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ISBN : 2072727324
Éditeur : Gallimard (04/01/2018)

Note moyenne : 2.76/5 (sur 21 notes)
Résumé :
"Le Ministère du Bonheur Suprême" nous emporte dans un voyage au long cours, des quartiers surpeuplés du Vieux Delhi vers la nouvelle métropole en plein essor et, au-delà, vers la Vallée du Cachemire et les forêts de l’Inde centrale, où guerre et paix sont interchangeables et où, de temps à autre, le retour à «l’ordre» est déclaré.
Anjum, qui fut d’abord Aftab, déroule un tapis élimé dans un cimetière de la ville dont elle a fait son foyer. Un bébé apparaît ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
montmartin
  29 janvier 2018
Delhi, Aftab est un spécimen rare, il possède les caractéristiques masculines et féminines. Ses parents veulent le faire opérer pour qu'il ne soit qu'un garçon, mais Aftab se sent femme. Mais ses poils poussent, sa pomme d'Adam est de plus en plus visible, sa voix devient grave.Un jour Aftab entre dans la Maison des Rêves, là où vivent les Hijra les hommes habillés en femme. On l'initie aux règles et aux rituels de la maison et Aftab devient Anjum. À 46 ans Anjum annonce qu'elle veut partir. Elle vit désormais dans le cimetière derrière l'hôpital. Elle dort sur un tapis persan qu'elle déroule la nuit entre les tombes. Anjum rêve d'être mère, elle découvre qu'il est possible pour un être humain d'en aimer un autre.
Dans ce roman, l'auteur nous conte l'histoire de l'Inde, l'état d'urgence, la presse censurée, des musulmans emprisonnés et stérilisés, les émeutes, les massacres en représailles, l'insurrection au cachemire, la fuite mortelle de l'usine de pesticides de Bhopal avec ses milliers de morts.
Un patchwork de récits, de personnages, d'enfants perdus, une construction un peu déroutante avec une écriture parfois laborieuse, un récit chaotique et animé comme les rues de Delhi, mais si le lecteur persévère il va vivre l'histoire fascinante des deux héroïnes: la femme transgenre Anjum (née Aftab), qui est parti vivre dans un cimetière de Delhi, et Tilo, une ancienne étudiante en architecture,une combattante de la liberté, constamment en danger et constamment en fuite.
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traversay
  17 janvier 2018
Vingt ans après ... La première fiction d'Arundhati Roy a été suivie de nombreux essais mais l'auteure indienne n'étais pas revenue au roman depuis le Dieu des petits riens pour lequel elle avait obtenu le prix Booker. C'est donc avec une impatience gourmande que l'on attendait son nouvel opus au titre alléchant : le ministère du bonheur suprême. Et là, c'est le drame. Ou presque. S'il est indéniable que Arundhati Roy reste une styliste hors pair, la déception n'en est pas moins au rendez-vous quant à la construction du livre et surtout à l'identification d'une véritable trame narrative. Certains lecteurs anglophones l'ont déjà souligné : c'est un livre sans histoire ! Ou il serait plutôt mieux de dire : avec des multitudes de scènes et d'évocations mais qui ont du mal à former une intrigue lisible et cohérente. Il y a bien deux héroïnes identifiables : Anjun (une transgenre) et Tilo (femme indépendante et rebelle) mais leurs destins sont enchevêtrés dans tout un tas d'événements dont on se demande parfois s'ils appartiennent au présent, au passé ou au futur. Et les personnages sont multiples, pas toujours reliés à ces deux figures centrales. Il en résulte une sorte de confusion et un sentiment de perdition pour le lecteur, même si celui-ci a quelques notions de l'histoire contemporaine de l'Inde. Et c'est sans parler de plusieurs passages que l'on qualifiera d'allégoriques, métaphoriques, voire amphigouriques. Il n'est pas question de remettre en cause l'action d'Arundhati Roy, militante depuis des années pour la paix, les femmes et contre les castes. mais ce combat imprègne trop le livre qui se rapproche de l'essai en s'éloignant du roman. Mais pour être juste, il faut tout de même préciser que les pages, nombreuses, consacrées au conflit au Cachemire sont puissantes et terribles. Malgré son titre, le livre ne raconte pas un pays heureux mais bien une nation déchirée et soumise à toutes les violences.
Lien : https://cin-phile-m-----tait..
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Bigmammy
  27 février 2018
Vingt ans après un premier roman qui lui apporta le succès, Arundhati Roy revient avec une fresque foisonnante, un brulot politique cruel et lucide sur les dérives de la société indienne, empêtrée dans le communautarisme, l'exacerbation religieuse et la polarisation sociale. Voici donc une oeuvre confuse et complexe, foisonnante de digressions, un roman-fleuve aux multiples ramifications, luxuriant et poétique, gracieux et pervers.
