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Jean-Bertrand Pontalis (Préfacier, etc.)Bernard Gagnebin (Éditeur scientifique)Marcel Raymond (Éditeur scientifique)Catherine Koenig (Auteur du commentaire)
EAN : 9782070393930
858 pages
Éditeur : Gallimard (23/05/1995)

Note moyenne : 3.37/5 (sur 1029 notes)
Résumé :
"Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme ce sera moi.
Moi, seul. Je sens mon cœur et je connais les hommes. Je ne suis fait comme aucun de ceux que j'ai vus ; j'ose croire n'être fait comme aucun de ceux qui existent. Si je ne vaux pas mieux, au moins je suis autre. Si la nature a bien ou mal fait de briser le m... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (53) Voir plus Ajouter une critique
peloignon
  15 janvier 2013
Rousseau voulait être aimé et il voulait mériter de l'être. Sa grande connaissance des auteurs antiques l'a ainsi tout naturellement entraîné à devenir une personnalité sublime, toujours prêt à défendre les idées les plus contraires à son siècle et aux puissants qui en modelaient les opinions politiques et philosophiques.
Il vivra ainsi de nombreuses déceptions en amitié et en amour, il devra varier dans ses appartenances religieuses extérieures, il vivra aussi l'exil et à la longue, à forces d'être constamment blessé, il deviendra un vieil homme de plus en plus méfiant des autres, un interprète de plus en plus attentif aux moindres signes qui pourraient indiquer de mauvaises intentions envers sa personne dans son entourage, son pauvre cerveau frôlera le délire paranoïaque, mais sans rien perdre de sa géniale beauté. C'est dans cet état de trouble qu'il accomplira l'étrange projet suivant : « Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple et dont l'exécution n'aura point d'imitateurs. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature; et cet homme ce sera moi. » (t.1, 21)
Et il en raconte des choses sur sa personne. Il ne s'épargne rien. Il se montre sans pudeur dans toute sa fragilité et ses maladresses. Il fait de son auditoire une divinité analogue au Dieu chrétien, qui aurait besoin de se faire raconter ce qu'il savait déjà afin de lui accorder la reconnaissance de son bon coeur. Il est bien convaincu lui-même de son bon coeur : « Pour moi, je le déclare honnêtement et sans crainte : quiconque, même sans avoir lu mes écrits, examinera par ses propres yeux mon naturel, mon caractère, mes moeurs, mes penchants, mes plaisirs, mes habitudes, et pourra me croire malhonnête homme, est lui-même un homme à étouffer. »(t.2, 486) Mais il avait un cruel besoin d'être reconnu par un entourage qui le jugeait comme la règle juge toujours l'exception : comme une erreur, comme quelque chose de laid ou de mal.
Rousseau, on peut être en accord ou non avec ses idées, à mon avis, cela importe peu. Ce qu'il représente pour moi d'extraordinaire, c'est qu'il nous entraîne toujours à des considérations débordantes de bons sentiments, toujours belles et sincères et il me semble qu'on se doit de l'aimer. On le doit à ce que l'on a de meilleur en nous.
Avec moi, il gagne donc son pari haut la main. Je n'ai aucun doute qu'il ait été un honnête homme, c'est-à-dire une entité imparfaite, mais perfectible et remplie de la meilleure des volontés et des plus beaux sentiments.
Ceci dit, si je suis convaincu de cela, j'avoue que j'étais gagné d'avance par ses Discours, par son Émile, et surtout par son Héloïse!
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Louis111222
  17 mai 2019
Ce que j'aime chez Rousseau, et c'est inexplicable, c'est sa magie des mots. Il est capable d'écrire un paragraphe entier avec une seule phrase, sans jamais lasser, sans que cela paraisse long. C'est un peu comme du Mozart.
Rousseau, je ne le lis pas, je ne cherche même pas à comprendre ce qu'il veut dire, non, je l'écoute, j'écoute sa musique des mots. C'est reposant comme le Concerto pour clarinette de l'illustre Mozart. Cela ne s'arrête jamais, cela monte , cela descend, des thèmes reviennent, et c'est sans importance, cela relaxe le cerveau.
