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Jean Rosenthal (Autre)
EAN : 9782070376797
416 pages
Éditeur : Gallimard (14/10/1985)
3.43/5   41 notes
Résumé :
Dès son enfance, Lucy Nelson a conçu la haine de l'homme. Mariée à dix-sept ans, elle emploie toute son énergie à transformer son mari et à le viriliser. Elle croit qu'elle doit faire respecter le bien autour d'elle. Sa bonté l'entraîne à tout casser, à briser les gens, et sa quête de la perfection finit par la conduire au suicide.

Un implacable portrait d'une certaine femme américaine, par l'auteur de "Portnoy et son complexe".
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Allantvers
  08 octobre 2018
Philip Roth aura traîné tout au long de sa carrière la réputation d'un homme qui détestait les femmes. Jugement un peu rapide et caricatural à mon sens, y compris à l'égard de ce roman-ci qui dresse le portrait d'une femme non seulement pas gentille du tout mais même complètement psycho-rigide, castratrice, d'une hystérie froide. Pire: folle en fait.
Mais à travers les indignations, les frustrations et ultimatums de cette femme qui s'est construite contre un modèle paternel totalement défaillant et une mère soumise et cherche à imposer par tous les moyens à son jeune mari une normalité étouffante pour se protéger, c'est moins son procès que celui d'une Amérique hypocrite et inhibante qui masque la violence des rapports sociaux, en particulier ceux imposés aux femmes, sous des dehors d'une conventionnalité factice, invivable pour ses citoyens les plus entiers et les moins flexibles comme notre héroïne, qui n'y survivra pas.
J'ai adoré cette plongée dans l'Ohio profond des années 40, qui démarre comme une étude de moeurs pour finir presque en thriller sous la plume acérée de Philip Roth, déjà au mieux de sa forme dès son deuxième roman.
Reste une question néanmoins : pour quoi ce titre?!
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ibon
  13 juin 2018
Lucy Nelson de sa naissance à sa mort. Les premiers chapitres installent sa haine des hommes depuis l'enfance. Mais ça, on ne le comprend qu'en lisant la quatrième de couverture.
Pour tout dire, je n'ai pas compris grand chose des cent premières pages. Seulement qu'elles présentaient les contours d'un personnage qui n'est pas encore au premier plan: Lucy Nelson.
Un flou artistique ou un récit monotone et bavard? Avec des personnages qui s'ajoutent les uns aux autres sans que j'aie compris leurs rôles. Si bien que quand tante Irène et oncle Julian sont apparus dans la généalogie déjà fournie de Lucy, j'ai supposé qu'il y aurait encore cousin Machin et cousine Bidule à venir alors j'ai refermé le mille feuille familiale sans attendre de couche supplémentaire.
Déçu! Quand bien même la tournure des phrases m'a laissé entrevoir le potentiel de Philip Roth.
Commenter  J’apprécie          290
ThibaultMarconnet
  02 septembre 2021
Anatomie de la folie dans une nuit américaine
La neige tombe, le brouillard monte lentement du sol et la grisaille finit par tout envahir. le froid mord dans la peau comme un renard affamé. On cherche un chemin, une issue, jusqu'à apercevoir une maison située à quelques pas de là. On s'approche et on frotte aux carreaux givrés pour essayer de voir ce qui se trame à l'intérieur.
Une faible ampoule pend au plafond, et des gouttes de lumière maladive tombent sur différents visages : il y a là Willard Carroll, sa femme Berta, leur fille Myra ainsi que le gendre, Duane Nelson, surnommé "Whitey". La soupe refroidit dans les assiettes et le coeur n'est pas à la fête, c'est le moins qu'on puisse dire. La Grande Dépression vient de passer par là, ramenant la fille au bercail dans lequel son père compte bien la maintenir en éternelle enfant. Seulement, il y a comme qui dirait quelqu'un de trop, un intrus : un mécano sans emploi qui, contraint et forcé, a suivi son épouse chez ses beaux-parents, le temps de se refaire. Mais ce qui devait n'être que provisoire va durer longtemps, beaucoup trop longtemps...
