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Claude Riehl (Autre)Dominique Dubuy (Autre)
ISBN : 2020093405
Éditeur : Seuil (01/10/1986)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 35 notes)
Résumé :
Un vieux monsieur élégant et mystérieux choisit parmi plusieurs clochards qui peuplent les quais de la Seine Andreas Kartak, ancien mineur de Silésie, ayant fait de la prison pour meurtre. Il remet a son protégé un prêt de 200 francs qu'Andreas doit rapporter le dimanche matin après la messe, à l’église Sainte-Marie des Batignolles ou se trouve la statue de sainte Thérèse de Lisieux. Ce prêt inespéré va précipiter la vie d'Andreas qui va rencontrer une série de pers... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
jeunejane
  12 juillet 2018
Andreas vit comme clochard sous les ponts de Paris.
Un soir, un homme élégant passe et lui donne deux cents francs. Andreas remercie mais veut un jour les rendre car c'est un homme d'honneur.
L'homme converti à la religion lui dit de déposer l'argent qu'il veut rendre à la messe du dimanche au pied de Sainte-Thérèse de Lisieux à l'église des Batignolles.
De fil en aiguille, la chance s'offre plusieurs fois à notre homme mais il retombe dans l'alcool à chaque fois.
L'auteur nous explique les origines d'Andreas et ses déboires. On comprend ainsi mieux ses faiblesses.
Un petit conte agréable à lire d'une écriture très pudique, un peu désuète mais charmante.
Je poursuivrai ma lecture de Joseph Roth avec "Le Leviathan" et "Job, roman d'un simple juif".
La traduction de l'allemand est signée Maël Renouard et nous donne de très beaux mots à savourer.
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Erik35
  08 juin 2017
JOSEPH ROTH, SAINT ET BUVEUR ?
Nous sommes en 1934, à Paris. Quelque part sous un de ces ponts fréquentés comme le veux la légende par l'un de ses clochards pas toujours si céleste que cela, Andreas Kartak, ancien mineur de Silésie (Pologne), croise un bizarre monsieur, bien habillé, qui lui fait une étrange et miraculeuse proposition : Ce dernier lui offre deux cents francs auxquels il n'ajoute qu'une seule condition, c'est de les rendre dès qu'il le pourra à la petite Sainte Thérèse dont une statue sommeille en l'église Sainte Marie des Batignolles. Notre bonhomme, alcoolique débonnaire mais sans le sous chronique de son état, accepte le marché, précisant qu'il a son honneur, "même si je n'ai pas d'adresse" précise-t-il, et qu'il n'est pas un voleur. Hélas, de bon restaurant en apéritifs - Pernod, s'il vous plait -, sans omettre un petit rafraîchissement de la face chez le barbier -qui vaudra au lecteur une rapide digression d'une acuité rare sur ce qui fait l'individu aux yeux du monde et aux siens propres -, notre sympathique va-nu-pied va bientôt y laisser sa fortune récente autant qu'inattendue... sauf que le miracle ne va cesser de se produire, de se reproduire encore, mais, chaque fois qu'il est à deux doigts de rendre la fameuse somme initiale en l'église sus-citée, une nouvelle aventure l'en éloigne subrepticement tandis qu'un autre incident, tenant de la providence ou du hasard - selon qu'on est plus ou moins pieux, explique Joseph Roth -, permet à Andreas de se sortir de la mauvaise passe à venir. Chacun de ces événements successifs lui offrant la perspective de quelques verres de Pernod, de compter fleurette, de passer de bons moments avec d'anciens amis qui, tous, le renvoient à son ancienne vie en Pologne.
En un mot comme en cent, Andreas est touché par la grâce, et il en profite bien, mais jamais il n'en en abuse véritablement. Pour être exact, est plus ballotté par les événements qui surviennent dans son existence que maître d'eux, et l'argent, qu'il ne sait pas sérieusement compter, lui file entre les mains mais ne sait jamais bien comment. Jusqu'à la fin ultime, oscillant entre sordide grotesque et sublime rencontre, une fin, peut-on ajouter, d'essence quasi divine mais terriblement humaine.
