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ISBN : 2352947006
Éditeur : Bragelonne (31/10/2013)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 147 notes)
Résumé :
Le général Dun-Cadal fut le plus grand héros de l'Empire mais il n'est plus aujourd'hui que l'ombre de lui-même, une lamentable épave au fin fond d'une taverne.
C'est là qu'une jeune historienne vient le trouver. Elle est à la recherche de l'épée de l'Empereur, disparue dans le chaos des derniers jours de son règne, et que Dun-Cadal aurait cachée en un lieu secret.
Pour elle, le vieux guerrier va ressasser ses souvenirs de gloire et ses regrets amers, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (85) Voir plus Ajouter une critique
Witchblade
  22 septembre 2013
Livre lu dans le cadre de la Masse Critique spéciale du mois d'août.
La couverture me tentait beaucoup et le résumé titillait ma curiosité, j'ai donc proposé ma candidature pour recevoir ce livre en avant-première mondiale. le message de Bibalice met vraiment la pression, à savoir : « faire parti des 50 premiers lecteurs de ce livre avant sa sortie mondiale ». Sachant que l'auteur est français, c'est un vrai exploit, en espérant que je vais l'apprécier à sa juste valeur... Je remercie donc Babelio et les éditions Bragelonne pour cet envoi.
La couverture de ce livre est très curieuse même si elle n'est pas définitive pour mon exemplaire (épreuves non corrigées), il manque le titre... J'ai l'impression d'y voir un homme en robe de bure dont les mains tiennent, dans son dos, une épée ensanglantée. de quoi attisait la curiosité donc !!
Le récit alterne convenablement passé et présent sans trop de redites et de redondances. Passé où on découvre le général Dun-Cadal au temps de sa superbe malgré l'effondrement progressif de l'Empire auquel il tient tant et son protégé Grenouille qui essaye de fuir son propre passé. Présent où on trouve un homme s'appelant Dun-Cadal ressassant son passé mais essayant malgré tout de l'oublier en buvant plus que de raison. Il lui reste néanmoins ses réflexes du temps où il était la Main de l'Empereur mais plus sa vigueur et sa vivacité. Une jeune historienne l'a retrouvé cuvant son vin pour qu'il lui permette d'accomplir sa mission, à savoir retrouver l'épée de l'Empereur, Eraëd.
Tout le long de la première partie, il me tardait d'en apprendre plus sur Grenouille, sur son passé et sur sa fin lors de celle de l'Empire. le moins que l'on puisse dire, c'est que l'auteur a bien mené sa barque tout le long de la première partie, je n'aurais jamais imaginé que les souvenirs de l'ancien général nous amène à ce niveau dans l'histoire.
Par contre, comme l'a signalé boudicca, je trouve que les personnages féminins sont vraiment secondaires, même Viola est survolée. Nous avons son portrait, son métier mais guère de traits de caractère (à part, être un peu têtue). Elle fait un peu penser à un mouton. Même certains des personnages masculins sont assez peu décrits, nous en avons que la vision de Dun-Cadal qui ne voit les autres que comme étant inférieurs à Grenouille. Sachant que Dun-Cadal est complètement benêt en ce qui concerne la stratégie politique. Comme il le dit lui-même, il ne sait réfléchir que par les armes et non par les mots.
A la fin de la première partie, mon intérêt pour cette lecture a été réactivé. Je me suis pensée que cela allait enfin bouger et que l'ivrogne allait se bouger les fesses en arrêtant de se morfondre sur son sort. Mais que nenni !! En réalité, on passe sur l'enfance d'un second personnage qui nous raconte toute sa vie..., à savoir celle de Grenouille. du coup, cela a eu pour effet de me freiner dans ma lecture... J'aurais nettement préférée avoir les 2 visions des protagonistes intercalées par chapitre, comme ce que j'ai pu avoir dans ma précédente lecture (« Tigre, feu et flamme » de Marion Zimmer Bradley), que une première partie pour la vision d'un personnage et la seconde pour celle d'un deuxième. Pour ma part, je pensais que l'histoire allait continuer sur sa lancée et je pense que j'aurais préférée avoir les informations sur Grenouille en même temps que le général nous en parlait. du coup, cela risque de faire beaucoup de répétitions qui auraient pu être éviter en mon sens.
