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Émile Copfermann (Préfacier, etc.)
EAN : 9782012789135
190 pages
Éditeur : Hachette Littératures (20/05/1998)
4/5   28 notes
Résumé :
Rescapé du camp de Buchenwald, David Rousset présente les camps de la mort comme le produit d'une industrie, reposant sur une logique absurde, qui ne prendra fin qu'avec l'arrivée des Alliés. Écrit pendant sa convalescence, il s'agit d'un ouvrage de référence sur cette sombre période de l'histoire.
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Hulot
  29 décembre 2020
Il existe une multitude d'ouvrages sur les camps de concentration de la Seconde Guerre Mondiale mais celui-ci a la particularité d'avoir été écrit dès 1946. Ce n'est donc pas un livre de souvenirs sur lesquels le temps pourrait avoir fait son oeuvre mais bien un témoignage " à chaud " sans concession.

David Rousset nous raconte son vécu de la déportation de manière très directe, sans épargner personne, pas même le lecteur, mais sans en rajouter dans l'horreur, ni éprouver le besoin de romancer, ce qui donne encore plus de force à son récit.
En plus d'être une description ainsi qu'une dénonciation de cet univers des camps nazis, il cherche à expliquer comment et pourquoi tout ceci a pu exister.
Comment un peuple dit civilisé, a t-il pu imaginer la solution finale ? Comment a t-il pu asservir d'autres hommes au point de leur avoir fait perdre parfois toute humanité ? de les avoir réduits en esclavage ?
Comment et pourquoi une administration a t-elle pu concevoir un tel système ?
Pourquoi toute une industrie s'est elle alliée à ce système ?
Ce livre remarquable, propose donc plus qu'un "simple témoignage" , il est aussi une analyse qui tente d'apporter des explications à l'incompréhensible.

