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ISBN : 2877725235
Éditeur : Editions Errance (01/06/2013)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Une femme étrange aux yeux de miel ...
Une ombre tapie dans l’osburité ...
Une sombre caverne, un vieux chêne ...
Un ours rouge terrifiant ...
Pour percer le secret de ces visions, Cheval-Cabré, le jeune chasseur, va devoir quitter le clan de Takhja, car les chamanes l’ont mis en garde : désormais, son destin semble lié à la mystérieuse tribu des Hommes-ours.
Une aventure dans le lointain passé de l’Humanité, il y a 35 000 ans, au ... >Voir plus
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critiques presse (1)
BDGest   19 juillet 2013
Fait rare dans la bande dessinée actuelle qui privilégie le graphisme aux mots, le texte est fourni. L'histoire est aussi dense que documentée, se déguste lentement, emportant le lecteur dans un voyage à travers le temps et la pensée.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
PATissotPATissot   21 juin 2015
{ 1ère partie }
[ Rencontre d'un homme de Cro-Magnon ( homme long ) et d'un couple de Néandertaliens ( hommes-ours ). ]
Et ainsi en alla-t-il, jusqu'au jour où Cheval-Cabré marcha plus encore vers l'ouest.
- " Pas si loin, pas si loin " ! Quels timorés ! Si les ancêtres avaient été aussi frileux, on aurait pas franchi les monts de glace de sitôt !
- Takhja ! Un clan de chevaux ! Ils pourront peut-être m'aider !
- Oh ! Qu. . . ? Qu'est-ce que c'est que ça ? ! Corne de bouquetin ! Des gens qui chassent des chevaux ? !
- Bande de hyènes, vous êtes mal tombés ! Personne ne touche aux enfants de Takhja !
- Fuyez, chevaux ! Etalon ! Entraîne ton clan loin d'ici, vite !
- Qu'est-ce que les chasseurs croyaient ? Qu'ils allaient tuer les frères de Cheval-Cabré sous ses yeux ? Et qu'il les laisserait faire ? !
- Maintenant que les chevaux ont pu fuir sains et saufs, tout va bien ! Que les chasseurs disent pl. . . ?
[ Un chasseur s'élance et terrasse Cheval-Cabré ]
- Faudraug !
[ Dans une grotte, la femme soigne Cheval-Cabré ]
- Qu. . . qu'est-ce que ? La douleur. . . elle disparaît.
- Les yeux de miel !
- Shh. . .
- Qu. . . qui. . . ?
- Cheval-Cabré salue la chamane. . . Cheval-Cabré du clan du Cheval des Vents.
- Cheval-Cabré. . . Qui sont les chasseurs de chevaux ?
- Vo'hounâ xö atr vou'ha-kani.
- Mais. . . Hé ! Femme ! Où. . . où vas-tu. . . où. . . ?
( . . . )
Plus tard au camp du clan de Takhja.
- Cheval-Cabré s'emporte à nouveau ! Est-il en train de dire que cette femme étrange aux. . . " aux yeux de miel " est celle dont a parlé Main-d'Ecume ?
- Aussi sûr que le soleil se lève le matin !
- Cheval-Cabré n'a jamais rencontré des gens comme elle et son homme avant cela ! Et la caverne ? ! La caverne que Takhja a montrée à Sabot-Tonnerre lors de sa transe, quand il a cherché la trace de cette femme ?
- Mais. . . mais dis-moi : cette femme qui porte sur la tête un crâne d'ours et son homme qui a la force de deux hommes, ne sont ils pas petits mais puissamment bâtis ? Leurs visages ne sont ils pas comme un museau et leurs yeux deux cavernes ?
- Quoi ! ? Mais non, pas du tout ! Enfin. . . d'une certaine manière, peut-être.
- Cheval-Cabré est un idiot ! Il a rencontré des hommes-ours ! Qu'il remercie Ao de ne pas avoir été massacré !