Regard torve, regard impavide... Pour un auteur français, cela la fout mal de ne pas être capable de mettre des synonymes voire de tourner différemment ses phrases. Dans la deuxième partie, on trouve beaucoup trop souvent à mon goût le terme « torve » associé à regard ou oeil comme si ses personnages n'étaient pas capables d'avoir d'autres expressions faciales... Ce tome a beau être des « épreuves non corrigées », je pense néanmoins qu'il a du être lu plusieurs fois avant que l'on souhaite le publier. Personne n'a pensé à offrir un dico des synonymes à l'auteur ?...
Il m'a fallu 2 semaines pour arriver au bout de ce livre et je ne suis pas mécontente de l'avoir enfin terminé. Malgré quelques questions restant en suspens, je ne comprends pas l'intérêt d'avoir un tome 2 surtout au vu de la construction de celui-ci. Au lieu de faire 2 parties distinctes, il aurait été peut-être plus simple pour la compréhension, et donc pour le lecteur, d'intervertir les faits et gestes des 2 personnages. D'ailleurs, arrivé quasiment à la fin du tome, je n'ai pas compris l'intérêt de revivre le passé de l'ancien général alors que le vrai personnage principal est Grenouille, son apprenti.
Ce n'est seulement que dans la deuxième partie que l'on apprend beaucoup de choses sur l'Empire et la République. Dun-Cadal était un général de l'Empire qui ne se battait qu'avec une épée à la main et non avec les mots. Il était généralement plutôt ignorant du monde qui l'entourait et de ce qui se passait en dehors de la guerre. Grenouille en savait un peu plus que lui mais il était perpétuellement aveuglé par sa colère et son envie de vengeance. Comme nous dit l'auteur, la voix de la colère nourrit la vengeance.
Maintenant, parlons du style de l'auteur. À part quelques problèmes de synonymes, la lecture se fait sans trop de difficulté. Il me manquait juste un peu de concentration et d'envie pour arriver à le terminer. Les paysages sont assez peu décrits surtout quand l'action se passe à l'intérieur d'un bâtiment, c'était loin d'être clair...
Comme vous l'aurez compris, je ne vous conseille guère de lire ce roman que je classerais dans la dark fantasy, même s'il est moins glauque que « Arachnae ». Mais bon comme on dit, « chacun ses goûts », vous l'apprécierez peut-être plus à sa juste valeur que moi. Pour ma part, je ne me jetterais pas sur le tome 2 à sa sortie mais je suivrais néanmoins le travail de cet auteur pour observer son amélioration. Même si je n'ai pas aimé ce tome, il a quand même réalisé un coup de maître pour avoir comme première maison d'éditions Bragelonne et de bénéficier d'une sortie mondiale...
Sur ce, bonnes lectures à vous :-)
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boudicca
  16 septembre 2013
Sortez les trompettes et déroulez le tapis rouge : voilà que débarquera bientôt dans nos librairies un roman qui, plusieurs mois avant sa sortie, fait déjà beaucoup parler de lui. Aussi, lorsque Babélio (que je remercie comme toujours chaleureusement) m'a proposée de le recevoir et de le critiquer en avant-première, difficile de faire la fine-bouche. D'autant plus au regard de la très grosse campagne promotionnelle lancée par les éditions Bragelonne pour la parution de ce premier tome du « Livre et l'épée » et premier roman d'Antoine Rouaud : sortie mondiale, auteur dépeint comme un jeune prodige digne d'être considéré comme LE successeur de G. R. R. Martin, roman décrit comme exceptionnel et qui risque de bouleverser l'univers de la fantasy... Seulement voilà, ce n'est absolument pas (mais alors pas du tout) le cas ! Alors je ne sais pas si c'est moi qui suis complètement à côté de la plaque (ce qui est fort possible) mais je n'ai pu m'empêcher de voir défiler avec beaucoup d'incompréhension et un peu de consternation les critiques dithyrambiques postées partout à propos de ce livre dont la lecture aura, pour ma part, été très longue et, malheureusement, souvent assez pénible.