Lorsqu'il achève cette étrange fable, La Légende du saint buveur, Jospeh Roth n'a plus que très peu de temps à vivre. Nous sommes en mai 1939, cela fait depuis cinq ans que l'auteur du roman troublant et tragique intitulé La Marche de Radetzky, fuyant le nazisme, s'est réfugié à Paris, vivant régulièrement de l'aide et des subsides plus ou moins importants avancés par ses proches, en particulier Stefan Zweig, se fâchant régulièrement avec ses éditeurs bien que parvenant encore à se faire publier malgré l'exil, sombrant peu à peu dans l'alcoolisme et la maladie.
Les dernières années de vie de Joseph Roth sont ainsi des plus sombres et difficiles. Il se rapprochera de la foi catholique dans laquelle il semble avoir trouvé quelque motif d'espoir - cette étonnante nouvelle est, pour une grande part, un texte sur la Grâce - bien qu'aucune attestation de baptême ne put être produite lorsqu'il fut inhumé, le maintenant ainsi dans une sorte d'entre deux métaphysique entre la religion de ses ancêtres - le judaïsme - et celle qu'il semble avoir voulu embrasser. Car Joseph Roth fut une sorte d'éternel errant magnifique, de son antique Empire détruit en passant par l'Autriche d'après-guerre, le Berlin des années vingt, puis la France comme dernière halte dans sa fuite de la montée de l'horreur brune.
Cet homme, qui s'annonçait lui-même "patriote et citoyen du monde", est tout entier dans ce personnage un peu éthéré de sans abri, lui qui connaîtra si bien, à l'instar de l'ultime personnage de fiction qu'il aura ainsi créé, la pauvreté, les voyages sans fin ni but, l'alcool, la générosité sans retour possible de quelques rares amis, les hôtels borgnes où il passera jusqu'à ses derniers jours. Cependant, l'espoir semble poursuivre Roth/Kartak contre toute attente, contre toute logique. L'humour demeure lui aussi, un humour discret, tendrement ironique, à fleur de peau, comme si, finalement, rien de ce que l'existence réserve de plus noir ne pouvait entièrement assombrir les êtres généreux, simples et sans malice.
On est très loin du Boudu sauvé des eaux de Jean Renoir, notre attachant personnage de mendigot polonais se faisant plus proche, l'alcool excepté, d'un certain Charlot dans son rapport au monde, une certaine forme de légèreté, un bastion fragile de poésie involontaire. Autoportrait en vagabond éternel, testament littéraire, volonté d'espérer liée à l'acceptation évidente de la Grâce mais sans les lourdeurs de la religion, foi en l'homme malgré des temps tellement menaçants ? Cette nouvelle troublante, belle et cocasse à la fois, est sans aucun doute un peu tout cela qui donne, en si peu de pages, avec une économie faussement simple de mots et de moyens, à réfléchir sur notre condition humaine. L'inclassable Joseph Roth était, à n'en point douter, béni des saints...
Post-Scriptum : à noter la très agréable réédition parue fin 2016 de ce texte méconnu de Joseph Roth, dans une excellente traduction de Maël Renouard, proposée par les éditions Sillage qui poursuit son excellent travail de défrichage d'oeuvres inconnues ou trop oubliées d'auteurs pourtant souvent célèbres. Un de ces petits éditeurs aussi attachants qu'indispensables !
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oiseaulire
  12 janvier 2020
Un homme, qui n'a que sa qualité d'homme puisqu'il n'a plus ni toit, ni famille, ni nom, rencontre à plusieurs reprises la chance en de mystérieuses circonstances contre le seul engagement de s'acquitter d'une dette envers Sainte Thérèse de Lisieux. Son ivrognerie et une série de contre-temps l'en empêchent, mais la Grâce qui l'appelle ne lui sera pas refusée.
On peut voir dans cette nouvelle l'influence de la conversion de Joseph Roth à la fois catholique vers la toute fin de sa vie. Mais ce qui est le plus marquant, c'est que jamais l'espérance ne déserte ce clochard à la dérive, malgré ses excès et une errance sans fin vers l'inéluctable : la petite Sainte ne l'abandonnera pas, car la Grâce n'abandonne pas celui qu'elle désigne.
C'est une très belle histoire, triste et lumineuse à la fois.
