AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 207256204X
Éditeur : Gallimard (28/08/2014)

Note moyenne : 3.29/5 (sur 29 notes)
Résumé :
Qu'est-ce qui décide de notre destin? Pourquoi les choses arrivent-elles? Quelle est la part de la volonté, du hasard et de la fatalité dans l'accomplissement d'une vie? Dans ce roman autobiographique, Jean-Marie Rouart s'interroge sur le mystère de la destinée et tente d'en comprendre les rouages secrets. Il met son c?ur à nu et avoue ses faiblesses : une adolescence à l'horizon bouché, un bac inlassablement raté, l'amour pour une jeune fille qui ne cesse de le tro... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
litolff
  29 octobre 2014
Ce roman autobiographique est ma première lecture de Jean-Marie Rouart et probablement pas la dernière car j'ai été charmée son écriture, magnifique et pleine d'humour.
Au travers de courts chapitres, Jean-Marie Rouart énumère quelques épisodes de jeunesse, son bac obtenu par l'opération du Saint-Esprit, quelques uns des hommes passionnants qu'il a rencontrés (Jean Guitton, François Nourrissier, Maurice Rheims, Jean-François Deniau, Jacques Vergès, Franz-Olivier Giesbert, Jean d'Ormesson, qui lui a inspiré le titre), et surtout ses histoires d'amour et les femmes de sa vie, belles et inconstantes…
Léger, plein d'autodérision ce roman se lit très facilement et surtout très agréablement car Jean-Marie Rouart manie la langue française avec une élégance qui se fait de plus en plus rare !
Commenter  J’apprécie          171
Bellonzo
  04 octobre 2015

Fils d'une famille de peintres proches de Degas et Manet, Jean-Marie Rouart (de L Académie Française) est un esthète vaguement dilettante et qui sait comme tous les dilettantes faire preuve de profondeur. Ne pars pas avant moi a été écrit alors que son auteur venait d'échapper à la mort. Et c'est peu dire que la richesse d'une vie parcourt ce roman biographique, comme supendue genre Damoclès et son fil du temps en forme d'épée.
Moi qui me suis passionné pour la folle question de la destinée-pourquoi cela arrive-t-il?-pourquoi ceci n'arrive-t-il pas?-j'attendais de la mort qu'elle se manifestât avec un peu plus de majesté, des estafettes, des clairons. Napoléon, dans ses derniers instants, espérait que sa fin serait accompagnée de l'apparition d'une comète, à l'instar De César. La comète n'a pas été au rendez-vous. Philosophe, Napoléon s'est exclamé:" On peut tout aussi bien mourir sans comète."
Néanmoins roman Ne pars pas avant moi nous permet de croiser le plutôt hautain François Nourrissier, Jacques Vergès entre deux mondes, Franz-Olivier Giesbert torturé. Maurice Rheims, finement appelé "un Mazarin en espadrilles". Et surtout l'ombre du héros de Jean-Marie Rouart, devenu son ami, qui est aussi l'un des miens tant cet homme insupportable a su, si talentueux, si bien écrire et si bien vivre, et surtout, chose rare, ne jamais m'ennuyer. J'ai nommé Jean d'Ormesson, si pimpant et si cabotin, mon Papy Jean.
Mais Rouart nous conte aussi sa jeunesse. Il n'a pas toujours été le séducteur comblé, l'homme aux bonnes fortunes que l'on connait. Peu doué pour le bac et souvent trompé par ses conquêtes, le jeune Jean-Marie se réfugie dans la littérature. Ca prendra un peu de temps, les cases journalisme et critique littéraire le retiendront un moment. Mais il finira par rejoindre Jean d'Ormesson au Quai Conti. Ne pars pas avant moi parvient à émouvoir en faisant sourire, rappelant le bonheur de vivre et sa fragilité comme le titre de son ainé, C'était bien.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
AnnaDulac
  28 août 2017
Parce qu'il a failli mourir et que Jean d'Ormesson, hospitalisé en même temps que lui, lui a fait parvenir un billet où était griffonné « Ne pars pas avant moi », l'académicien Jean-Marie Rouart a rassemblé quelques-uns de ses souvenirs dans ce livre de facture et de style très classiques.
D'autres peignent. Lui écrit et se sert des mots pour se relier à sa propre vie, la parcourir, ressusciter les jours anciens de sa jeunesse.