Le pitch de base, tout d'abord, ne casserait pas franchement trois pattes à un canard : un vieux général déchu rencontre une jeune historienne en quête d'une épée supposée magique et va revivre grâce à elle la gloire de ses jeunes années en tant que chevalier au service de l'Empereur... Avouez que niveau originalité, on a déjà vu mieux ! J'étais malgré tout prête à me laisser surprendre et charmer, seulement à aucun moment l'histoire n'est parvenue à décoller et à m'embarquer. Tout du long de ces quelques cinq cents pages, on reste dans l'attendu, le classique, le convenu. Les retournements de situation se devinent longtemps avant qu'ils aient lieu (pour le côté G. R. R. Martin, on repassera....) quant au procédé narratif utilisé par l'auteur il m'a, en ce qui me concerne, davantage agacée que captiver. Les incessants aller-retour entre passé et présent finissent notamment par vite lasser, de même que la décision de l'auteur dans la seconde partie du roman de nous faire revivre TOUS les événements déjà exposés mais du point du vue du second protagoniste. Déjà que ma patience avait été soumise à rude épreuve et malgré toute la bonne volonté du monde, j'avoue que j'ai bien failli complètement jeter l'éponge face à cette découverte. Ma persévérance aura cependant été bien mal récompensée car la fin est, hélas, loin de remonter le niveau.
Les personnages, pour leur part, m'ont semblé bien creux et trop peu sympathiques, qu'il s'agisse de Dun-Cadal, vieux général déchu à la morale rigide et un peu pataud, ou de Grenouille, jeune homme torturé un peu plus profond que son mentor mais dont le sort m'a totalement indifféré tout au long du récit. le roman manque également de personnages féminins convaincants, je veux dire par là qui ne seraient pas présents que pour valoriser leurs compagnons masculins (Esyld et Mildrel) ou pour jouer les tapisseries (Viola). Bon, n'exagérons pas non plus, tout n'est pas catastrophique, certains éléments disséminés ici et là au fil du récit parvenant parfois à réveiller un peu l'intérêt du lecteur : le bestiaire un peu limité mais néanmoins prometteur élaboré par l'auteur ; cette opposition entre deux régimes politiques (notamment un que l'on a peu l'habitude de voir en fantasy), la République et l'Empire... Cela dit sur près de cinq cent pages, le nombre de branches auxquelles se raccrocher reste malheureusement bien mince. Je n'oublie pas que la plupart des défauts précédemment cités s'expliquent probablement en partie par le fait qu'il s'agit là du premier roman de l'auteur qui ne manque, je n'en doute pas, sûrement pas de talent. Je serai toutefois bien en peine de comprendre tout ce battage très exagéré autour de cette sortie, à mon sens bien peu originale.
« La voie de la colère » reste pour moi un roman de fantasy extrêmement classique loin de révolutionner le genre et qui, malgré les affirmations pleines d'ardeur de Bragelonne, demeure très en dessous des autres romans phares mis en avant par la maison d'édition. On est par exemple bien loin d'un Patrick Rothfuss (« Chronique du tueur de roi ») ou d'un Scott Lynch (« Les salauds gentilshommes »). Au vue des quelques avis glanés ici et là sur la toile, il semblerait que mon manque d'enthousiasme pour ce roman rencontre peu d'échos et il est fort possible que ce soit moi qui ait complètement loupé le coche, mais voilà bien un cycle que je n'entends pas poursuivre plus avant. Dommage...
