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ISBN : 2890525759
Éditeur : Boréal (01/11/1976)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 146 notes)
Résumé :
Dans le quartier montréalais de Saint-Henri, un peuple d'ouvriers et de petits employés canadiens-français est désespérément en quête de bonheur. Florentine croit trouver le sien dans l'amour; Rose-Anna le cherche dans le bien-être de sa famille; Azarius fuit dans le rêve; Emmanuel s'enrôle; Jean entreprend son ascension sociale. Chacun, à sa manière, invente sa propre voie de salut et chacun, à sa manière échoue. Mais leur sort est en même temps celui de millions d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
sylvaine
  04 mars 2012
1939 Canada, quartier Saint Henry , faubourg de Montréal, le Canada se prépare à entrer en guerre aux côtés de la Grande Bretagne et de la France , suite à l'invasion de la Pologne par l'armée allemande.
Florentine Lacasse est la fille aînée de Rose-Anna et Azarius.C'est une jeune fille de 19 ans serveuse dans un restaurant les Quinze Cents où elle va rencontrer Jean Lévesque et Emmanuel Letourneau 2 jeunes hommes amis d'enfance mais au caractère diamétralement opposé. Autant Emmanuel ,élevé dans ce quartier miséreux mais sans avoir jamais souffert du manque , se montre attentif aux autres , pauvres ou riches ,toujours prêt à essayer de sauver le monde , l'humanité allant même jusqu'à s'engager par idéalisme pacifique, autant Jean orphelin , peu ou mal aimé ,et qui a souffert de la pauvreté, , ne vise qu'à gravir les marches de la hiérarchie sociale quitte à tourner le dos à tout ce qui peut lui rappeler ce passé , cette misère , cette solitude désargentée il ne veut à aucun prix orphelin , peu ou mal aimé être retenu :seul il est et seul il avance.
Quant à Florentine , jolie jeune fille portant sur ses épaules la survie de sa famille avec la paye qui rentre à la maison chaque semaine, le père toujours au chômage et sa mère à nouveau enceinte du 12ème enfant, son but est de trouver un ami garçon qui lui apportera ce qu'elle juge essentiel la sécurité financière ,les petits plaisirs de la vie ,une jolie robe, un bijou, une sortie….mais voilà elle rencontre Jean et tout bascule pour elle , broyée ,laminée par sa passion pour cet homme.
Rose-Anna est le portrait typique de ces femmes de l'époque , acceptant tout pour leur mari , leurs enfants , se sacrifiant à leur profit , travaillant sans relâche et ne s'arrêtant que pour accoucher ….
Azarius lui aimerait retrouver l'odeur du bois et pouvoir à nouveau faire vivre sa famille décemment.ce doux rêveur est un personnage très attachant ,
A travers le premier roman de Gabrielle Roy ,récompensé en France par le prix Fémina 1947 et au Canada par le prix du Gouverneur Général , nous découvrons cette ville de Montréal et ses 2 mondes,; le fossé entre les familles anglaises de la ville haute et celles de la ville basse , prêt du port et de la zone industrielle qui se développe dans ces quartiers francophones.
Elle nous parle de tous ces petites gens vivant au jour le jour , rognant sur tout pour pouvoir se payer un toit, un morceau de pain , le quotidien , toujours le quotidien .Pour eux pas malgré tout l'espoir , les petits bonheurs , l'optimisme affleure malgré les difficultés.
Mêlant les tonalités réalistes de Zola à celles De Maupassant , G Roy a écrit là un livre qui a marqué son époque dénonçant , alertant les autorités sur la vie misérable dans ces quartiers et en pionnière elle aborde aussi un sujet jusqu'alors tabou celui de la sexualité de la jeune femme et du couple !
C'est un livre qui une fois refermé de s'oublie pas de sitôt! A découvrir.

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torpedo
  31 juillet 2018
Nous suivons une famille pauvre dans le quartier populaire de Saint-Henri, à Montréal, vers 1940. Chacun à sa façon essaie de survivre et de trouver le bonheur. D'après le titre du livre, nous devinons qu'il s'agit pour certains de fugaces moments, pour d'autres de choix par dépit.
Le style est précis, le langage parlé bien rendu dans les dialogues. Un livre triste et assez sombre, marqué par le fatalisme des personnages.
