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EAN : 9782226454102
Albin Michel (19/08/2020)
3.89/5   178 notes
Résumé :
Joséphine est prof de philo dans un lycée de Drancy. Elle mène sa vie entre Xanax, Tupperware en salle des profs, et injonctions de l’Éducation nationale qui lui ôtent le sentiment d’exister. Sauf que...
Chaque nuit, Joséphine devient Rose Lee. Elle s’effeuille dans un club de striptease aux Champs-Élysées. Elle se réapproprie sa vie, se réconcilie avec son corps et se met à adorer le désir des hommes et le pouvoir qu’elle en retire. Sa vie se conjugue dès lo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (86) Voir plus Ajouter une critique
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sur 178 notes
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Ladybirdy
  09 mai 2021
Osez osez Joséphine.
Osez dire qu'être professeure de nos jours est le plus beau métier du monde. Dans les bruits, les crachats sur la clenche, les boulettes de papier en projectiles, le je m'en foutisme général.
Osez osez Joséphine.
Descartes, Seneque et Socrate vous regardent. Dansez Joséphine. Déshabillez-vous. Qu'on vous désire, qu'on ne voie que vous, qu'on ait besoin de vous.
Joséphine elle ose. le samedi est son plus beau jour. Celui où elle embrase la nuit et oublie tout ce qu'elle est dans la peau de Rose Lee. Là face aux hommes, sur ses talons aiguilles, entièrement nue, elle ose faire glisser un peu de poésie sur son corps imparfait.
Osez Joséphine. Ne pas être vous, ne pas être triste, ne pas avoir honte. Dansez Joséphine.
Entre le jour et la nuit, Joséphine pratique le On ne touche pas. En classe, on ne touche pas les élèves. Ni un mot de travers encore moins une gifle bien méritée. La nuit, nue et haut perchée, Rose Lee nourrit le fantasme, elle devient l'unique reine de la nuit, intouchable mais elle a tous les droits. Elle dirige, elle a le contrôle.
Ce roman offre un contraste saisissant entre le jour et la nuit, entre l'asservissement dans l'enseignement et l'affranchissement dans le monde de la nuit. Plus le quotidien de Joséphine la vampirise jusqu'au dégoût plus Rose Lee se libère, se contorsionne dans le plaisir et le lâcher prise.
Dans chaque femme se cache une sensualité enfouie et qui ne demande qu'à s'affranchir. On ne touche pas est un ode à la liberté du corps, un laisser parler des sens dans sa plus douce nudité. Qui ne rêverait pas d'être la femme idéale qui mène la danse de tous les fantasmes, tous les possibles ?
Ce roman sue de féminité dorée. Les perles sur le corps nu de ces danseuses de la nuit suintent l'extase d'être soi, libérée de la misère sociale, les perles brillent car elles ne naissent que quand une femme se sent femme, belle et désirable.
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Christophe_bj
  31 août 2020
Le jour, Joséphine, la narratrice, est prof de philo dans un lycée à Drancy, et la nuit, elle est strip-teaseuse dans un club des Champs-Elysées, le Dreams. ● Avec ce livre, Ketty Rouf dénonce l'impasse dans lequel se trouve le système scolaire français. On en demande toujours moins aux élèves, toujours plus aux profs qui sont sous-payés, méprisés, dépressifs et se prennent tous les coups. L'effort n'est plus valorisé, il faut se mettre à la portée de la paresse des élèves. L'encadrement, inspecteurs comme chefs d'établissement, est d'une lâcheté insondable : il ne faut surtout pas faire de vagues ; le moindre problème est étouffé. le métier n'attire plus, les concours se vident de candidats et le niveau des profs baisse comme celui des élèves. Un désastre, préparé par des décennies de pédagogisme, de sociologie de l'éducation post-soixante-huitarde et d'incurie des gouvernants. ● Tout cela est bien évoqué par l'autrice, malgré quelques situations peu vraisemblables, et le contraste entre le monde du jour et celui de la nuit est saisissant. Mais ce qui pêche dans ce roman c'est la quasi absence d'intrigue. La situation du début n'évolue presque pas, le lecteur a l'impression de tourner en rond. S'ajoutent à cela des pages peu digestes de réflexion conceptuelle qui sont représentatives d'un roman de philosophe. C'est assez ennuyeux.
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Annette55
  27 mars 2021
Voici un livre très original.
Joséphine, professeure de philosophie dans un lycée de Drancy s'interroge sur son métier, l'enseignement la déçoit, : Madame : «  La philosophie ne sert à rien, «  La philo ça prend la tête » «  Les philosophes c'est des oufs » ...
.Seul Hadrien, un de ses élèves s'insurge et le seul ami du lycée , prof : Martin, lui offre «  Rimbaud le fils » , de Pierre Michon. Elle traîne les pieds à chaque rentrée....
Joséphine mène sa vie branlante entre Xanax et ' Tupperware , en salle des profs et différentes consignes de l'Education Nationale qui lui prennent la tête .
