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Lazare Bitoun (Traducteur)
EAN : 9782070404674
656 pages
Gallimard (14/04/1998)
4.09/5   143 notes
Résumé :
A soixante-quatre ans, Mickey Sabbath est loin de vouloir remiser son audace, son insolence, sa libido ou son humour au magasin des accessoires. A l'occasion de la mort de sa maîtresse -plus audacieuse encore que lui-, l'ancien marin, grand habitué de tous les bordels de la planète, le mauvais mari qui peut-être assassina son épouse, le marionnettiste scandaleux aux doigts maintenant tordus par l'arthrose entame un voyage dans le temps et la mémoire. Douloureusement... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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Un Roth bien déroutant, qui commence en farce porno-burlesque pour basculer incidemment dans une errance existentielle, de tombes en érections, de souvenirs en divagations, peuplée des fantômes qui hantent Mickey Sabbath : tel est l'Indécent Théâtre de Sabbath, pornographe patenté, ex-marin des mers aux mille bordels, marionnettiste provoquant et obscène, amant merveilleux et maléfique, que la mort de sa maîtresse ramène à celle, insurmontable, de son frère cinquante ans plus tôt, au point de bascule où l'absurde a pris le pas sur le sens et la jouissance sur la norme dans la vie de Sabbath, jusqu'à la dernière phrase qui éclaire d'une lumière noire ce roman touffu aux mots brouillés de foutre et de larmes.
Drôle, brillant, poignant, dérangeant : un grand Roth qui gratte, j'adore!
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En parcourant la liste d'auteurs de ce (remarquable, faut-il le répéter ?) site, je vois Philippe F., Philippe N., mais… Non, point de Philippe R… Que dis-je, de Philip R… Une villégiature en Europe de l'Est plus tard, et quelques lectures passionnantes au détour d'une clairière ou d'un transat ont tôt fait de Philip Roth une priorité pour cette nouvelle chronique. Un nouvel auteur pour ce site ; un auteur prolifique, souvent loué, qui ne laisse jamais indifférent. Un auteur que votre serviteur trouve néanmoins inégal : vous échapperez donc à la “critique-brève-de-fan” (qui est un problème récurrent avec les adorateurs de Philip Roth). Mais, rendons-lui justice, si le parfois poseur La Contrevie avait laissé votre serviteur quelque peu circonspect, le Théâtre de Sabbath l'a (très) nettement convaincu… Et pourtant, les soixante premières pages de ce roman essentiel et massif font peur : du cul complaisant et ostentatoire entrecoupé d'un cynisme d'un niveau parfois post-pubère, le tout ne semblant n'interroger que la part de voyeurisme qui réside en chacun de nous. Les six cents pages suivantes effacent totalement cette impression…

Mais résumons donc ! Mickey Sabbath, ex-marin, ex-habitué des bordels de Bahia, ex-marionnettiste presque célèbre du off-off Broadway au frère mort durant la Seconde Guère Mondiale ; pourfendeur de la pudeur manifestement porté sur la chose, retiré du monde ; marié à une alcoolique, tout en trompant son ennui (et sa femme) avec Drenka depuis plusieurs années, dans un registre qui apparaît – tout du moins au début de l'ouvrage –, plus proche de la performance sexuelle que de la passion adultère ; alors que les deux ne sont finalement que les différents facettes d'une même pièce de monnaie. Drenka a un cancer. Drenka meurt.

Drenka et le sexe avec Drenka. Morts. Ce qui avait maintenu Sabbath en vie et donnait une sorte d'équilibre et de sens à des jours froids et torves disparaît. le roman quitte alors ses atours de chronique sexuelle désabusée pour gagner en ampleur, en ambition, en foisonnement, mais aussi, paradoxalement, en fluidité. Soudainement moins décousu, il s'adresse enfin au lecteur. Jamais doux, fuyant l'émouvant, mais poignant – dans tout ce que le mot a de “poing” tant le lecteur est groggy – et toujours amer, ce récit d'une “déglingue” dépeint un personnage principal flamboyant et ridicule à la fois, immoral et à la lisière du sentimentalisme par rares instants, inébranlable et “mort-vivant”, raté et accompli…

Du cimetière où est enterrée Drenka jusqu'à New-York en passant par le centre de désintoxication où est sevrée sa femme, Sabbath traverse quelques fragments d'une Amérique dévorée par les pulsions rampant sous chaque toit, par les illusions, les secrets, les non-dits, les refoulements et renoncements qui servent de cadre de vie à chaque « institution » familiale… Mais il serait désespérément franco-français – et ne rendrait pas justice à l'auteur – de limiter le Théâtre de Sabbath à une oeuvre déconstruisant la composante microsociale de l'American Way of Life. Non, car nous sommes ici dans le théâtre d'un homme, Sabbath, avant tout. Un homme qui voudrait passer pour absurde alors qu'il n'a fait que fuir sa propre logique… Au crépuscule (si seulement !) de sa vie, ses illusions tombent et révèlent que l'extravagance de ses actions et ses propos n'est que l'expression du conformisme de son mal : la vie, le temps qui passe, les disparitions, la décrépitude physique. À personnage extraordinaire, destin ordinaire. Ce Mickey Sabbath qui voulait faire de la vie une farce est rejoint par l'ironie de la vie : elle est ici sans jamais être là, autour.