Le ventre de la femme est arrondi. On appelle cela un "heureux événement", n'est-ce pas ? Mais les expressions toutes faites sont parfois trompeuses. Bientôt, une petite fille va naître : Lucy. Elle aime bien jouer avec son papa de temps à autre. Mais celui qu'elle préfère par-dessus tout, c'est bien son grand-père, "Papa Will", ainsi qu'elle l'a surnommé. Il est comme du bon pain, Papa Will : jamais un mot au-dessus de l'autre, l'air droit et respectable, passant tous ses caprices à sa petite-fille adorée. Et puis, il n'est pas comme son vrai papa, ce soûlographe incapable de garder un boulot plus de quelques mois d'affilée. La petite Lucy grandit auprès d'une mère sans grande personnalité, Myra, fourrée dans les jambes de son père, receveur des Postes de son métier. Voilà qui tombe bien, un livre est une lettre dont chaque lecteur peut se faire le destinataire. Prenons donc un coupe-papier, décachetons et lisons le texte qui était caché sous l'enveloppe.
Au fil des années, Lucy développe une véritable haine à l'égard de son père, et de tous les hommes qui ne rentrent pas dans son schéma étriqué de petite fille capricieuse. Car celle-ci rêve d'un modèle familial tout droit sorti d'un film mièvre à souhait ou des pages d'un magazine bien comme il faut, dans lequel papa, maman et elle poseraient, tout sourire, autour d'une bonne grosse dinde de Thanksgiving. Mais la douce utopie du foyer idéal conduit à la catastrophe : à vouloir vivre sans histoire, on fonce tout droit se cogner dans le mur du réel. Et la douleur n'en est que plus grande.
D'ailleurs, est-ce que le docile Papa Will ne serait pas un peu responsable, malgré ses airs de sainte nitouche ? Non, voyons, c'est impossible, Papa Will n'est pas comme ça : il a une jolie petite âme bien lustrée, qu'il fait reluire le soir avec le torchon de ses remords. Peut-être qu'en fouillant bien, on trouverait la mauvaise conscience d'avoir dû reconduire à l'asile sa folle de soeur, Ginny, après l'en avoir fait sortir sans succès. Et le cycle du malheur semble bien prêt de se reproduire.
Lucy est une adolescente maintenant, un joli brin de fille avec un visage qui a du caractère. Roy Bassart, qui la courtise assidûment avec les clics de son appareil photo, en sait quelque chose. D'ailleurs, à force de la coucher sur du papier argentique, l'envie irrésistible lui vient de la coucher purement et simplement sur sa banquette arrière. Elle semble si inoffensive, Lucy, comme un petit oiseau qui serait tombé de son nid. Mais le grand échalas va vite déchanter. Lucy est enceinte de ses oeuvres : il se doit donc de l'épouser, même si celle-ci n'en meurt pas d'envie. Qu'importe, elle va le mater ce rêveur impénitent, oh oui, elle va lui apprendre à filer doux et à être un "homme". Et tant pis pour la casse !
Avec son deuxième roman, Philip Roth, qui avait déjà montré un admirable talent dans le premier, "Laisser courir", continue de gratter la plaie des faux-semblants d'une Amérique obsédée par la bienséance, les bonnes moeurs et la fausse vertu : tous ces mensonges qui font qu'on se croit doté d'une âme belle, noble et sans tache ; un coeur brillant, mais poisseux comme une pomme d'amour. "Quand elle était gentille" est une anatomie de la folie dans une nuit américaine, tellement précise qu'elle en fait froid dans le dos. le lecteur assiste, impuissant, à la croissance d'une démence inéluctable dans le corps d'une jeune mère.
On voudrait crier, tenter, dans un ultime effort, de sauver cette pauvre fille en détresse, mais il est trop tard pour ramener Lucy à la raison : elle est désormais passée de l'autre côté d'une frontière invisible dont on ne revient pas vivant.
© Thibault Marconnet
Le 2 septembre 2021
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Corboland78
  10 mai 2021
Philip Milton Roth (1933-2018) écrivain américain, auteur d'un recueil de nouvelles et de 26 romans est l'un des plus grands écrivains de son siècle. Quand elle était gentille, roman de 1967, fait partie de ceux qui ne s'inscrivent dans aucun des cycles (Nathan Zuckerman, David Kepesh et Némésis) qui ont fait la renommée de l'écrivain.