Le manque d'intérêt , de curiosité des élèves leur absence de «  goût de la pensée » la déconcertent, la déstabilisent , l'espèce de nivellement par le bas, lui offre une vision désabusée qui l'étreint et la paralyse .
Elle a le sentiment que , forte de son savoir livresque elle a vécu inculte ...
Inculte d'expérience , d'émotions vives, de connaissances de l'humain et d'elle - même .
Sauf que, minée par ce sentiment intime de dépression, non nommée—— , bien sûr —— elle fuit ces conditions de vie et de travail chaque nuit en réalisant un fantasme , elle s'effeuille dans une boîte branchée des Champs - Élysées où elle devient Rose Lee.
Cette double vie l'épanouit rapidement .....Elle se réapproprie sa vie, se réconcilie avec son corps ....adore le désir des hommes et le pouvoir qu'elle en retire ....
Entre légèreté , ironie, et profondeur à l'aide d'une belle langue à la fois, drôle et cynique, ce roman entre contraste, ambivalence , dualité permanente nous oblige à l'introspection afin de répondre à la question existentielle , du sens de la vie que l'on mène «  Ce qui dépend de toi , c'est d'accepter ou non ce qui ne dépend pas de toi » .
Un roman à propos du corps de la femme, de l'image de la femme oubliée, faible, de la reconquête du corps , d'une féminité assumée , douce , tout en sensualité ...
Un premier roman qui surprend ,ose, interroge—- nous interroge ——-sur nos préjugés et nos choix, notre estime de soi.
La plume sensible, franche, sensuelle entre corps désiré et misère du corps enseignant fait voler en éclat les préjugés sur la société .
Elle fait réfléchir d'une façon bouleversante à l'image de soi, nos rapports à l'autre , nos schémas de fonctionnement et une certaine forme de sagesse , peut - être .
Un récit d'affranchissement ? de double vie ? de questionnements à propos des tabous éternels de la sexualité ? Je n'ai pas les réponses .
Un ouvrage surprenant !
«  On n'est pas fait pour mourir —— Il a répété d'innombrables fois cette phrase —— Vivre c'est faire comme si on n'était pas fait pour mourir » .
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Labibliothequedemarjorie
  10 août 2020
Joséphine est professeur de philosophie dans un lycée à Drancy. Entre les cours, les élèves difficiles et les mesures s'imposant aux enseignants du jour au lendemain, Joséphine est absorbée par un quotidien qui ne lui correspond plus. Elle attend une mutation qu'elle n'obtient pas. Alors, pour sortir un peu de cette morosité, elle prend des cours d'effeuillage une fois par semaine et attend le vendredi soir avec impatience.
Puis un jour, le moment de mettre en pratique arrive naturellement. Joséphine devient alors Rose Lee et se produit dans un club de strip-tease des champs-Elysées tous les soirs, menant ainsi une double vie entre le jour et la nuit.
"On ne touche pas" est le premier roman de Ketty Rouf. Comme son héroïne, l'auteure est diplômée en philosophie et a enseigné à Paris tout en suivant des cours de danse classique. J'ai aimé le thème abordé, la narration et le fil de l'histoire à l'écriture fluide et directe prônant la liberté et le désir d'une femme de se réconcilier avec son corps.
Joséphine ou Jo aime la philosophie mais son métier l'use, elle n'y trouve plus le plaisir et la motivation qui l'avaient guidés dans ses études. Aujourd'hui, elle survit dans une Education Nationale qui faiblit, laissant les enseignants subir des élèves de plus en plus irrespectueux.
Jo ne se sent plus exister, ses semaines sont toutes les mêmes, les trajets sont son "chemin de croix". Ses seuls moments d'évasion sont la littérature et la prise d'anxiolytiques, et surtout les cours de danse.
Un soir, elle se lance et devient Rose Lee dans un club parisien.
"Rose Lee, comme Gypsy Rose Lee ! C'est pour elle qu'on a inventé le mot striptease dans les années quarante. Une figure mythique de l'effeuillage burlesque...
C'est peut-être elle que je regarde dans la glace des loges. Je porte la robe noire, celle de la stripteaseuse. Sur moi, une nouvelle peau, incomparablement douce que l'ancienne. Et si je le faisais, juste une nuit pour voir ? Une nuit, être l'autre femme..."
Dans le monde de la nuit, des amitiés se créent. Et pendant qu'elle se dénude, il y a ces hommes, pour la plupart mariés, qui s'ennuient dans une routine, qui s'essoufflent dans un couple ou dans une relation ne leur correspondant plus. Alors, ils viennent regarder, prendre du plaisir, fantasmer avant de retrouver leur quotidien.
Un récit que j'ai aimé. le texte se lit vite. Les chapitres s'enchaînent et alternent entre une routine dans laquelle l'héroïne s'essouffle et le monde de la nuit dans lequel elle revit. L'auteure parle de l'image de la femme, de l'estime de soi, du besoin de se sentir libre, de (re)devenir vivante et de s'affranchir des contraintes sociales.
Une lecture que je recommande vivement.
Un très bon premier roman et une belle découverte.
Je remercie les éditions Albin Michel pour cette lecture.

Lien : http://labibliothequedemarjo..
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Ogrimoire
  26 janvier 2021
J'ai littéralement dévoré ce roman, en seulement quelques heures. Il n'y a pas à dire, on est happé par cette histoire, on est entraîné dans le tourbillon de cette incroyable aventure. D'entrée, on ressent le côté morne de la vie que mène Joséphine, on accompagne sa descente aux enfers, on flirte avec sa dépression…
Et puis Ketty Rouf décrit remarquablement la relation complexe que cette femme entretient avec son corps… mais n'est-ce pas, en réalité, le cas de chacun d'entre nous ? Qui peut dire qu'il est parfaitement en accord avec son corps, même si, naturellement, toutes les gradations sont dans la nature ? Cette question profondément intime ne peut pas laisser le lecteur, quel qu'il soit, indifférent. Cette réflexion sur notre dimension physique, et sur la réappropriation de son corps par Joséphine est tout simplement captivante.
Mais le véritable coup de génie de l'auteure, c'est peut être d'avoir eu l'idée d'opposer ces deux mondes tellement différents qu'ils semblent imperméables l'un à l'autre, celui de l'enseignement et celui de la nuit. Pourtant, ces deux mondes sont ceux qu'habite une même personne, notre héroïne, Joséphine – et, en plus, elle s'appelle Joséphine ! -. Avec Joséphine, on piétine dans les couloirs d'un lycée en attendant que la cloche annonce le début des cours, et on se traîne tout au long de journées grises et ennuyeuses. Mais avec Rose Lee, le soir venu, on retrouve le Dreams, l'alcool, l'excitation et l'argent facile, entre talons aiguilles et lingerie fine ! Cette dichotomie est remarquablement mise en scène !
Entre bienséance et fantasme, il n'y a qu'un pas. Mais ne croyez pas que ce livre est sale, pervers, nauséabond. Libre et sensuel, il est, au contraire, lumineux et clairvoyant. Ce personnage de femme, créé par l'épatante Ketty Rouf, est envoûtant et enivrant !
Alors ? Alors, ne faites pas comme moi ! Prenez le temps, pour bien profiter de cette lecture : effeuillez doucement ce livre. Et comme disait Juliette Greco, « oui, mais pas tout de suite, pas trop vite »…
Lien : https://ogrimoire.com/2021/0..
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critiques presse (2)
LaPresse   02 novembre 2020
Malgré [d]es thèmes riches et porteurs, on a eu de la difficulté à embarquer dans la proposition de Ketty Rouf, d’autant plus que son personnage de Joséphine n’est pas particulièrement sympathique ou attachant.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Actualitte   16 septembre 2020
Premier roman, On ne touche pas étonne, surprend et nous invite à nous interroger sur nos choix et nos préjugés. Une réussite !
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (83) Voir plus Ajouter une citation
Annette55Annette55   26 mars 2021
«  Animée par une fulgurante passion pédagogique, j’ai gobé trente copies indigestes, très souvent des hors - sujets , comme si j’allais en balade, un soir d’été, vingt et une heures , un beau soleil couchant . Je me suis dit , redit que ma place est ici, parmi les moins bien lotis , et non pas dans ces autres lycées parisiens pour lesquels je renouvelle ma demande de mutation année après année » .
+ Lire la suite
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Christophe_bjChristophe_bj   01 septembre 2020
Je déteste les manifestations, je n’ai jamais participé à un quelconque défilé. La possibilité de la violence urbaine m’a toujours éloignée de ce genre d’expérience.
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Annette55Annette55   26 mars 2021
«  Oui, Hadrien, la philosophie ne fait pas le bonheur, puisque si philosopher peut être un bonheur , ce n’est pas parce que nous philosophons que nous serons heureux .
Au commencement de toute philosophie il y a quelque déception originelle, un malheur.
N’oublie pas : , Sénèque , dans «  De La Brièveté de la vie » dit :  «  On doit apprendre à vivre toute la vie » ,.
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Christophe_bjChristophe_bj   01 septembre 2020
La philosophie parle par concepts. Plus radicalement, la philosophie est la création de concepts, sa manière d’avancer est abstraite, elle ne parle pas directement des « choses de la vie ». Elle essaie plutôt de les théoriser. Pour aller directement au cœur du réel, il faudrait plutôt lire de la littérature. Il n’y a pas meilleure éducation.
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Annette55Annette55   27 mars 2021
«  Là- bas, vivre est facile, la liberté est une émotion et pas seulement une idée. Sans compter l’argent . Je n’y allais pas pour ça au départ, je ne m’étais même pas posé la question .
Mais quand on gagne un salaire de prof en seulement quelques nuits de danse , on oublie soudainement tous les bouquins qu’on a lus,relus, résumés .
Qui a dit que l’argent ne fait pas le bonheur ? » ...
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