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Colette Carrière (Traducteur)
EAN : 9782352942832
648 pages
Éditeur : Bragelonne (30/04/2009)
  Existe en édition audio
4.44/5   1012 notes
Résumé :
J'ai libéré des princesses. J'ai incendié la ville de Trebon. J'ai suivi des pistes au clair de lune que personne n'oserait même évoquer. J'ai conversé avec des dieux, aimé des femmes et écrit des chansons qui font pleurer les ménestrels.
J'ai été exclu de l'Université à un âge où l'on est encore trop jeune pour y entrer. J'y étais allé pour apprendre la magie, celle dont on parle dans les histoires. Je voulais apprendre le nom du vent.
Mon nom est Kvo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (200) Voir plus Ajouter une critique
4,44

sur 1012 notes

fnitter
  11 juillet 2016
Premier tome d'une trilogie dont à priori le tome 3 se fait désirer (en français les opus 2 et 3 ne sont que le second tome divisé).

Kothe est un simple aubergiste, mystérieux et à secrets. Et lorsque arrive le Chroniqueur, ce dernier comprend vite que Kothe est Kvothe. le célèbre magicien au lourd passé, de celui dont on fait les légendes. le Chroniqueur a désormais trois jours pour retranscrire de la proche bouche de Kothe/Kvothe son histoire. Ce livre relate le premier jour. l'enfance. L'Université, où il va apprendre la magie et se faire des amis et des ennemis.

Un énième parcours initiatique d'un jeune surdoué orphelin à qui tout réussi. de la littérature que je classerais en YA avec un léger accent plus A que Y (quoique).
Un livre long, dense, dans un univers très riche dont on ne perçoit que quelques brides, l'auteur distillant ses informations de façon à nous fidéliser sur ses trois tomes prévus.
Ceci étant, un roman très agréable à lire. La première réflexion que je me suis faite à la lecture et qu'on s'y sentait bien.

Oui, on pense à l'inévitable H.Potter et à tous ceux auxquels vous pourrez penser du même style (Jeune, école, tiens, mention spéciale aux Maîtres du Vent de J. Bouilloc). Mais en plus fouillé, plus dur. Les personnages sont soignés et pas trop manichéens (hormis l'inévitable ennemi de Kvothe jeune, bien sur). le background est très attractif, résolument fantasy et très abordable.
Disons que l'auteur a réussi à nous accrocher en développant au maximum, sans nous perdre malgré les 792 pages (version française) de son roman (Honnêtement, je n'ai pas ressenti de longueurs à la lecture).

Il laisse de plus, suffisamment de zones d'ombres, de pistes non explorées et abandonne son héros en plein milieu de sa scolarité pour qu'évidemment on est qu'une envie, se jeter sur la suite.
Je ne mettrais pas 5 étoiles, car il en a déjà trop, mais un 4 étoiles bien pleines.
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Allisonline
  16 mai 2014
Le Nom du Vent est un de mes livres préférés, un coup de coeur comme j'en ai rarement eu. J'écris cette critique après une relecture qui m'a été tout aussi agréable que l'avait été la première. J'ai été à nouveau emportée par l'histoire de Kvothe et je confirme que ce livre est définitivement l'un des meilleurs que j'ai eu entre les mains.

On y rencontre Chroniqueur, jeune scribe et grand biographe de renom, lequel se fait sauver de l'attaque d'une créature arachnide terrifiante par l'aubergiste d'un petit village reculé et perdu. Mais Chroniqueur ne se laisse pas berner par l'apparente banalité de l'aubergiste qui dit s'appeler Kote, d'autant qu'il a fait le déplacement exprès pour lui. Il s'agit de Kvothe, célèbre arcaniste, musicien légendaire et tueur de roi. Chroniqueur veut son histoire à tout prix, même si cela doit lui coûter trois jours de sa vie overbookée de biographe super connu, même si d'habitude, une journée suffit pour quelqu'un d'aussi jeune que Kvothe, même s'il avait des choses à faire et même s'il doit endurer la présence inquiétante de Bast, l'étrange ami et apprenti de Kvothe...