Tragique destin que celui de Lucy Nelson, jeune fille d'une moyenne ville de province des Etats-Unis, entre l'après-guerre et le début des années 50. Ainsi pourrait être résumé ce roman, critique acerbe du puritanisme de la société américaine.
Dès son enfance Lucy est traumatisée par l'alcoolisme de son père au point de lui vouer une haine farouche qui l'amènera à étendre cette répulsion à tous les hommes en général. Quand une amie lui fera découvrir Sainte-Thérése, la convertissant au catholicisme, « Lucy se voua à une vie de soumission, d'humilité et de souffrance. » Pour échapper à sa famille et un peu contre son gré, elle finira par épouser Roy, revenu de la guerre et avoir un enfant, Edward, alors qu'elle a à peine dix-huit ans. Lui a toujours des projets qui n'aboutissent jamais, toujours à la remorque de l'avis de sa propre famille, elle, rêvant de le voir plus « viril » c'est-à-dire indépendant et ne s'occupant que de sa femme et de son fils…
Dans la tête de Lucy, c'est un peu le bazar : elle se croit mieux que les autres, « Je suis leur supérieure sur tous les plans ! Les gens peuvent me traiter de tous les noms : ça m'est égal ! » et veut régenter sa maisonnée en remodelant le caractère et la personnalité de Roy. Bien entendu, lui qui n'est pas non plus exempt de tout reproche – mais qui l'est ? – rue dans les brancards et, mauvaise idée, cherche le réconfort dans sa famille, en particulier son oncle, ce qui exaspère au plus haut point Lucy ! Leur mariage connait des hauts pas très hauts et des bas vraiment très bas, l'incompréhension est à son maximum. Lucy en devient « folle » ou du moins parano, son imagination galopante faisant le reste. Quand Roy, épuisé par le caractère difficile de sa femme, part avec leur fils se réfugier chez ses parents, Lucy au paroxysme de ses crises de délire, tente une ultime manoeuvre pour récupérer son gamin qui lui sera fatale.
Même si ce n'est pas le Philip Roth que je préfère – ici il n'y a jamais d'humour - et ce bouquin m'a semblé long parfois, voilà un bon roman. D'autant qu'il est assez paradoxal : les féministes n'ont jamais vraiment porté Roth dans leur coeur pourtant ce livre nous montre le combat d'une jeune fille, indépendante, gouvernant sa barque selon ses propres convictions (bonnes ou mauvaises, certes, ça se discute), allant au bout de ce qu'elle croit être juste. Plus étonnant encore, le livre a été écrit il y a soixante ans, or il résonne (lugubrement ?) avec les propos incendiaires et haineux de certaines ultra-féministes d'aujourd'hui envers les hommes : « tout ce qu'elle aurait pour la soutenir, ce serait la puissance de sa haine, de son mépris, l'horreur que lui inspiraient ces monstres qui détruisent avec une telle cruauté la vie des femmes innocentes… »
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karmon34
  26 août 2013
Etrange .il m'est arrivé quelque chose en lisant ce livre .Jamais auparavant je n'avais ‘'vécu ‘' avec un personnage comme ça .Aucune distance, plus la sensation de tenir un livre dans mes mains, mais bel et bien d'être en train de vivre quelque chose, ''en live'' et pas agréable. Souvenir refoulé, imagination trop fertile, je n'en sais rien mais cette femme m'est devenue détestable ,sa folie n'excuse rien, son désir de dominer et détruire est contagieux, j'avais hâte de finir la lecture et de l'oublier, je n'ai pas pu encore (l'oublier).un livre puissant un personnage TROP puissant
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
ThibaultMarconnetThibaultMarconnet   19 septembre 2021
Il (Roy) avait fini par s’installer, que cela lui plût ou non, dans la tâche quotidienne qui consistait à être un père, un mari et un homme : son enfant, songeait Lucy, avait deux parents pour le protéger, deux parents à faire chacun son travail, et c’était elle seule qui avait obtenu ce résultat. Cette bataille aussi elle l’avait livrée, et cette bataille elle l’avait remportée, et elle avait pourtant l’impression de ne jamais avoir été de sa vie aussi malheureuse qu’elle l’était maintenant. Oui, tout ce qu’elle avait voulu s’était réalisé, mais l’illusion qu’elle avait, alors qu’ils roulaient vers la maison dans la tempête, c’était qu’elle n’allait jamais mourir, qu’elle allait vivre à jamais dans ce nouveau monde qu’elle avait créé, qu’elle ne mourrait jamais et qu’elle n’aurait jamais l’occasion non pas simplement d’avoir raison, mais d’être heureuse.

