nous qui coiffés d'oursons sous les ciels tropicaux,

Sous les neiges n'avions même plus de shakos;

Qui d'Espagne en Autriche exécutions des trottes;

Nous qui pour arracher ainsi que des carottes

Nos jambes à la boue énorme des chemins,

Devions les empoigner quelque fois à deux mains;

Nous qui pour notre toux n'ayant pas de jujube,

Prenions des bains de pied d'un jour dans le Danube;

Nous qui n'avions le temps quand un bel officier

Arrivait, au galop de chasse, nous crier :

"L'ennemi nous attaque, il faut qu'on le repousse!"

Que de manger un blanc de corbeau sur le pouce,

Ou vivement, avec un peu de neige, encor,

De nous faire un sorbet au sang de cheval mort;

Nous...

LE DUC (les mains crispées aux bras de son fauteuil, penché en avant, les yeux ardents.)

Enfin!

LE LAQUAIS

...qui, la nuit, n'avions pas peur des balles,

Mais de nous réveiller, le matin, cannibales;

Nous...

LE DUC (de plus en plus penché; s'accoudant sur la table, et dévorant cet homme du regard.)

Enfin!...

LE LAQUAIS

...qui marchant et nous battant à jeun

Ne cessions de marcher...

LE DUC (transfiguré de joie)

Enfin! J'en vois donc un!

LE LAQUAIS

...Que pour nous battre, et de nous battre un contre quatre,

Que pour marcher, et de marcher que pour nous battre,

Marchant et nous battant, maigres, nus, noirs et gais...

Nous, nous ne l'étions pas, peut-être, fatigués?
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gillgill   29 octobre 2012
L'aiglon, c'est le fils de Napoléon, le roi de Rome, devenu duc de Reichstadt, que tourmente, malgré la pression de son entourage autrichien, la nostalgie de l'épopée paternelle.
Mais le drame est dominé par le personnage de Flambeau, ancien soldat de la Garde, une des plus brillantes créations de Rostand : la scène où le duc l'écoute avec exaltation évoquer son passé est un des sommets de "L'aiglon".
Voici le moment où, emporté par sa ferveur napoléonienne, Flambeau laisse percer le grognard sous la livrée de laquais qui lui sert de masque, car il a été envoyé à Schoenbrunn par les bonapartistes français pour contrecarrer l'influence autrichienne.
L'ex-maréchal Marmont, duc de Raguse, autrefois traître à son maître, vient d'évoquer, pour sa défense, la fatigue des officiers de Napoléon et ce qu'il appelle la démence de l'Empereur. C'est alors qu'éclate le lyrisme épique de Flambeau.
(extrait de "Lagarde et Michard" - XX° siècle - Le Théâtre avant 1914)
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lanardlanard   08 avril 2018
Marie-Louise:
- J'aime le sentiment!... Je suis femme, après tout!
Bombelles:
Avant tout!
Marie-Louise:
C'est mont droit!
(d'une petit ton sec et léger)
On s'est mis en colère
Pour un mot qui j'ai dit quand ce bon Saint-Aulaire
M'annonça le désastre, à Blois. J'étais au lit;
Mon pied nu dépassait, et sur le bois poli
Posé comme ces pieds que cisèle Thomire,
Du meuble Médicis faisait un meuble Empire.
Soudain, voyant glisser les yeux de l'envoyé,
Je souris et je dis: "Vous regardez mon pied?"
- Et malgré les malheurs de sa patrie, en somme,
C'est parfaitement vrai qu'il regardait, cet homme! -
Je fus coquette?... eh bien! le grand crime! Mon Dieu,
Que voulez-vous? C'est vrai, je restais femme un peu,
Et dans l'écroulement de trop prévu de la France,
La beauté de mon pied gardait son importance!
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brigittelascombebrigittelascombe   04 mars 2013
Metternich
Mais pourquoi cet argent?

Gentz respirant un flacon de parfum
Pour faire la débauche.

Metternich
Et vous passez pour mon bras droit?

Gentz
Votre main gauche
Doit ignorer ce que votre droite reçoit.
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genougenou   29 mai 2013
Nous nous figurions
- Que la vague immobile et lourde des sillons
- Ne laissait rien flotter! Mais les plaines racontent,
- Et la terre, ce soir, a des morts qui remontent !


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Vidéo de Edmond Rostand
Dans « Edmond Rostand, l'homme qui voulait bien faire », publié aux éditions de l'Observatoire, l?écrivain François Taillandier réhabilite Edmond Rostand, celui qui a immortalisé le plus célèbre des cadets de Gascogne : Cyrano de Bergerac. Avec lui, un Cyrano plus vrai que nature, le comédien Jacques Weber.
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