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ISBN : 2070420817
Éditeur : Gallimard (31/10/2001)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 60 notes)
Résumé :
Neuf groupes de neuf poèmes, plus un dernier, très bref, intitulé Rien, ainsi se compose Quelque chose noir de Jacques Roubaud. Un seul thème d'inspiration, et il est infiniment douloureux : c'est celui de la mort de la femme aimée. Beaucoup de ces poèmes prennent la forme d'une méditation. L'art de Jacques Roubaud, qui sait jouer de toutes les ressources de la technique poétique, se met ici au service de l'absence, du deuil, de la douleur.
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
meyeleb
  09 août 2011
J'ai aimé ce deuil poétique d'une épouse disparue.
Beaucoup d'émotion, de pudeur, dans ce recueil, qui m'avait clouée sur place, au milieu d'une bibliothèque, pendant près de 2 heures. On ressent le vide qu'elle laisse, l'absence qui parle désormais.
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Bouteyalamer
  01 novembre 2015
Jacques Roubaud : Quelque chose noir (1986)
Neuf séries de neuf poèmes de neuf vers chacun, écrits après 30 mois où devant ta mort je suis resté entièrement silencieux (Aphasie p. 131). Sa femme, la photographe Alix Cleo Roubaud, est morte à 30 ans d'une embolie pulmonaire [sous estroprogestatif ?]. L'ouvrage rapporte des images obsessionnelles : sa main cyanosée, sa voix, son odeur, des souvenirs érotiques dans tout le recueil (Au fond des jambes ouvertes, cette tâche sombre, p. 111), ses photographies longuement méditées (voir p. 91/103). Je m'acharne à circonscrire rien-toi avec exactitude, ce bipôle impossible, à parcourir autour, de ceci, ces phrases de neuf que j'appelle poèmes (p. 85). Il lui donne la parole : « Entre, assiste à mon enfance intérieure, au deuxième côté du temps » (p. 102) et revient à la création : Et ma voix, en vérité, retourne, par ces mots, à ton image, qui d'elle même, ici, les pose (p. 117). le rythme est heurté et la prosodie rocailleuse : Dans la nuit borgne sous la masse cyclope d'une lune vacillante (p. 20). La ponctuation et la mise en page sont complexes (je ne reproduis pas les espaces et les sauts de lignes : voir le texte), de même que le soubassement Oulipien autour du chiffre neuf.
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Pot
  23 septembre 2010
De la poésie.
Roubaud compose ce recueil à la mémoire de sa femme, Alix Cléo, s'inspirant pour le titre de son exposition de photos "Si quelque chose noir" (voir http://www.actuphoto.com/12321-alix-cleo-roubaud-si-quelque-chose-noir.html).
Il met des années avant de retrouver l'écriture, une écriture du silence, dit-on, des miettes doux-loureuses de son sentiment, de son souvenir qui réalise son deuil.
J'ai mis du temps à l'apprécier parce qu'il m'a fallu décoder son sens (ou le mien). Il ne se laisse pas facilement apprivoiser, ses côté oulipien et mathématicien sans doute. C'est une vraie caverne à interprétations en tous cas. Et je dois dire qu'il m'a plus qu'aucun autre influencé dans ma façon d'écrire
De la poésie.
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vincentf
  28 mai 2012
Lecture à contre-courant d'un printemps joyeux, ce quelque chose noir essaie de dire, et sait qu'il échoue de dire, la mort d'une femme aimée. Elle est, corps et âme, chair caressée, présence chaude, puis, d'un coup, elle n'est plus, rien, matière inutile. le poète est décontenancé, parce qu'il n'y a rien à dire, et encore moins à écrire, mais il tente quand même, sans illusion, de comprendre ce qui lui arrive, de recréer quelque chose qui survive à l'absence infinie, mais la réalité, brute, charogne, implacable, c'est qu'elle n'est plus, que les photographies sur le mur ne représentent plus rien, que les souvenirs et l'écriture du nom ne sont que chimères, nécessaires et impossibles. Les vers se brisent en mots vains, le sens s'envole, elle n'est plus, et dès lors, c'est comme si elle n'avait jamais été.
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Henri-l-oiseleur
  08 novembre 2015
Le Tombeau est un genre poétique particulier, où l'on réunit en recueil des pièces de vers écrites à la mémoire de quelqu'un qui vient de mourir. Dans cette optique, "Quelque chose noir" est le livre du deuil de Jacques Roubaud pour sa femme. Comme toute poésie, c'est la tentative d'apprivoisement, d'humanisation par la parole, de la perte irrémédiable et du silence. La perte est signalée par l'impossibilité de nommer et de décrire précisément ce qui arrive, un "quelque chose" sans nom qui ne se caractérise que par une couleur, le noir. La poésie va tâtonner et avancer dans ce quelque chose. C'est un très beau recueil.
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   18 octobre 2019
     Pinceau lumineux



