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BlackRadis
  28 juillet 2022
"Vingt ans de méditation et trois ans de travail", écrit Rousseau dans ses Confessions à propos de L'Emile.
Livre qui me plaît tant par la forme que par le fond.
La forme je n'y reviens pas : J-J est un immense écrivain et puis c'est tout.
Le fond : notre philosophe des Lumières a beaucoup observé et bossé.
Ses remarques sont souvent d'une grande pertinence : il propose, par exemple, de ne pas faire des enfants-roi, actuellement à la plage, je conseillerai bien cette lecture à quelques parents...
Arrêter de les abreuver de paroles inutiles... Idem.
Il trouve qu'on couve trop les enfants !
J-J se méfie des médecins, comme il a raison, mais prône l'hygiène...
Lâchons la grappe aux gosses, l'enfance doit être la période du bonheur (Surtout qu'à l'époque, la moitié n'atteignait pas l'âge adulte).
Trop sympa, J-J nous donne la recette du bonheur : "mettre en égalité parfaite la puissance et la volonté."
Mais c'est aussi un grand livre de philosophie, Kant ne s'y était pas trompé.
Proche des stoïciens, il invite à vivre le moment présent et en harmonie avec la nature.
Concernant la morale, elle ne peut s'énoncer que de façon négative : ne pas faire de mal et c'est son intention qui compte (Kant s'en rappellera).
Tout y passe pour notre Émile (gosse qu'il a inventé pour l'occasion) : nourriture, activité sentimentale et physique...
C'est un pavé, 630 pages en poche, qui se dévore avec un immense plaisir.
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LIVRECOEUR
  08 juillet 2022
"Il y a une volonté qui meut l'univers et anime la nature": et d'autre part, -c'est le second principe, -puisque la matière est mue selon certaines lois, il existe une intelligence suprême. En fait, on peut par le seul "sentiment intérieur" parvenir à l' existence de Dieu. C'est l'énoncé d'un credo qui suit: "Je crois donc que le monde est gouverné par une volonté puissante et sage; je la vois ou plutôt je le sens". Tout ce qu'on peut savoir se ramène à cette simple évidence, comparable à celle à laquelle peut aboutir un homme "qui verrait pour la première fois une montre ouverte, et qui ne laisserait pas d'en admirer l'ouvrage, quoiqu'il ne connût pas l'usage de la machine et qu'il n'eût point vu de cadran". Et Rousseau reprend, dans un sens beaucoup plus limité, l'argument du pari de Pascal .
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MoustaphaB
  21 avril 2021
C'est plutôt un essai sur l'éducation. Je le relirais quand j'aurais le temps. Je cherche plutôt des romans, quelque chose qui me fasse transporter, pleurer, rire, m'exaspérer. Style agréable rousseau. Je retourne à La Nouvelle Héloise. Belle écriture de Jean-Jacques.
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Klausinski
  13 septembre 2020
Il est facile de critiquer Rousseau pour la misogynie qui paraît dans la dernière partie du livre, au sujet de Sophie. À ce moment, bien sûr, le livre devient pénible, et, pour des yeux modernes, on se trouve bien loin des audaces de la première partie. Mais il n'importe, car ce début rachète amplement cette fin. Les idées de Rousseau en matière d'éducation étaient tout à fait originales pour son époque, il accorde à l'enfant une liberté qu'on lui refusait alors, bien sûr qu'elle lui sera profitable si elle est encadrée, si elle reste sous la surveillance d'une personne au jugement sûr. Les anecdotes qu'il cite, les exemples, les stratagèmes, les remarques sur les raisonnements qui sont à la portée ou non d'un enfant, tout cela est convaincant et d'un grand intérêt. de même, la partie sur la religion, la fameuse profession de foi d'un vicaire savoyard, qui apparaît vers le milieu du livre est un sommet de rhétorique et d'une subtilité, d'une intelligence et d'une sincérité qui conduit à se questionner, que l'on soit athée ou croyant. Pour toutes ces raisons, ce livre est très précieux. J'en relirai volontiers des passages.
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Butterflies
  17 février 2020
traité célèbre qui parle de l'éducation idéale. Une référence, toujours lue même au Japon. Bien écrit mais tellement hypocrite quand on sait que l'homme a obligé sa femme à abandonner leurs enfants pour se consacrer à sa vie d'homme public. Rousseau, l'homme aux deux visages: "faites ce que je dis mais pas ce que je fais!".
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bfauriaux
  13 novembre 2019
Rousseau on aime ou on deteste de mon coté j'adore cet auteur et ce livre est un de mes prefere: bien ecrit accessible pour un philosophe des lumieres un vrai livre agreable à lire, rythmé et qui a bien vieilli ! Une référence !
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aouatef79
  14 août 2016
Jean-Jacques Rousseau, un des grands philosophes du Siècle des Lumières, ou
le XVII eme Siècle a publié: Emile, ou, L' éducation en 1762 .
Emile est un personnage fictif dont se sert le philosophe pour faire avancer
ses arguments sur l' éducation idéale ou parfaite que doit avoir une personne
en précisant que cette dernière est un homme et non une femme !
Ce traité je l' ai lu plusieurs fois et dois dire que c' est une lecture mitigée à
chaque fois . Je ne doute pas que Rousseau est un grand philosophe mais là
où le bat blesse c ' est comment convaincre les gens de l' efficacité et la
perfection de cette éducation si lui le théoricien de cette éducation lui
même à abandonner sa progéniture c' est à dire ses cinq enfants à
l' hospice des enfants abandonnés ! C' est vraiment un dilemme ! Pour
que le discours du philosophe soit crédible et admissible, il faut qu' il expli-
-que cette attitude et, après tout cela et avec une justification logique et
rationnelle, ce discours sur l' éducation sera recevable .