- Massacré ? ! Mais non, Ventre-Blanc ! D'accord, l'homme était dangereux, mais cette femme est une guérisseuse ! Elle m'a sauvé la vie ! Seulement. . . quand Cheval-Cabré a voulu lui parler, elle a disparu avec son homme. Et il n'y avait aucune trace pour suivre leur piste.
- Les suivre ? !
[ Plus tard, au-dessus d'une vaste combe. ]
- Takhja ! C'est donc là-dedans qu'ils vivent ces hommes-ours ? !
- Alors allons-y ! Cheval-Cabré te fait confiance Vo'hounâ ! Puisse-t-il prouver aux anciens qu'ils ont tort de se méfier !
- Hé bien ! Les voilà enfin, leurs empreintes invisibles ! Sang d'Ao, elles sont toutes fraîches. . .
- Pourquoi l'homme long fouine-t-il par ici ? !
- Attend, Trovl ! Il ne parle pas notre langage. Ainsi Vo'hounâ avait raison. L'homme long a réussi à retrouver notre piste.
- Oui ! Et Cheval-Cabré sait parler ta langue.
- Qui lui a appris les mots du grand ours ?
- Personne ! C'est. . . l'homme long possède de nombreux pouvoirs ! Mais aujourd'hui. . . il vient en paix à la rencontre des hommes-ours, avec des présents dans ses besaces !
- Suis nous !
Et peu après
- Enflamme une torche, nous allons traverser le ventre de la falaise.
Après une courte marche dans les ténèbres, les trois hommes reparurent à la lumière. . . de l'autre côté.
- Hmm. . . la clairvoyance de Vo'hounâ ne se dément pas ! Hurm ! Au nom de la tribu d'Ourzosbraugo, Gohoum salue l'homme long ! Mais avant tout, Quel est son nom ? Et pourquoi est-il venu seul jusqu'ici ?
- Salut à toi, Gohum ! L'homme long se nomme Cheval-Cabré, fils de Harfang et d'Œil-Noir du clan de Takhja, le grand Cheval des Vents. Il est venu trouver les hommes-ours en ami, au nom du peuple de Montharoumone.
- En ami ? Certains ici connaissent déjà l'homme long. Il reconnait sans doute la femme qui a soigné sa blessure, l'autre nuit. Voici Vo'hounâ ! Elle est la sœur de Faudraug, ce chasseur qui n'aime pas que l'on fasse fuir ses proies !
- Les hommes-ours chassaient des chevaux ! Cheval-Cabré ne pouvait pas les laisser faire : Takhja est l'ancêtre de mon clan ; les chevaux sont mes frères ! Pour être intervenu, Cheval-Cabré a été blessé puis soigné. Il pense être quitte de cette querelle !
- De cela, seul Faudraug peut être juge. Cheval-Cabré est aussi brave que fou, de venir ainsi narguer celui qui a failli le tuer ! Pour quelles raisons l'homme long risque-t-il une nouvelle fois sa vie ?
- Cheval-Cabré voulait retrouver Vo'hounâ, d'abord pour la remercier mais aussi. . . il ne croit pas que nos deux peuples doivent être ennemis ! Cheval-Cabré veut apprendre à connaître les hommes-ours pour raconter à son clan qui ils sont vraiment ! Avec ces présents, recevez le respect et la bienveillance des hommes longs.
- Nous les acceptons ! Par sa présence, Cheval-Cabré prouve son courage ; par ses paroles, il montre sa sagesse. Sois le bienvenu dans notre camp, homme long !
- Wouopopop ! Pas si vite Vo'hounâ ! Pour le moment, bien qu'elle soit curieuse de découvrir ces présents, la tribu va devoir se réunir et décider si elle accepte que Cheval-Cabré reste ici. Mais quoi qu'il advienne, tu partageras notre feu, ce soir. Gohoum a hâte de savoir comment tu es parvenu à trouver le camp d'Ourzosbraugo ! D'ici là, Trovl te mènera dans la hutte où tu pourras te reposer, boire et manger.