Les apparitions d'une mère, les souvenirs d'un frère… La disparition/mort d'une ex-femme et actrice jouant sa vie comme au théâtre… La mort d'une maîtresse qui surpassera le maître… Ces figures prennent de plus en plus de place et de vie dans le roman au fur et à mesure que M. Sabbath devient fantomatique, en train de courir après une existence dont il s'est voulu le contempteur cynique et pervers sans jamais avoir pu la vivre. Délaissant l'ornement et le choc pour emprunter une voie plus aride à travers des situations plus sèches, Philip Roth met son écriture au diapason de son personnage central. Et, au détour d'un passage dans la ville côtière où Sabbath a grandi, atteint le sublime – en mêlant la folie d'un esprit malade, la tiédeur diaphane d'un paysage humide et un dialogue de sourds surréaliste où le rhétoricien redoutable perd sa bataille contre le Temps et l'Existence. Qu'importe bien de mourir si l'on a pu lire ce chef d'oeuvre, qui, bien que parfois délayé, est un récit implacable dont la petite musique s'insinue dans l'esprit d'un lecteur qui en sort grandi ; au même titre, finalement, d'un Sabbath qui trouve sa véritable grandeur dans son anéantissement psychologique.

Il serait usant de commenter ici les innombrables passages reflétant autant la sagacité de l'auteur que la pertinence des petites questions qu'il nous distille au détour de quelque logorrhée Sabbathienne. C'est là la principale faiblesse d'une critique qui ne doit résumer qu'en peu de lignes plus de six cents pages. Soyez donc indulgent avec l'auteur de ces lignes et pardonnez-lui donc ses phrases par trop longues et leur contenu parfois elliptique… Et faites-en vous une meilleure idée en vous procurant cet ouvrage remarquable.