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nath45
  09 juillet 2017
Dans ce roman, on suit une famille dont la fille aînée Florentine âgée de 19 ans travaille pour aider sa famille comme serveuse au restaurant du Quinze-cents. Son père Azarius est au chômage quant à sa mère Rose-Anne, elle travaille à la maison tout en s'occupant de sa nombreuse progéniture et veille sur tout le monde. Nous découvrons leur vie de famille difficile en raison de leur pauvreté. Au second plan la seconde guerre mondiale, les hommes vont être mobilisés et pour certains cela leurs évitera le chômage.
Dans une écriture sobre tout en y mêlant le charme des dialogues en joual Gabrielle Roy brosse une époque difficile, réaliste des ouvriers de Montréal dans les années 1940. Une belle fresque familiale aux personnages attachants à découvrir.
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Nono19
  31 octobre 2011
La famille Lacasse vit dans le quartier de Saint-Henri au Québec pendant la seconde guerre mondiale. On suit notamment la vie de Florentine, l'ainée de la famille qui travaille comme serveuse et donne sa paie à sa famille qui vit dans des conditions précaires. le père, Azarius, se lance dans des projets foireux qui mettent sa famille à chaque fois un peu plus sur la paille, la mère, Rose-Anna essaie de gérer le maigre budget de sa famille et tombe enceinte très fréquemment.
Florentine rencontrera Jean qu'elle n'aura de cesse de poursuivre de ses avances car il représente le changement,l'aventure, une vie meilleure. Lui de son côté fera tout pour la fuir car elle représente justement ce monde qu'il veut quitter au plus vite.
Ce qui m'a frappé pendant ma lecture, c'est le désespoir qui se dégage de chaque personnage. Ils ont tous eu des rêves, des ambitions mais la vie les a rendu tristes, brisés, mélancoliques,...
La pauvreté surtout a un impact dévastateur, en effet, comment faire pour avoir des moments privilégiés avec ses enfants, pour apprendre, s'enrichir, se reposer, ... quand tout ce qu'on a dans la tête est: "ou va-t-on vivre dans quelques mois?, le petit n'a pas de manteau et ne peut pas aller à l'école...".
Il y aussi tous ces jeunes et moins jeunes s'engageant dans l'armée uniquement car leur vie dans l'armée est bien meilleure que leur vie quotidienne. Et comme le fait remarquer l'auteure, on les paie pour entrer dans l'armée, leur famille auront des revenus stables lorsqu'ils seront au front,..
C'est un triste constat surtout car on sait que beaucoup de gens se sont enrichis pendant la guerre tout en restant bien à l'abri chez eux.
Roman très intéressant parfois déprimant et un peu long mais les destins des personnages sont prenants et l'analyse que l'auteure en fait criante de vérité.
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VALENTYNE
  12 septembre 2014
Montréal 1940 – Dans le quartier de Saint Henri, Florentine Lacasse, 19 ans, est serveuse dans un restaurant. Elle est quasiment la seule source de revenus stables de toute sa famille de onze personnes. Son père, Azarius, est au chômage depuis des années et rêve de monter une "affaire"; sa mère, Rose- Anna, s'occupe des huit enfants et est couturière à domicile. La vie et très dure pour cette famille et ce quartier. Gabrielle Roy nous fait très bien sentir le froid, la faim, l'extrême dénuement de ses personnages, leurs espoirs et leurs petites mesquineries. Les pages sur la maladie du petit Daniel, 6 ans, sont très émouvantes.
La rencontre de Florentine avec Jean Lévesque,jeune homme ambitieux et travailleur, redonne à celle-ci un espoir en une vie meilleure. Jean est très ambigü : Il travaille énormément pour s'en sortir. D'un côté, il est attiré par la jeunesse et la beauté de Florentine, mais de l'autre il a aussi peur d'elle et de ce qu'elle représente : la pauvreté de son enfance dans un orphelinat. Indécis , il présente Florentine à son ami, Emmanuel, qui vient de s'engager dans l'armée.
En fonds d'histoire, la guerre en Europe est présente. Les informations arrivent à Montréal par radio et par les journaux : La "drôle de guerre" en France, l'invasion des pays européens par les allemands…. Cette guerre est d'abord lointaine puis se rapproche avec la conscription des jeunes gens. Certains s'engagent dans l'armée, d'autres en "profitent" pour rester planqués.
.
En conclusion : Des personnages tout en nuances, qui sont à la fois généreux et égoïstes, qui voudraient s'en sortir ou s'évader, certains prêts à tout pour échapper à la misère, d'autres plus résignés et fatalistes. Des dialogues savoureux dans les restaurants sur la vie, la politique, l'Europe…..Une grande réussite.