Kvothe se lance alors dans le récit de sa vie, débutant par sa jeunesse dans la troupe des meilleurs comédiens itinérants qui soient avant de raconter son entrée à l'Université où il apprendra la magie toute scientifique qu'est le sympathisme, magie crédible, palpable, que l'on a presque l'impression de pouvoir pratiquer nous aussi. Mais ne vous laissez pas berner, on est loin d'une belle histoire de sorcellerie, l'histoire de Kvothe est tragique et sa vie repose sur le drame qui le touchera alors qu'il n'est qu'un enfant... On découvre alors que le jeune Kvothe n'a que deux idées en têtes. La première, c'est d'en savoir plus sur les Chandrians, ces mystérieux croquemitaines issus des légendes et devenus de simples contes pour enfants aux yeux de tous... Et Kvothe veut apprendre le Nom du Vent. La vraie magie, la magie des Noms, celle de Taborlin le Grand.

Si vous me connaissez un minimum, vous aurez remarqué que je répète souvent à quel point je déteste les héros parfaits. Pourtant ici, Kvothe est quasiment le meilleur dans tout ce qu'il entreprend, et il le sait. Son insupportable arrogance est pardonnée par le fait qu'il ait raison et que ça lui retombe souvent en travers de la figure, mais je vous laisse découvrir par vous même comment on se fait des ennemis à l'Université. Mais surtout, le personnage de Kvothe prend tout son sens dans son parallèle avec Kote, l'aubergiste insignifiant, presque déprimant. Malgré son apparente perfection, on sait avant même que l'histoire ne commence que Kvothe finira tout seul dans cette auberge reculée. Et on meurt d'envie de savoir pourquoi.

Patrick Rothfuss a créé une mythologie et un culte tout nouveaux, ainsi que des légendes passionnantes contées par différents protagonistes au fur et à mesure de l'histoire. le mystère qui entoure les Chandrians, les Amyrs, Landre et Telhu est très épais et sombre et Kvothe a bien du courage de tenter de démêler le vrai du faux... Si je meurs d'impatience d'avoir la fin entre les mains, je meurs aussi de peur !

J'ajouterais quelques mots sur la place accordée à la musique dans l'histoire de Kvothe. Quel que soit votre rapport à la musique, vous serez touché par la place qu'elle occupe dans la vie du héros. La scène de l'Eolian m'a coupée le souffle et faite pleurer par deux fois, et j'ai été émue comme rarement je l'ai été par la relation qui unit Kvothe et son luth. Ça peut sembler bébête comme ça, mais croyez moi, ça vous donnera des frissons.

Je ne veux pas trop en révéler afin de vous laisser le plaisir de la découverte, je dirais donc juste un dernier petit mot sur les personnages de la saga, lesquels sont tous très particuliers et très bien travaillés. Vous rencontrerez beaucoup de femmes, et toutes seront belles et fortes (la palme à Devi, que j'aime beaucoup) Vous rêverez d'avoir certains personnages comme ami ou comme professeur et vous serez trèèès heureux que d'autres ne le soient pas. Beaucoup sont touchés par la folie, qu'elle soit douce ou... pas du tout. Elodin et Auri vous feront sourire plus d'une fois. Auri aura même droit à une nouvelle rien que pour elle, The Slow Regard of Silent Thing, qui sort en V.O. à la fin de l'année... Et que j'attends avec grande impatience.

Le style est très bon, fluide, poétique – non, musical, Kvothe prendrait mal que je parle de poésie – et aurait pu être parfait sans quelques erreurs de traduction que j'avoue ne pas avoir remarqué lors de ma première lecture. La deuxième fois, des phrases comme « Il se remit en chemin et emprunta le chemin [...] » m'ont un peu dérangée, mais on pardonne facilement au traducteur ces quelques erreurs face à son excellent travail sur l'ensemble de l'oeuvre. Et c'est vraiment le seul défaut que j'ai pu trouver au roman.