(p. 301-302)
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ThibaultMarconnetThibaultMarconnet   19 septembre 2021
Ce fut un après-midi extrêmement éprouvant. Non seulement parce qu’elle dut écouter son grand-père débiter la philosophie sans caractère qui les avait pratiquement amenés à la catastrophe — la philosophie qui encourageait les gens à croire qu’ils ne pouvaient être plus que ce qu’ils étaient, si inférieure et si mal adaptée que se trouvât être leur situation ; c’était consternant non seulement parce que ce à quoi son grand-père semblait tenir c’était à garder sa fille dans sa maison le plus longtemps possible, et que ce à quoi sa grand-mère semblait tenir c’était à la pousser dans la rue avec ou sans homme, dans l’heure qui suivait ; c’était consternant parce qu’elle découvrit qu’elle-même ne semblait pas s’intéresser à savoir si sa mère allait épouser Blanshard Muller ou pas. Et pourtant, c’était ce qu’elle avait prié toute sa vie le ciel de lui donner : qu’un homme sévère, sérieux, fort et prudent devînt le mari de sa mère et un père pour elle.

Philip Roth
(p. 301)
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ThibaultMarconnetThibaultMarconnet   17 septembre 2021
Edward, en fait, ne faisait pas la sieste ; au début de la discussion il s’était précipité de sa chambre dans la salle de bains et avait ajusté le petit crochet qui bloquait la porte. Lucy frappa et frappa. Elle lui promit toutes sortes de douceurs si seulement il voulait bien simplement soulever le petit crochet. Elle expliqua que papa était énervé par quelque chose qui était arrivé dans son travail, mais que personne n’était furieux contre personne. Papa était parti travailler et rentrerait pour dîner comme tous les soirs. Est-ce qu’il ne voulait pas jouer son jeu avec papa ? Elle le supplia d’ouvrir. En même temps elle pressait de toutes ses forces contre la porte, pensant qu’elle parviendrait à faire sauter la vis des vieilles planches de la maison. En fin de compte elle dut donner de grands coups d’épaule dans la porte pour y arriver.
Edward était assis sous le lavabo, un gant de toilette sur son visage. Il se mit à sangloter nerveusement en l’entendant approcher et elle dut le bercer dans ses bras pendant une demi-heure avant de pouvoir le persuader que tout allait bien.

(p. 280-281)
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ThibaultMarconnetThibaultMarconnet   18 septembre 2021
Le mariage c’est un travail et un travail dur, et rudement important quand il se trouve qu’il y a un petit enfant dans le coup, qui a besoin de vous comme personne n’a jamais eu besoin de vous dans la vie.
Elle ne pouvait pas supporter ces faux-semblants ; aussi essayait-elle de toutes ses forces de croire qu’il ne jouait pas la comédie, qu’il croyait vraiment ce qu’il disait, et elle constatait alors qu’elle ne pouvait pas supporter ça non plus.

(p. 291-292)
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ThibaultMarconnetThibaultMarconnet   18 septembre 2021
Il se sentait flatté et honoré d’être son mari, est-ce qu’elle le savait ? Oh, pourquoi pleurait-il ? Il avait l’air de ne pas pouvoir s’en empêcher. Il ne voulait pas faire le moindre mal au petit Eddy, elle devait savoir ça. Il ne voulait pas lui faire de mal, faire à personne au monde le moindre mal. Est-ce qu’elle ne le savait pas ? Parce que c’était la vérité. Il voulait être bon, vraiment il le voulait. Oh, s’il te plaît, oh, s’il te plaît, il fallait qu’elle comprenne.
Il était à genoux par terre, la tête sur les genoux de Lucy, à sangloter sans pouvoir s’arrêter.