Ce qui demeure, ce sont des images, comme celle de « l'Indonésienne sous la pluie, dans le jardin du Luxembourg, sous le parapluie rouge », « ma chambre de bonne envahie par les odeurs de friture », « les étoiles filantes sous l'antique figuier de Fornali », et aussi quelques figures connues et évoquées avec humour et tendresse : Jean d'Ormesson, le très aimé, l '« enchanteur » ; Maurice Rheims ; Jacques Vergès ; François Nourissier et beaucoup d'autres. le petit milieu parisien (« les heureux du monde »). Tant de femmes aimées.
Un très grand plaisir de lecture. Un style magnifique. Une auto-dérision bienfaisante et quelques confidences sur une enfance un peu particulière qui feront certainement l'objet d'un prochain livre, car de là vient à Rouart sa sympathie pour les « déclassés », « les bâtards », « les renégats », « les apostats », « les défroqués » si éloignés de la bourgeoisie qu'il fréquente « en passager clandestin ».
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
marguerite18
  25 mai 2019
Je me demande pourquoi ce livre est qualifié en page de couverture de roman, alors qu'il s'agit d'une suite de tableaux de la vie de l'auteur où celui-ci, au gré de ses souvenirs, restitue des lieux et des moments et dresse des portraits d'écrivains, Frantz-Olivier Giesbert, François Nourissier et Maurice Rheims notamment ou d'autres personnalités connues telles que Jacques Vergès. le fil rouge semble être les amours de Jean-Marie Rouart avec Solange, jeune fille qu'il séduit d'abord avec une nuance de pitié car, malgré un corps magnifique, sa beauté se trouve déparée par une cicatrice à la lèvre, puis qu'il trompe et qui le trompe, mais avec laquelle il finit toujours par renouer. Curieux et ambitieux, l'auteur veut s'évader de son milieu d'origine, bohême et pour lequel seuls comptent les artistes, en particulier les peintres impressionnistes. Il est fasciné par celui des amis de la soeur de Solange, le nec plus ultra social à ses yeux, dont fait partie Jean d'Ormesson qu'il finira par rencontrer et dont il deviendra un ami proche. Alors qu'il vient d'échapper à la mort, il trouve sur son lit d'hôpital un mot laissé par ce dernier : "ne pars pas avant moi". Mis à part "Jean d'O." dont il est un inconditionnel, Jean-Marie Rouart ne témoigne pas d'indulgence particulière dans les portraits dressés et n'hésite pas devant le trait cruel pour évoquer le physique, le moral ou l'intellectuel de la personne concernée. La prose est élégante, mais le propos pas aussi léger qu'il n'y paraît au premier abord. Même si l'auteur se veut détaché, on le sent atteint par les échecs qu'il subit, qu'il s'agisse de son bac raté ou de ses premières tentatives infructueuses pour être élu à l'Académie française. Même si la plupart des scènes se passent chez les nantis, Jean-Marie Rouart évoque aussi un séjour d'enfance au sein d'une famille de pêcheurs de Noirmoutier ou une tournée nocturne parmi des bénévoles distribuant des préservatifs et offrant du réconfort aux prostituées. L'une d'elles demande à prier et l'auteur restitue avec une émotion sincère ce moment d'intensité.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
motspourmots
  11 août 2014
Après tout, qu'est -ce que la vie ? Des moments, des souvenirs, des rencontres...
Le narrateur (l'auteur ?) nous invite dans la sienne à travers quelques scènes surgies de sa mémoire et des rencontres savoureuses. En fil rouge : son adolescence, son passage à l'âge adulte, ses débuts dans la vie, sa découverte des femmes. Comme une ponctuation, des personnages qui gravitent autour de lui, des artistes, des écrivains, des académiciens, des femmes fatales...
Tout un univers qu'il fait défiler sous les yeux de son lecteur.
Elégance du style, force des personnages, la balade est agréable, on s'amuse de ces rapports un peu grinçants dans la haute société ou celle des gens de lettres et on se laisse bercer par cette belle écriture sans trop savoir où cela nous mène - mais qu'importe, c'est si joliment dit - ... L'explication vient à la fin, et l'émotion surgit, très forte.
Oui, finalement, qu'est ce que la vie ?
Lien : http://motspourmots.over-blo..
