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ISBN : 2890525759
Éditeur : Boréal (01/11/1976)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 133 notes)
Résumé :
Dans le quartier montréalais de Saint-Henri, un peuple d'ouvriers et de petits employés canadiens-français est désespérément en quête de bonheur. Florentine croit trouver le sien dans l'amour; Rose-Anna le cherche dans le bien-être de sa famille; Azarius fuit dans le rêve; Emmanuel s'enrôle; Jean entreprend son ascension sociale. Chacun, à sa manière, invente sa propre voie de salut et chacun, à sa manière échoue. Mais leur sort est en même temps celui de millions d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
sylvaine
  04 mars 2012
1939 Canada, quartier Saint Henry , faubourg de Montréal, le Canada se prépare à entrer en guerre aux côtés de la Grande Bretagne et de la France , suite à l'invasion de la Pologne par l'armée allemande.
Florentine Lacasse est la fille aînée de Rose-Anna et Azarius.C'est une jeune fille de 19 ans serveuse dans un restaurant les Quinze Cents où elle va rencontrer Jean Lévesque et Emmanuel Letourneau 2 jeunes hommes amis d'enfance mais au caractère diamétralement opposé. Autant Emmanuel ,élevé dans ce quartier miséreux mais sans avoir jamais souffert du manque , se montre attentif aux autres , pauvres ou riches ,toujours prêt à essayer de sauver le monde , l'humanité allant même jusqu'à s'engager par idéalisme pacifique, autant Jean orphelin , peu ou mal aimé ,et qui a souffert de la pauvreté, , ne vise qu'à gravir les marches de la hiérarchie sociale quitte à tourner le dos à tout ce qui peut lui rappeler ce passé , cette misère , cette solitude désargentée il ne veut à aucun prix orphelin , peu ou mal aimé être retenu :seul il est et seul il avance.
Quant à Florentine , jolie jeune fille portant sur ses épaules la survie de sa famille avec la paye qui rentre à la maison chaque semaine, le père toujours au chômage et sa mère à nouveau enceinte du 12ème enfant, son but est de trouver un ami garçon qui lui apportera ce qu'elle juge essentiel la sécurité financière ,les petits plaisirs de la vie ,une jolie robe, un bijou, une sortie….mais voilà elle rencontre Jean et tout bascule pour elle , broyée ,laminée par sa passion pour cet homme.
Rose-Anna est le portrait typique de ces femmes de l'époque , acceptant tout pour leur mari , leurs enfants , se sacrifiant à leur profit , travaillant sans relâche et ne s'arrêtant que pour accoucher ….
Azarius lui aimerait retrouver l'odeur du bois et pouvoir à nouveau faire vivre sa famille décemment.ce doux rêveur est un personnage très attachant ,
A travers le premier roman de Gabrielle Roy ,récompensé en France par le prix Fémina 1947 et au Canada par le prix du Gouverneur Général , nous découvrons cette ville de Montréal et ses 2 mondes,; le fossé entre les familles anglaises de la ville haute et celles de la ville basse , prêt du port et de la zone industrielle qui se développe dans ces quartiers francophones.
Elle nous parle de tous ces petites gens vivant au jour le jour , rognant sur tout pour pouvoir se payer un toit, un morceau de pain , le quotidien , toujours le quotidien .Pour eux pas malgré tout l'espoir , les petits bonheurs , l'optimisme affleure malgré les difficultés.
Mêlant les tonalités réalistes de Zola à celles De Maupassant , G Roy a écrit là un livre qui a marqué son époque dénonçant , alertant les autorités sur la vie misérable dans ces quartiers et en pionnière elle aborde aussi un sujet jusqu'alors tabou celui de la sexualité de la jeune femme et du couple !
C'est un livre qui une fois refermé de s'oublie pas de sitôt! A découvrir.

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nath45
  09 juillet 2017
Dans ce roman, on suit une famille dont la fille aînée Florentine âgée de 19 ans travaille pour aider sa famille comme serveuse au restaurant du Quinze-cents. Son père Azarius est au chômage quant à sa mère Rose-Anne, elle travaille à la maison tout en s'occupant de sa nombreuse progéniture et veille sur tout le monde. Nous découvrons leur vie de famille difficile en raison de leur pauvreté. Au second plan la seconde guerre mondiale, les hommes vont être mobilisés et pour certains cela leurs évitera le chômage.
Dans une écriture sobre tout en y mêlant le charme des dialogues en joual Gabrielle Roy brosse une époque difficile, réaliste des ouvriers de Montréal dans les années 1940. Une belle fresque familiale aux personnages attachants à découvrir.
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Nono19
  31 octobre 2011
La famille Lacasse vit dans le quartier de Saint-Henri au Québec pendant la seconde guerre mondiale. On suit notamment la vie de Florentine, l'ainée de la famille qui travaille comme serveuse et donne sa paie à sa famille qui vit dans des conditions précaires. le père, Azarius, se lance dans des projets foireux qui mettent sa famille à chaque fois un peu plus sur la paille, la mère, Rose-Anna essaie de gérer le maigre budget de sa famille et tombe enceinte très fréquemment.