[ Après une mise à l'épreuve contre le grand ours rouge. ]
- Le fils d'Ourzohounkan doit pardonner la folie de Cheval-Cabré ! Il a compris son erreur. . . Vo'hounâ et les hommes-ours sont ses amis ! Entendez-vous, hommes-ours ? Tout comme il a empêché Faudraug de tuer les chevaux, Cheval-cabré ne combattra pas votre frère le grand ours rouge ! Et il rend hommage au sang du puissant Ourzohounkan qui coule dans les veines de Qrom !
- Vo'hounâ. . . on dirait que Cheval-Cabré va avoir besoin de tes soins à nouveau. A-t-il. . . a-t-il passé l'épreuve ?
- Oui, tu as réussi ! Mais Vo'hounâ a eu très peur ! Personne ne sait comment tu as fait pour calmer l'ours ! Même Faudraug est impressionné !
- Ne bouge pas, homme long. Nous allons te ramener au camp.
Et le lendemain. . .
- La volonté d'Ourzohounkan est que Cheval-Cabré demeure avec nous aussi longtemps qu'il le souhaite ! A partir d'aujourd'hui, il est notre frère ! Qu'il soit le bienvenu !
- Longue vie à notre frère ! - Bienvenue ! - Bienvenue à toi, homme long !
- Faudraug ne savait pas si l'homme long comprendrait ; mais désormais Cheval-Cabré est le frère de Faudraug, comme l'ours rouge !
- Alors Faudraug est le frère de Cheval-Cabré, comme les chevaux ! En espérant qu'il ne lui réserve pas d'autres surprises de ce genre !
- A un moment Faudraug a cru que. . . il a bien cru que Cheval-Cabré parlait avec l'ours ! Est-il un sorcier ? !
- Non. Mais il garde quelques surprises lui aussi !
Ce jour-là Cheval-Cabré festoya au côté des hommes-ours. Vo'hounâ était heureuse et fière. Car l'homme long en qui elle avait placé sa confiance. . . cet homme-là était bien celui dont avait parlé son père avant de mourir. Celui qui allait la délivrer de sa malédiction. Et dans le cœur de Vo'hounâ , un feu s'alluma qui ne s'éteindrait plus.
- Silence ! Silence ! A présent, Cheval-cabré doit connaître le secret de la tribu !
- Non, Gohum ! Vo'hounâ dira le secret elle-même ! Au nom de son père Ourzosbraugo, elle réclame ce privilège !
- Hrm. . . très bien Vo'hounâ, au nom d'Ourzosbraugo.
- Suis Vo'hounâ, Cheval-cabré ! Elle va te montrer un site sacré. Tu es en droit de le connaître désormais !
- Voici la grotte d'Ourzohounkan. C'est ici que la tribu préserve les crânes de ses ancêtres. Et aussi les crânes des grands ours rouges, nos protecteurs, nos guides.
- Ici s'étend la grotte de la fertilité, là où la vie renaît de la mort. On y conserve la sève des arbres immortels et le miel sacré des cérémonies. C'est un endroit magique. Parfait pour oublier.
- Est-ce que tout peut recommencer, Cheval-Cabré ? Est-ce qu'on peut naître une deuxième fois ?
A cet instant, les flammes qui brûlaient dans leurs cœurs s'unirent en un seul foyer ardent.
- Vou'ha-kani ak théniki wu-k-däuro.
Par delà les différences entre leurs peuples, par delà la vieille rivalité qui avait jadis opposé Ourzohounkan et Montharoumone. . . la grande Ao avait réuni la femme-ours et l'homme long.
Et pourtant, malgré la force de leur amour naissant, clair et brûlant comme une torche. . . bientôt, les ténèbres allaient les engloutir.




