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ISBN : 2890522636
Éditeur : Boréal (14/03/1994)

Note moyenne : 4.3/5 (sur 54 notes)
Résumé :
La détresse et l'Enchantement est le dernier livre de Gabrielle Roy et peut-être, au dire de plusieurs, son chef-d'œuvre. Publié en 1984 à titre posthume, traduit en anglais quelques années plus tard, il a été acclamé par la critique et n'a cessé depuis de conquérir des milliers de lecteurs.

Dans les dernières années de sa vie, la romancière entreprend de relater l'ensemble de son existence : les lieux, les événements, les êtres qui ont façonné sa pe... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Madame_lit
  05 octobre 2017
Chère lectrice, Cher lecteur,
Ce livre est structuré autour des volets suivants :
Le bal chez le gouverneur;
Un oiseau tombé du ciel.
Le lecteur suit le parcours de l'écrivaine, de son enfance au Manitoba en passant par son séjour de deux ans en Europe à la veille de la Deuxième Guerre mondiale, pour se terminer à Montréal, peu avant la publication de Bonheur d'occasion. Dans cette autobiographie, Gabrielle Roy nous relate ce qui l'a menée à l'écriture…elle nous dévoile sa quête… son désir de comprendre qui elle est, d'où elle est partie pour nous amener à déchiffrer encore plus ses univers… Pour moi, cette autobiographie s'avère magnifique puisqu'elle nous fait constamment osciller entre la détresse et l'enchantement à travers le regard de cette grande écrivaine. Par exemple, elle nous révèle le sentiment l'habitant à la suite de la rencontre avec son premier amour Stephen, un espion ukrainien. C'est un regard puissant sur soi, sur ses émotions qu'elle nous transmet…
Plus tard, quand je fus à même d'analyser quelque peu ce qui nous était arrivé, j'ai pensé que nous avions été, Stephen et moi, comme ces papillons, ces phalènes, ces mille créatures de l'air que des ruses de la nature, une odeur, des ondes, mènent à leur rencontre sans qu'elles y soient pour rien. Et je me demande si la foudroyante attirance que nous avons subie, de tous les malentendus, de tous les pièges de la vie, n'est pas l'un des plus cruels. À cause de lui, après que j'en fus sortie, j'ai gardé pour longtemps, peut-être pour toujours, de l'effroi envers ce que l'on appelle l'amour. (p. 348)
Comment ne pas être interpellé devant une telle plume? Un tel talent pour nous communiquer sa perception? C'est pour cela que j'admire son écriture… Il faut lire ce bouquin et se représenter les quartiers de Londres, de Paris, et se laisser charmer par la Provence car son séjour représente pour cette dernière un temps heureux…
Je me rappelle seulement que nous buvions et mangions avec goût tout en regardant défiler sous nos yeux le jardin continu de la Côte d'Azur. J'étais enivrée par le gracieux rivage, ses anses, ses calanques, ses petits ports de pêche et surtout par la clarté du ciel que je voyais répandue comme je ne l'avais encore vue nulle part ailleurs aussi éclatante et abondante. Je sentais mon coeur de minute en minute s'éprendre d'un tel amour de cette terre qu'il envahirait toute ma vie. (p. 463)
Et il faut se rendre à la toute fin pour encore une fois se laisser subjuguer par son regard et le comprendre. Elle écoute le son des trains dans le quartier Saint-Henri à Montréal, lieu de son roman Bonheur d'occasion qui a été publié en 1945.
Toute cette atmosphère de départ et de voyage que je trouvai dès ce soir-là à Montréal était bien de nature à me retenir, car longtemps elle  constitua ma seule patrie, me consolant en quelque sorte de n'en avoir pas d'autre, me soufflant que nous ne sommes jamais que des errants et qu'il est mieux de ne rien posséder si l'on veut du moins bien voir le monde que nous traversons en passant. (p. 502-503).
Je vous recommande certainement cette lecture… vous allez faire un beau voyage au coeur d'un être qui s'est développé entre la détresse et l'enchantement… en posant un regard sur elle et sur le monde l'entourant…
https://madamelit.ca/2017/07/31/madame-lit-une-ecrivaine-ou-un-ecrivain-par-mois-juillet-2017-gabrielle-roy/
Lien : https://madamelit.ca/2017/07..
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Cocotte8017
  16 février 2015
Cette superbe autobiographie de Gabrielle Roy est composée de deux parties. Dans la première partie, la romancière raconte sa jeunesse au Manitoba, sa famille, ses études et ses années d'enseignement. Dans la seconde partie, l'auteur raconte son premier voyage en Europe. Ce récit couvre une minime partie de la vie de Gabrielle Roy ; la maladie ne lui ayant pas permis de terminer le récit de sa vie.
Décidément, Gabrielle Roy est une merveilleuse auteure! Elle nous berce par ses mots, nous transporte allègrement dans son histoire, nous fait visiter les endroits qu'elle a connus, nous présente les personnes qui ont marqué son existence. Gabrielle Roy a une façon de raconter empreinte de douceur, de sincérité et de sensibilité. J'avais l'impression qu'elle se confiait à une amie. J'ai passé par toutes les gammes d'émotions en sa compagnie, de la joie à la solitude passant par la mélancolie, l'amour et la tristesse. Je suis très heureuse de mieux connaître cette femme attachante!
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majolo
  23 novembre 2017
Ayant déjà lu et apprécié de nombreux auteurs québecois, j'ai emprunté avec plaisir ce livre à mon club de lectures. Je ne connaissais rien de Gabrielle Roy. Cette autobiographie couvre surtout son enfance, son adolescence et la naissance de sa vocation d'écrivain, notamment lors de son séjour en Europe (en France et à Londres). Je dois dire que son style un peu chargé et son rythme lent m'ont rendu la lecture de ce gros pavé de près de 600 pages un peu longuette. Cependant, cela m'a donné très envie de lire ses romans que j'imagine plein d'humanité et de poésie. À découvrir !
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sweetie
  23 février 2014
Cette vie de l'auteure Gabrielle Roy racontée par elle-même m'est restée inoubliable même trente ans après l'avoir lue.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   05 décembre 2016
- Vous avez de bons yeux.
- C'est que je me suis entrainée toute jeune à scruter la plaine à cette heure.
- Qu'y cherchiez-vous déjà? me demanda-t-elle, à la fois amicale et curieuse.
Je répondis, l'esprit au loin :
- Le bonheur! Maman disait toujours qu'un jour sûrement il passerait par chez nous. De peur qu'il ne se trompe de route, j'allais l,attendre au coin de notre petite rue Deschambault, le coin qui donnait sur l'espèce de campagne que nous avions alors là-bas, en ce temps-là, et que je pensais être déjà la plaine parce qu'on voyait loin. Il ne me semblait pas possible que le bonheur pût venir d'ailleurs qu'à travers ce grand paysage de songe.
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Madame_litMadame_lit   02 septembre 2015