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Julitlesmots
  23 février 2016
Soucieux de contribuer activement à changer une société qu'il jugeait corrompues dans ses moeurs et basée sur l'inégalité, Rousseau propose un projet éducatif révolutionnaire pour son temps. A son époque, l'éducation relevait de systèmes anciens qu'il jugeait inadaptés pour mener l'homme vers le progrès et l'émancipation avec l'esprit critique. La grande innovation consiste à placer l'enfant au centre du processus éducatif et à redonner une place essentielle à la mère. "
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Shakespeare
  15 août 2015
Comment éduquer son enfant ? Si de nos jours les livres pseudo-méthodiques en rapport à cette problématique remplissent les étagères des librairies de quartier, le livre précurseur et de référence n'est rien de moins que l'Émile de Rousseau. Dans cet ouvrage conséquent, le philosophe, à contre-courant de la pensée de l'époque, considère qu'il importe de laisser à l'enfant une certaine liberté au regard de sa nature. L'enfant étant naturellement bon, il ne faut point le pervertir par l'éducation. C'est ainsi que Rousseau enfante de la pointe de sa plume Émile, à qui il donne la parfaite éducation.

Toutefois, l'auteur explique bien qu'il s'agit là d'une méthode d'éducation évolutive, qui doit s'adapter à chaque enfant. Elle est ainsi universellement particularisable. Elle consiste donc à laisser la nature éduquer l'enfant d'elle-même. Il ne s'agit pas de faire d'Émile quelqu'un d'exceptionnel mais un apprenant en puissance, heureux d'être lui-même et non quelqu'un d'autre. C'est d'ailleurs pour Rousseau, l'objectif de toute éducation : « être heureux d'être soi-même plutôt qu'un autre. » L'éducation d'Émile se déroule donc de sa naissance à ses 20 ans.

En accord avec les exigences genevoises dans laquelle Rousseau a lui-même été élevé, l'éducation d'Émile passe par la contrainte, mais en vue d'un plus grand bien, le bonheur. L'auteur donne alors des exemples plus ou moins concrets comme le fait de lui apprendre sensiblement l'utilité des choses. C'est une façon de le lui faire retenir pour le long terme. C'est ainsi qu'il se perd volontairement avec son élève en forêt pour lui apprendre l'utilité de l'astronomie, qui permet de se repérer grâce aux ombres. Concernant la croyance religieuse, Rousseau éduque son élève à travers le discours rapporté du vicaire savoyard : discours intéressant néanmoins long et parfois flou qui rompt avec le rythme du récit.