J'ai conservé de deux séjours trop courts en Inde assez de souvenirs de couleurs, de bruits et d'odeurs pour me retrouver sans aucun dépaysement dans les venelles de Delhi, au milieu des autoponts où divaguent les vaches, les singes et divers animaux équarisseurs. Les allusions à la politique actuelle du gouvernement indien me sont vaguement familières, mais je doute qu'elles « parlent » à une majorité de lecteurs européens, tant la vie politique de cette grande démocratie asiatique peut nous déconcerter. Je recommande donc aux candidats à la lecture de ce livre de se documenter au préalable.
Le roman s'enroule autour de plusieurs destins, qui finissent tous par se retrouver en un lieu unique - à plus d'un titre. Il ouvre sur la biographie d'Anjum, homme-femme qui appartient à cette caste particulière des Hijra, à la fois craintes et appréciées, rejetées par leur famille mais très présentes dans la société indienne traditionnelle.
Le personnage central est Tilottama, jeune femme à la peau sombre – une particularité peu appréciée en Inde où les Brahmanes de la caste supérieure ont le teint très clair – originaire du Kerala, jeune architecte. Son destin donne sa trame au roman, avec ses compagnons d'université, tous amoureux d'elle : Musa, le militant de la cause cachemirie, Naga, le journaliste célèbre, et le narrateur, devenu diplomate et membre des services spéciaux, qui devait tenir le rôle de Garson Hobart dans la pièce que les quatre étudiants devaient jouer et dont la représentation n'eut jamais lieu.
Leurs chemins se croisent au gré de leurs carrières et engagements politiques. le conflit du Cachemire est la plaie toujours saignante depuis la partition de 1947 entre l'Inde de plus en plus indouiste et le Pakistan, gagné par le fondamentalisme musulman. La province himalayenne aux paysages idylliques, château d'eau commandant les sources de l'Indus, compte 85% de musulmans mais fait l'objet d'un contentieux entre les deux pays, soutenus par les Grands, dans un conflit qui risque de déboucher sur une guerre nucléaire. La description des exactions de l'armée indienne d'occupation (ainsi qu'elle est perçue par les cachemiris), ou du moins par l'un de ses membres, le sinistre Amrick Singh, suité de son adjointe tortionnaire ACP Pinky, fait froid dans le dos.
De temps en temps, on bifurque sur une histoire personnelle étonnante, sans rapport avec le récit principal. Il faut s'accrocher. Mais c'est aussi un des charmes de ce roman fourre-tout qui veut tout aborder, une gageure tant l'Inde est multiple, éternelle, immuable et changeante.

Lien : http://www.bigmammy.fr/archi..
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Drych
  13 janvier 2018
Un livre dans lequel le foisonnement des personnages est à l'image de ce pays continent où les religions, les ethnies et les classes sociales se mélangent à la façon d'une émulsion dans laquelle chacun des constituants n'aspire qu'a retrouver sa propre identité. Un pays ou la tolérance naturelle peut se transformer subitement en animosité, en oppression, avec tous ses excès. Des excès que dénonce l'auteur tout comme la montée des nationalistes hindous, ou le scandale de la répression au Cachemire. Un éclairage critique de l'Inde, à la fois spirituelle et violente, vu par les opprimés du bas de l'échelle du pouvoir. La lecture du livre est cependant difficile, impliquant une certaine connaissance de l'histoire de l'Inde et de ses traditions. le texte est aussi parsemé de mots intraduisibles, dont il faut laisser l'imagination deviner le sens. Enfin, je reconnais m'être trouvé un peu perdu et déconcerté à la lecture de certains passages allégoriques, ou dont le sens m'échappait. Sans doute me manque t'il encore quelques clefs pour apprécier totalement cet ouvrage.
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topocl
  26 janvier 2018
C'est un roman qui se veut total, brillant, phénoménal. Qui emprunte au conte merveilleux façon Rushdie, à la folie façon Garcia Marquez, au militantisme tous azimuts façon Arindathi Roy, le tout saupoudré d'instants de poésie magique. L'auteur y multiplie les détails, les joyaux, les extravagances entrecroisés avec passion. On ne compte plus les personnages, les lieux, le temps éclate pour n'être plus linéaire. Tout cela est d'une richesse inouïe, mais un peu gaspillée car l'effet final est d'une confusion (sans doute alimentée par la pauvreté de ma culture en histoire indienne) qui a fini par me mener à l'ennui. Tant de péripéties donnent paradoxalement l'impression qu'il ne se passe pas grand chose, et les personnages, à force de singularité, deviennent archétypaux et désincarnés.
Y échappe Anjum, la hijrat, femme dans un corps d'homme, construisant une chambre d'hôtes entre les tombes, accueillante aux hommes et aux animaux, curieux symbole d'une Inde déchirée entre ses diverses identités, et qui donne une belle vie aux 200 premières pages (malheureusement il en reste 350...).
