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EAN : 9782070420810
147 pages
Gallimard (31/10/2001)
4.25/5   81 notes
Résumé :
Neuf groupes de neuf poèmes, plus un dernier, très bref, intitulé Rien, ainsi se compose Quelque chose noir de Jacques Roubaud. Un seul thème d'inspiration, et il est infiniment douloureux : c'est celui de la mort de la femme aimée. Beaucoup de ces poèmes prennent la forme d'une méditation. L'art de Jacques Roubaud, qui sait jouer de toutes les ressources de la technique poétique, se met ici au service de l'absence, du deuil, de la douleur.
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
meyeleb
  09 août 2011
J'ai aimé ce deuil poétique d'une épouse disparue.
Beaucoup d'émotion, de pudeur, dans ce recueil, qui m'avait clouée sur place, au milieu d'une bibliothèque, pendant près de 2 heures. On ressent le vide qu'elle laisse, l'absence qui parle désormais.
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Bouteyalamer
  01 novembre 2015
Jacques Roubaud : Quelque chose noir (1986)
Neuf séries de neuf poèmes de neuf vers chacun, écrits après 30 mois où devant ta mort je suis resté entièrement silencieux (Aphasie p. 131). Sa femme, la photographe Alix Cleo Roubaud, est morte à 30 ans d'une embolie pulmonaire [sous estroprogestatif ?]. L'ouvrage rapporte des images obsessionnelles : sa main cyanosée, sa voix, son odeur, des souvenirs érotiques dans tout le recueil (Au fond des jambes ouvertes, cette tâche sombre, p. 111), ses photographies longuement méditées (voir p. 91/103). Je m'acharne à circonscrire rien-toi avec exactitude, ce bipôle impossible, à parcourir autour, de ceci, ces phrases de neuf que j'appelle poèmes (p. 85). Il lui donne la parole : « Entre, assiste à mon enfance intérieure, au deuxième côté du temps » (p. 102) et revient à la création : Et ma voix, en vérité, retourne, par ces mots, à ton image, qui d'elle même, ici, les pose (p. 117). le rythme est heurté et la prosodie rocailleuse : Dans la nuit borgne sous la masse cyclope d'une lune vacillante (p. 20). La ponctuation et la mise en page sont complexes (je ne reproduis pas les espaces et les sauts de lignes : voir le texte), de même que le soubassement Oulipien autour du chiffre neuf.
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vincentf
  28 mai 2012
Lecture à contre-courant d'un printemps joyeux, ce quelque chose noir essaie de dire, et sait qu'il échoue de dire, la mort d'une femme aimée. Elle est, corps et âme, chair caressée, présence chaude, puis, d'un coup, elle n'est plus, rien, matière inutile. le poète est décontenancé, parce qu'il n'y a rien à dire, et encore moins à écrire, mais il tente quand même, sans illusion, de comprendre ce qui lui arrive, de recréer quelque chose qui survive à l'absence infinie, mais la réalité, brute, charogne, implacable, c'est qu'elle n'est plus, que les photographies sur le mur ne représentent plus rien, que les souvenirs et l'écriture du nom ne sont que chimères, nécessaires et impossibles. Les vers se brisent en mots vains, le sens s'envole, elle n'est plus, et dès lors, c'est comme si elle n'avait jamais été.
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Henri-l-oiseleur
  08 novembre 2015
Le Tombeau est un genre poétique particulier, où l'on réunit en recueil des pièces de vers écrites à la mémoire de quelqu'un qui vient de mourir. Dans cette optique, "Quelque chose noir" est le livre du deuil de Jacques Roubaud pour sa femme. Comme toute poésie, c'est la tentative d'apprivoisement, d'humanisation par la parole, de la perte irrémédiable et du silence. La perte est signalée par l'impossibilité de nommer et de décrire précisément ce qui arrive, un "quelque chose" sans nom qui ne se caractérise que par une couleur, le noir. La poésie va tâtonner et avancer dans ce quelque chose. C'est un très beau recueil.
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Pot
  23 septembre 2010
De la poésie.
Roubaud compose ce recueil à la mémoire de sa femme, Alix Cléo, s'inspirant pour le titre de son exposition de photos "Si quelque chose noir" (voir http://www.actuphoto.com/12321-alix-cleo-roubaud-si-quelque-chose-noir.html).
Il met des années avant de retrouver l'écriture, une écriture du silence, dit-on, des miettes doux-loureuses de son sentiment, de son souvenir qui réalise son deuil.
J'ai mis du temps à l'apprécier parce qu'il m'a fallu décoder son sens (ou le mien). Il ne se laisse pas facilement apprivoiser, ses côté oulipien et mathématicien sans doute. C'est une vraie caverne à interprétations en tous cas. Et je dois dire qu'il m'a plus qu'aucun autre influencé dans ma façon d'écrire
De la poésie.
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Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   24 janvier 2023
Cette photographie, ta dernière