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BlackWolf
  03 septembre 2013
Ce roman, cela fait des années que Bragelonne en parle et l'annonce comme le grand roman de Fantasy écrit par un auteur Français. L'éditeur en a fait son coup de coeur de l'année 2013 et le compare même au Trône de Fer ou encore au Nom du Vent. Information à prendre avec des pincettes, car depuis quelques années je fais attention à ces fameux coups de coeur. À noter aussi que ce roman va avoir la chance d'être publié dans une dizaine pays et au mois 5-6 langues. Alors, quand Babelio a proposé de découvrir ce livre en avant-première, je n'ai pas attendu longtemps pour présenter ma candidature. Je remercie donc les éditions Bragelonne et Babelio pour m'avoir fait découvrir ce roman. Concernant la couverture elle se révèle sobre, certes intéressante, mais pas extraordinaire non plus selon moi.
Ce qu'on remarque dès les premières pages c'est que l'auteur connait bien ces classiques de la Fantasy et qu'il sait parfaitement se les approprier et les réutiliser pour nous offrir une histoire vraiment intéressante. En effet le livre se lit facilement, sans jamais ennuyer le lecteur, ce qui fait qu'on tourne les pages avec plaisir pour essayer de mieux comprendre l'histoire des différents personnages et leurs importances. Une des réussites aussi de Antoine Rouaud est d'éviter un peu le premier tome d'introduction, par sa narration mélangeant flash-back et présent, le tout de façon imbriqué, intelligente et efficace. Par ce système de présentation, l'histoire va se révéler vive et entrainante du début à la fin permettant d'éviter justement les passages parfois un peu longuet, offrant ainsi des rebondissements et des retournements de situations amenés de façon réfléchi, tel un puzzle qui nous permet, au fur et à mesure, de reconstituer les rouages de l'intrigue.
L'autre point positif vient aussi de l'univers développé par l'auteur, en effet d'habitude en Fantasy on retrouve souvent le pouvoir dans les mains d'une seule personne, avec ses distensions et ses luttes. Dans ce livre on oscille entre la chute de l'Empire et les premières années de la République. L'auteur peut donc ainsi jouer avec cette transition et nous dévoiler un peuple en plein bouleversement, avec ses attentes, ses besoins vis-à-vis du pouvoir, ses rêves et ses envies de liberté tout en dévoilant aussi les mauvaises surprises qui peuvent apparaitre. Une jeune République encore naïve et balbutiante face à un Empire austère, carré et en fin de vie; un aspect vraiment intéressant. Concernant les aspects sur la magie et la mythologie on reste, j'avoue, dans le classique. Les religions sont esquissés, manquent un peu de profondeur, mais devraient normaleemnt se développer plus par la suite. Pour la magie l'auteur nous présente le « Souffle », mais, j'avoue, pour le moment, le tout reste assez simple. J'espère plus d'informations dans les prochains tomes, surtout qu'elle nous est présentée comme propre aux chevaliers, mais trop facilement appréhendé à mon goût.
Concernant les intrigues, on est tout de même loin de ce que peut proposer comme densité un Trône de Fer, mais celles qui sont développées par le roman se révèlent vraiment plaisantes, entre luttes de pouvoirs, trahisons et guerre. Malgré tout, ce roman possède tout de même quelques points qui m'ont dérangé et je pense principalement au fait que le tout se révèle vraiment balisé et sans véritable grosses surprises. L'auteur cherche bien à mettre en place quelques coups de théâtre, mais rien ne m'a jamais vraiment étonné. Je voyais clairement les choses arriver bien en amont. Alors, je pense qu'un jeune lecteur de Fantasy sera peut-être surpris par ces révélations, mais un lecteur qui lit énormément de la Fantasy risque de comprendre les choses parfois très rapidement. Peut-être que c'est voulu, pour essayer de toucher le maximum de public. Attention, cela ne remet pas en cause toutes les qualités du roman, surtout pour un premier roman, mais on n'est pas non plus encore au niveau des oeuvres auxquels on compare ce texte.