Florentine rencontrera Jean qu'elle n'aura de cesse de poursuivre de ses avances car il représente le changement,l'aventure, une vie meilleure. Lui de son côté fera tout pour la fuir car elle représente justement ce monde qu'il veut quitter au plus vite.
Ce qui m'a frappé pendant ma lecture, c'est le désespoir qui se dégage de chaque personnage. Ils ont tous eu des rêves, des ambitions mais la vie les a rendu tristes, brisés, mélancoliques,...
La pauvreté surtout a un impact dévastateur, en effet, comment faire pour avoir des moments privilégiés avec ses enfants, pour apprendre, s'enrichir, se reposer, ... quand tout ce qu'on a dans la tête est: "ou va-t-on vivre dans quelques mois?, le petit n'a pas de manteau et ne peut pas aller à l'école...".
Il y aussi tous ces jeunes et moins jeunes s'engageant dans l'armée uniquement car leur vie dans l'armée est bien meilleure que leur vie quotidienne. Et comme le fait remarquer l'auteure, on les paie pour entrer dans l'armée, leur famille auront des revenus stables lorsqu'ils seront au front,..
C'est un triste constat surtout car on sait que beaucoup de gens se sont enrichis pendant la guerre tout en restant bien à l'abri chez eux.
Roman très intéressant parfois déprimant et un peu long mais les destins des personnages sont prenants et l'analyse que l'auteure en fait criante de vérité.
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VALENTYNE
  12 septembre 2014
Montréal 1940 – Dans le quartier de Saint Henri, Florentine Lacasse, 19 ans, est serveuse dans un restaurant. Elle est quasiment la seule source de revenus stables de toute sa famille de onze personnes. Son père, Azarius, est au chômage depuis des années et rêve de monter une "affaire"; sa mère, Rose- Anna, s'occupe des huit enfants et est couturière à domicile. La vie et très dure pour cette famille et ce quartier. Gabrielle Roy nous fait très bien sentir le froid, la faim, l'extrême dénuement de ses personnages, leurs espoirs et leurs petites mesquineries. Les pages sur la maladie du petit Daniel, 6 ans, sont très émouvantes.
La rencontre de Florentine avec Jean Lévesque,jeune homme ambitieux et travailleur, redonne à celle-ci un espoir en une vie meilleure. Jean est très ambigü : Il travaille énormément pour s'en sortir. D'un côté, il est attiré par la jeunesse et la beauté de Florentine, mais de l'autre il a aussi peur d'elle et de ce qu'elle représente : la pauvreté de son enfance dans un orphelinat. Indécis , il présente Florentine à son ami, Emmanuel, qui vient de s'engager dans l'armée.
En fonds d'histoire, la guerre en Europe est présente. Les informations arrivent à Montréal par radio et par les journaux : La "drôle de guerre" en France, l'invasion des pays européens par les allemands…. Cette guerre est d'abord lointaine puis se rapproche avec la conscription des jeunes gens. Certains s'engagent dans l'armée, d'autres en "profitent" pour rester planqués.
.
En conclusion : Des personnages tout en nuances, qui sont à la fois généreux et égoïstes, qui voudraient s'en sortir ou s'évader, certains prêts à tout pour échapper à la misère, d'autres plus résignés et fatalistes. Des dialogues savoureux dans les restaurants sur la vie, la politique, l'Europe…..Une grande réussite.
Lien : http://lajumentverte.wordpre..
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Madame_lit
  05 octobre 2017
Ma première lecture de ce roman remonte à mes années au secondaire. Comme je n'aimais pas le livre obligatoire proposé par mon professeure de français, cette dernière m'avait suggéré de lui faire un résumé de Bonheur d'occasion. Je me souviens qu'à l'époque, le film  m'avait beaucoup marquée. J'en avais parlé avec mon père qui m'avait amenée voir le chalet de l'illustre écrivaine situé à Petite-Rivière-Saint-François, pas très loin de la maison de ma grand-mère maternelle. Nous devions être en 1985 ou quelque chose comme ça. le film est sorti en 1983 l'année du décès de Gabrielle Roy.
Ce livre met en scène Florentine Lacasse, 19 ans, une serveuse, travaillant au Quinze-Cents, dans le quartier défavorisé de Saint-Henri à Montréal. Elle souhaite trouver le bonheur au moment où le chômage frappe de plein fouet et que la guerre devient la seule porte de sortie. Elle est amoureuse de Jean Lévesque, mais elle est aimée par Emmanuel Létourneau, un soldat. le lecteur suit également le destin des parents de Florentine, Rose-Anna et Azarius, dont la vie est marquée par la pauvreté et le lecteur est amené à comprendre les raisons associées à leurs malchances. C'est un roman criant de réalisme, rempli de sentiments, de misère, d'attente, de rêves… Mais avant tout, c'est Saint-Henri qui vit grâce à la plume de Gabrielle Roy et qui brille grâce à son sens de l'observation.