Lien : http://lajumentverte.wordpre..
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
torpedotorpedo   31 juillet 2018
Mais il la retenait contre lui. Il savait maintenant que la maison de Florentine lui rappelait ce qu'il avait par-dessus tout redouté : l'odeur de la pauvreté, cette odeur implacable des vêtements pauvres, cette pauvreté qu'on reconnaît les yeux clos. Il comprenait que Florentine elle-même personnifiait ce genre de vie misérable contre laquelle tout son être se soulevait. Et dans le même instant, il saisit la nature du sentiment qui le poussait vers la jeune fille. Elle était sa misère, sa solitude son enfance triste, sa jeunesse solitaire ; elle était tout ce qu'il avait haï, ce qu'il reniait et aussi ce qui restait le plus profondément lié à lui-même, le fond de sa nature et l'aiguillon puissant de sa destinée.

C'était sa misère, sa tristesse qu'il tenait entre ses bras, sa vie telle qu'elle pourrait être, s'il ne s'était arraché d'elle comme d'un vêtement gênant. Il pencha la tête sur l'épaule de la jeune fille et, songeant au grand tourment d'affection qu'il avait eu, tout petit, il murmura sans y penser, comme si c'était dans le passé qu'il l'eût connue :
- Une petite taille de rien du tout. Mes mains en feraient le tour.
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torpedotorpedo   31 juillet 2018
Le printemps, elle l'avait aimé autrefois ! Il y avait eu deux beaux printemps dans sa vie. Celui où elle avait rencontré Azarius, si gai à cette époque, que déjà la vieille madame Laplante, sa mère à elle, prophétisait : "M'est idée qu'il fera jamais rien de drôle, c'lui-là. Y est trop porté à tout voir en beau." Puis le printemps où était née Florentine, sa première. Elle se rappelait la douceur de ces deux printemps-là. Parfois, au fond de son souvenir, elle croyait en sentir encore jusqu'à l'odeur des feuilles fraîches. Elle se revoyait, en de rares moments de détente, poussant la voiturette de Florentine dans le soleil. Des voisins se penchaient sur les rubans, les dentelles, et disaient : "Vous vous donnez ben du trouble ; quand ce sera votre dixième, vous en ferez pas autant."
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sylvainesylvaine   01 mars 2012
l'image de Florentine pourrait mourir dans son souvenir,l'image de sa jeunesse pourrait se perdre,mais jamais il n'oublierait l'affreuse pauvreté qui avait entouré leur instant d'amour.Cela était la suprême offense qui déteignait sur son sentiment de supériorité,le gênait déjà jusque dans ses ambitions de l'avenir,se présenterait peut-être à lui chaque fois qu'il réussirait et d'autant plus qu'il réussirait.
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CielvariableCielvariable   30 mars 2013
Le désir de pénétrer l'âme du peuple, il l'avait toujours éprouvé, mais jamais avec une telle intensité, comme si en allant vers le peuple, en restant avec lui, il continuait sa recherche de Florentine, une recherche qui le mènerait a une plus grande compréhension de la jeune fille qui détruirait entre eux tous les obstacles. Oh, trouver une voix, entendre une voix ce soir, n'importe laquelle, mais qui lui parlât le langage de Florentine, le langage du peuple!

Et soudain, il pensa à ses compagnons de la rue Saint-Ambroise, à ceux qui se rassemblaient chez la mère Philibert. Toute une série de visages marqués par la déception, marqué par la rudesse de la vie, surgissant à ses yeux. Se pouvait-il qu'il les eût si complètement oubliés, ces amis-là, les premiers, ceux que dans son enfance il avait rencontrés tout grelottants de misère, ceux qui s'étaient dressés comme autant de reproches vivants entre lui et une certaine aisance, une certaine mollesses dont il aurait pu jouir ? (...) Brusquement, il tourna sur lui-même et se dirigea vers la rue Saint-Ambroise.
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sylvainesylvaine   01 mars 2012
Ils disent qu'il faut être spécialisé de nos jours pour se trouver de l'ouvrage .Ben, voulez vous que je vous le dise:un métier ,de nos jours,c'est pus rien.On passe la moitié de sa vie à l'apprendre son métier,pis le reste de sa vie à l'oublier.Non, les belles époques des métiers,c'est fini.Aujourd'hui, c'est pus que dans des petites jobs qu'un homme se réchappe...
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