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René Jouglet (Autre)Romana Altdorf (Autre)
EAN : 9782070704286
238 pages
Éditeur : Gallimard (14/10/1985)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 9 notes)
Résumé :


La fuite sans fin raconte les aventures d'un officier autrichien, Franz Tunda, fait prisonnier par les Russes en 1916. Il s'évade, vit en Sibérie, participe à la Révolution, aime une militante, épouse une paysanne caucasienne, retrouve Vienne, et enfin, à Paris, sa fiancée d'autrefois qui ne le reconnaît pas.

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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
kielosa
  02 janvier 2018
Comment mieux commencer la nouvelle année que par un de ses auteurs favoris et un problème, hélas, toujours au centre de l'actualité : la fuite !
Selon le rapport statistique annuel du Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR), le nombre de personnes déracinées dans le monde en 2016, a dépassé les 60 millions, atteignant le seuil historique de 65,6 millions de personnes, soit l'équivalent de l'intégralité de la population française ou italienne. 17,2 millions ont fui leur pays (parmi lesquels 5,5 millions de Syriens, 2,5 millions d'Afghans, 1,4 million de Soudanais etc.) et 40,3 millions sont réfugiés dans leur propre pays. Chiffres auxquels il convient d'ajouter les chercheurs d'asyle.
Des statistiques absolument ahurissantes !
L'écrivain autrichien Joseph Roth (1894-1939) a publié son ouvrage "La fuite sans fin" en 1927. La même année, d'ailleurs, que son "Juifs en errance", que j'ai chroniqué pour les lectrices et lecteurs de Babelio, le 10-06-2017, et auquel je me permets de renvoyer pour, en autres, ses relations avec d'autres auteurs, tel son ami et compatriote, le grand et toujours très populaire Stefan Zweig (1881-1942).
Contrairement à son autre livre de la même année, qui va plus dans le sens d'un essai, ce récit-ci retrace les pérégrinations de son héros, Franz Tunda, officier dans l'armée impériale autrichienne au cours de la Grande Guerre, après qu'il s'est évadé d'un camp de prisonniers de guerre pour tomber dans le chaos de la Russie de la révolution. Un périple qui conduit notre pauvre Franz un peu partout dans l'immense ex empire des tsars, en route pour son pays natal et Vienne.
Il est évident que ce Franz Tunda est, en fait, l'alter-ego de Joseph Roth lui-même : son long voyage en passant entre autres par Amsterdam, Bruxelles et Ostende, sans mentionner sa longue excursion, accompagnée par l'écrivaine allemande, Irmgard Keun, en Pologne et encore plus à l'est, pour mourir finalement, dans des conditions tragiques, à l'âge de seulement 45 ans, dans un hôpital à Paris.
Il ne peut y avoir de doute là-dessus, car l'auteur n'a pas pour rien donné comme sous-titre à cette oeuvre "Un rapport" et dans une lettre à Stefan Zweig, du 24 janvier 1928, il explique, qu'initialement il avait rédigé ce livre à la première personne du singulier. (cf. "Correspondance 1927-1938").
Cette oeuvre est relativement brève (à peine 159 pages dans la version que je tiens en main), mais incroyablement dense. Cette densité est essentiellement le résultat du grand art de Joseph Roth pour la formulation courte et précise. Une qualité propre à cet ecrivain-journaliste qu'une autre ecrivaine-journaliste bien de chez nous, Florence Noiville, a souligné en ces termes : "Sur le plan de l'écriture d'abord, je suis toujours frappée par la netteté et la précision du style chez Roth. Des phrases courtes qui le rendent extrêmement tranchant. Et puis, il y a une espèce de charme, de légèreté. C'est une écriture qui n'est jamais datée. Sur le fond, Roth aura été un visionnaire." Cette citation, qui vaut celles de son maitre, sort de l' extraordinaire Cahier de l'Herne consacré au géant autrichien et édité, en 2015, sous la direction de Carole Ksiazenicer-Matheron.
Je signale au passage que cette critique littéraire au Monde, est l'auteure d'une splendide biographie d'un autre "Ostjude" (Juif de l'est), l'unique Nobel en yiddish, Isaac Bashevis Singer - pour lequel elle a reçu le Prix du récit biographique en 2004 - et dans un tout autre registre, du remarquable ouvrage "J'ai fait HEC et je m'en excuse" (HEC pour l'institut des Hautes Études Commerciales de Paris).
