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EAN : 9782373852158
Éditeur : Les éditions du Sonneur (13/08/2020)

Note moyenne : 3.97/5 (sur 131 notes)
Résumé :
Une famille a trouvé refuge en pleine montagne, où elle tue les oiseaux et les brûle au lance-flammes : ils seraient à l'origine d'un mal ayant conduit l'humanité à son extinction. Tandis que la mère pleure et chante son existence passée, le père seul s'aventure aux confins de leur « sanctuaire », d'où il rapporte tout ce qu'il trouve pour assurer la survie des siens. Mais le monde est-il vraiment devenu ce qu'il en dit ? Est-il jonché de cadavres qui pourrissent le... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (73) Voir plus Ajouter une critique
Ptitgateau
  10 mars 2021
Ils sont quatre dans ce coin de montagne quelque part, là où la nature est souveraine, là où se côtoient la vie et la mort, la haine et l'amour, la beauté et la laideur, l'espoir et l'abattement, là ou le présent se fait sentir, ou le passé devient envahissant, ou le futur ne peut s'envisager...
Magnifique récit qui se dévoile par petite touche, où l'on apprend les raisons de ce refuge... peut-être..., où l'homme redevient chasseur cueilleur au milieu d'une nature hostile, où un être mystérieux se manifeste... pourquoi... ?
On fait connaissance de Gemma, la fille du terrain, entrainée par un père intransigeant qui attend d'elle qu'elle survive dans ce milieu, qu'elle manie l'arc avec dextérité, sans tolérance, on côtoie June, la soeur ainée, celle qui a connu la vie d'avant... On s'attache à la mère, dévouée et aimante, soumise à cet homme ambigu qu'est le père, le seul qui peut sortir du sanctuaire aux limites fixées par lui-même.
On y baigne dans le mystère qui se dévoile à qui se montre patient, on y prend malgré l'inconfort de cette famille, un bol d'air offert par cette nature décrite avec tant de poésie, on y subit toutes les tensions, tous les affronts, toutes les blessures dont Gemma et June seront les victimes.
Concentré d'émotions et de sensations, ce court roman, peut-être post apocalyptique, à moins qu'il ne décrive simplement la psychologie de personnages parvenus en ce refuge par choix, où qui ont fui la civilisation pour se protéger, le lecteur saura faire la part des choses, plaira à tout ceux qui aiment les textes sibyllins et subtiles et les belles odes à la nature.
Lien : https://1001ptitgateau.blogs..
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Kittiwake
  21 mars 2021
Roman court et dense, dont l'alibi post-apocalyptique cache un autre propos, beaucoup plus universel.
La famille vit isolée, aux abords d'une forêt et le père entraîne les filles au maniement des armes, fondamental dans cet univers où la menace plante au dessus de leurs têtes : les oiseaux, porteurs du virus mortel. le père seul se risque à s'approvisionner là où des humains ont laissé des biens utiles dans un paysage dévasté.
Gemma est née dans la montagne, elle est la seule à ne pas avoir connu le monde d'avant la pandémie. le jour où elle ose s'affranchir des interdits et s'aventurer au delà des limites imposées, le doute s'installe et les certitudes ancrées en elle par une éducation sans concession vacillent.
Si le sujet nous renvoie à une actualité encore brulante, ce n'est qu'un coïncidence ou une prémonition troublante. Ecrit avant que ne survienne le bouleversement de nos habitudes, le roman explore cette période de la vie où la sortie de l'enfance s'effectue dans la rupture et le rejet des principes inculqués , et où le regard sur les parents change d'angle.
C'est aussi le récit d'une folie complotiste dans une ambiance de survivalisme.
La nature est bien présente, source d'approvisionnement pour la famille et base de réflexion pour la jeune fille en quête d'identité.

Récit marquant .

Lien : https://kittylamouette.blogs..