(p. 282-283)
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Videos de Philip Roth (50) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Philip Roth
Philip Roth : Entretien avec Alain Finkielkraut (1999 - Radio libre / France Culture). Photo : Philip Roth devant sa maison de campagne du Connecticut, 2010. (© Nancy Crampton.) Réalisation de Marc-Alexandre Millanvoye. Philip Roth s'entretenait avec Alain Finkielkraut, en 1999, pour l'émission "Radio libre" diffusée sur France Culture. Ses deux derniers romans alors parus en France, "La Pastorale américaine", et "Le Théâtre de Sabbath", sont l'occasion de réflexions sur le rêve américain, la vie dans la nature, le sexe. Amateurs de confessions transgressives s'abstenir : Philip Roth n'a rien à avouer, il n'enfreint pas d'imaginaires tabous pour mieux exhiber ses plaies intimes. Obéissant à une impulsion romanesque de plus en plus oubliée par les professionnels de la lecture, il nous aide à comprendre, c'est-à-dire à acquérir ce que le roi Salomon demandait dans ses prières, et qu'Alain Finkielkraut appelle de ses vœux : "Un cœur intelligent". Philip Roth, ce reclus du Connecticut, adore la conversation, pourvu qu'on lui épargne la question : « Vos livres sont-ils autobiographiques ? » Les interrogations nées en Alain Finkielkraut à propos du "Théâtre de Sabbath" ou de "Pastorale Américaine", les deux derniers livres de Philip Roth parus en France, portent sur l'art du roman, les vies que l'Histoire dévaste, le monde tel qu'il ne va pas, l'Amérique de notre temps. Philip Roth, en 1999, vit et travaille en Nouvelle-Angleterre, dans un décor enchanteur d'arbres, de fougères et de champs. Il croise, lors de ses promenades, des daims ou des tamias - petits écureuils affairés qui ressemblent étonnamment à Audrey Hepburn. Rien, sinon le croassement amical des corbeaux, n'altère le silence du lieu. Philip Roth évoque sa maison à la campagne en Nouvelle-Angleterre où il vit depuis 1972, sa naissance et son enfance passée dans une ville industrielle du New Jersey, sa découverte de la campagne dans son adolescence, sa vie à New York dans les années 1960 : l'impact de l'assassinat de J.F. Kennedy et de la guerre du Vietnam sur la société américaine ; la venue de sa célébrité littéraire à partir de 1969, son départ à la campagne, quelques voyages, son installation définitive à la campagne consécutive à sa rencontre avec Vaclav Havel qui vit également à la campagne. À propos de "Pastorale américaine", Roth évoque la réalité du rêve américain, le personnage de son héros, Seymour Levov, dit "le Suédois", un industriel d'origine juive polonaise, bien installé dans la société américaine ; la brusque entrée de l'Histoire dans la vie de Levov, dans les années 60, par l'acte terroriste commis par sa fille. Philip Roth explique les raisons pour lesquelles il a choisi une fille comme terroriste impliquée dans les meurtres. Il évoque enfin la mise à l'épreuve de l’allégeance des Américains à l'égard de leur pays par la guerre du Vietnam, la réaction de la jeunesse à la guerre du Vietnam comme une des raisons principales de sa fin. À propos du "Théâtre de Sabbath", Philip Roth analyse le personnage de son héros, Mickey Sabbath, un marionnettiste de 64 ans, éternel séducteur, "briseur des tabous", antipathique aux yeux de tous les lecteurs. Roth essaye d'expliquer ce qu'il y a de scandaleux dans ce personnage, raconte l'histoire familiale de Sabbath, sa souffrance morale face à la trahison de la vie, sa hantise de la mort, définit le but de la vie de son héros : "faire entrer le repoussant". Il décrit l'univers de son livre comme celui du corps : la destruction du corps, l'acte sexuel. Philip Roth analyse le caractère scandaleux du personnage de Sabbath, notamment son côté "vieux dégoûtant", sa haine de tout. Il explique les raisons pour lesquelles il aime son personnage. Pour mieux cerner son caractère, il le compare aux autres personnages de littérature. Il affirme qu'il n'y a pas de raisons pour lesquelles son héros, totalement américanisé, est un Juif par ses origines. Il explique que si son personnage est aussi scandaleux c'est parce qu'il est libéré du désir de plaire. Il évoque enfin ses réflexions sur sa propre vie pour dire d'où lui vient l’inspiration d'un tel personnage, et conclut sur une "leçon de vie", avec humour : « Il faut passer par le stade de la stupidité pour comprendre ses erreurs, et ne pas être un con. »
Source : France Culture
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