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PATissotPATissot   20 juin 2015
{ 2ème partie.}
Pendant ce temps, Faudraug avait installé un petit abri à l'orée d'une forêt, au cœur d'une vaste plaine enneigée. Là, comme il l'avait promis, il attendait le retour hypothétique de Cheval-Cabré.
Ses journées, il les passait à chasser, à pêcher, à rêvasser, à fabriquer divers outils. . . Bien qu'étant d'un naturel ombrageux, Faudraug n'avait pas un goût particulier pour la solitude, et à vrai dire, il commençait à trouver le temps long.
Il avait bien du affronter quelques danger, car un homme isolé est une proie convoitée. Mais Faudraug était un homme-ours redoutable, maître du feu et du lourd épieu et avec dans ses mains urkhomoraug, sa massue ensorcelée, aucun prédateurs n'avaient insisté bien longtemps dans l'idée de dévorer ses cuisses épaisses ou ses chaudes entrailles.
Mais des surprises attendaient Faudraug, que le grand ours lui réservait.
- Hé ! Des barrissements ! Peut-être que Cheval-Cabré est enfin de retour avec les mammouths !
[ Des chasseurs abattent un mammouth. ]
- Alors ça ! Faudraug n'imaginait pas que les rejetons de Montharoumone pouvaient chasser des mammouths ! Ils sont fous ! En tous cas, pas trace de Cheval-Cabré parmi eux, peut-être l'ont-ils vu ? Si Faudraug leur demandait. . . Non. . . prudence ! On ne parle pas leur langage, et ils pourraient croire que Faudraug est l'éclaireur d'une tribu venue disputer leur proie ! Mmm. . . on verra plus tard. Faudraug suivra leur piste comme le loup, et il découvrira leur camp bien assez tôt.
- ? [ Faudraug découvre des traces dans la neige menant à son abri. ]
- Qu'est-ce que tu fouines dans ma hutte, fille longue ? !
- Xxxxxxx ! ( langue inconnue de la fille longue )
- Quoi ?
- Xxxxxxx !!!
- Mouais. . . cesse de baragouiner, Faudraug ne comprend rien à ce que tu racontes !
- La fille longue, qu'est-ce qu'elle cherche ici ?
- ?
- La fille longue. . . elle connait les chasseurs de mammouths ?
- Xxxxxxx. . . Xxxxxxx. . .
- Oui, bon, ça va !
[ Elle sort de la hutte et s'en va. ]
- Attends !
- Euh... manger ?
[ Gestes d'invitation, sourire timide. ]
[ Ils mangent ensemble. ]
- Xxxxxxx.
[ La nuit, Faudraug veille la fille longue, dormant dans sa hutte. ]
- Eh bien ! Par les griffes du grand ours, voilà une jeune femme étrange. Ils sont bizarres ces hommes longs avec leurs visages de bébés. . . Qu'est-ce qu'elle fait là, hein ? Qu'est-ce qu'elle fait loin de ceux de sa tribu ? Pourquoi est-ce qu'elle a l'air d'avoir peur comme ça ?
- Heh ! En tous cas, elle n'a pas l'air tellement effrayée par Faudraug. Tant mieux, tant mieux ! C'est peut-être les chasseurs de mammouths qui lui font peur ? Il faut vraiment qu'elle ait la frousse pour se jeter comme ça dans la gueule du loup, avec juste un petit couteau.
- Mmm. . . de toutes façons, elle n'a rien à craindre ! Elle est bien trop maigre et bien trop grande. Sinon Faudraug ne dit pas. . . il aurait bien respiré sa peau et ses cheveux, et pris ses fesses ! Mais regarde-moi ça : elles sont si petites, on dirait des fesses de gamines ! Quel homme sensé voudrait coucher avec une femme dont on doit sentir les os ?
- On verra ça demain. Cette nuit, mieux vaut dormir d'un œil. D'ici que ceux de sa tribu soient à sa recherche. . . ils pourraient bien croire que Faudraug l'a enlevée !
Le lendemain.
