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EAN : 9782370552570
Éditeur : Le Tripode (07/01/2021)
4.38/5   378 notes
Résumé :
Un homme se retrouve en prison. Brutalisé dans sa mémoire et dans sa chair, il décide avant de mourir de nous livrer le récit de son destin.

Écrit dans un élan vertigineux, porté par une langue aussi fulgurante que bienveillante, Le Démon de la Colline aux Loups raconte un être, son enfance perdue, sa vie emplie de violence, de douleur et de rage, d'amour et de passion, de moments de lumière... Il dit sa solitude, immense, la condition humaine.
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Critiques, Analyses et Avis (140) Voir plus Ajouter une critique
4,38

sur 378 notes

Ladybirdy
  05 mai 2021
Une claque ce livre! Qui soit révulse soit subjugue et s'il subjugue, on est à même de se demander quelle part noire sommeille en nous pour lire autant d'horreurs.
Ce livre pourra en rappeler d'autres. de mon côté, c'est à Né d'aucune femme auquel je pense.
Duke le narrateur va nous raconter son histoire qui l'a conduit jusqu'à la prison. Avec des mots qui sont à lui parce que l'homme n'a quasiment pas été à l'école et qu'il a grandi comme un animal. Ce n'est que très tard qu'il connaîtra son prénom. Dans la maison de l'horreur, les enfants dorment par terre, dans les crottes des nombreux chats. Duke est traité pire qu'un animal. Battu et humilié, il faudra en arriver au viol pour que la police intervienne. . Bienvenue en enfer. Même la lumière a ici des relents poussiéreux et amères.
Duke va grandir placé mais terriblement détruit et traumatisé par son enfance. Il sent le Démon grogner en lui. Il le muselle tant qu'il peut mais comment lutter contre ce mal qui le ronge ?
C'est un texte d'une noirceur sidérante qui nous saute aux yeux non sans mal. Un texte qui nous retrace la fatalité d'un adulte qui n'a pas eu les armes ou les fleurs pour se construire, à qui on aura légué que du laid, et deviendra cette continuité de la nuit de Dante.
Malgré tout, la lumière viendra se poser car Duke ressent aussi le beau et le bon. Il en aura peur parce que quand on a vécu si longtemps dans le noir, le beau ne peut faire que passer. Parce qu'il y a des ombres qui jamais ne quittent son maître. C'est son histoire. le démon de la colline aux loups. Âmes sensibles s'abstenir.
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Kittiwake
  28 avril 2021
J'ai éprouvé quelques réticences avant de me plonger dans ce roman à l'écriture d'emblée particulière. Après un premier échec, la deuxième tentative sera la bonne et l'ensemble sera dévoré avec avidité .
Il faut dire qu'il est difficile de ne pas éprouver une empathie immédiate pour ce pauvre gamin maltraité au point de ne pas connaître son propre prénom lorsqu'il rejoint les bancs de l'école.
Ce fait témoigne des violences psychologiques, des graves manquements éducatifs, mais ce n'est qu'une partie de ce qu'il a subi, parce que très vite le pire lui sera infligé.
Le narrateur s'adresse au lecteur de la prison où il est enfermé pour des faits que l'on découvrira peu à peu. Et par ses écrits on comprend le cheminement de ses pensées, qu'il a parfois du mal à exprimer tant son « parlement » est défectueux, faute d'avoir été nourri. Ce qui est certain, c'est qu'il est convaincu d'être possédé par le Démon, celui qui sur la Colline aux loups armait la folie de son père et qu'il est persuadé d'avoir reçu en héritage.
J'ai été terriblement remuée par ces confidences maladroites, par le récit du calvaire et le parcours sans espoir de rédemption. Les carences affectives et éducatives ont laissé des traces profondes qui sont superbement illustrées par cette écriture chaotique.
Ce qui était parti pour être un rejet est finalement devenu un coup de coeur .
Lien : https://kittylamouette.blogs..
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Cannetille
  03 mai 2021
Du fond de sa prison et au bord de la mort, Duke, le narrateur, écrit fébrilement. Dans un dernier exutoire, il se hâte de jeter sur le papier la catastrophe qu'a été sa vie depuis le premier jour : une vie marquée par la violence, subie dès le plus jeune âge au sein de la cellule familiale, et qui ne s'est jamais éteinte, au-dehors, mais bientôt aussi, au-dedans de lui, comme par un inéluctable phénomène de vases communicants...

L'entrée dans ce livre ressemble à un uppercut. S'y succèdent des scènes choc, révélant une large fratrie traitée comme une portée d'animaux par des parents au paroxysme de la monstruosité. Séquestrés, dénutris et maltraités de toutes les manières possibles, les enfants sont des êtres sauvages, privés de langage et de développement mental, réduits à leurs instincts les plus primaires. le narrateur nous fait vivre cette période de l'intérieur, alors qu'il nous la relate dans un langage fruste et sans ponctuation, caractérisé par une spontanéité naïve et sans fard, dans un tourbillon de sentiments qu'il tente d'ordonner et d'extérioriser. le texte évolue ensuite vers l'impossibilité d'une vie sociale ordinaire pour l'enfant placé en famille d'accueil, puis pour l'adulte instable qu'il est devenu, sa quête d'une normalité impossible, sa fuite désespérée qui ne parvient pas à distancer un mal qui le poursuit et le pénètre, l'exposant à des crises de violence incontrôlable face à l'injustice.