Je ne peux pas parler du Nom du Vent sans parler de sa couverture. Elle est absolument parfaite, à mes yeux indissociable du roman tant elle est en parfaite adéquation avec l'histoire. Elle n'a d'égale que les couvertures des deux parties de la Peur du Sage, tout aussi belles. Elle est signée Marc Simonetti (lequel a lancé un crossfunding pour la sortie de son artbook et je vous encourage fortement à participer)

Je conseille ce roman a tout le monde, même à vous qui avez la fantasy en horreur, car il vous fera changer d'avis. Je vous interdit de ne pas l'aimer. C'est mon coup de coeur absolu, et il n'a été détrôné que dernièrement par la deuxième partie de sa suite, La Peur du Sage, qui a repoussé les limites de la perfection. Lancez vous !
Lien : http://allison-line.blogspot..
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Hyelana
  01 novembre 2015
Hmm… difficile de savoir par où commencer pour cette critique. Je pense que le plus simple est de débuter par le fait que j'ai adoré ce roman ! Mais le résumé n'est pas une mince affaire tellement l'histoire est riche, les personnages pleins de relief et l'univers imaginé par l'auteur d'une profondeur et d'une complexité entières.
Pour faire simple, ici, on suit l'histoire de Kvothe qui nous est d'abord comme étant aubergiste, un peu mystérieux, que l'on devine rapidement comme étant bien plus que cela. le premier livre nous pose les fondations de son histoire et le début de sa vie qui l'a amené à devenir ce qu'il est aujourd'hui. Cela paraît très simple vu comme cela, mais il ne faut pas s'y fier, on dévore le livre du début à la fin. L'histoire est très prenante, l'univers est tellement riche qu'on est transporté complètement ailleurs, et c'est un de mes critères les plus importants pour dire qu'un roman est un grand roman.
Il est difficile d'en dire plus sans raconter l'histoire et il est tellement plaisant de la découvrir par soi-même que la seule chose que j'ajouterai est : Foncez ! N'hésitez pas à ouvrir ce livre et à vous jeter tout entier dans ce monde magique ! Pour tous les amateurs du genre, je pense sincèrement que ce livre est en passe de devenir un incontournable s'il ne l'est pas déjà.
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Shenandoah
  13 septembre 2014
Parfois, mon esprit de contradiction me force à repousser la lecture de livres aux critiques pourtant élogieuses. Ainsi, ce roman était dans ma liste de livres à lire au moins depuis sa parution française, et si je n'étais pas tombée dessus par hasard dans ma bibliothèque, j'aurais peut-être attendu encore des années avant de le lire. Et ça aurait sans doute été la pire erreur de ma vie tant ce roman est incroyable.
Kote est aubergiste dans un petit village isolé. Un jour, il sauve la vie de Chroniqueur, un biographe renommé, qui reconnaît en lui le légendaire Kvothe, supposé mort. Mais pourquoi ce héros qui a accompli tant de prouesses a-t-il décidé de disparaître en se faisant passer pour mort ? Chroniqueur va le convaincre de lui raconter son histoire, ce que Kvothe accepte à condition d'étaler son récit sur trois jours (chacun des tomes de la trilogie correspondant ainsi à une journée de récit).