Dans la couleur inatteignable

Dans l'attente     inatteignable     de la couleur

Dans la ligne qui fraye    le visage

Dans le gel    blanc    le gel noir

L'attente d'argent    de l'œil de sels d'argent

Platine    sépias

Le battement des mouettes du blanc et du noir

La ligne    fumant de la lumière    terreur    écrite à
la lumière    s'arrête    exacte    là

Où tu deviens noire
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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   02 mars 2019
Dès que je me lève
Dès que je me lève (quatre heures et demie, cinq heures), je prends mon bol sur la table de la cuisine. Je l'ai posé là la veille, pour ne pas trop bouger dans la cuisine, pour minimiser le bruit de mes déplacements.
Je continue de le faire, jour après jour, moins par habitude, que par refus de la mort d'une habitude. Etre silencieux n'a plus la moindre importance.
Je verse un fond de café en poudre, de la marque ZAMA filtre, que j'achète en grands verres de 200 grammes au supermarché FRANPRIX, en face du métro Saint-Paul. Pour le même poids, cela coûte à peu près un tiers de moins que les marques plus fameuses, Nescafé, ou Maxwell. Le goût lui-même est largement un tiers pire que celui du nescafé le plus grossier non lyophilisé, qui n'est déjà pas mal en son genre.
Je remplis mon bol au robinet d'eau chaude de l'évier.
Je porte le bol lentement sur la table, le tenant entre mes deux mains qui tremblent le moins possible, et je m'assieds sur la chaise de cuisine, le dos à la fenêtre, face au frigidaire et à la porte, face au fauteuil, laid et vide, qui est de l'autre côté de la table.
A la surface du liquide, des archipels de poudre brune deviennent des îles noires bordées d'une boue crémeuse qui sombrent lentement, horribles.
Je pense : "Et l'affreuse crème / Près des bois flottants /."
Je ne mange rien, je bois seulement le grand bol d'eau à peine plus que tiède et caféinée. Le liquide est un peu amer, un peu caramélisé, pas agréable.
Je l'avale et je reste un moment immobile à regarder, au fond du bol, la tache noire d'un reste de poudre mal dissoute.
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patrick75patrick75   12 mai 2016
Jusqu'à la nuit

Le téléphone ne sonne pas. S'il sonne, je le décroche. Je le rebranche ensuite au cas où il sonnerait et où je voudrais répondre, mais je réponds rarement.

L'arbre le plus à gauche, dans la fenêtre, a des feuilles si vertes qu'elles sont jaunes, de gros moineaux s'y agitent. je les aperçois à peine.

L'église, la rue, le golfe de toits à gauche de l'église composent le fond d'une image : deux fenêtres, des arbres tièdes, un catalpa ? un arbre de Judée ?

J'ai pris l'habitude de m'y étendre par le regard, assis sur une chaise. Sur la table j'ai posé les papiers, les livres, les lettres que je reçois et auxquelles je n'arrive pas à répondre.

Le soir quand la lumière se concentre, et avance, en oblique, parfois portant du soleil, parfois pas, jusqu'à mes pieds. Je m'assieds sur cette même chaise, face à l'image.

J'y reste jusqu'à la nuit.

Pas pour regarder, j'ai déjà vu, pas pour attendre, quand rien ne viendra, juste par un geste, de continuité.

A hauteur de mes yeux, à peu près, est le point d'où a été composée l'image, la photographie, où l'on voit, ce que je vois et viens, paresseusement, de décrire, que je ne regarde pour ainsi dire plus jamais, cette image est sur le mur face à moi.