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hcdahlem
  12 mars 2021
La vie après la pandémie
Écrit avant le Covid-19, se second roman de Laurine Roux a un côté indéniablement prémonitoire, car le Sanctuaire met aux prise une famille réfugiée en forêt après une pandémie dévastatrice. Et pose la question de la légitimité d'un déconfinement.
C'est l'histoire d'une famille qui vit recluse dans une cabane, au coeur d'une forêt nichée dans un massif montagneux, à quelques encablures d'une mine de sel. À la suite d'une pandémie, elle a trouvé refuge là, retrouvant des réflexes ancestraux, se nourrissant de cueillettes et de chasse. C'est dans ce Sanctuaire qu'est née Gemma, la narratrice de ce roman. Avec sa soeur June, elle est soumise à un entrainement de type commando par son père, à la fois pour l'aguerrir et lui donner les armes pour survivre. S'il est le seul à pouvoir franchir les limites de leur territoire, il n'est pas le seul à pouvoir raconter le monde d'avant. Sa femme écrivait des romans. Et, si elle ne dispose plus de papier pour écrire, elle n'a pas vraiment arrêté. Elle parle. «Sa voix coule. June et moi nous asseyons à ses pieds, attendons que le flot nous emporte. Les mots tombent en courbes ou en angles droits. Les lignes parallèles deviennent des rues qu'elle goudronne en répétant, noir, noir comme le dessus d'un gâteau brûlé, avec cet arôme d'huile de cade, et grâce à ces lignes elle construit des lotissements les soirs d'août, quand le sucre des tilleuls se mêle au macadam. Sa voix installe des bancs sous les catalpas, y dispose des familles qui se promènent main dans la main.»
Tout bascule le jour où, avec leur père, les deux filles croisent un aigle. Comme les oiseaux sont susceptibles de transporter la maladie, il faut les tuer et les brûler. Mais la flèche de Gemma n'atteint que l'aile du rapace. Sur la piste de l'animal, elle va quitter le périmètre autorisé, sans se rendre compte qu'elle est suivie par un vieil homme qui va l'assommer. Quand elle se réveille, elle se retrouve dans une grotte en compagnie de l'aigle et de son agresseur qui lui promet la vie sauve, ainsi qu'à sa famille, si elle promet de ne pas révéler son existence. Un lourd secret qui la perturbe beaucoup. «L'avertissement de l'homme n'en finit plus de rôder sous mon crâne. Il sait où nous habitons. Si je parle, il nous saignera tous.»
Mais la curiosité est trop forte et cette loi d'Airain édictée par son père vacille. le vieil homme vit avec les oiseaux et n'est pas malade. Elle veut en avoir le coeur net. Aussi décide-t-elle de profiter du départ de son père en expédition pour tenter de retrouver l'oiseleur.
On pourrait voir dans ce second roman de Laurine Roux, après le délicieux Une immense sensation de calme, l'idée de coller à l'actualité et de peindre un monde post-pandémie très noir, mais il s'agit bien davantage d'un roman d'initiation. Quand Gemma à ses premières règles, elle découvre que le monde de l'enfance et de l'innocence s'achève pour elle. Que le monde est plus complexe, plus vaste, plus violent aussi qu'elle ne l'imaginait jusque-là.
Elle comprend alors cette phrase de sa mère, qui éprouvait devant les toiles de Monet «ce trouble irrésolu, nacré, qui laisse penser qu'un autre monde est possible». Mais avant de le découvrir, il lui faudra franchir un rite de passage que je vous laisse découvrir, car la fin du livre est tout simplement époustouflante !

Lien : https://collectiondelivres.w..
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Zephirine
  22 décembre 2020
Conquise par son premier roman « Une immense sensation de calme » c'est tout naturellement que je me suis plongée dans la lecture du « Sanctuaire » et je n'ai pas été déçue.