Un exemple. À Bakou, la capitale de l'Azerbaïdjan, Franz rencontre la belle Alia, fille d'un Géorgien et d'une Koumyk du Daghestan, et Roth résume les sentiments de Franz pour Alia en une phrase : "La fille devenait le deuxième amour de Tunda."
Comme membre de l'Association Joseph Roth de Belgique et des Pays-Bas, sous la présidence de sa fondatrice, Els Snick de l'université de Gand, je pourrais continuer encore longtemps à exprimer ma profonde admiration pour les 2 maîtres autrichiens, mais ne voulant pas abuser de votre patience en ce début d'année, je préfère m'arrêter par une citation de Stefan Zweig et une de Joseph Roth, qui illustrent de façon éloquente le thème central de cette "fuite sans fin".
Dans une lettre du 1er mai 1936, 2 ans avant l'incorporation de l'Autriche par les nazis, Stefan Zweig écrivit à Joseph Roth : que la chute de l'Autriche "serait aussi notre naufrage intérieur " (cf. "Correspondance 1927-1938").
Et Joseph Roth dans son chefs-d'oeuvre "La Marche de Radetzky" a lancé sa fameuse boutade : "Dans la vie, il n'y a que les petites choses qui soient importantes".
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dbacquet
  16 avril 2020
Franz Tunda, lieutenant de l'armée autrichienne, est le fils d'un Major Autrichien et d'une Juive polonaise, né dans une petite ville de Galicie où son père était en garnison. En 1916 il est fait prisonnier par les Russes et envoyé dans un camp en Sibérie. Il s'échappe et se refugie dans la ferme d'un polonais qui l'avait aidé à s'enfuir. Il change d'identité et devient le jeune frère de celui-ci. A Vienne Tunda avait laissé une fiancée. A la fin de la guerre il tente de rentrer mais est entraîné dans la révolution russe. Il s'éprend d'une révolutionnaire puis, plus tard, d'une jeune caucasienne, qu'il quitte pour, enfin, retrouver l'Europe. Sa fiancée s'est mariée. Il vit à Vienne, dans une ville du Rhin, à Berlin, à Paris, sans trouver nulle part sa place. Issu de la petite bourgeoisie autrichienne, dans une Europe bouleversée par la guerre, il est devenu un homme sans patrie, confronté à l'errance et la misère. Joseph Roth, dans ce roman, nous fait traverser cette Europe, avec le sens de l'observation et le style tranchant qui le caractérisaient.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
WilkinsonWilkinson   14 janvier 2013
"L'idée que le petit bourgeois se fait de la pauvreté, c'est que le pauvre a désiré la pauvreté dans l'intention de faire du tort à son prochain à l'aide de cette pauvreté.
Mais c'est précisément du petit bourgeois que dépend celui qui n'a rien de rien. Tout là-haut, derrière les nuages vit un Dieu, dont la bonté universelle est devenue proverbiale. Un tout petit peu plus bas habitent les hommes qui ont de la chance et qui sont cuirassés contre toute contagion de la pauvreté, de telle manière que chez eux se développent les vertus merveilleuses : compréhension de la misère, charité, bonté et même absence de préjugés. Mais entre ces nobles hommes et ces autres qui en tout premier lieu ont besoin de cette générosité, on voit, coincées et pareilles à des isolateurs, les classes moyennes : elles exercent le commerce du pain, sont préposées à la nourriture et au logement. Toute la question sociale serait résolue si les riches qui peuvent donner un pain étaient en même temps les boulangers du monde. Il y aurait bien moins d'injustice si les juristes de la Cour Suprême siégeaient dans les petits tribunaux et si les chefs de la police voulaient arrêter eux-mêmes les petits voleurs.
Mais il n'en va pas ainsi."
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Vidéo de Joseph Roth
Émission “Répliques” animée par Alain Finkielkraut. L'amitié de Stefan Zweig et Joseph Roth : diffusion sur France Culture le 08 février 2014. Invités : Pierre Deshusses, traducteur et écrivain Philippe Lançon, journaliste à Libération (critique littéraire) et écrivain
Thème(s) : Idées| Littérature Etrangère| Stefan Zweig| Joseph Roth
Source : France Culture
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