[ Ils sortent de la hutte. ]
- Non, non ! On ne part pas ! Sang d'Ao, arrête de t'agiter comme ça ! Il n'y a rien à craindre ! Ne t'inquiète pas, Faudraug surveille. Il part juste relever des collets ! Non, pas par là ! On ne part pas ! Faudraug attend ici un homme long ! Il va revenir bientôt et il pourra causer avec toi.
- D'ailleurs ce sera pas mal qu'il n'attende pas le dégel pour montrer son museau, celui-là !
- Tiens donc ! Que voici-que voilà ? D'autres traces ! Mal camouflées.
[ Un éclaireur passe au loin. ]
[ La nuit suivante, dans la hutte. ]
- Xxxxxxx ?
- Chut. Des gens approchent !
[ Faudraug sort rapidement et se cache sur un arbre ]
[ Sept hommes de la tribu de la fille longue arrivent ]
- X xxxxxx !
[ Elle sort et essaie de fuir. Un combat s'engage ]
- Cours, fille longue ! Fuis !
[ Bientôt, Faudraug, gravement blessé, et la fille longue sont emmenés au camp des chasseurs de mammouths. ]
[ Dans la hutte de la femme chef. ]
- Allons ! Tout ceci est pure folie ! Et où Aurochs-Rouge comptait-elle aller ? Elle ne pouvait pas sérieusement penser demeurer aux côtés de ce. . . gnome ? Par la force, il semblait bien surpasser nos meilleurs chasseurs. Mais il était d'aspect si laid et si grotesque qu'il ne pouvait être que vicieux et cruel.
- Aurochs-Rouge a passé deux jours avec cet homme étrange, Sveltéchine ! Et il lui a bien semblé, au contraire, qu'il n'était ni cruel, ni vicieux ! Bien moins que toi, en tous cas, ma propre mère, prête à envoyer Aurochs-Rouge dans les terres de brumes pour apaiser les esprits !
- Quelle insolence ! Comment Aurochs-Rouge ose-t-elle parler ainsi devant la voix des ancêtres de son clan ? !
- Sveltéchine, et toi, Panthère-Pâle, mon époux, vous avez pris Aurochs-Rouge pour une idiote ! Mais sa pensée est rapide comme le vol d'un faucon et voit loin comme l'œil d'un aigle ! Croyez-vous qu'elle n'avait pas compris ? Qui allait pouvoir apaiser Montharoumone comme le veulent les rites, après qu'un septième mammouth a été tué ?
- Qui, sinon Aurochs-Rouge, dont tous ici se méfient car son esprit est vif, et dont Sveltéchine et Panthère-Pâle déplorent l'absence d'enfants ? Pensez-vous vraiment qu'Aurochs-Rouge n'a pas vu vos regards et entendu les paroles que vous croyez secrètes ?
- Sveltéchine pense qu'Aurochs-Rouge a irrité les esprits et qu'elle porte-malheur, et ne veut pas admettre que sa fille aînée puisse être encore sans descendance ! Quant à Panthère-Pâle, se passe-t-il un jour sans qu'il ne couve mes cinq sœurs de regards brûlants de convoitises ? !
- Oui ! Il valait mieux m'exiler au cœur des plaines froides que partir pour les terres de brumes par les propres mains et la perfidie de ma mère et de mon époux !
- Mais par l'aide des esprits, Aurochs-Rouge a trouvé la hutte de cet homme étrange ! Un gnome, dis-tu ? Pour autant qu'elle puisse en juger, il semble plus humain que toi, mère !
- Voici des mots bien amers et cruels ! Xâar l'esprit des glaces t'a vraiment rendue folle ma fille ! Un septième mammouth a été tué, cela est juste, mais nulle autre que la grande aurochs Astrathani ne peut décider qui doit donner sa vie pour apaiser Montharoumone ! Personne, pas même Sveltéchine, ne peut choisir qui aura l'honneur de donner sa vie pour le clan !