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La lecture n'est pas facile, mais ça vaut le voyage, comme on dit.
On démarre sur des chapeaux de roue par du sexe direct, servi crû, à la mode yougoslave, croate, on dirait aujourd'hui. Et malgré cela, même après l'épisode Weinstein, on ne parvient pas à rabaisser l'épopée de Mickey Sabbath à une simple pornographie, ni même à un parti-pris hédoniste - du genre Catherine Millet, ou Henry Miller, pas plus qu'à un abus de pouvoir ou de position dominante. Ici Eros s'accompagne massivement de Thanatos - la mort de Mort, grand frère protecteur et initiateur si lumineux, tel un ange, qui coupe définitivement l'envie de chanter le quotidien de la maman, et dont l'absence creuse le vide jusqu'au bout, puis l'histoire d'un autre ange, l'actrice absolue, Nikki, qui n'est à l'aise qu'au théâtre et étrangère au monde ; le père fruste et brutal l'a collée à sa maman grecque dans un rapport étroit qu'elle prolonge à la mort de celle-ci, au-delà de ce qui semble raisonnable. Des pages dures à lire, mais poignantes, et qui rappellent bien des deuils. L'autre épouse Roseanna, qui noie dans l'alcool des rapports ambigus avec un père suicidé, avant de s'adonner aux délices de la rédemption par AA. du lourd, du lourd. Contrairement à ce qu'affirme la 4e de couv', je ne vois rien de gargantuesque dans ce récit, dans le sens de la truculence. La libido agit comme ultime recours pour faire face à la vie - et à la mort - et résister au piège de l'option soft d'un sympathique producteur qui offre tout à la fois son psy et ses confitures à 8,99$ le pot... Pas de laisser aller, affûter ses sens et son esprit, au risque de blesser et de se blesser. Pour vivre, il faut en payer le prix, et il est élevé, même quand la vie parfois coule de source, comme une golden shower assumée.
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Mickey Sabbath vieilli et se trouve‭ ‬ entouré de fantômes qui autrefois‭ ‬constituaient son entourage‭ (‬la famille,‭ ‬les amis,‭ ‬les maîtresses,‭…‬).‭ ‬Toutefois,‭ ‬tout comme ses doigts qui avant lui servaient à mettre en scène un spectacle de marionnettes de rue un peu sulfureux et qui aujourd'hui‭ se déforment sous l‭'‬effet de l‭'‬arthrose,‭ ‬son entourage se délite,‭ ‬s‭'‬effrite jusqu'à ne devenir que poussière et foutre.‭ ‬Parce que Philip Roth ne fait pas dans la dentelle :‭ ‬son personnage central est obscène jusqu'à l'écoeurement.‭ ‬Les tabous volent en éclats dans ses pages glorifiant la liberté d‭'‬agir et de penser.‭ ‬On se pisse dessus,‭ ‬on sodomise,‭ ‬on‭ ‬renifle des culottes d‭'‬adolescente,‭ ‬on‭ ‬pousse au vice tout le temps,‭ ‬pour n‭'‬importe quelle raison.‭ ‬Est-ce pour tromper l‭'‬ennui que Sabbath provoque avec hardiesse ses semblables ‭? ‬Le fait-il par conviction ou est-il pousser par une force obscure et malsaine qui trouverait son origine dans un legs culturel et spirituel trop pesant‭ ‬? On a tendance à croire qu‭'‬il agit sous la seule autorité aveugle et despotique de ses couilles tant la systématisation‭ ‬dans la libération de ses pulsions est profonde.‭ ‬Mais son passage remarqué chez son ami de jeunesse Norman à New-York,‭ ‬durant lequel Sabbath substitue‭ ‬10 000‭ ‬dollars,‭ ‬recherche de photos compromettantes pour se masturber,‭ ‬viole la femme de ménage,‭ ‬se branle dans les culottes de la fille de son ami et tente de corrompre sa femme,‭ ‬l‭'‬amène pour la première fois‭ ‬à s‭'‬expliquer sur sa conduite déviante.‭ ‬Dans un passage remarquable,‭ ‬il ébauche alors une théorisation de ses actes qui donne un peu de substance à sa vie dépravée.‭ ‬Mais ce n‭'‬est pas pour autant que le pauvre Sabbath pourra se sortir du piège que la vie lui a tendu en le laissant sur terre,‭ ‬seul avec sa bite entre les mains.‭
Rendons hommage à ce grand auteur qui secoua l‭'‬Amérique‭ ‬puritaine‭ ‬avec ses excentricités tellement humaines qu‭'‬elles en deviennent tragiques et grotesques à la fois.
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Mickey Sabbath, marionnettiste de son état, est le héros hauts en couleurs du roman de Philip Roth paru en 1995 intitulé « le Théâtre de Sabbath » (Sabbath's Theater). C'est un personnage provocateur, excessif, antipathique parfois, touchant aussi, dominé par la recherche incessante du plaisir, essentiellement sexuel. La libido masculine, thème récurrent dans l'oeuvre de Roth, est présentée comme le moteur (universel?) des choix, des non-choix de la vie d'un homme qui se plaît à se présenter comme un raté.

C'est aussi un personnage blessé. Son frère aîné Morty meurt à 20 ans dans le ciel des Philippines en 1944 dans les derniers soubresauts de la Deuxième Guerre Mondiale. Déflagration dans la famille du jeune Mickey, la tristesse est inconsolable. Dès 16-17 ans, le héros commence sa vie d'errance, loin de souvenirs trop douloureux. Ce sera la marine, les ports, les prostituées. Rome où il apprend son métier. Puis New-York, le théâtre, les spectacles de rue… Vivre à tout prix, vivre dans l'excès, tel est son credo. Sabbath aime se mettre en scène, provoquer et se retrouve ainsi souvent dans des situations impossibles. Dans l'Amérique puritaine qu'étrille si bien l'auteur, les scandales (sexuels) sont inévitables. La longue dégringolade commence. Figure honnie, il s'exile et quitte les lumières de la ville pour une bourgade de Nouvelle-Angleterre… Dans ce mouvement, on découvre Nikki, actrice et première épouse qui disparaît mystérieusement, Drenka, la maîtresse sensuelle et inépuisable, Roseanna, la compagne alcoolique, Norman et Michelle, couple d'amis new-yorkais dont Mickey perce les secrets, Fish, le grand oncle centenaire qui a la mémoire qui flanche,…

Grâce à une construction brillante, qui mêle sans cesse passé et présent, et avec le style nerveux qu'on lui connaît, Roth rend attachant ce héros vieillissant et paumé qui fait le bilan d'une vie hantée par les deuils impossibles, par les fantômes des êtres chers (celui de sa mère vient le visiter pendant ses ébats adultérins). Continuer à vivre malgré tout? Poursuivre le combat? Mickey Sabbath réfléchit à la mort, se laisse aller vers elle, mais la mort veut-elle de Mickey Sabbath?