Les personnages développés par l'auteur se révèlent vraiment plaisants, en effet on accroche rapidement aux différents héros principaux présentés et on se plait à suivre leurs péripéties même si on comprend un peu trop rapidement leurs motivations. le fait de jongler entre le passé et le présent permet aussi de faire les évoluer de façon intelligente, offrant ainsi au lecteur de se rendre compte des changements, parfois radicaux, qu'ont apportées les dernières années. Des personnages complexes, travaillés qui gagnent en profondeur au fur et à mesure qu'on découvre leurs histoires. Je reprocherai juste à l'auteur l'absence de personnage féminin vraiment impactant, Viola fait un peu trop « rôle de figuration » pour le moment jouant plus le lien entre deux personnages principaux que personnage influençant l'histoire, et aussi certains personnages secondaires un peu plat. Rien de bien grave, mais concernant les héros féminins il peut être vraiment intéressant de les développer dans les prochains tomes.
La plume de l'auteur se révèle vraiment maîtrisée, plaisante et efficace, alternant avec facilité le travail sur l'univers, celui sur l'intrigue et celui sur les personnages, sans jamais ennuyer ou tomber dans les longueurs. Je reprocherai tout de même une certaine répétition dans certaines expressions, comme le personnage qui lance un regard torve ou la sur-utilisation, à mon goût, du mot fat, mais franchement pour un premier roman je chipote. Au final j'ai passé un bon moment de lecture avec ce roman qui se révèle être un bon cru 2013, mais comme je l'ai dit ce roman n'est pas non plus excellent, la faute principalement à un aspect balisé et sans grosse surprise de l'histoire, mais qui pourrait toucher un large public. Ce qui n'empêche pas Antoine Rouaud d'entrer dans les auteurs français de Fantasy à suivre et je lirai la suite de ce cycle sans soucis.
Lien : http://www.blog-o-livre.com/..
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Alfaric
  12 janvier 2014
Je ne me reconnais ni dans les avis de ceux qui ont adoré ni dans ceux qui n'ont pas aimé. Je ne me suis jamais ennuyé, mais je ne me suis pas vraiment emballé non plus. Et comme le disait un ami, parfois c'est long un livre quand ne vient pas le moment qui fait tilt.
J'ai lu dans les critiques des comparaisons avec le sempiternel GRR Martin, Patrick Rothfuss et Scott Lynch. Pour une fois la mention des auteurs bankables du moment n'est pas totalement usurpée.
Comme dans le "TdF", on retrouve des complots, des jeux de pouvoir, des ambitions, des trahisons. Mais la Fantasy à intrigue existait avant GRR Martin, et cela me navre vraiment de devoir le rappeler trop souvent.
Comme dans "Le Nom du Vent", on retrouve un chroniqueur venu confronter un homme à sa légende dans une ambiance volontiers intimiste. Sauf qu'ici ce sont deux hommes confrontés qui sont confrontés à leur légende respectives et que le procédé existait bien avant Patrick Rothfuss.
Comme dans "Les Salauds gentilshommes", on retrouve une ambiance Fantasy à capuche avec d'incessants allers et venues entre le présent et le passé. Sauf que la Fantasy à capuche et la structure en flashbacks existaient bien avant Scott Lynch.
Perso avec cette jeune fille rousse venue chercher une vieille gloire désormais complètement déchue pour sauver un régime au départ idéaliste des intrigues qui le mine… j'ai pensé à la très bonne BD "Le Banni".