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edwige31
  11 août 2013
La légende du saint buveur est un très court roman qui a pour personnage principal un sympathique et alcoolique sans abri, Andreas Kartak. Celui ci va rencontrer par hasard, un vieux monsieur élégant et mystérieux, qui lui remet 200 francs sous forme de prêt. Comme c'est un homme d'honneur, Andréas doit s'engager à le remettre le dimanche matin à l'église Sainte-Marie des Batignolles à sainte Therese de Lisieux.. Ce prêt inespéré va changer le cours de sa vie et il va rencontrer différents personnages qui l'aideront ou l'empêcheront d' honorer son engagement.
Ce livre est très touchant : cet homme, qui avait perdu jusqu'à son nom, va retrouver son honneur, ses souvenirs, différents amis (vrai ou faux) et surtout retrouver confiance en lui. La description des ravages de l'alcoolisme et de ses conséquences sur la vie sociale, psychologique ou physique est fine, précise mais pas du tout larmoyante ou condescendante. J'ai beaucoup aimé l'écriture simple et agréable à lire, qui sied au personnage d'Andréas.
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Taraxacum
  08 mai 2015
Courte nouvelle de Joseph Roth, La légende du saint buveur réussit ce tour de force d'être un texte traitant de l'alcoolisme et de son emprise tout en étant touchant, très frais, tout simplement charmant. Andreas Kartak, notre protagoniste, dort sous les ponts, quand un homme riche lui fait un jour l'aumône de 200 francs, une forte somme à l'époque, tout en lui demandant s'il est un jour en mesure de rembourser, de simplement les donner au prêtre de Sainte Marie des Batignolles, en remerciement à Sainte Thérèse.
C'est presque un conte, car à chaque fois qu'il perd l'argent, généralement en Pernod, un miracle se produit pour renflouer ses poches...Le dénouement , ce sera à vous de le découvrir, mais il contribue au plaisir de ce tout petit texte qui refuse d'être condescendant ou pleurnichant mais évoque bien malgré tout les mécanismes de l'addiction, dans une langue élégante et simple.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
jeunejanejeunejane   12 juillet 2018
Ils ne savaient plus quoi faire, maintenant qu'ils avaient étourdiment épuisé les ressources de l'expérience essentielle qu'ont en partage l'homme et la femme. Alors ils décidèrent de faire ce que font les gens de notre époque, quand ils ne savent plus quoi faire : ils allèrent au cinéma.
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Erik35Erik35   08 juin 2017
Il était assis donc. En face de sa chaise, il y avait un miroir et il ne put s'empêcher de considérer son visage. Ce fut comme s'il se voyait pour la première fois. il fut terrifié, en tout cas. Il comprit pourquoi, ces dernières années, il eu si peur des miroirs. Car ce n'était pas une bonne chose de voir de ses propres yeux sa déchéance. Tant qu'on était pas forcé de voir son visage, c'était presque comme si on n'en avait pas, ou comme si on avait encore l'ancien, celui d'avant la déchéance.
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Erik35Erik35   08 juin 2017
Un soir de printemps de l'année 1934, un monsieur d'un certain âge descendit les marches d'un de ces escaliers de pierre qui à l'entrée des ponts conduisent au berges de la Seine.
C'est là, chose bien connue de tout le monde ou presque, mais qui mérite ici d'être rappelée, que les clochards de Paris ont l'habitude de dormir, ou pour mieux dire, d'établir leurs quartiers.
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TaraxacumTaraxacum   06 mai 2015
Donc il s'assit. Et comme il y avait un miroir juste en face de lui, il ne put éviter d'y voir son visage. Et alors il eut l'impression de refaire connaissance avec lui-même. En vérité, cela l'épouvanta. Et il sut pourquoi ces dernières années il avait tant craint les miroirs. Car il n'était pas bon de constater de ses propres yeux sa propre déchéance. Et tant que l'on n'y était pas obligé, cela revenait à peu de choses près à n'avoir pas de visage du tout ou à avoir celui d'avant la déchéance.
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jeunejanejeunejane   12 juillet 2018
Il y avait longtemps qu'Andreas avait oublié son nom de famille. Mais, ayant revu ses papiers périmés, il se souvint qu'il s'appelait Katak : Andreas Kartak. Et ce fut comme s'il refaisait connaissance avec lui-même.
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Le 21.05.19, dans Brouillon de culture (Radio Judaica), Micheline Weinstock présentait “L'Autodafé de l'esprit” de Joseph Roth.
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