Rousseau n'écrit pas, il compose. Il était copiste en musique, cela se sent à chaque phrase. Il cherche des équilibres, des harmonies. Ses confessions....qu'il se confesse donc, c'est sans importance. Nous sommes tous des pêcheurs et des fauteurs ici bas. Alors se confesser ou pas, peu importe. Je crois en cette parole des Évangiles: " pardonne moi Seigneur car j'ai beaucoup fauté". Et comme pour être pardonné soit même, il faut d'abord pardonner aux autres, hé bien je te pardonne tout, illustre Jean Jacques, je te pardonne d'autant plus volontiers que tes mots sont une si douce musique.
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sabine59
  01 juillet 2016
Je vais être assez sévère avec toi, Jean-Jacques: j'ai moyennement aimé tes " confessions", au cours de cette relecture.C'était déjà le cas,étudiante.J'ai préféré " Les rêveries d'un promeneur solitaire".
La raison de mes réticences? Une , essentiellement.Lorsque tu écris en préambule: " Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple et dont l'exécution n'aura point d'imitateur", je te trouve bien présomptueux.Et quand tu ajoutes: "Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de sa nature", alors là, je pourrais te traiter de menteur ! Car, au regard de ce que tu racontes, on ne peut pas dire que tu sois de toute franchise, comme tu le prétends...
Souviens-toi, par exemple, de l'épisode du ruban volé.Certes, tu montres bien tes remords d'adulte mais en même temps, tu cherches à te dédouaner auprès du lecteur.Et dans tes souvenirs,combien de plaintes, d'apitoiement sur toi-même ! On a toujours l'impression que tu joues à la victime...
Cependant, je reconnais que ce projet est novateur pour l'époque.Il se détache nettement des Mémoires à caractère politique et historique.Il ouvre la voie à l'autobiographie, qui fleurira ensuite au 19ème siècle.Il place le Moi au centre du livre.
Taine le jugeait sèchement: " Préoccupé de soi jusqu'à la manie et ne voyant du monde que lui-même". Je serai plus indulgente. Et de plus, j'ai apprécié le style de cette autobiographie romancée, non dénuée d'ironie et d'auto-dérision.Mais jusqu'à un certain point car le côté larmoyant et les explications de mauvaise foi visant à se
justifier ternissent l'ensemble.Dommage, Jean-Jacques, et désolée, tu n'es pas, pour moi, unique...
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michfred
  26 février 2015
"Le moi est haïssable" disait Pascal.
Cela n'a semble-t-il pas empêché Jean Jacques de se lancer intrépidement dans la première autobiographie, digne de ce nom, autocentrée et intimiste, de notre littérature.
Elle en agace plus d'un par son exhibitionnisme-au propre et au figuré :JJ a en effet exhibé plus que sa souffrance de persécuté, et il s'en vante ingénument!
Car il y a autant d'ingénuité que de rouerie, autant de sincérité que de mensonge dans ces Confessions- et c'est ce qui rend ce livre passionnant, énervant, délicieux et insupportable à la fois!
Que ce soient les pages solaires et coquines des cerises, celles plus troubles mais bien croquignolettes de la fessée, les faux remords du ruban volé, les vrais silences des enfants mis à l'assistance publique, les amours aussi opportunistes que torrides avec "Maman", Mme de Warens, la protectrice -et-plus-si-affinités, la recherche éperdue d'un ami qui ne soit ni un sot, ni un envieux, ni un rival...et avec qui se brouiller est l'activité la plus répandue.- il y a tout et son contraire dans les Confessions.
Il faut ajouter que le fil du récit devient d'un tome à l'autre plus difficile à suivre: J.J. est réellement persécuté dans sa vie littéraire et civile, et le processus d'auto-justification dans lequel il s'est lancé avec ce livre, et qui se contaminera bientôt à tous les autres, le jette en pâture à la détestation..
Alors il devient de plus en plus parano...et on a du mal à suivre qui est encore son ami, qui ne l'est plus, qui le redevient (plus rare!) Après Voltaire, l'ennemi incarné, si mondain, si rapide, si cruel, il se brouille avec les Grimm, avec Diderot...il perd ses protecteurs, son gîte, son couvert...
Mais c'est qu'il aime vagabonder, aussi- voyager à la cloche de bois, comme un bohémien: c'est un fugueur depuis la petite enfance où il quitte Genève, son père et son frère...pour courir les routes et l'aventure.
Ce touche-à-tout de génie, ce grand autodidacte, -avec Diderot le premier "prolétaire" de notre littérature- est aussi un joyeux escroc: il faut relire les pages hilarantes de sa première tentative d' "opéra"- cacophonique et catastrophique! Lui-même en rit encore!