La souffrance, la rage et la solitude de cet être, irrémédiablement relégué en marge de l'humanité par ses propres parents, frappent d'autant plus le lecteur qu'elles sont exprimées avec une sincérité et une impuissance confondantes. Duke évoque sa violence et ses fautes avec une absence de malignité et une ingénuité qui auréolent sa culpabilité d'innocence. Quelle est la part de la victime et du coupable chez cet homme torturé à qui la vie n'a laissé aucune chance ? Comment juger du bien et du mal quand viennent s'en mêler l'hérédité, l'éducation et l'incapacité collective à porter secours à un être martyrisé comme celui-là ? Quelles sont les limites de la responsabilité et des circonstances atténuantes ? A-t-on le droit de faire un mal pour un bien ? Enfin, la rédemption est-elle possible ?

En concluant par les interrogations mystiques de Duke en prison et par sa découverte, grâce à l'aumônier, des Confessions de Saint-Augustin, le texte achève de poser la question de la justice et du pardon. Constatant l'incapacité des hommes à combattre le mal inhérent à leur nature, n'est-ce pas Saint-Augustin qui les engagea à renoncer à leur justice, par trop manichéenne, et à régler leurs différents par le pardon, la grâce de Dieu seule pouvant les élever vers le bien ? Une réflexion qui en dit long sur les drames dont l'auteur a pu être témoin au cours de sa carrière de chroniqueur judiciaire, quand, de génération en génération, tant de victimes deviennent bourreaux à leur tour… Coup de coeur.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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Yvan_T
  10 mars 2021
Mon Dieu, quelle claque ce premier roman !
Dimitri Rouchon-Borie y raconte l'histoire d'un homme emprisonné, qui revient progressivement sur son enfance saccagée, ainsi que sur les événements qui ont d'abord fait de lui une victime… puis un bourreau condamné à la perpétuité pour les crimes qu'il a commis.
Si le garçon c'est pris les horreurs de la vie en pleine tronche dès le plus jeune âge, il a par contre loupé l'école. du coup, il n'a pas tous les mots pour exprimer ce qu'il a vécu, s'invente un vocabulaire pour décrire l'innommable et livre des phrases dépourvues ponctuation. Il faut donc un peu de temps pour s'habituer à ce style qui au niveau de la forme fait parfois mal aux yeux, mais qui au niveau du fond vous transperce souvent le coeur.
« Je disais à la nuit tu ne me feras pas peur j'ai plus noir que toi dans mon enfance »
L'absence de ponctuation a en effet de quoi déstabiliser, mais cela vaut finalement la peine d'apprivoiser le style du narrateur car il a tellement d'émotions à partager, que le lecteur en ressort inévitablement bouleversé. L'horreur qui parsème le récit peut également rebuter, mais l'innocence avec laquelle celle-ci est racontée a tendance à diluer toute cette infamie et constitue toute la beauté de ce roman, certes coup de poing, mais également coup de coeur !
Le trauma de ce narrateur dont je ne révèle délibérément pas le nom est d'une profondeur extrême et la lutte intérieure qui se déroule sous nos yeux entre le démon dont il a hérité et cette humanité dont il déborde, s'avère absolument bouleversante. Emboîtant ses pas et ses pensées, nous recherchons avec lui cette rédemption tellement méritée, éclairant de son amour, de sa naïveté et de sa bonté ce chemin d'une noirceur profonde.
« Je sentais bien que j'avais à l'intérieur une trace qui ne partait pas c'était la déchirure de l'enfance c'est pas parce qu'on a mis un pont au-dessus du ravin qu'on a bouché le vide. »
« le démon de la Colline aux Loups » a méritoirement remporté le Prix Première, décerné depuis 2007 par la RTBF à un premier roman francophone.
Une pépite à classer quelque part entre « Les Monstres » de Maud Mayeras, « My absolute darling » de Gabriel Tallent et « Papillon de nuit » de R.J. Ellory…voire même peut-être au-dessus !
Lien : https://brusselsboy.wordpres..
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marina53
  16 septembre 2021
La Colline aux Loups, c'est là qu'il a grandi. Avec ses cinq frères et soeurs. D'aussi loin qu'il se rappelle, c'est l'impression d'une chaleur qui lui revient lorsqu'ils étaient tous blottis sur la même couverture, à même le carrelage de la pièce. Une pièce sombre aux volets toujours fermés. Et des ombres qu'il voyait apparaître de temps en temps. Ce n'est que plus tard qu'il a compris que ces ombres étaient ses parents. Des parents violents qui les frappaient, les battaient, les humiliaient. Si une dame de l'assistance sociale n'était pas venue à la Colline aux loups, il n'aurait pas fréquenté les bancs de l'école. Et n'aurait pas su qu'il s'appelait Duke...