Oui mais non. Si on devait comparer Antoine Rouaud, cela serait à Pierre Pevel (d'ailleurs la compassion avec le tome 1 de "Haut Royaume" s'impose). Mais à l'image d'une Robin Hobb il a plutôt axé son roman sur les sentiments de ses personnages principaux comme l'avait fait précédemment chez le même éditeur Henri Lovenbruck ou Magali Ségura. Encore qu'entre Ancien Régime en perdition et République en formation, on sent bien qu'on pioche dans une certaine littérature romantique du XIXe siècle.
Car dans une ambiance très capes et d'épée, Antoine Rouaud transpose une tragédie à la Shakespeare, auteur auquel le naming fait des clins d'oeil (Oratio, Iago…), dans une révolution française fantasmée. Bien fantasmée d'ailleurs puisque la magie du Souffle fait inévitablement penser à la Force de "Star Wars" (il y a quelques situations ou des dialogues qui forment de sympathiques clins d'oeil). D'ailleurs le récit se développe autour d'une lutte entre impériaux rebelles donc acte !
Il brouille les pistes avec des inversions, mais difficile de ne pas voir derrière la révolte des Salines celle de chouannerie, derrière les hésitations d'Asham Ivani Reyes celle du roi Louis XVI et puis au final la récurrence de la phrase « ce n'est pas une révolte mais une révolution » est assez pour ne pas dire très explicite...
On oppose tout au long du roman quel que soient leur camp des gens qui ont des valeurs et qui se battent pour elles et des gens qui ont des intérêts et qui font se battre d'autres personnes à leur place. Tandis que d'un côté on navigue entre optimisme et désillusion, d'un autre côté on retrouve des émules de Fouché, Talleyrand et autres grands résistants de 1946 qui soutiennent un régime avant de trahir au moment opportun pour mieux se recaser dans le suivant… 0 conviction, 0 moralité comme la plupart des dirigeants actuels soit dit en passant.
Le récit se construit autour de la relation mentor / apprenti entre Dun-Cadal le général et Grenouille le chevalier : chacun de leur POV constitue une partie du roman. Ils se complètent ou se recoupent, chacun essayant de remplir le vide de son coeur et de son âme, chacun s'accrochant l'un à l'autre. Cette relation prendre la forme d'une structure en flashbacks à la "Lost" d'une belle fluidité qui ne se contente pas comme tant d'autres d'une alternance à chaque chapitre. Cela se lit si facilement et si rapidement qu'il m'a fallu quelques temps avant de comprendre que les phrases en italique étaient les signes avant coureurs d'un retour au présent…
Mais j'ai eu du mal à accrocher à leur basculement : la manière dont l'ancien assassin de l'empereur s'attache à Grenouille me paraît un peu forcée, et la manière dont Grenouille bascule du pacifisme à une quête de vengeance aussi. La galerie des personnages secondaires moins bien traitée est et c'est bien dommage : la haine au coeur de Logrid, l'homosexualité de Gregory de Page, l'esclave espion Rogant, le généralissime rebelle, le timorée empereur… auraient tous mérité d'être approfondis, sans parler des personnages féminins (Viola, Mildred, Esyld) qui frôlent la poticherie et les méchants trop brutes de décoffrage pour faire trembler un seul instant.
C'est d'ailleurs pour cela que je n'ai jamais réussi à me prendre au jeu : le worldbuilding est trop limité, le dramatis personnae est trop restreint et les différentes figures du roman manquent par trop de tassiture pour que le twist principal basé un gros whodunit ainsi que les autres rebondissements ne fonctionnent avec moi. Il faut malheureusement aussi signaler quelques maladresses qui n'aurait jamais du passer le stade des corrections : la métaphore de la grenouille d'Erain est trop appuyée, quelques tournures tombent à plat comme dans le discours des comices agricoles de "Madame Bovary", 7 regards torves certes, mais aussi des femmes qui sentent lavande et un suremploi des points de suspension qui hache certains passages…
Bref, Antoine Rouaud nous offre un 1er roman assez solide qui ne ménage pas ses efforts pour éviter les écueils du traditionnel tome d'exposition. Loin des stéréotypes voire des classiques du genre, il peut plaire au plus grand nombre : action et émotion, batailles et intrigues, fantasy épique et fantasy à capuche, thématiques politiques et religieuses, développement des psychologies et des sentiments… Un auteur qu'il va être intéressant de voir évoluer !