- Car c'est bien d'un honneur qu'il s'agit, ce qu'Aurochs-Rouge semble oublier ! C'est la raison pour laquelle, quand bien même tu aurais été choisie par Atrathani, tu aurais dû te réjouir de ce grand sacrifice, l'occasion de pouvoir enfin te rendre utile au clan au lieu de maugréer des reproches injustes et de chercher à fuir !
- Mais ne savons nous pas que ce sont l'orgueil et l'égoïsme d'Aurochs-Rouge qui retiennent mes enfants dans son ventre ? ! De toutes façons, ces récriminations n'ont plus aucune raison d'être ! Aurochs-Rouge aura bientôt ce qu'elle voulait : l'union entre elle et Panthère-Pâle sera bientôt déliée.
- Quant à la vie qui sera offerte à Montharoumone, la grande aurochs a déjà choisi : le gnome, qui par sa force et sa rapidité a prouvé sa grande valeur, sera sacrifié au lever de la lune.
- Quoi ? Et Panthère-Pâle ose appeler cela le choix dAtrathani ? Quelle mascarade ! Ainsi vous n'avez pas ramené cet homme ici pour le soigner et tenter de savoir qui il est, mais pour lui voler sa force et vous venger lâchement des blessures qu'il vous a infligées pour me défendre, seul contre sept, à votre grande honte !
- En voilà assez Aurochs-Rouge ! Le clan a enduré assez de ton insolence ! Le gnome a attaqué nos chasseurs ! Par ta faute, trois d'entre eux sont aujourd'hui entre la vie et la mort, attendant dans l'entre-monde la décision funèbre de Mordagg à leur égard ! Trois chasseurs qui risquent en ce moment de partir pour les terres de brumes, parce qu'ils ont tenté de te retrouver et de te ramener saine et sauve !
- A compter de cet instant, la parole d'Aurochs-Rouge est tabou ! Quiconque l'écoutera provoquera la colère des esprits, entendez-vous ? ! Aurochs-Rouge est la fille aînée de Sveltéchine, la voix des ancêtres ! Mieux que quiconque, elle devrait connaître la loi ! Pour une fois, qu'elle s'y soumette, au lieu d'user de son rang pour se comporter de manière arrogante et insensée !
- Puissante mère, Panthère-Pâle va rejoindre les autres. Il faut voir comment vont les blessés, et préparer le gnome pour la cérémonie de ce soir.
( . . . )
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PATissotPATissot   20 juin 2015
{ 3ème partie. }
[ Quelques temps plus tard ]
- Cheval-Cabré ! Vo'hounâ a l'impression de revenir à la vie. . . tu es ma lumière du matin, douce et irrésistible. Tes baisers chassent les ténèbres.
- C'est toi qui est belle comme l'aube. Ta chevelure est flamboyante comme un soleil levant, et ta peau est fraîche et claire. . .
- Et Aurochs-Rouge ? Comment et sa peau ? A-t-elle été l'amante de Cheval-Cabré ?
- Ha ! Et pourquoi l'aurait elle été ? Aurochs-Rouge est belle, mais si étrange. . . Cheval-Cabré ne sait pas quels esprits président à sa destinée, mais elle a dû vivre de bien durs moments parmi les siens. En tous cas, c'est surtout Faudraug qui à l'air de s'intéresser à elle ! Il l'a rencontrée lorsqu'il attendait mon retour, et depuis . . . Vo'hounâ n'a rien à craindre. Cheval-Cabré ne veut aucune autre femme. C'est pour toi qu'il affrontera Thuriaq ! Pour ça, et pour réparer le mal qu'il a fait en tahissant sa parole, quand il est allé dans la caverne interdite.
- Tous ça est loin, maintenant. Qui peut dire s'il ne devait pas en être ainsi depuis le début ? Cheval-cabré. . . Vo'hounâ a un aveu à te faire. . .
- Un aveu ? Vas-y. . .