Comment se construire lorsqu'on a manqué de tout ? Lorsqu'on a subi les pires violences ? Et surtout lorsque le Démon a lui aussi grandi à la Colline aux Loups ?
De sa cellule de la prison, Duke tente, avec ses mots, de raconter son histoire, même si c'est pas une belle histoire...
Ce n'est peut-être pas une belle histoire tant elle regorge de noirceur et de violence mais les mots de Duke, il en est certain, sont inoubliables tant ils racontent innocemment cette horreur... du fond de sa cellule, Duke remonte le fil du temps et essaie de comprendre comment et pourquoi il en est arrivé là. Avec ses mots à lui, qui lui manquent, faute de déscolarisation, il revient sur son enfance blessée, volée, violée. Sur les personnes qui auront tenté de mettre un peu de chaleur et de lumière dans sa vie, notamment sa soeur, Clara, ou sa famille d'accueil. Mais comment s'en sortir lorsque le Démon est là, tapi au fond de lui ? Ce court roman se lit d'une traite, en apnée. Et l'on en ressort groggy, anéanti, secoué. Secoué par tant de noirceur que seul, parfois, un rai de lumière bouscule. Secoué par ce personnage pour qui l'on éprouve aussitôt une profonde empathie. Secoué surtout par ses mots. Bruts. Puissants. Viscéraux. Fracassants. Bouleversants. Dimitri Rouchon-Borie signe, avec le Démon de la Colline aux Loups, un roman tragique, crépusculaire, d'une force et d'une profondeur rares.
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critiques presse (5)
LesInrocks   17 mars 2021
Le journaliste judiciaire Dimitri Rouchon-Borie convoque le démon de l’inceste et donne voix à ceux·celles qui n’ont pas les mots pour dire. Un coup d'essai éstabilisant.
Lire la critique sur le site : LesInrocks
OuestFrance   15 mars 2021
C’est un coup de poing, écrit dans une langue âpre. Qui raconte des existences en marge, sans repères. Des vies comme on en découvre parfois, échouées, au tribunal.
Lire la critique sur le site : OuestFrance
LeSoir   05 mars 2021
«Le démon de la Colline aux Loups» remporte le Prix Première. Dimitri Rouchon-Borie y a décrit un destin d'une violence rare dans une langue éruptive, détonante et traversée de lumières. Une voix singulière apparaît.
Lire la critique sur le site : LeSoir
LaLibreBelgique   11 février 2021
Aussi violent que poétique, un premier roman qui confronte le mal à la responsabilité individuelle.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Bibliobs   26 janvier 2021
Dans son premier roman, Dimitri Rouchon-Borie, également chroniqueur judiciaire, fait entendre, avec beaucoup de justesse, la voix cassée d’une victime devenue bourreau.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (94) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   19 septembre 2021
J’aurais bien voulu quelqu’un à qui parler parfois car la solitude même si je la connais bien je sais aussi combien ça tape sur le système mais là j’avais décidé que ce serait mon chemin alors j’ai fini par admettre que c’était une bonne chose que le costaud soit parti la faiblesse du muscle c’est quelque chose. En prison tout le monde fait de la muscu les types se disent que comme ça personne ne va douter de leur force et de leur virilité quelle carapace minable.
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marina53marina53   18 septembre 2021
Je vais écrire des choses sales et je voudrais que vous me pardonniez même si lire c’est moins pire que subir on voudrait tous être épargnés.
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marina53marina53   18 septembre 2021
Je disais à la nuit tu ne me feras pas peur j'ai plus noir que toi dans mon enfance.
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marina53marina53   17 septembre 2021
Je sentais bien que j’avais à l’intérieur une trace qui ne partait pas c’et la déchirure de l’enfance c’est pas parce qu’on a mis un pont au dessus du ravin qu’on a bouché le vide.
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marina53marina53   16 septembre 2021
Après [le match de foot] on est rentrés et Pete ne parlait pas et il a dit est-ce que ça t'a plu j'ai dit c'était super car tout le monde était heureux l'équipe avait gagné je ne sais plus laquelle. Je crois que Pete percevait bien les choses car son regard avait changé il savait qu'on peut faire tout ce qu'on peut on ne sauve pas les gens comme ça.
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Vidéo de Dimitri Rouchon-Borie
Les libraires ont posé leurs questions en vidéo à Dimitri Rouchon-Borie, lauréat du Prix des libraires Payot 2021 dans la catégorie «littérature francophone» pour son premier roman «Le démon de la Colline aux loups»!
www.payot.ch/Detail/le_demon_de_la_colline_aux_loups-dimitri_rouchon_borie-9782370552570
Production: Zelda Chauvet - Maison Wahren
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