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critiques presse (4)
LaCroix   23 février 2018
L’écrivaine et militante altermondialiste poursuit sa critique virulente et courageuse de la société indienne avec un deuxième roman prodigieux où l’humanité exclue trouve refuge dans un cimetière. Et résiste avec dignité.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Liberation   29 janvier 2018
La vie heurtée d’Anjum au fil des images puissantes d’Arundhati Roy
Lire la critique sur le site : Liberation
LaLibreBelgique   18 janvier 2018
L’écrivaine indienne revient au roman 20 ans après "Le Dieu des petits riens". Avec tous ses crocs.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LaPresse   04 janvier 2018
Vingt ans après le succès planétaire de son «Dieu des Petits Riens», l'écrivaine et militante de gauche indienne Arundhati Roy revient à la fiction avec un très attendu second roman, plus brûlant et politique que jamais.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   04 février 2018
L'idiotie intrinsèque, l'idée du Jihad, a infiltré le Cachemire à partir du Pakistan et de l'Afghanistan. À présent, avec vingt-cinq ans de recul, je dirais qu'à notre avantage nous avons huit ou neuf versions de l'islam "authentique" qui se combattent au Cachemire. Chacune d'elles a sa propre écurie de mollahs et de maulana...
(...) La seule chose qui garde le Cachemire de l'autodestruction à la façon du Pakistan ou de l'Afghanistan, c'est son bon vieux capitalisme petit bourgeois. Si religieux soient-ils, les Cachemiris sont de grands hommes d'affaires. Et tous les hommes d'affaires, d'une manière ou d'une autre, ont intérêt à voir se prolonger le statu quo ou ce que nous appelons "processus de paix" qui, soit dit en passant, offre des opportunités commerciales très différentes de la paix à proprement parler.
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nadejdanadejda   22 janvier 2018
Peu à peu, Anjum engloba les tombes de sa famille dans sa maison en constuisant autour d'elles. Chaque pièce contenait une (ou deux) sépulture et un lit (ou deux). Elle fit édifier une cabine de bains séparée et des toilettes avec leur fosse septique. Pour l'eau elle utilisait la pompe à manivelle publique. L'imam Ziauddin, traité avec dureté par son fils et sa bru, devint un hôte permanent de sa demeure (...)
La maison d'hôtes du cimetière offrait l'avantage sur tous les autres quartiers de la ville, y compris les plus huppés, d'être totalement épargné par les coupures de courant. Même l'été. Arjum chapardait en effet son électricité en se branchant sur l'alimentation de la morgue où les cadavres ne pouvaient se passer de réfrigération vingt-quatre heures sur vingt-quatre. (les défunts miséreux de la ville qui se retrouvaient dans cette opulence climatisée n'avaient jamais rien connu de tel de leur vivant).
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nadejdanadejda   13 janvier 2018
A l'heure magique où la lumière survit au soleil, des armées de roussettes se décrochent des Banyans dans le vieux cimetière et dérivent comme fumée à travers le ciel. Quand les chauves-souris s'en vont, les corbeaux s'en viennent. Le vacarme de leur retour au nid ne suffit pas à combler le silence creusé par la disparition des moineaux et l'absence des vieux vautours à dos blanc, gardiens des morts depuis plus de cent millions d'années, qui ont été exterminés. Empoisonnés au diclofénac. Le diclofénac ou aspirine des vaches, administré au bétail comme décontractant pour atténuer les douleurs musculaires et augmenter la production de lait, agit -- ou plutôt agissait -- à la façon d'un gaz neurotoxique sur les vautours à dos blanc.
(...) L'extinction des vieux rapaces aimables passa inaperçue au plus grand nombre, qui regardaient ailleurs. Il y avait tant à attendre des lendemains.
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nadejdanadejda   20 janvier 2018
Quand les gens l'invectivaient -- clown sans cirque, reine sans palais --, elle laissait la blessure traverser ses branches comme une brise, et de la musique de ses feuilles bruissantes elle tirait un baume pour apaiser la douleur.
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AtasiAtasi   25 décembre 2017
Elle vivait dans le cimetière à la façon d'un arbre. A l'aube, elle assistait au départ des corbeaux et accueillait le retour des chauves-souris. Au crépuscule, c'était l'inverse. Entre leurs allées et venues, elle s'entretenait avec les fantômes des vautours qui hantaient ses branches hautes. L'accroche délicate de leurs serres lui causait la douleur légère que ressent un membre amputé. Elle en déduisait qu'ils n'étaient pas vraiment fâchés d'avoir pris congé, de s'être absentés de l'histoire.
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Videos de Arundhati Roy (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Arundhati Roy
Après « le Dieu des petits riens », Arundhati Roy fait son grand retour à la fiction. Avec « le Ministère du Bonheur Suprême », l?écrivaine et militante altermondialiste propose un roman politique et surprenant, aux éditions Gallimard et traduit de l'anglais (Inde) par Irène Margit.
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