J'ai été emportée dès les premières lignes par la plume grandiose de Patrick Rothfuss. Il a un talent extraordinaire pour créer des ambiances ou évoquer des sentiments, et certaines scènes m'ont donné la chair de poule tant les émotions ressenties étaient intenses. le passage à L'Eolian est à ce titre absolument magistral. Je ne sais pas si l'auteur est lui-même musicien, mais je n'ai jamais lu de la musique aussi bien décrite.
Évidemment, pour faire un bon roman il faut aussi une bonne histoire, et c'est une réussite également à ce niveau.
Déjà, l'univers crée par l'auteur fonctionne très bien, avec un système de magie original et bien équilibré, qui ne permet pas de résoudre tous les problèmes. Là-dessus viennent s'ajouter quelques créatures magiques, si rares que ce sont quasiment des légendes, et revisitées par l'auteur de façon plutôt inattendue. Ce monde est du coup assez crédible, médiéval mais avec juste ce qu'il faut de merveilleux pour qu'on soir dépaysé.
De plus, la narration sur deux niveaux (l'histoire du Kvothe "moderne", et l'histoire du jeune Kvothe racontée par ce Kvothe plus âgé) est très intéressante. Cela nous donne dès les premières pages une assez bonne idée de la façon dont le récit de Kvothe va se terminer et des différents exploits qu'il va accomplir. Et le suspense n'est pas gâché, bien au contraire, puisque l'on meurt d'envie de savoir comment il en est arrivé là.
Enfin, le personnage de Kvothe est fascinant dans chacune de ses versions. Certes, le jeune Kvothe est parfois trop arrogant, mais non seulement cette attitude est justifiée par ses capacités hors du commun, mais le recul du Kvothe plus âgé lui permet de reconnaître lui-même ses erreurs de jeunesse. du coup, cela rend le personnage vraiment humain, et finalement très attachant.
D'ailleurs, ce roman est davantage centré sur ses personnages mémorables que sur l'action. Il y a des scènes d'action, mais elles ne sont pas forcément toutes épiques. En revanche, la façon dont Kvothe ou d'autres personnages les utilisent pour créer le mythe de Kvothe est souvent plus intéressante que l'événement lui-même.
En conclusion, oui, j'ai adoré ce livre, qui se propulse en tête de mes lectures préférées de l'année. J'ai dévoré ce pavé de plus de 600 pages en trois jours, et je me suis déjà procuré la suite. Je regrette vraiment d'avoir attendu si longtemps pour découvrir ce chef d'oeuvre, bien qu'en y réfléchissant j'aurai ainsi moins de temps à patienter pour découvrir le dernier tome (prévu en 2015 en anglais).
Si vous vous intéressez un tant soit peu à la fantasy, ou si vous voulez découvrir le genre, lisez ce livre immédiatement, ce serait un crime de passer à côté !
Challenge Pavés 2014-2015
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Ileauxtresors
  04 juin 2020
Une seule et même personne, est-ce vraiment possible ? L'aubergiste Kote, que l'on remarque à peine, serait en réalité Kvothe, dont nul n'ignore la légende ? L'un est taiseux, discret, effacé. L'autre est flamboyant, entêté et d'une audace incroyable. Ces deux faces si peu assorties nouent une double énigme que l'on brûle d'élucider : comment Kvothe s'est-il rendu si célèbre ? Et quelles sont les circonstances qui l'ont poussé à devenir Kote ?