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InstinctPolaire
  25 septembre 2013
[ Livre reçu dans le cadre d'une Masse Critique spéciale. Je remercie les trois ours, Pierre Krause et les éditions de la Bragelonne pour leur confiance.]
Es it allae, es it alle en, es it allarae :
Ce que vous étiez, ce que vous êtes, ce que vous serez.
Devise de la cité où il a trouvé refuse, credo de la Foi qu'il a toujours, premiers mots du livre qui raconte son histoire, ces sentences accompagnent le destin de Dun-Cadal Daermon.
Ce qu'il a été : Une légende. Et le terme n'est pas galvaudé. Issue de la petite noblesse, par ses talents, ils s'est hissé au grade de général au côté de de l'Empereur Asham Ivani Reyes. le dernier Empereur d'un pays devenu une République. Une fidélité jamais démentie, jalonnée de prouesses martiales aujourd'hui oubliées.
Ce qu'il est:Il n'est plus que Deune, comme on le prononce dans la cité de Massalia. Un vieil alcoolique misérable, un vestige d'un Empire qu'on s'est empressé d'oublier. La dernier étincelle d'un fol espoir : le détenteur d'un secret qui fait courir les chasseurs de trésor. Dun saurait où est caché Eraëd, l'épée des Empereurs, que l'on dit magique.
Ce qui sera : Celui qui va nous conter son histoire, toute son histoire. Il va vous raconter comment il a vaincu seul les insurgés à la bataille des Salines. Comment il a vaincu les dragons à Kapernevic...
… Pourquoi il est devenu le mentor d'un jeune garçon talentueux, sans jamais lui avouer la fierté qu'il lui procurait.
Dans ce monde qui a basculé dans la République, qu'elle peut être la place d'un homme déchut d'avoir respecté des serments aujourd'hui tombés en poussière ?
Ce vieil homme a réussi à me surprendre. Son histoire m'a plut. Je pensais qu'on ne pourrait tirer de ses errements avinés que la banalité de la déchéance d'un soldat engoncé dans son honneur comme dans une vieille armure rouillée et cabossée.
Mais il a réussi à m'attendrir. Donc à m'intéresser
Pas certain que les redites de la seconde partie, présentant un autre point de vue soient aussi judicieuses. Mais bon...
Sans avoir l'envergure épique que semble vouloir donner l'éditeur à cette sortie " la Voie de la Colère " plaira aux moins exigeants des amateurs du genre, voire aux novices.
Soyez indulgent avec le vieil homme, il a tout perdu...
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Les critiques presse (1)
Elbakin.net   09 septembre 2013
Antoine Rouaud sait manipuler son lecteur avec talent ! Et celui-ci en redemande.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations & extraits (48) Voir plus Ajouter une citation
CrunchesCrunches   04 janvier 2014
- J'ai cru parler au grand général Dun-Cadal mais il faut croire que je me suis tompée. Regardez-vous... vous n'êtes même pas l'ombre de ce que vous avez été. Juste une écorce vide, sans aucune dignité, qui ne sait que lever son verre avec amertume. J'ai peine à croire que ce que vous avez fait pendant la bataille des Salines soit vrai. A vous voir, comme ça, je ne peux que douter que ayez été autrefois un grand homme.
Pas un seul moment il ne leva les yeux vers elle.
- Oui... vous êtes venu ici pour attendre la mort. Seulement, vous n'avez pas compris ceci. Vous êtes déjà mort. Vous avez beau cacher votre identité dans l'espoir de ne pas ternir votre ancienne image, c'est peine perdue. Quand le monde sara ce qu'il est advenu de Dun-Cadal Daermon... la seule larme versée ne sera pas une larme de tristesse mais bien de pitié.