Des raisons qui ont poussé cette famille de quatre personnes à vivre en autarcie dans une nature sauvage et retirée, on ne saura pas grand-chose si ce n'est qu'une catastrophe les a contraints de s'éloigner des villes et de se réinventer une nouvelle vie. le père, figure autoritaire et violente, régente ce petit monde, son épouse fragile et ses deux filles. C'est la plus jeune, Gemma, qui nous fait le récit de son existence dans une nature parfois hostile où elle a appris à se méfier des oiseaux et à les tuer pour éviter une possible contagion. Elle n'a connu que le Sanctuaire, ne sait rien du passé :
« Ni Papa ni Maman n'ont jamais voulu me raconter... Des bribes, rien que des bribes, à rafistoler.
Je suis née dans le sanctuaire
Pure, me dit Papa. Tu dois le rester »
Gemme vit en sauvageonne cruelle selon le désir de son père. Elle n'a que neuf ans mais sait chasser le gibier grâce à son arc.
« J'ai visé les poumons. La bête doit mourir sur le champ. C'est ce que papa m'a appris ; Sa leçon reste cuisante »
Peu à peu, on va découvrir l'intransigeance du père, sa tyrannie qu'il exerce sur sa famille. Lui seul a le droit de sortir du Sanctuaire pour des virée lointaines et secrètes, des rapines, tandis que sa femme et ses filles restent enfermées dans un périmètre défini.
« Depuis notre plus tendre enfance, Papa nous a enseigné les frontières du Sanctuaires ; leur tracé est inscrit dans notre rétine. »
Mais ce refuge érigé par le père va devenir une prison pour ces trois femmes soumises aux volontés du père. Surtout lorsque les filles découvriront les failles dans la doctrine du père et que Gemma fera une rencontre dangereuse et pourtant révélatrice d'un autre monde où on ne chasse pas les oiseaux.
Très vite, on ressent la dualité entre les personnages. A la tyrannie du père inflexible, la mère oppose la nostalgie d'un monde révolu et transmet à ses filles les souvenirs d'une époque heureuse et insouciante vécue en bord de mer ainsi que les livres rescapés de cette époque. Les filles sont très différentes, tandis que June se souvient d'avant, Gemma, elle, est vierge de ce passé, ce qui en fait la préférée de son père qui l'éduque selon ses nouveaux principes.
En grandissant, les filles deviennent conscientes d'un autre monde et la forêt devient vite une prison derrière les fûts de ses arbres.
L'oiseau, sauvage et libre, est un personnage à part entière dans ce roman noir.
Je me suis attachée aux pas de Gemma, suivant avec intérêt son apprentissage de la survie dans un monde fermé dominé par le seul homme de la famille. Nous sommes plongés dans une nature originelle, loin de toute civilisation et le talent de Laurine Roux, c'est de nous immerger dans un monde de sensations primaires, de nous faire ressentir les émotions de ces trois femmes enfermées qui vont réagir chacune à sa manière.
Ce court roman, porté par une écriture poétique, d'une puissance évocatrice, nous emporte et nous tient en haleine jusqu'à la dernière page.
Une lecture haletante qui donne à réfléchir et dont on se souvient longtemps.

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JIEMDE
  12 décembre 2020
Difficile de chroniquer le Sanctuaire sans trop en dire, sans me laisser influencer par tant de chroniques déjà lues, mais aussi sans m'affranchir du délicieux souvenir de l'échange d'hier avec Laurine Roux, lors d'un Vleel puissant et passionné.
Certains y ont vu une dystopie ; d'autres une étonnante analogie avec la pandémie actuelle ; et quelques-uns enfin un récit post apocalyptique… Tout cela est tout à fait exact selon la lecture faite de ce livre dont les interprétations peuvent être plurielles.
Mais plutôt que de tenter de placer le Sanctuaire dans un genre introuvable (et pourquoi vouloir toujours classer les livres ?), je préfère d'abord me souvenir de ces magnifiques bouffées de nature salvatrice respirées pendant ces courtes mais intenses 150 pages : un souffle d'air, un vol de rapace, une plante inconnue mais guérisseuse, un sentier à flanc de montagne, une caverne secrète où tout bascule, le souffle que l'on retient pour ne pas rompre l'équilibre fragile du spectacle sauvage et naturel que l'on contemple… Une nature résiliente quand le chaos frappe le monde.