Ces deux énigmes s'entremêlent, lorsqu'un chroniqueur illustre reconnaît le héros et le persuade de lui livrer le récit de son incroyable vie. Un récit si riche que trois jours seront nécessaires pour le restituer. L'histoire d'un garçon surdoué dans tous les domaines, mais sur lequel le sort semble s'acharner, à partir du jour funeste où sa famille est sauvagement assassinée. Commence une quête jalonnée de rencontres, d'apprentissages et d'embûches, qui ne fait que commencer au crépuscule de ce premier jour…
Cette lecture m'a entraînée très loin de ma zone de confort, moi qui ne lis pas de fantasy. Les univers imaginés dans les moindres détails – histoire politique, langues, géographie, mythologie, etc. –, les personnages largement déterminés par les caractéristiques de leur « clan », les affrontements manichéens et les grands récits épiques déployés sur des centaines de pages (dont presque tous les héros sont masculins), très peu pour moi – très certainement une perception horriblement simplificatrice, je compte sur les adeptes pour me détromper en me faisant découvrir les livres qui me feront surmonter mes idées reçues ! Toujours est-il que mon fils aîné, lui, ne lit presque que des romans/séries fantasy, et adore les partager avec le reste de la famille. Cette série a été une vraie révélation pour lui, même s'il ne se remet pas de voir que la parution du troisième tome traîne depuis des années. Face à son insistance tenace, j'ai fini par ouvrir le nom du vent. Et je n'ai pas boudé mon plaisir !
Le pavé fait certes 800 pages, mais elles se lisent très bien. D'une plume vive et généreuse, Patrick Rothfuss nous entraîne dans un univers étonnant, dense, mais dans lequel je suis facilement entrée : pays médiéval de cités, de forêts et de tavernes où l'on répète des légendes et joue du luth ; une contrée plongée dans une magie qui s'enseigne comme une science dont les ressorts m'ont semblé fascinants ; un pays miné par les injustices sociales, menacé par des forces dont on ne fait que pressentir les contours à la fin du premier tome. Intriguant aussi, tant on brûle de savoir ce qui rend l'époque si trouble et Kote si inquiet. Les personnages sont très réussis, à commencer par le protagoniste, que ses fêlures, son énergie et sa soif de savoir rendent attachants. Autour de lui gravitent des personnes profondément troublantes, à l'image de la mystérieuse Denna, ou du professeur Elodin, dont on ne sait s'il est génial ou fou. Ou encore de Bast, l'étrange apprenti qui ne lâche pas Kote d'une semelle et dont on serait plus rassuré de mieux cerner la personnalité.
Autant dire que je suis suspendue à ce récit et que je ne tarderai pas à découvrir la suite ! Et que je vais noter dans un coin de ma tête de ne pas hésiter à m'aventurer dans les littératures de l'imaginaire.
Captivant et émouvant !
Lien : https://ileauxtresors.blog/2..
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Citations et extraits (187) Voir plus Ajouter une citation
mcheronmcheron   12 juin 2021
Les officiers se dispersèrent. Les porteurs d'armure de Dalinar entrèrent l'instant d'après. Il ne s’ était écoulé que quelques minutes depuis que les cors avaient sonné mais, après six ans de combats, la machine de guerre tournait avec fluidité quand raisonner la pelle à l'extérieur il entendu débuter la troisième sonnerie du corps appelant ses hommes au combats, la machine de guerre tournait avec fluidité quand résonnait l’appel. A l’extérieur, il entendit débuter la troisième sonnerie de cors appelant ses hommes au combat.