Un livre magnifique avec tous ses défauts- ou plutôt à cause d'eux!
S'il vous agace trop, faites un tour du côté de l'essai de Philippe Lejeune, le Pacte autobiographique, ou du côté de Starobinski, La transparence et l'obstacle: je suis sûre qu'ils vous rendront moins sévère, tout attendri et mieux disposé à sa découverte!
Sacré Jean-Jacques, humain, trop humain, et génial, si génial!
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frandj
  20 juin 2015
J’avais lu, il y a fort longtemps, "Les Confessions" de Jean-Jacques Rousseau et j’en avais conservé un souvenir mitigé. C’est pourquoi j’ai désiré les relire maintenant, même si cela demande énormément de temps. Comme chacun sait, cet ouvrage constitue, dans la littérature française, la première autobiographie vraiment digne de ce nom. L’auteur insiste plusieurs fois sur sa volonté de tout révéler sur sa personne. Il écrit par exemple: « Dans l’entreprise que j’ai faite de me montrer tout entier au public, il faut que rien de moi ne lui reste obscur ou caché; il faut que je me tienne incessamment sous ses yeux, qu’il me suive dans tous les égarements de mon cœur, dans tous les recoins de ma vie ». Ce projet est justifié, semble-t-il, par son désir de vérité face à ses nombreux détracteurs, mais aussi par son narcissisme et peut-être par une sorte de masochisme un peu pervers.
Ce qui m’a surtout intéressé, ce sont les premiers livres qui retracent son enfance et ses années de formation. Avec beaucoup de candeur et un peu de rouerie, Rousseau livre au lecteur de nombreuses anecdotes caractéristiques de sa jeunesse, souvent peu glorieuses, très étonnantes sous la plume d’un auteur du XVIIIème siècle. Il n’hésite pas à détailler ses incohérences et ses petites vilénies. A peine a-t-il commencé la confession de ses erreurs d’enfance qu’il note: « J’ai fait le premier pas et le plus pénible dans le labyrinthe obscur et fangeux de mes confessions. Ce n’est pas ce qui est criminel qui coûte le plus à dire, c’est ce qui est ridicule et honteux ». Parmi les nombreux passages étonnants ou scabreux de ces premiers livres, il y a par exemple le célèbre aveu au sujet du ruban volé. Mais je retiendrai surtout un épisode qui a lieu dans l’hospice où il est amené à abjurer son protestantisme: un des catéchumènes, homosexuel, le poursuit de ses assiduités alors qu’il est encore très jeune. Rousseau dit ou plutôt suggère tout, sans langue de bois mais dans des termes choisis. Il en est de même pour sa première relation sexuelle avec "Maman" (que le lecteur peut trouver choquante). Le commentaire de Rousseau sur son initiation est franc: « Je me vis pour la première fois dans les bras d’une femme, et d’une femme que j’adorais. Fus-je heureux ? Non, je goûtai mon plaisir. Je ne sais quelle invincible tristesse en empoisonnait le charme. J’étais comme si j’avais commis un inceste ». Un clair pressentiment du complexe d'Oedipe ?
"Les Confessions" marquent bien l’irruption du JE dans un récit qui se veut absolument authentique. Je trouve passionnant cet éclairage cru que le cher Jean-Jacques jette sur les faits intimes qui ont contribué à sa formation d’homme; il n’est pas exempt de complaisance, mais il me semble précieux. A mon avis, ces premiers livres - vraiment novateurs - pourraient se suffire à eux-mêmes. Rousseau a cru bon de poursuivre son récit bien au-delà de sa jeunesse. L’auteur n’a de cesse de rapporter toutes les intrigues et cabales qui ont rendu si difficile sa vie d’adulte à Paris. J’ai trouvé ces derniers livres moins intéressants, même s’ils renferment d’importantes informations concernant l’histoire intellectuelle et littéraire du XVIIIème siècle. J'ajoute que, vers la fin de ma lecture, je me suis senti las. Cette œuvre est un monument (trop grand ?) que Rousseau a érigé uniquement pour la postérité de sa personne.
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Citations et extraits (124) Voir plus Ajouter une citation
OummaOumma   05 juillet 2010
je sens mon coeur et je connais les hommes. je ne suis fait comme aucun de ceux que j'ai vus; j'ose croire n'être fait comme aucun de ceux qui existent. si je ne vaux pas mieux, au moins suis-je autre...