extrait 3

Du soir, qui pèse, sur le golfe de toits entre les deux fenêtres, et moi,

Absent de ton regard, qui dans l'image, fixe, la pensée de cette image, dédiée à cela, les soirs de maintenant, sans toi, au point,

Vacillant du doute de tout.
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coco4649coco4649   24 janvier 2023
Cette photographie, ta dernière



extrait 2

Je m'assieds, sur cette chaise, d'où l'on voit, à la fois, l'image intérieure la photographie, et autour d'elle, ce qu'elle montre,

Qui seulement, le soir, coïncide, par la direction de la lumière, avec elle, sinon en cela, qu'à gauche, dans l'image, tu regardes,

Vers le point où je m'assieds, te voir, invisible maintenant, dans la lumière,
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coco4649coco4649   24 janvier 2023
Cette photographie, ta dernière



extrait 1

Cette photographie, ta dernière, je l'ai laissée sur le mur, entre les deux fenêtres, au-dessus,

De la télévision désaffectée, et le soir, dans le golfe de toits à gauche de l'église, quand la lumière,

Se concentre, qui en même temps, s'écoule, en deux estuaires obliques, et inchangeables, dans l'image,
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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   02 mars 2019
Dès que je me lève
Dès que je me lève (quatre heures et demie, cinq heures), je prends mon bol sur la table de la cuisine. Je l'ai posé là la veille, pour ne pas trop bouger dans la cuisine, pour minimiser le bruit de mes déplacements.
Je continue de le faire, jour après jour, moins par habitude, que par refus de la mort d'une habitude. Etre silencieux n'a plus la moindre importance.
Je verse un fond de café en poudre, de la marque ZAMA filtre, que j'achète en grands verres de 200 grammes au supermarché FRANPRIX, en face du métro Saint-Paul. Pour le même poids, cela coûte à peu près un tiers de moins que les marques plus fameuses, Nescafé, ou Maxwell. Le goût lui-même est largement un tiers pire que celui du nescafé le plus grossier non lyophilisé, qui n'est déjà pas mal en son genre.
Je remplis mon bol au robinet d'eau chaude de l'évier.
Je porte le bol lentement sur la table, le tenant entre mes deux mains qui tremblent le moins possible, et je m'assieds sur la chaise de cuisine, le dos à la fenêtre, face au frigidaire et à la porte, face au fauteuil, laid et vide, qui est de l'autre côté de la table.
A la surface du liquide, des archipels de poudre brune deviennent des îles noires bordées d'une boue crémeuse qui sombrent lentement, horribles.
Je pense : "Et l'affreuse crème / Près des bois flottants /."
Je ne mange rien, je bois seulement le grand bol d'eau à peine plus que tiède et caféinée. Le liquide est un peu amer, un peu caramélisé, pas agréable.
Je l'avale et je reste un moment immobile à regarder, au fond du bol, la tache noire d'un reste de poudre mal dissoute.
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GeraldineBGeraldineB   16 juin 2022
MORT RÉELLE ET CONSTANTE

À la lumière. je constatai ton irréalité. elle émettait des monstres. et de l'absence.

L'aiguille de ta montre continuait à bouger. dans ta perte du temps je me trouvais tout entier inclus.

C'était le dernier moment où nous serions seuls.

C'était le dernier moment où nous serions.

Le morceau de ciel. désormais. m'était dévolu. d'où tu tirais les nuages. et y croire.

Ta chevelure s'était noircie absolument.

Ta bouche s'était fermée absolument.

Tes yeux avaient buté sur la vue.

J'étais entré dans une nuit qui avait un bord. au-delà de laquelle il n'y aurait rien.
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Videos de Jacques Roubaud (53) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jacques Roubaud
TROUBADOURS — Grand entretien de Jacques Roubaud sur le trobar (France Musique, 1994) L'émission "Les Imaginaires", par Jean-Michel Damian, diffusée le 1er octobre 1994 sur France Musique.
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