Les porteurs d’armure inspectèrent ses bottes - s’assurant que les lacets étaient solidement noués - puis lui apportèrent un long gilet matelassé à enfiler par-dessus son uniforme. Ensuite ils posèrent les solerets - pièces d ‘armure destinées à ses bottes - par terre devant lui. ils recouvraient entièrement ses bottes et le dessous était couvert d’une surface rêche qui semblait s'accrocher à la pierre. L’intérieur luisait de la lueur des saphirs nichés dans des cavités spécialement conçues.

Dalinard se rappela sa dernière vision. Le Radieux dont l'armure luisait de glyphes. La cuirasse d'éclat moderne ne luisait pas ainsi. Son esprit avait-il pu fabriquer ce détail ? L’avait il fait ?

Pas le moment d’y réfléchir, se dit-il . Il chassa ses incertitudes et ses inquiétudes , comme il avait appris à le faire dans sa jeunesse, lors de ses premières batailles. Un guerrier devait rester concentré. les questions d’Adolin l'attendraient toujours à son retour . Pour l’heure il ne pouvait se permettre ni doutes sur lui-même ni incertitudes. L’heure était à devenir l’Epine Noire
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LefsoLefso   23 avril 2011
La plus remarquable des facultés de notre esprit est sans doute sa capacité à faire face à la douleur. Selon la pensée classique, l'esprit est doté de quatre portes, que chacun franchit selon la nécessité qui l'y pousse.
La première, c'est celle du sommeil. Le sommeil nous procure un abri loin du onde et de toutes ses souffrances. Le sommeil facilite la passage du temps, mettant à distance ce qui nous fait mal. Lorsqu'une personne est blessée, bien souvent, elle perd connaissance. De même, quelqu'un qui apprend une nouvelle bouleversante pourra s'évanouir. franchir cette première porte, c'est la façon dont l'esprit se protège de la douleur.
La deuxième porte est celle de l'oubli. Il est des blessures trop profondes pour guérir, du moins pour s'en rétablir promptement. De surcroît, nombre de souvenirs sont tout simplement trop douloureux et on ne peut en espérer aucun apaisement. Le vieux dicton selon lequel "le temps guérit tous les maux" est faux. Le temps guérit la plupart des maux. Le reste est dissimulé derrière cette porte.
La troisième porte est celle de la folie. Il y a des moments où 'esprit subit un tel choc qu'il se réfugie dans la démence. Bien qu'il semble difficile de pouvoir en tirer quelque bénéfice que ce soit, c'est pourtant le cas : il est des moments où la réalité n'est que souffrance et pour échapper à cette souffrance, l'esprit doit s'affranchir de la réalité.
La dernière porte est celle de la mort. L'ultime recours. Rien ne peut nous atteindre une fois que nous sommes morts, du moins c'est ce que l'on nous a dit.
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Acr0Acr0   18 septembre 2009
Mon nom est Kvothe, ce qui se prononce presque comme « Quoth ». Les noms sont importants, car ils en disent long sur une personne. J'ai moi-même eu bien plus de noms qu'on a le droit d'en porter.

Les Adems m'appellent Maedre. Ce qui, selon la façon dont on le prononce, peut vouloir dire « La Flamme », « Le Tonnerre » ou « L'Arbre fendu ».

« La Flamme », c'est évident à peine m'a-t-on aperçu. Mes cheveux sont d'un roux flamboyant. Si j'étais né quelques siècles plus tôt, on m'aurait sans doute pris pour un démon et brûlé vif. Je les coupe court, mais ils sont d'une nature rebelle. Dès que je les laisse pousser, ils se hérissent et on dirait que j'ai pris feu.

« Le Tonnerre », je l'attribue à ma voix de baryton et au fait que j'ai arpenté les tréteaux des théâtres dès mon plus jeune âge.

Je n'ai jamais trouvé que « L'Arbre fendu » soit très significatif. Bien que, avec le recul, j'imagine que l'on pourrait considérer ce surnom comme en partie prophétique.

Mon premier mentor m'appelait E'lir, parce que j'étais malin et que je le savais. Ma première véritable maîtresse m'appelait Dulator parce qu'elle en aimait la sonorité. J'ai aussi porté le nom de Shadicar, de Doigts légers et de Six Cordes. On m'a aussi appelé Kvothe, Celui qui ne saigne pas, Kvothe l'Arcaniste, Kvothe le Tueur de Roi. Tous ces noms-là, je les ai gagnés. Je les ai mérités et j'ai payé pour chacun d'entre eux.