“Il y a des mots comme cela: une fois dits, on les entendra toujours. Ils se logent dans quelque coin de la mémoire d’où on ne pourra les faire sortir. Ils nous attendent à un tournant de la pensée, la nuit souvent, quand nous ne pouvons nous rendormir, alors que ce sont toujours les vieilles souffrances qui viennent nous retrouver les premières. Peut-être, quand nous serons cendre et poussière, ou âme immortelle, que nous nous en souviendrons encore. Et s’ils nous traquent ainsi à travers la vie, et peut-être au-delà, c’est sans doute qu’ils contiennent une part de vérité.”
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SachenkaSachenka   07 décembre 2016
Au fond, sauf la City et certains «coeurs» de la ville comme Charing Cross, Trafalgar Square, Chelsea, et peut-être SoHo, Londres n'était qu'une succession de boroughs, espèces de petites villes, toutes avec leur High Streeet, agglutinées en un interminable déroulement.
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SachenkaSachenka   03 décembre 2016
Parfois, quand le soleil se couchait au fond de la ruelle et sur notre arrière-cour, nous croyions le voir allongeant aussi sa lumière dorée parmi les hauts blés frémissants de notre terre en Saskatchewan.
Le plus curieux de toute cette histoire est que, lorsque je la vis enfin de mes yeux, longtemps au reste après qu'elle eut cessé de nous appartenir, elle n'apparut conforme à la vision que nous en avions eue dans nos rêves les plus exaltés. C'était vraiment une échappée de ciel ardent, de moisson blonde et d'espace à consoler le coeur.
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SachenkaSachenka   12 décembre 2016
Il me revient maintenant que nous ne nous sommes guère aventurées dans la riche ville voisine que pour acheter. C'était là qu'aboutissait une bonne part de notre argent si péniblement gagné - et c'était le chiche argent de gens comme nous qui faisait de la grande ville une arrogante nous intimidant. Plus tard, je fréquentai Winnipeg pour bien d'autres raisons, mais dans mon enfance il me semble que ce fut presque exclusivement pour courir les aubaines.
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