Quoiqu'il en soit, Rousseau va de maximes en maximes au fil des pages : « Loin d'avoir des forces superflues, les enfants n'en ont pas même de suffisantes pour tout ce que leur demande la nature ; il faut donc leur laisser l'usage de toutes celles qu'elle leur donne et dont ils ne sauraient abuser. »
Il faut toutefois reconnaître que, malgré une méthode intéressante, Rousseau a une vision dépassée et sexiste de l'éducation des filles dont le rôle ne consisterait qu'à être une bonne mère et une bonne épouse. Ces longueurs sexistes, parfois hors-à-propos ne sont pas isolées ainsi que l'illustre la fin du livre portée essentiellement sur les idées du Contrat Social. L'auteur ne se tient ni à un style fixe, ni à un un thème précis. le livre aurait ainsi pu être deux fois moins imposant et tout aussi pertinent par rapport au thème de l'éducation. Toutefois, quand bien même Rousseau propose une éducation qui semble tenir la route, il semble oublier que le développement d'un enfant ne dépend pas uniquement de son éducateur. L'enfant s'éduque aussi par ses rencontres, ses amis à l'école, les instituteurs et tout autre personne qu'il est amené à croiser au cours de sa vie. Est-il vraiment bon qu'un enfant ne noue de liens qu'avec une seule personne – assavoir son éducateur – jusqu'à l'âge de ses 20 ans ? Quel enfant vit ainsi de toute façon ? Rousseau ne propose-t-il pas une méthode d'éducation utopiste fondée sur une relation dyadique exclusive ? Il semble ignorer qu'un enfant peut subir de mauvaises -comme de bonnes- influences.

En conclusion, tout n'est pas à jeter dans l'éducation rousseauiste, mais plus que jamais, il ne faut croire que l'éducation ne dépend que de l'éducateur. Faire apprendre sensiblement l'utilité des choses à l'enfant semble être une bonne idée, mais est-ce là suffisant pour l'isoler des influences néfastes du monde extérieur ? Cette méthode du XVIIIè siècle est-elle encore valable de nos jours ? Que penserait Rousseau d'internet, du cinéma, de la télévision, des jeux vidéo? Lui, qui abhorrait le théâtre.
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colimasson
  16 juillet 2015
Rousseau semble avoir quelques petits comptes à régler avec l'éducation. D'un côté, il y a les enfants qui sont gentils et spontanés, version naine du bon sauvage ; de l'autre côté, il y a les adultes corrompus et dégénérés qui semblent n'avoir pas d'autre raison d'exister que celle de détruire les gentils petits enfants. Rousseau n'est pas crédible. de deux choses l'une : ou bien il n'a pas remarqué qu'il n'était plus un enfant, ou bien il croit être bien supérieur à la masse parasitaire des adultes qu'il critique. Qui sait si les enfants aimeraient vraiment être dressés à la manière préconisée par Rousseau ?


Le but du jeu est simple : prenez un gamin et lâchez-le dans la nature, il fera bien quelque chose et ce ne sera pas pire que ce qu'il aurait fait si vous étiez intervenu. Mon fils ! je veux que tu sois libre maintenant et à jamais ! C'est une injonction contradictoire à rendre schizophrène le premier venu...


Heureusement, on a bien compris que Rousseau s'énerve surtout contre les adultes moroses, corsetés et sans curiosité qu'il voit évoluer autour de lui. Alors, sans doute qu'il s'est imaginé que si ces adultes-là avaient reçu une éducation un peu moins coincée, lui-même serait devenu un peu plus sociable ? Cet Emile est surtout un manifeste offert à quiconque souhaite lâcher un peu la bride des conventions et renouveler son regard sur les manières supposées de bien faire.
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