Je préfère ensuite saluer cette approche subtile d'une famille complexe, dont les personnages – le père, Alexandra la mère (qui a bien un prénom…), June et Gemma les deux filles – continuent à me questionner après ma lecture. Une famille où l'amour s'exprime constamment, sous toutes ses formes et même les plus excessives quand il est confronté à une forme de pression mentale permanente qui plane sur le Sanctuaire.
Et enfin dire combien l'écriture de Laurine Roux est délicate et apaisante, sans jamais sombrer dans la facilité. Bienveillante avec tous ses personnages, elle l'est tout autant avec les animaux qui colonisent son récit, avec une mention spéciale pour l'aigle qui veille, défend, alerte et sauve. Et surtout communique… Heureux celles et ceux dont les rapaces vivent au-dessus de leur maison, et qui savent leur parler !
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critiques presse (2)
Liberation   07 octobre 2020
Ce huis clos fait penser à Sukkwan Island de David Vann [...]. L’expérience se terminera tragiquement.
Lire la critique sur le site : Liberation
LeMonde   16 septembre 2020
Avec son deuxième roman, Laurine Roux joue du genre postapocalyptique pour livrer une belle fable sur la domination masculine et sa fin.

Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
SeriallectriceSVSeriallectriceSV   08 avril 2021
[...] un éclair zèbre le ciel. Blanc et fin, queue de comète ou d'hermine, c'est fugace et beau, fantôme de pinceau.
Commenter  J’apprécie          90
SeriallectriceSVSeriallectriceSV   08 avril 2021
Sur le chemin du retour, j'entends des cris de joie. Je me rue vers la cabane. Papa serre Maman dans ses bras. Ils pleurent et rient en même temps, le corps de Maman parcouru par une drôle de houle. On dirait qu'elle expulse la somme de toutes ses terreurs - oiseaux (secousse), froid (secousse), manque de nourriture (secousse), de médicaments (secousse), soirs de veille (secousse). Son homme à ses côtés, tout éclate dans la chaleur de l'étreinte. J'aime les voir ainsi, sans recours aux mots, s'appartenant tellement l'un l'autre qu'ils semblent modelés dans la même chair.
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   08 avril 2021
Je retiens mon souffle, de peur de me trahir. La fébrilité de Maman est palpable. Cela fait des années que Papa n'a plus rapporté ce genre d'atrocités. Profitant de la pandémie, certains rescapés s'étaient rassemblés en bandes pour commettre des crimes. Au cours de ses maraudes, Papa avait vu.
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   08 avril 2021
Ainsi en est-il du coeur des mères : il bâtit des remparts de tendresse qui protègent les rires et conjurent le sort, mais toujours une porte reste ouverte sur l'abîme car il suffit d'un coin d'os ou de peau pour que la mort brise la lumière.
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   08 avril 2021
Je bois à même la vasque, mes gencives dégoulinent. J'ai grandi ici, dans cette forêt ; ce sont les plantes et les animaux qui m'ont élevée. Je n'ai jamais eu de peluche, je n'en ai pas besoin.
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Video de Laurine Roux (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Laurine Roux
Avec Philippe PELLETIER, professeur des Universités Lyon 2, «Effondrement et capitalisme vert: la collapsologie en question» (Nada) Renaud DUTERME, géographe, «Petit manuel pour une géographie de combat» (La découverte) Laurent DE SUTTER, philosophe, «Lettre à Greta Thunberg, pour en finir avec le XXe siècle» (Le Seuil) et Laurine ROUX, «Sanctuaire» (Le Sonneur) animé par Etienne AUGRIS Face à une situation environnementale préoccupante (pollutions, espèces menacées, risques majeurs...), partisans de la collapsologie et institutions politiques non démocratiques (Club de Rome, GIEC...) annoncent l'effondrement de notre société. Mais quels sont les enjeux scientifiques, géopolitiques et économiques qui sous-tendent ces prises de position?
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