Elle n'attendit aucune réponse et disparut dnas la foule, suivie du Nâaga. Quand l'air frais de la ruelle estompa les odeurs de sueur et d'alcool, elle se demandait encore si elle avait su le piquer au vif. Sous la pluie, elle ralentit le pas.
- Aie confiance, conseilla Rogant.
Avoir confiance ? On n'avait pas jugé bon de la prévenir qu'il s'agisssait de Dun-Cadal Daermon t non d'un simple soldat.
- Je le connais depuis plus longtemps que toi, continua Rogant. Il sait ce qu'il fait.
Et, comme pour conforter ses dires, une voix retentit dans leur dos.
- Hé !
Viola se retourna lentement. Debout sur le perron de la taverne, Dun-Cadal était plus pitoyable encore qu'assis à sa table. La pluis glissait sur son visage et nul n'aurait su dire si quelques larmes ne s'y mêlait pas.
- Qu'est ce que vous connaissez de Dun-Cadal ? gronda-t-il, des trémolos dans la voix. Vous venez ici, vous vous asseyez à ma table et vous crachez sur ce que j'ai été. Ce que je suis... ce que je serai...
Il serra les poings, chancelant.
- Mais qu'en savez-vous ? s'emporta-t-il? Ce que vous a appris la République ?!
Il avança de quelques pas et se laissa aller contre un mur. La lueur d'un éclair illumina son visage ridé. Il paraissait si... détruit.
- Que savez-vous de mon histoire ? dit-il en levant les yeux au ciel. De ce que j'ai vu, de ce que j'ai fait.... ? Que savez-vous de la bataille des Salines... ?
Viola ne bougea pas. Elle se contentait de le regarder, appuyé contre la façade d'une maison, les bottes couvertes de boue, la veste de cuir craquelée, les manches de sa chemise tachées de vin.
- Alors, racontez-moi.
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AlfaricAlfaric   15 janvier 2014
Je suis l’épée contre les forts et le bouclier pour les faibles. Ma parole est d’or. Je ne la renierai pas. Je suis celui qui marche au combat. Mon chemin est celui des justes. Je ne faiblirai pas.
Je suis l’épée et le bouclier, telle est ma seule voie. Rien ne retiendra jamais mon bras.
Je prête ici serment de ne jamais céder à la voie de la colère, de toujours servir la justice avec honneur et morale. D’être chevalier, parmi les chevaliers, et que cela fasse sens.
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boudiccaboudicca   08 septembre 2013
Il y a une légende qui raconte qu'un seul homme fit face aux Salines et embrasa notre armée. Ce n'était pas une légende, je l'ai combattu… et j'ai fui comme les autres. Il nous fit plus de dégâts que lors de l'assaut du Guet d'Aëd par dix milles de ses hommes. Parce que lui, nous l'avons craint. S'il y eut un seul héros dans les Salines, ne retenez qu'un nom... Dun-Cadal Daermon.
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WitchbladeWitchblade   15 décembre 2013
Pas un visage ne se différenciait des autres, ce n'était que des ombres mouvantes. Les généraux étaient habitués à ce tumulte, une tornade d'inconnus fondant sur eux, sans nom, sans histoire, sans rien qui ne vaille la peine d'être retenu. Eux aussi avaient une vie, une famille, des rêves comme des peurs, mais penser à leur humanité au cœur de la bataille, les considérer comme des semblables, c'était courir à sa perte. Les gestes étaient mécaniques, de simples réflexes parfois, la somme d'années d'apprentissage du combat.
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WitchbladeWitchblade   15 décembre 2013
Je ne vous demande pas de l'oublier (…). Vous ne le pourrez jamais. Toutes les plaies se referment. Ce sont les cicatrices qui nous les rappellent à nous. Et si la douleur est moins vive, elle n'en demeure pas moins profonde.
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