Je pourrais voir, sur le mur, distinctement cette image, je pourrais la voir, parfaitement dans la nuit même, mais je ne la regarde pas. cette image qui te contient.
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OrpheaOrphea   31 mai 2012
Envoi


S'attacher à la mort comme telle, y reconnaître l'avidité d'un réel, c’était avouer qu'il est dans la langue, et dans toutes ses constructions, quelque chose dont je n'étais plus responsable.

Or, c'est là ce que personne ne supporte plus mal. Où sont les insignes de l'élection individuelle, sinon en ce qu'un ordre vous est obéissant, avec ses raisons de langue.

La mort n'est pas une propriété distinctive, telle qu'à jamais les êtres qui ne la présenteraient pas, à jamais s’excluraient des décomptes.

Ni les Trônes, ni les Puissances, ni les Principautés, ni l'Âme du Monde en ses Constellations.

Cela pourtant que tu t'efforçais de frayer, par photons évaporants, par solarisation de ta nudité précise.

La transcription réussie, l'ombre ne devait être nulle part appuyée plus qu'en ce lieu où le soleil avait poussé l'évidence jusqu'au point de conclure : le lit, de fesses qui s'écartent en brûlant.
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patrick75patrick75   12 mai 2016
Meditation du 21/7/85

Je regardai ce visage. qui avait été à moi. de la manière la plus extrème.

Certains. en de semblables moments. ont pensé invoquer le repos. ou la mer de la sérénité. cela leur fut peut-être de quelque secours. pas moi.

Ta jambe droite s'était relevée. et écartée un peu. comme dans ta photographie titrée la dernière chambre.

Mais ton ventre cette fois n'était pas dans l'ombre. point vivant au plus noir. pas un mannequin. mais une morte.

Cette image se présente pour la millième fois. avec la même insistance. elle ne peut pas ne pas se répéter indéfiniment. avec la même avidité dans les détails. je ne les vois pas s'atténuer.

Le monde m'étouffera avant qu'elle ne s'efface.

Je ne m'exerce à aucun souvenir. je ne m'autorise aucune évocation. il n'y a pas de lieu qui lui échappe.

On ne peut pas me dire : " sa mort est à la fois l'instant qui précède et celui qui succède à ton regard. tu ne le verras jamais".

On ne peut pas me dire :" il faut le taire".
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Videos de Jacques Roubaud (44) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jacques Roubaud
Duo de lecture : Sandra Boehringer et Isabelle Châtelet lisent le début de chaque lettre adressée à Lacan et se renvoient ainsi la balle. Rencontre autour du livre "Lettres à Lacan" (réunies par Laurie Laufer), Librairie Quai des Brumes à Strasbourg, le 8 déc 2018. Rencontre animée par George-Henri Melenotte avec Jean Allouch et Laurie Laufer.
Auteurs des lettres : Jean Allouch, Paul Audi, Jorge Banos Orellana, Fethi Benslama, Daniel Borrillo, Danièle Brun, Chloé Delaume, Christian Dunker, Eric Fassin, Frédéric Gros, Lewis Kirshner, Etienne Klein, Gloria Leff, Guy le Gaufey, Lucrèce Luciani, Paola Mieli, Bertrand Ogilvie, Anne Onime, Barbara Osorovitz, Jacques Roubaud, Moustapha Safouan, Jacques Sédat, Daniel Sibony, Christian Simatos, Marie-Claude Thomas, Alain Vanier, Catherine Vanier, Mayette Viltard, Anonyme.
Quatrième de couverture du livre : Où en est la psychanalyse aujourd?hui ? Ces lettres dessinent un état du champ freudien inséparable, pour le meilleur comme pour le pire, de « l?effet Lacan » et des retombées de son enseignement, en France autant qu?à l?étranger. Elles sont signées de psychanalystes (élèves ou détracteurs), dont des proches de la première heure, mais aussi de personnalités scientifiques ou artistiques venues d?autres horizons. On peut y voir une forme inattendue de manifeste, une relance du gai savoir lacanien, qui s?autorisait toutes les formes de propos et d?arguments pro et contra, des plus loufoques aux plus sérieux, des plus littéraires aux plus théoriques.
Laurie Laufer est psychanalyste, professeure à l?Université Paris-Diderot et directrice du Centre de recherche psychanalyse, médecine et société (CRPMS).
éditions Thierry Marchaisse En savoir plus sur le livre : http://www.editions-marchaisse.fr/catalogue-lettres-a-lacan.html
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