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Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
S’il n’avait pas été trop vieux pour reprendre la mer, si ses doigts n’avaient pas été inutilisables, si Morty avait vécu et si Nikki n’avait pas été folle, ou si lui n’avait pas été fou – si la guerre, la folie, la perversité, la maladie, le suicide, et la mort n’existaient pas, il était certain qu’il serait en bien meilleur état. Il avait payé le prix fort pour son art, sauf qu’il n’avait rien produit. Il avait connu toutes les souffrances de l’artiste – l’isolement, la pauvreté, le désespoir, le blocage mental et physique – et personne ne le savait et tout le monde s’en foutait. Et, bien que l’ignorance ou le manque d’intérêt des autres soit une forme de plus de la souffrance endurée par les artistes, dans son cas, cela n’avait absolument rien d’artistique.

(p. 217)
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« (…) – La souffrance du malade se mesure au poids de ses secrets. » (…) « Faux », lui dit-il, (…) « ta hardiesse se mesure au poids de tes secrets, tes haines se mesurent au poids de tes secrets, ta solitude se mesure au poids de tes secrets, ta capacité de séduction se mesure au poids de tes secrets, ton courage se mesure au poids de tes secrets, ton vide se mesure au poids de tes secrets, ton désarroi se mesure au poids de tes secrets ; ton humanité se mesure… – Non. Ça mesure combien tu es inhumain, non humain et malade. C’est le poids des secrets qui t’empêche de t’asseoir en face de ton être profond. On ne peut pas garder un secret, dit-elle à Sabbath avec fermeté, et trouver la paix intérieure. – Eh bien, puisque la fabrication du secret est l’industrie la plus prospère sur cette terre, voilà qui règle le problème de la paix intérieure. »

(p. 137)
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Ce n’était pas la première fois qu’il pensait à sa mère, à sa mère assise sur la promenade en bordure de plage, attendant que Morty revienne de la guerre. Elle non plus n’avait jamais cru à sa mort. La seule chose qu’on est incapable d’admettre, c’est qu’ils sont morts. Ils vivent une autre vie. On se donne toutes sortes de raisons pour expliquer pourquoi ils ne sont pas rentrés. On commence avec les rumeurs. Quelqu’un jurait qu’il avait vu Nikki sur scène, sous un autre nom, pendant la saison d’été dans un théâtre de Virginie. (…) Seul Linc, quand ils étaient seuls, avait le courage de lui dire : « Honnêtement, Mick, tu le sais qu’elle est morte, non ? » Et sa réponse ne variait jamais : « Où est le corps ? » Non, la blessure ne se referme jamais, la blessure reste vive, comme chez sa mère, jusqu’à la toute dernière extrémité.

(p. 205-206)
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« Je pense, quand je pense à la mort », était en train de dire Fish à ce moment-là, « je pense que je préférerais n’être jamais venu au monde. Je préférerais n’être jamais venu au monde. C’est ça, oui.
– Pourquoi ?
– Parce que la mort, la mort est une chose horrible. Tu sais. La mort, c’est pas une bonne chose. Alors je préférerais ne pas être né. » Cela, il le dit avec colère. Moi, je veux mourir parce que je n’y suis pas obligé, lui ne veut pas mourir parce qu’il y est obligé. « Voilà ma philosophie, dit-il.
– Mais ta femme était extraordinaire. Une très jolie femme.
– Oui, c’est vrai, ça c’est vrai.
– Deux enfants très bien.
– Ouais. Ouais. Oui. » La colère reflue, mais très lentement, par degrés. Ça ne va pas être facile de le convaincre qu’il peut y avoir des choses pour compenser l’existence de la mort.

(p. 570-571)
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Il regardait Rosa faire son numéro de suppliante. Ça, c’était quelque chose qui faisait ressortir le Juif qui était en lui : un catholique à terre. Ça avait toujours été comme ça. (…) Les femmes de ménage arrivent à vous rouler. Tout le monde arrive à vous rouler. Votre propre mère arrive à vous rouler. Et Sabbath avait tellement envie de vivre ! Il adorait ça, ça lui réussissait. Pourquoi mourir ? (…) Est-ce que ses grands-parents, des gens totalement démunis, avaient traversé l’Atlantique à fond de cale pour que leur petit-fils, qui avait échappé au triste sort du peuple juif, gaspille un seul instant des plaisirs de cette vie américaine ? Pourquoi mourir quand il y a des femmes qui cachent des enveloppes sous leur lingerie de chez Bergdorf ? Rien que ça, c’était une bonne raison de vivre jusqu’à cent ans.

(p. 259)
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