Ainsi, il faut suivre Rose-Anna, la mère de Florentine dans le quartier pour trouver un logis pour sa famille. Ils ne sont plus capables de payer le loyer, alors ils doivent déménager comme bien d'autres familles à cette époque.
Elle arriva place Saint-Henri; elle la traversa pour une fois sans souci de trams, de la sonnerie du chemin de fer et de l'âpre fumée qui alourdissait ses paupières. Un camion la frôla, et elle leva un regard plutôt étonné qu'effrayé. […]
À pas moins sûrs, moins courageux, elle s'engagea vers les endroits les plus misérables, derrière la gare de Saint-Henri.
Bientôt, elle arriva dans la rue Workman, qui porte bien son nom. «Travaille, ouvrier, dit-elle, épuise-toi, peine, vis dans la crasse et dans la laideur».
Rose-Anna s'aventura au long des taudis de briques grises qui forment une longue muraille avec des fenêtres et des portes identiques, percées à intervalles réguliers. (p. 99-100).
Gabrielle Roy a obtenu le prix Femina en 1947 pour ce roman et le Prix du Gouverneur général.
https://madamelit.ca/2017/07/31/madame-lit-une-ecrivaine-ou-un-ecrivain-par-mois-juillet-2017-gabrielle-roy/
Lien : https://madamelit.ca/2017/07..
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
sylvainesylvaine   01 mars 2012
l'image de Florentine pourrait mourir dans son souvenir,l'image de sa jeunesse pourrait se perdre,mais jamais il n'oublierait l'affreuse pauvreté qui avait entouré leur instant d'amour.Cela était la suprême offense qui déteignait sur son sentiment de supériorité,le gênait déjà jusque dans ses ambitions de l'avenir,se présenterait peut-être à lui chaque fois qu'il réussirait et d'autant plus qu'il réussirait.
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CielvariableCielvariable   30 mars 2013
Le désir de pénétrer l'âme du peuple, il l'avait toujours éprouvé, mais jamais avec une telle intensité, comme si en allant vers le peuple, en restant avec lui, il continuait sa recherche de Florentine, une recherche qui le mènerait a une plus grande compréhension de la jeune fille qui détruirait entre eux tous les obstacles. Oh, trouver une voix, entendre une voix ce soir, n'importe laquelle, mais qui lui parlât le langage de Florentine, le langage du peuple!

Et soudain, il pensa à ses compagnons de la rue Saint-Ambroise, à ceux qui se rassemblaient chez la mère Philibert. Toute une série de visages marqués par la déception, marqué par la rudesse de la vie, surgissant à ses yeux. Se pouvait-il qu'il les eût si complètement oubliés, ces amis-là, les premiers, ceux que dans son enfance il avait rencontrés tout grelottants de misère, ceux qui s'étaient dressés comme autant de reproches vivants entre lui et une certaine aisance, une certaine mollesses dont il aurait pu jouir ? (...) Brusquement, il tourna sur lui-même et se dirigea vers la rue Saint-Ambroise.
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sylvainesylvaine   01 mars 2012
Ils disent qu'il faut être spécialisé de nos jours pour se trouver de l'ouvrage .Ben, voulez vous que je vous le dise:un métier ,de nos jours,c'est pus rien.On passe la moitié de sa vie à l'apprendre son métier,pis le reste de sa vie à l'oublier.Non, les belles époques des métiers,c'est fini.Aujourd'hui, c'est pus que dans des petites jobs qu'un homme se réchappe...
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TheAustenGirl33364TheAustenGirl33364   08 avril 2016
Chez nous !
Il était vieux ce mot-là, un des premiers qu’ils eussent appris, eux, les enfants. Il venait sur les lèvres inconsciemment, à toutes les heures du jour. Il avait servi tant, tant de fois (…) Chez nous, c’était un mot élastique et, à certaines heures, incompréhensible, parce qu’il évoquait non pas un seul lieu, mais une vingtaine d’abris éparpillés dans le faubourg. Il contenait des regrets, des nostalgies et, toujours, une parcelle d’incertitude. Il s’apparentait à la migration annuelle. Il avait la couleur des saisons. Il sonnait au cœur comme une fuite, comme un départ imprévu ; et quand on l’entendait, on croyait entendre aussi, au fond de la mémoire, le cri aigu des oiseaux voyageurs.
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Nono19Nono19   22 octobre 2011
Elle, silencieuse, songeait que la pauvreté est comme un mal qu'on endort en soi et qui ne donne pas trop de douleur, à condition de ne pas trop bouger. On s'y habitue, on finit par ne plus y prendre garde tant qu'on reste avec elle tapie dans l'obscurité; mais qu'on s'avise de la sortir au grand jour, et on s'effraie d'elle, on la voit enfin, si sordide qu'on hésite à l'exposer au soleil.
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