Commenter  J’apprécie          100
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
litolfflitolff   26 octobre 2014
Il affectait en tout le beau style qui enveloppait sous des formes raffinées la brutalité de ses provocations. Comme une kalachnikov dans un sac Hermès. C'est ainsi qu'il s'aimait, et il s'aimait beaucoup, vouant un culte à son intelligence, à son courage et à ce caractère double et trouble qu'il imprimait à tout ce qu'il entreprenait : entre deux eaux, entre deux races, entre deux mondes. Surtout, entre le bien le mal dont les frontières instables le laissaient songeur.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
litolfflitolff   11 novembre 2014
Ces marins avaient une mentalité différente de celle des paysans.La fréquentation de la mer, élément instable par excellence, le frottement de leur cervelle à des cervelles étrangères dans les différents ports où ils relâchaient, l'omniprésence du danger leur conférait la religion de la solidarité, mais aussi je ne sais quelle douce tolérance envers autrui. Pour eux, ni les frontières, ni les langues ne signifiaient grand-chose. Les champs, les prés sont bornés et suscitent la convoitise, tandis que la mer ignore les clôtures et ne se laisse pas découper en parcelles enfermées dans un cadastre. Le paysan lègue une terre dont les enfants se disputeront les acres arides avec une âpreté jalouse. Le marin-pêcheur laisse la mer pour héritage à ses enfants, autant dire l'infini: un domaine qui décourage la spéculation et le procès.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
marguerite18marguerite18   25 mai 2019
On jugera peut-être ridicule que l'on puisse, comme je le fais, s'identifier à un génie. Mais qu'ai-je fait d'autre ? Qu'ont-ils fait d'autre, avant moi, les écrivains, les peintres, les musiciens ? N'ont-ils pas procédé ainsi par infusion ? On me dira que je m'égare. Certes, il m'est difficile de hisser, à l'égal des Bororos, l'intérêt ethnologique des pêcheurs de Noirmoutier parmi lesquels j'ai passé mon enfance. Mais c'était également une société immobile où les enfants reproduisaient les gestes et les activités de leurs parents ; leur existence était réglée par les éléments non au bord d'un large fleuve, mais face à l'océan, tout aussi fructueux et dangereux que l'Amazone ; ils étaient à leur manière menacés par le monde moderne qui allait détruire leur mode de vie ancestral et tout aussi ravagés par l'alcool. Mon autre tribu, ma famille de peintres n'était pas moins immobile. Elle restait figée dans sa monomanie, le pinceau à la main, indifférente à l'Histoire et aux mouvements sociaux, attachée à être en harmonie avec la nature, à peindre indéfiniment les arbres et les miroitements de l'eau vive. Depuis trois générations, elle restait fidèle aux mêmes totems : Degas, Ingres, le Louvre. Aux mêmes tabous : ne pas s'écarter de la nature sous peine de mort, ne pas croire à l'hérésie progressiste.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
SimonLarribaSimonLarriba   02 février 2017
La Provence s'empara de moi comme un coup de foudre. L'intense lumière blanche, le soleil triomphant faisaient paraître pâles et chlorotiques les ciels que j'avais connus. La chaleur sèche rendait l'ombre désirable et douce. Quelque chose de pimpant dansait dans l'air. Le parler chantant des habitants, la flêche sombre des cyprès, le parfum doucereux de la lavande, l'haleine poivrée de la garrigue bruissante de criquets et de cigales, tout m'enchantait. J'aimais les oliviers aux reflets métalliques, le mistral qui bandait ses muscles dans le couloir rhodanien. Chaque découverte me grisait.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
philo741philo741   05 octobre 2014
Illusion de cette société dont la morale, qui consolide un édifice de bonne conscience et de mauvaise foi, n'est faite que pour se protéger d'une vérité insupportable.
Commenter  J’apprécie          60
Videos de Jean-Marie Rouart (31) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Marie Rouart
Dictionnaire amoureux de Jean d'Ormesson de Jean-Marie Rouart et Alain Bouldouyre Éditions Plon, collection Dictionnaire amoureux, avril 2019
Sous la forme d'un dictionnaire, l'ouvrage rend hommage à l'écrivain décédé en 2017, célébrant sa curiosité insatiable, l'élégance de sa pensée, son humour, sa tolérance et sa passion de la littérature. ©Electre 2019
https://www.laprocure.com/dictionnaire-amoureux-jean-ormesson-jean-marie-rouart/9782259276771.html
autres livres classés : roman autobiographiqueVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
768 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre