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Michel Launay (Éditeur scientifique)
ISBN : 2080701819
Éditeur : Flammarion (30/11/-1)

Note moyenne : 3.57/5 (sur 35 notes)
Résumé :
Rousseau ne voulait pas qu'un portrait de lui figure en tête de ses OEuvres. Son vrai portrait, le seul qui ne mentirait pas, c'est en lisant ses Confessions qu'on l'aurait sous les yeux : « Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme, ce sera moi. »
Mais quelle identité assigner à ce moi qui déclare :
« Je suis autre » ? Autre que tous les autres, et pourtant leur semblable. Perpétuellement autre que so... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (4) Ajouter une critique
TREMAOUEZAN
  24 janvier 2016
Une relecture à l'âge adulte. Le plaisir éprouvé adolescente est intact.
Rousseau met en scène Jean-Jacques, avec brio. Tantôt agaçant, voire insupportable de vanité; bien souvent émouvant, parfois drôle, l'auteur raconte ici les vingt premières années de sa vie, découpées en six "Livres". Il interpelle le lecteur, qu'il prend à témoin : Voici, lecteur, comment je grandis, comment je naquis à la sensualité. Vois combien je fus naïf, maladroit, cruel parfois. Rencontre les personnes qu'il me fut donné de croiser - celles qui me rabaissèrent, celles qui m'inculquèrent les rudiments de la sagesse.
Infatigable arpenteur de ce bout d'Europe, incorrigible rêveur que rien ne semble dominer sinon les pulsions qui l'habitent, Jean-Jacques serait-il le héros d'un roman d'aventures à dominance picaresque ?
Rousseau, d'emblée, nous informe qu'il entend, via ses "Confessions", dépasser en véracité l'étude sur l'Homme amorcée par Montaigne. Contrairement à son vénérable prédécesseur, il veut se montrer sous toutes ses facettes, de la plus ridicule, la plus contestable, à la plus noble, afin d'apporter à l'humanité l'occasion d'une étude approfondie de l'Homme dans ce qu'il méconnait le plus : les mystères de son être le plus intime. Cette démarche de se dire tout entier, dans ses contradictions mêmes, sans les facilités bien commodes de la pudeur, rapproche les "Confessions" d'une véritable science de l'Homme. de cette étude, le lecteur apprendra, et c'est l'objectif, sur lui-même et sur ses contemporains... le lecteur du XXème siècle - citons Alain : "Rousseau fut toujours mon maître; je l'ai lu, je puis dire, en tous sens; et encore hier j'ai retrouvé dans les Confessions une idée que je croyais bien avoir inventée" - comme la lectrice que je suis, déjà solidement ancrée dans le XXIème siècle.



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bina
  27 août 2012
Ma contribution de ce mois-ci au challenge d'Itzamna porte sur le premier volume des Confessions, de Jean-Jacques Rousseau. Je l'ai lu dans une édition scolaire (vestige de mes années lycées). Cette édition comporte le texte intégral, annoté et fléché, et un résumé. La lecture peut donc être partielle ou complète. Il y a dix-sept ans, j'avais triché, mais cette fois-ci, je l'ai évidemment lu intégralement. Ce genre de lecture m'est aujourd'hui bien plus accessible. J'ai néanmoins commencé par parcourir le résumé, et je peux vous assurer que le texte de Rousseau est bien plus agréable que les commentaires.
On peut considérer ce premier volume comme l'apprentissage de la vie de Rousseau, une lente ‘'maturation'' jusqu'à ses 28 ans.
Nous découvrons les circonstances de sa naissance et ce qui en découle. Il vécut auprès de son père, qui l'initia aux lectures sérieuses dès son plus jeune âge, puis il passa chez son oncle. Il eut tout le temps une éducation plus ou moins libre, mais sa nature, et ses proches lui évitèrent de dévier. Il semble avoir eut très tôt conscience de ce qu'il voulait, et surtout ne voulait pas, de ses capacités et de ses limites, notamment dans le domaine des études et de la santé.
Au fil des années, sa santé se dégrade, il se découvre de multiples problèmes, mais on ne peut parfois s'empêcher de penser qu'il est hypocondriaque. Une petite passion de passage, et on oublie toutes les maladies ! Plus il a conscience de la mort (qu'il pense proche), plus il se détache de ses passions pour vivre les moments présents dans l'étude, et plus il semble apaisé.
Il a aussi conscience de ses limites dans le domaine de l'apprentissage. Une éducation imposée ne lui permet pas d'assimiler. Il a besoin d'une étude vagabonde, à son rythme, qui lui permet d'acquérir des connaissances poussées dans de multiples domaines (maths, géométrie, histoire, auteurs anciens, philosophes, beaucoup de musique…mais pas le latin auquel il a toujours été réfractaire). Il a finit par se donner une méthode qui lui servira par la suite dans ses réflexions. ‘'Après quelques années passées à ne penser exactement que comme autrui, sans réfléchir pour ainsi dire, et presque sans raisonnement, je me suis trouvé assez grand fonds d'acquis pour me suffire à moi-même et penser sans le secours d'autrui''.
Sa narration est chronologique et on prend peu à peu conscience de ce qui fait sa personnalité : sa très grande sensibilité, sa répulsion profonde pour l'injustice. Les anecdotes qu'il nous dévoile lèvent en même temps le voile sur ce qui le façonne.
Mais malgré cette droiture d'esprit, on découvre l'autre facette de l'enfant Jean-Jacques, petit chapardeur (mais pas pour un enrichissement personnel), gamin influençable par les mauvais garçons. Sa timidité extrême rend ces confessions d'autant plus intéressantes, qu'on comprend qu'il a dut faire un grand travail sur lui-même pour avouer les bêtises qu'il pu commettre. Celles-ci se sont toujours réalisées sous l'impulsion de la passion, ou de l'imagination, mais elles semblent avoir pesées lourds sur la conscience de notre jeune homme.
Les 6 livres des Confessions de tome 1 font la part belle à ses multiples changements de situation (différents apprentissages, séminaire, conversion religieuses, nombreux domiciles…). On sent qu'il agit par passion. Son imagination et ses sentiments prennent souvent le dessus sur la raison.
La narration de ses conquêtes amoureuses est aussi très présente, et on découvre là aussi un Rousseau particulier : chaste jusqu'à 25 ans. Il ressent de nombreuses émotions, mais elles prennent le pas sur l'action. Sa naïveté lui laisse ignorer l'aspect physique et charnel des relations amoureuses. Et l'idée qu'il se fait d'une relation physique, sur le modèle de ce qu'il vu dans le monde animal, le dégoute. C'est celle qu'il appelle Maman, et au crochet de qui il vit, qui va le déniaiser.
Ses Confessions, rédigées à la première personne sont très centrées sur lui, mais Jean Jacques Rousseau est aussi à l'écoute des mouvements politiques, de la société, et de la religion. C'est peut-être dans ces passages que se trouvent, à mes yeux, les meilleures réflexions. On sent son esprit aiguisé qui fera de lui ce qu'il sera plus tard dans ses écrits. Sa description d'un lazariste est très imagée, ‘' un visage de pain d'épice, un regard de chat-huant, des crins de sanglier au lieu de barbe, ses membres jouaient comme des poulies d'un mannequin'', et son point de de vue sur la religion catholique apparait à travers un commentaire sur‘' les prêtres [qui], en bonne règle, ne peuvent faire des enfants qu'à des femmes mariées. Pour avoir manqué à cette loi des convenances, [un jeune séminariste, devenu prêtre] fut mis en prison, diffamé, chassé''.
En résumé, j'ai découvert un Jean-Jacques naïf, empreint de pureté, avec une sensibilité à fleur de peau, une imagination très vive, et voulant vivre ses passions (littéraires et artistiques, particulièrement musicale). J'ai aimé l'écriture, les anecdotes, et j'ai hâte de lire la suite pour le mois prochain.
Je m'interroge juste sur un élément : ces réflexions, très pertinentes, sont-elles de Rousseau enfant, ado, puis adulte, ou du Jean-Jacques à maturité qui rédige ces lignes ?
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brigittelascombe
  27 septembre 2012
"Je voudrais pouvoir en quelque façon rendre mon âme transparente aux yeux du lecteur, et pour cela je cherche à la lui montrer sous tous points de vue".
Né en 1712, ce n'est qu'en 1767 que le manuscrit des premières Confessions de Jean-Jacques Rousseau (écrivain et philosophe genevois de langue française) voit le jour, puis c'est en 1771 qu'il sera (dans sa totalité) interdit de lecture car jugé impudique et subversif.
Il aurait-été dommage que ces douze, confessions, justifications et témoignages autobiographiques ne soient pas publiés, car leur prose limpide est agréable à lire, leur style est "inégal et naturel, tantôt rapide tantôt diffus,tantôt sage et tantôt fou" (dixit l'auteur) donc très vivant et qu'ils sont un fidèle portrait de Jean-Jacques Rousseau (enfant sans mère mais aimé par une douce tante et un père bienveillant, polisson qui un jour a "pissé dans une marmite",timide,docile, puis jeune-homme "ardent,fier,indomptable dans les passions").
Ce tome 1 (en 6 parties) évoque le bonheur de l' enfance puis ses voyages et amours de jeunesse jusqu'à son départ à Paris.
De l'apprenti chez un greffier, un graveur, où il fut maltraité, au laquais,au maître de musique puis au régisseur qui étudie en autodidacte et au précepteur, on comprend son besoin d'ascension sociale.
Parfois impudique,exhibitionniste, il n'hésite pas à parler d'onanisme, de fantasme de fessée ou d'attouchements subis en toute innocence de la part d'un "Maure" qui l'a dégouté. Mais ses souvenirs et ses rêveries sont surtout empreints de romantisme (menant parfois à la mélancolie) où le lecteur perçoit le caractère passionné de cet amateur de "demoiselles" ou de femmes du monde plus matures comme Madame de Warrens (liaison quasi-incestueuse puisqu'il l'appelait Maman et elle mon petit)
Amour de la nature,amour de la musique,amour des femmes,amour de la lecture et de l'écriture; dans Les confessions tome 1, se peaufine la personnalité de Jean-Jacques Rousseau qui préfèrera vivre "libre et pauvre" et devra s'émanciper de ses illusions pour rechercher sa propre vérité.
A suivre: Les confessions tome 2.
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jadzia
  16 avril 2012
Etudier en 1er pour le bac. Heureusement notre prof avait reussi à nous montrer l'interêt du texte parce que sinon je crois que nous ne l'aurions pas trouvé toutes seules. C'est un classique, c'est vrai. C'est bien écrit, c'est vrai. Certains passages peuvent être interessant, c'est vrai... aussi... mais que c'est ennuyeux...
ps : très bon somnifère en cas d'insomnie.
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Citations & extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
TREMAOUEZANTREMAOUEZAN   24 janvier 2016
La chose que je regrette le plus dans les détails de ma vie dont j'ai perdu la mémoire est de n'avoir pas fait des journaux de mes voyages. Jamais je n'ai tant pensé, tant existé, tant vécu, tant été moi, si j'ose ainsi dire, que dans ceux que j'ai faits seul et à pied. La marche a quelque chose qui anime et avive mes idées : je ne puis presque penser quand je reste en place; il faut que mon corps soit en branle pour y mettre mon esprit. La vue de la campagne, la succession des aspects agréables, le grand air, le grand appétit, la bonne santé que je gagne en marchant, la liberté du cabaret, l'éloignement de tout ce qui me fait sentir ma dépendance, de tout ce qui me rappelle à ma situation, tout cela dégage mon âme, me donne une plus grande audace de penser, me jette en quelque sorte dans l'immensité des êtres pour les combiner, les choisir, me les approprier à mon gré, sans gêne et sans crainte. Je dispose en maître de la nature entière; mon coeur, errant d'objet en objet, s'unit, s'identifie à ceux qui le flattent, s'entoure d'images charmantes, s'enivre de sentiments délicieux. (...) Pourquoi, direz-vous, ne les pas écrire ? Et pourquoi les écrire ? vous répondrai-je : pourquoi m'ôter le charme actuel de la jouissance, pour dire à d'autres que j'avais joui ? Que m'importaient des lecteurs, un public, et toute la terre, tandis que je planais dans le ciel ?
(Livre IV - pp 199-200).
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TREMAOUEZANTREMAOUEZAN   24 janvier 2016
Ces lectures, prises sur mon travail, devinrent un nouveau crime qui m'attira de nouveaux châtiments. Ce goût irrité par la contrainte devint passion, bientôt fureur. La Tribu, fameuse loueuse de livres, m'en fournissait de toute espèce. Bons et mauvais, tout passait; je ne choisissais point : je lisais tout avec une égale avidité. Je lisais à l'établi, je lisais en allant faire mes messages, je lisais à la garde-robe, et m'y oubliais des heures entières; la tête me tournait de la lecture, je ne faisais plus que lire. Mon maître m'épiait, me surprenait, me battait, me prenait mes livres. Que de volumes furent déchirés, brûlés, jetés par les fenêtres ! que d'ouvrages restèrent dépareillés chez la Tribu ! Quand je n'avais plus de quoi la payer, je lui donnais mes chemises, mes cravates, mes hardes; mes trois sols d'étrennes tous les dimanches lui étaient régulièrement portés. Voilà donc, me dira-t-on, l'argent devenu nécessaire. Il est vrai, mais ce fut quand la lecture m'eût ôté toute activité.
(Livre I - pp 75-76)
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greenfastgreenfast   06 février 2016
P 72 . Insensiblement nous tombons dans des situations périlleuses, dont nous pouvions aisément nous garantir, mais dont nous ne pouvons plus nous tirer sans des efforts héroiques qui nous effraient, et nous tombons enfin dans l'abîme en disant à Dieu: "Pourquoi m'as tu fait si faible ? " Mais malgré nous il répond à nos consciences : "Je t'ai fait trop faible pour sortir du gouffre, parce que je t'ai fait assez fort pour n'y pas tomber"
Pur bonheur...
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greenfastgreenfast   06 février 2016
p67 . parlant de voyager en marchant..
Bientôt les devoirs, les affaires, un bagage à porter, m'ont forcé de faire le monsieur et de prendre des voitures; les soucis rongeants, les embarras, la gêne y sont montés avec moi et dès lors, au lieu qu'auparavant dans mes voyages, je ne sentais que le plaisir d'aller, je n'ai plus senti que le besoin d'arriver.
alors est-ce pareil en taxi ou en vtc, la question de l'adaptation au monde moderne perdure
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TREMAOUEZANTREMAOUEZAN   24 janvier 2016
Ma mère avait laissé des romans. Nous nous mîmes à les lire après souper mon père et moi. Il n'était question d'abord que de m'exercer à la lecture par des livres amusants; mais bientôt l'intérêt devint si vif, que nous lisions tour à tour sans relâche et passions les nuits à cette occupation. Nous ne pouvions jamais quitter qu'à la fin du volume. Quelquefois mon père, entendant le matin les hirondelles, disait tout honteux : allons nous coucher; je suis plus enfant que toi.
(Livre I - page 46)
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