- C'est. . . eh bien. . . Vo'hounâ est enceinte. Elle porte dans son ventre deux enfants et. . . ils sont peut-être les fruits de Thuriaq.
- Qui que soit le père de ces enfants, ils seront avant tout ceux de Vo'hounâ. Alors Cheval-Cabré les traitera comme s'ils étaient de son propre sang, pour toujours. Tu as raison : qui sait s'il ne devait pas en être ainsi depuis le début ? Et qui sait quels mystères président à la magie de la procréation ? Cheval-Cabré t'aime Vo'hounâ. Sois en sûre : Cheval-Cabré sera un père pour tes enfants.
Depuis plusieurs jours déjà, Cheval-Cabré, Vo'hounâ, Faudraug, Aurochs-Rouge et le bouquetin blanc s'étaient mis en chemin vers une sinistre destination.
[ Lutte contre Thuriaq. ]
( . . . )
Après un long voyage, les quatre compagnons atteignirent les hautes falaises où s'abritait le camp de la Vague Noire.
Ils étaient fatigués de leur longue marche, mais leur cœur était plein d'énergie. Celle-ci redoubla lorsqu'ils virent avec combien de joie, de chants et d'étreintes ils furent accueillis en ce lieu.
Cheval-Cabré eut la joie de découvrir, comme il l'avait supposé, que tous les siens étaient venu rejoindre ceux de la Vague Noire pour traverser la saison de Mordagg. Les foyers clairs du camp défiaient l'hiver avec vigueur...
Crinière-d'Ombre, Main-d'Ecume, Aileron-Noir, Vent-Salé. . . Tous étaient là, aux côtés de Sabot-Tonnerre, Souffle-Feu, Course-Vent et tous les gens du clan de Takhja !
A tous, Cheval-Cabré présenta Faudraug et Aurochs-Rouge. Et son cœur s'emplit de fierté lorsqu'il présenta Vo'hounâ, la femme-ours aux yeux de miel, sa compagne.
( . . . )
Au cours du festin, Cheval-Cabré présenta à tous Vo'hounâ la chamane et loua la vaillance de Faudraug. Puis Aurochs-Rouge évoqua son histoire et celle de son clan.
Cette nuit-là, les quatre compagnons racontèrent leurs aventures à un auditoire ébahi. Les yeux des enfants, des femmes et des chasseurs s'écarquillèrent de peur ou d'admiration au récit de ces événements où l'empreinte des grands esprits était si profonde.
( . . . )
Cette nuit-là, Faudraug découvrit que certains hommes longs pouvaient accepter l'union d'un des leurs avec une femme-ours. Pourquoi, dès lors n'accepteraient-ils pas l'union d'une femme longue avec un homme-ours ?
Car, après tout, cette femme haute et souple comme un roseau, aux formes, au visage de fillette, n'était pas sans posséder de nombreux charmes. . . Quelque chose du mystère que représentent toujours ceux qui sont étrangers ; ce mystère qui les rend si puissamment attirant. Une attirance peut-être voulue par la grande Ao pour que, par la magie du mélange, le sang de chaque peuple soit plus sain et vigoureux.
Aurochs-Rouge sentit sa poitrine se gonfler de désir pour ce gnome étrange, cet homme-ours robuste et loyal comme les héros des contes qu'elle écoutait enfant.
- Hah, Vo'hounâ regrette de ne pas comprendre le langage de ton peuple, Cheval-Cabré !
- Elle aura le temps d'apprendre ! Nous resterons ici jusqu'à ce que finisse la saison de Mordagg. Mes sœurs sont curieuses de savoir si nous nous unirons lors de la prochaine saison d'Ao.
- Nous serons unis, mais il faudra que cette union soit célébrée selon le rituel de mon peuple, dans le camp d'Ourzosbraugo. Ainsi, Vo'hounâ pourra ensevelir tous ses tourments passés.
- Plus encore que notre union, c'est la naissance de tes enfants qui sera le début d'une nouvelle vie.