Davis Rousset est aussi l'auteur du livre " Les jours de notre mort " paru en 1947 dans lequel il a recueilli des témoignages sur les camps nazis.
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Yassleo
  21 décembre 2015
Qu'apporte l'univers concentrationnaire de David Rousset de plus sur les camps de concentration que nous ignorons? Ou que tous les autres récits sur le même thème ne nous apprennent déjà? Rien.
Probablement la raison pour laquelle l'ouvrage est aujourd'hui méconnu malgré ce prix Renaudot obtenu en 1946, qui récompensait alors un récit précurseur car un des premiers paru après-guerre, écrit à chaud, et qui relate la triste réalité des camps.
Il n'a qu'une seule tare mais de taille: avoir été effacé et relégué au second plan par la parution du prestigieux témoignage de Primo Levi l'année suivante.
Et il a malheureusement la malchance d'être aujourd'hui noyé dans la masse de ces multiples romans, essais, récits sur le nazisme parus depuis les 70 dernières années.
Pourtant il me paraît indispensable de ne pas l'enterrer définitivement, de le remettre sur le devant de la scène. Ne serait-ce que par souci de mémoire et de respect pour son auteur.
Rousset a connu les camps de l'intérieur, témoin impuissant de la détermination nazie à exterminer et déshumaniser, et retranscrit ici la redoutable industrie et machine de destruction que sont les camps.
Sans colère. Sans haine. Sans animosité ni ressentiment.
Simplement un regard résigné, certes parfois ironique devant l'absurdité de cette magistrale organisation mécanique, comparée tout au long du récit à l'univers d'Ubu et de Kafka, mais étonnament toujours sans malveillance.
Ecrit quelques mois après sa libération, ce récit semble un exutoire à ce trop-plein de silence emmagasiné pendant deux ans. Et un besoin de transmission aux générations futures afin que le pire ne se reproduise pas. Un devoir de mémoire.
Ok ce n'est pas de la grande littérature, le style est parfois lourd, difficile à suivre ponctuellement, mais qu'importe.
Comme devant tout témoignage des horreurs de la guerre, le respect et l'humilité s'imposent.
Toujours une belle leçon d'humanité et de courage que ces rescapés.
Une nécessaire pierre à cet édifice de la tolérance si instable en ces temps-ci.
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Unvola
  24 août 2020
David Rousset est arrêté le 12 octobre 1943 par la Gestapo, torturé puis déporté dans plusieurs camps de concentration tels que : Buchenwald, Neuengamme, etc., pour finir par être libéré par les troupes américaines en avril 1945.
Par ce poignant témoignage publié dès 1946, David Rousset décrit l'effroyable organisation du système concentrationnaire nazi, à travers une foultitude d'immondes méthodes de répressions et d'exterminations d'êtres humains INNOCENTS :
– Déshumanisation des prisonniers ;
– Humiliations ;
– Tortures à mort ;
– Fusillades ;
– Pendaisons ;
– Gazages ;
– Morts de faim, de froid, d'épuisement, de maladies ;
– Etc..
Un livre pour la MEMOIRE et l'espoir, malheureusement improbable, que ces monstruosités servent un jour de leçons à l'Humanité tout entière.
Car en effet, pour l'instant, il s'agit d'un voeu pieux, puisqu'il y a eu des FOUS (tyrans sanguinaires) CONSCIENTS (fanatiques idéologisés et déterminés) avant, pendant et après le régime totalitaire Nazi… et toujours en ce 3ème millénaire…
Confer également les précieux témoignages sur le thème du Totalitarisme, de :
Alexandre Soljénitsyne (L'archipel du Goulag) ;
Alexandre Soljénitsyne (Une journée d'Ivan Denissovitch) ;
Jacques Rossi (Qu'elle était belle cette utopie !) ;
Jacques Rossi (Le manuel du Goulag) ;
Evguénia S. Guinzbourg (Le vertige Tome 1 et le ciel de la Kolyma Tome 2) ;
Margarete Buber-Neumann (Déportée en Sibérie Tome 1 et Déportée à Ravensbrück Tome 2) ;
Iouri Tchirkov (C'était ainsi… Un adolescent au Goulag) ;
Boris Chiriaev (La veilleuse des Solovki) ;
Malay Phcar (Une enfance en enfer : Cambodge, 17 avril 1975 – 8 mars 1980) ;
Sergueï Melgounov (La Terreur rouge en Russie : 1918 – 1924) ;
Zinaïda Hippius (Journal sous la Terreur) ;
Jean Pasqualini (Prisonnier de Mao) ;
Kang Chol-Hwan (Les aquariums de Pyongyang : dix ans au Goulag Nord-Coréen) ;
Aron Gabor (Le cri de la Taïga) ;
Varlam Chalamov (Récits de la Kolyma) ;
Lev Razgon (La vie sans lendemains) ;
Pin Yathay (Tu vivras, mon fils) ;
Ante Ciliga (Dix ans au pays du mensonge déconcertant) ;
Gustaw Herling (Un monde à part) ;
Joseph Czapski (Souvenirs de Starobielsk) ;
Barbara Skarga (Une absurde cruauté) ;
Claire Ly (Revenue de l'enfer) ;
Primo Levi (Si c'est un homme) ;
Primo Levi (Les naufragés et les rescapés : quarante ans après Auschwitz) ;
Harry Wu (LAOGAI, le goulag chinois) ;
Shlomo Venezia (Sonderkommando : Dans l'enfer des chambres à gaz) ;
Anastassia Lyssyvets (Raconte la vie heureuse… : Souvenirs d'une survivante de la Grande Famine en Ukraine) ;
François Ponchaud (Cambodge année zéro) ;
Sozerko Malsagov et Nikolaï Kisselev-Gromov (Aux origines du Goulag, récits des îles solovki : L'île de l'enfer, suivi de : Les camps de la mort en URSS) ;
François Bizot (Le Portail) ;
Marine Buissonnière et Sophie Delaunay (Je regrette d'être né là-bas : Corée du Nord : l'enfer et l'exil) ;
Juliette Morillot et Dorian Malovic (Evadés de Corée du Nord : Témoignages) ;
Barbara Demick (Vies ordinaires en Corée du Nord) ;
Vladimir Zazoubrine (Le Tchékiste. Récit sur Elle et toujours sur Elle).
Lien : https://totalitarismes.wordp..
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sylvain1975
  23 septembre 2013
Un retour sur l'indicible, qui happe le lecteur et l'entraîne dans un voyage aux confins de l'inhumanité. le témoignage est d'une concision clinique, ne s'embarrassant d'aucune fioriture et figeant à jamais l'horreur des camps, brandi comme un avertissement sans frais aux générations futures, alors que se relèvent aux quatre coins du monde les démons de la peste brune.
"Ceux qui ne connaissent pas leur histoire s'exposent à ce qu'elle recommence."
(Elie Wiesel)
Lien : http://territoirescritiques...
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
douziemedouzieme   28 août 2007
"Silhouettes noires et menues à la lisière du plateau, courbées sous les rafales de neige qui les ensevelissent et les découvrent tour à tour, des portent, traînent, poussent des caisses, des tonneaux, des brouettes de merde. La merde est pompée dans de grands bassins et répandue sur les jardins des S.S., à quatre cent mètres de là. Le chemin est un étroit sentier raboteux et gelé, là où les pieds dérapent. Les muscles sont tendus de fatigue. Les visages et les mains brûlent de froid. Les Vorarbeiter aboient et cognent. Sans répit, déportées par les bourrasques, les colonnes se croisent douze heures de rang." (pp. 18-19)
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HulotHulot   21 décembre 2020
La vie mentale de la plupart des détenus était entièrement absorbé par la hantise des nourritures.

C'est précisément cette asphyxie mentale, multipliée encore par les violences des criminels, qui était le mal le plus dangereux des camps.
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HulotHulot   21 décembre 2020
Les bourreaux des camps de concentration appartiennent-ils encore à l'espèce humaine ?

Les esclaves déportés sont-ils demeurés des êtres humains ?
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YassleoYassleo   20 décembre 2015
Le peuple des camps, c'est un monde à la Céline avec des hantises kafkéennes.
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David Rousset
- Entretien de Michel DROIT avec David ROUSSET sur deux sujets. Les événements récents en Tchecoslovaquie et l'évolution du parti communiste tchèque. Puis sur la contestation des jeunes, contestation qui se répand en Europe et bien sûr en France.
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