Mais j'ai grandi sous le nom de Kvothe. Mon père m'a dit une fois que ça signifiait « savoir ». Bien entendu, on m'a donné bien d'autres noms. La plupart étaient fort grossiers, mais ils n'étaient pas souvent usurpés.
J'ai libéré des princesses retenues dans les tumulus de rois. J'ai incendié la ville de Trebon. J'ai passé une nuit en compagnie de Felurian et m'en suis sorti la vie sauve et en possession de tous mes esprits. J'ai été chassé de l'Université à un âge où la plupart n'y sont pas encore admis. J'ai suivi des pistes au clair de lune que personne n'osera
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TeaSpoonTeaSpoon   02 octobre 2013
[...] Tu as traversé les flammes et j'ai su que tout se passerait bien.
Elle a fait un petit pas vers moi et m'a posé la main sur le bras. J'ai senti la chaleur de ses doigts à travers ma chemise.
- J'allais mourir et... (Elle s'est tue, embarrassée.) Je ne fais que me répéter.
J'ai secoué la tête.
- C'est faux. Je t'ai vue. Tu cherchais à t'échapper.
- Non, j'étais figée, comme une de ces filles idiotes des histoires que me lisait ma mère. Je les ai toujours détestées, ces filles. Je me demandais toujours: Mais pourquoi elle ne pousse pas la sorcière à la fenêtre? Pourquoi ne glisse-t-elle pas du poison dans la nourriture de l'ogre?
Fela regardait ses pieds, à présent. Les cheveux tombaient en pluie sur son visage. Sa voix s'est faite moins forte, jusqu'à ne plus être qu'un murmure.
- Pourquoi reste-t-elle assise là comme une idiote, en attendant qu'on vienne la sauver? Pourquoi ne se sauve-t-elle pas par ses propres moyens?
J'ai posé la main sur la sienne en espérant la réconforter. J'ai alors remarqué que sa main n'était pas la petit chose délicate et fragile à laquelle je m'étais attendu. Elle était ferme et calleuse. C'était celle d'un sculpteur qui a connu des heures de dur labeur à manier le ciseau et le marteau.
- On ne dirait pas la main d'une oie blanche, ai-je remarqué.
Elle m'a regardé, les yeux brillants de larmes, et a eu un petit rire qui s'est étranglé en sanglot.
- Comment?
J'ai rougi en me rendant compte de ce que j'avais dit, mais je suis passé outre.
- Ce n'est pas la main d'une princesse sujette aux pâmoisons qui se contente de rester assise en triturant son morceau de dentelle en attendant qu'un prince vienne à sa rescousse. C'est la main d'une femme qui, pour s'évader, grimperait à une corde qu'elle aurait tressée avec ses propres cheveux. Une femme qui étranglerait l'ogre dans son sommeil, ai-je dit en la regardant droit dans les yeux. C'est aussi la main d'une femme qui aurait pu échapper aux flammes par ses propres moyens, si je n'avais pas été là. Les vêtements roussis, peut-être, mais saine et sauve.
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brigaldufenecbrigaldufenec   24 avril 2013
Une corde s'était cassée. Elle a claqué très haut sur le manche m'accrochant le dos de la main au passage pour y laisser une fine trace sanglante.
Je suis resté hébété. Elle n'aurait pas dû casser. Pas une seule des cordes de mon luth n'était usée à ce point. Pourtant cela s'était produit et, lorsque les derniers échos de la musique se sont tus, j'ai senti le public commencer à s'agiter. Les auditeurs émergeaient du rêve éveillé que j'avais tissé pour eux avec les fils de ma chanson.
Dans le silence, je l'ai senti s'effilocher, tirant le public d'un songe inachevé et détruisant tous mes efforts. Alors que pendant ce temps, ce qui brûlait en moi, c'était la chanson. La chanson!
Sans savoir ce que je faisais, j'ai reposé mes doigts sur les cordes et je suis descendu en moi-même. J'y ai retrouvé le temps où les coussinets de mes doigts étaient endurcis par un cal et où ma musique m'était aussi naturelle que ma respiration. Je suis revenu à l'époque où j'avais tiré d'un luth à six cordes le bruit du Vent qui fait virevolter une feuille.
Je me suis remis à jouer. Lentement, tout d'abord, puis avec une vélocité plus grande au fur et à mesure que mes doigts se souvenaient. J'ai réuni les brins effilochés de ma chanson pour leur faire reprendre la place qu'ils avaient occupée un instant plus tôt. Ce n'était pas parfait .....mais j'étais parvenu à faire passer l'émotion et j'ai senti le public se détendre, soupirer et retomber doucement sous l'influence du sortilège que j'avais créé à son intention.
J'ai cessé de penser au public. Une minute plus tard, je l'avais complètement oublié. Mes mains dansaient, couraient et se fondaient avec les cordes tandis que je luttais pour que les deux voix de mon luth continuent à chanter avec la mienne. Puis j'ai oublié mes doigts, alors même que mes yeux étaient rivés dessus. J'ai tout oublié, obnubilé par l'idée de mener ma chanson jusqu'à son terme.
Le refrain est arrivé et Aloine a repris la parole. Pour moi, ce n'était pas un être humain ni même une voix, c'était seulement une partie de la chanson qui jaillissait de moi tel un flot de lave brûlant.
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