Du temps passa ; la vie poursuivit son cours. . .
( . . . )
- Cheval-Cabré ! Vo'hounâ va accoucher !
- Quoi ? C'est impossible ! Il n'y a pas neuf lunes que Vo'hounâ est enceinte ! Est-ce qu'il est encore temps d'aller la voir ?
- Non, elle est déjà partie avec les anciennes vers la caverne-matrice.
( . . . )
- Les voilà ! Elles sont de retour !
- Alors ?
- Ce sont deux jumeaux : une petite femme et petit homme. Et ce sont tes enfants, homme long.
- Comment ?
Ce sont nos enfants ! Nous les avons conçus au camp d'Ourzosbraugo, dans la grotte de la fertilité, la première fois que nous nous sommes aimés. Regarde leurs mentons ! Vo'hounâ a donné la vie à deux enfants au sang mêlé ! Et c'est bien toi leur père, Cheval-Cabré !
- Ce n'est. . . c'est. . . c'est merveilleux !
- Ils se nomment Aodwâ et Urjaï , " Aube " et " Souffle Magique "
( . . . )
Les deux clans célébrèrent la naissance des enfants avec des chants et des danses. De grands feux de joie donnèrent à tous l'illusion de repousser à jamais les esprits obscurs de l'hiver.
Faudraug et Aurochs-Rouge étaient plein de l'espoir que du ventre d'une femme longue pouvaient aussi naître les enfants d'un homme-ours.
( . . . )
[ A la saison d'Ao ( au printemps ). ]
( . . .)
Aussi les compagnons se remirent-ils en chemin avant la finn du grand rassemblement.
Trovl, Mehounn'tha, Draugwë et les autres. . . Tous étaient là, de l'autre côté, solides et souriant. Comme si rien n'avait changé. Comme s'ils n'avaient fait qu'attendre le retour de Vo'hounâ.
La nouvelle de la mort de Thuriaq déclencha de puissant cris de joie. On honora longuement la bravoure de l'homme long des visions d'Ourzsobraugo le Sage. on prit les ancêtres à témoin de la force de la tribu !
Aodwâ et Urjaï portaient en eux cette force, mêlée au sang étrange des hommes longs. Vo'hounâ avait rompu le maléfice du sinistre Kumtheq. Il était temps qu'après sa longue nuit, le soleil se lève pour un nouveau cycle.
Au cœur du cercle de feu, sous le regard des ancêtres sans doute déconcertés, les hommes-ours lièrent leur destin à celui des hommes longs, irrémédiablement.
Vo'hounâ présenta ses deux enfants aux esprits protecteurs de la tribu. Elle les berça en fredonnant au creux de la terre.
( . . . )
- Que disent-ils Cheval-Cabré ?
- Des hommes longs sont venus ici. Trolv pense qu'ils convoitaient ces cavernes, peut-être ce territoire. Personne n'a compris leur langage. Ils ont été mis en fuite, mais tous craignent qu'ils ne reviennent mieux préparés.
- Cheval-Cabré peut-il transmettre ces paroles ? A présent les choses seront différentes ! Aurochs-Rouge est unie à Faudraug ! Elle va demeurer avec la tribu d'Ourzosbraugo. Si les hommes longs reviennent, elle parlera avec eux. Si leur sang n'est pas malfaisant, alors aidera les hommes-ours et les hommes longs à se comprendre, et à éviter que des gens meurent inutilement.
Et Cheval-Cabré traduisit les mots d'Aurochs-Rouge. Et tous, au sein de la tribu d'Ourzosbraugo, frémirent ou s'exaltèrent. Depuis la venue de l'homme long ami des chevaux, rien n'était plus comme avant. Mais désormais, la fille au visage d'enfant vivrait avec eux. Et tous sentirent qu'elle apportait avec elle des temps nouveaux. Peut-être saurait-elle les protéger contre les esprits inconnus qui marchent dans le sillage des hommes longs ?
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