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Jean-DanielJean-Daniel   10 décembre 2020
Je m'ennuyais des amusements de mes camarades ; et quand la trop grande gêne m'eut aussi rebuté du travail, je m'ennuyai de tout. Cela me rendit le goût de la lecture que j'avais perdu depuis longtemps. Ces lectures, prises sur mon travail, devinrent un nouveau crime qui m'attira de nouveaux châtiments. Ce goût irrité par la contrainte devint passion, bientôt fureur. La Tribu, fameuse loueuse de livres, m'en fournissait de toute espèce. Bons et mauvais, tout passait ; je ne choisissais point : je lisais tout avec une égale avidité. Je lisais à l'établi, je lisais en allant faire mes messages, je lisais à la garde-robe, et m'y oubliais des heures entières ; la tête me tournait de la lecture, je ne faisais plus que lire. Mon maître m'épiait, me surprenait, me battait, me prenait mes livres. Que de volumes furent déchirés, brûlés, jetés par les fenêtres ! que d'ouvrages restèrent dépareillés chez la Tribu ! Quand je n'avais plus de quoi la payer, je lui donnais mes chemises, mes cravates, mes hardes ; mes trois sols d'étrennes tous les dimanches lui étaient régulièrement portés.
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ladyogaladyoga   15 septembre 2013
Ici commence le court bonheur de ma vie ; ici viennent les paisibles mais rapides moments qui m’ont donné le droit de dire que j’ai vécu. Moments précieux et si regrettés ! ah ! recommencez pour moi votre aimable cours ; coulez plus lentement dans mon souvenir, s’il est possible, que vous ne fîtes réellement dans votre fugitive succession. Comment ferai-je pour prolonger à mon gré ce récit si touchant et si simple, pour redire toujours les mêmes choses, et n’ennuyer pas plus mes lecteurs en les répétant, que je ne m’ennuyais moi-même en les recommençant sans cesse ? Encore si tout cela consistait en faits, en actions, en paroles, je pourrais le décrire et le rendre en quelque façon ; mais comment dire ce qui n’était ni dit ni fait, ni pensé même, mais goûté, mais senti, sans que je puisse énoncer d’autre objet de mon bonheur que ce sentiment même ? Je me levais avec le soleil, et j’étais heureux ; je me promenais, et j’étais heureux ; je voyais maman, et j’étais heureux ; je la quittais, et j’étais heureux ; je parcourais les bois, les coteaux, j’errais dans les vallons, je lisais, j’étais oisif, je travaillais au jardin, je cueillais les fruits, j’aidais au ménage, et le bonheur me suivait partout : il n’était dans aucune chose assignable, il était tout en moi-même, il ne pouvait me quitter un seul instant.
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MeghMegh   05 avril 2010
Les climats, les saisons, les sons, les couleurs, l'obscurité, la lumière, les éléments, les aliments, le bruit, le silence, le mouvement, le repos, tout agit sur notre machine, et sur notre âme.
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aouatef79aouatef79   12 août 2015
Leurs amours avaient commencé presque avec leur vie : dès l' âge de huit à neuf
ans ils se promenaient ensemble tous les soirs sur la Treille ; à dix ans ils ne
pouvaient plus se quitter. La sympathie, l' accord des âmes affermit en eux le
sentiment qu' avait produit l' habitude. Tous deux, nés tendres et sensibles,
n' attendaient que le moment de trouver dans un autre la même disposition, ou
plutôt ce moment les attendait eux-mêmes,et chacun d' eux jeta son coeur dans
le premier qui s' ouvrit pour le recevoir .
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Videos de Jean-Jacques Rousseau (20) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Jacques Rousseau
2/2 Voltaire et Rousseau à l'épreuve du 20ème siècle (1978 / Les samedis de France Culture). Émission en deux volets, diffusée sur France Culture les 4 et 11 novembre 1978, à l'occasion du bicentenaire de la mort des deux philosophes. Par Roland Auguet. Avec Jean Balcou, Daniel Roche, Guy Chaussinand-Nogaret, Jean Starobinski, Jean Tulard et Mona Ozouf. Lectures par Jean Bollery et Michel Ruhl. Réalisation : Alain Pollet.
Source : France Culture
Dans la catégorie : EssaisVoir plus
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