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Critiques sur Sur la route du Danube (8)
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ChtiBaboun
  03 avril 2019
Sur la route du Danube est un grand récit d'arpentage. Emmanuel Ruben à quatre cordes à son arc.
Il est un géographe doublé d'un écrivain.  Comme si cela n'était pas suffisant il est aussi  dessinateur et cycliste émérite.
La corde dessinateur ne servira pas le long de cet d'arpentage car Emmanuel Ruben à pris le parti de profiter de cet arpentage de 45 jours et d'être entièrement dans l'instant et le quotidien.
Quel est donc cet d'arpentage ?
Avec un ami russe - ukrainien , Vlad ,ils ont décidé de remonter le Danube à  vélo de son delta à sa source.
Soit 2 900klms depuis Odessa en Ukraine jusqu'à la source du Danube en Allemagne.
Emmanuel Ruben enfant du Rhône et maintenant gardien de la maison Julien Gracq  aux bords  de Loire, est fasciné par les fleuves.
Voici ce qu'il en dit :
" La vue, même éphémère, même fugace, d'un fleuve aux flots vifs nous apaise ou nous dynamise et redonne sens à nos efforts : comme lui nous savons que nous sommes mortels, mais comme lui nous espérons nous élargir avec l'âge,  chaque année nous gagnons en sérénité  ; comme lui , nous nous souvenons de notre source sans nous languir pour autant  de l'avoir désertée  ; comme lui, chaque épreuve  nous élargit .....
Le fleuve ne vient pas les bras vides jusqu' au rivage, il apporte les preuves de son labeur ; il arrive les bras chargés d'allusions, qu'il offre comme un présent  au continent qui le retient et comme un défi  à  la mer qui le délivre  ; chaque jour, il repousse son terme et chaque jour le delta s'agrandit.
Ce récit d'arpentage est donc une grande déambulation le long du Danube et à travers  10 pays qui constitue le bassin versant du Danube.
Ce qui fait la force de ce récit c'est l'imbrication de la géographie,  de l'histoire, des paysages et des hommes.
Surtout les hommes et les femmes que rencontrent Emmanuel Ruben
Au travers de ces rencontres , on comprend mieux cette Europe Centrale multi ethnique qui nous apporte les parfums du Moyen Orient et de l'Asie
On comprend aussi que ces parfums orientaux ont comme autres noms guerre, migrants , réfugiés et que le Danube est un melting pot humain incroyable et que si ce melting pot existe c'est que les hommes ont divisé ces régions sans tenir compte de l'entité Danube.
Comment un fleuve peut il être une frontière entre trois pays alors que ces rives et ses plaines alluvionnaires font vivre les mêmes groupes d'homme
Cette reflexion nous ramène à  l'Europe d'aujourdh'ui qui est le calque de l'histoire. Les frontières ou les limes comme le dit Emmanuel Ruben restent les mêmes.  On les habille au fil des siècles de nom de pays différents, mais le bassin du Danube reste la porte d'entrée de l'Europe et son creuset.
Que cette région fut le lieu des guerres contre l'empire ottoman, le lieu des guerres de l'ex Yougoslavie ou aujourd'hui  avec la Hongrie , la porte d'entrée dans l'espace Schengen.
Comme le dit Emmanuel Ruben nous restons sur le vieux schéma politico économique du Rhin, axe du charbon et de l'acier.
Dorénavant l'axe européen suit les rives du Danube.

Je ne voudrais pas terminer cette chronique sans parler de l'extase géographique.  En quelques lignes Emmanuel Ruben nous décrit le mieux qu'il soit le sentiment que je peux ressentir dans un lieu
" Je ressens ce que j'appelle l'extase géographique,   qui est ma petite éternité matérielle,  éphémère,  mon épiphanie des jours ordinaires : oui, l'extase géographique,  c'est le bonheur soudain de sortir de soi, de s'ouvrir de tous ses pores, de se sentir traversé par la lumière,  d'échapper quelques instants à  la dialectique infernale du dehors et du dedans"
Ce récit d'arpentage est tout cela avec une ouverture de toutes ces pores sur ce Danube,fleuve des hommes , de tous les hommes.
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JoyeuxDrille
  19 avril 2019
Entre récit, carnet de voyage et autofiction, un périple le long du Danube, le plus majestueux fleuve d'Europe. D'Odessa jusqu'à la Forêt-Noire, on suit deux amis cyclistes aux personnalités très différentes qui traversent un continent en effervescence, en proie aux nationalismes et aux questions territoriales. Mais, c'est aussi un voyage éminemment enrichissant sur le plan culturel et historique.
Lien : https://appuyezsurlatouchele..
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Claire45
  10 avril 2019
Emmanuel Ruben, écrivain européen de langue française comme il se définit lui-même, remonte le Danube à vélo avec son ami Vlad, d'Odessa à la source du fleuve. On découvre avec eux les conditions météorologiques et les difficultés de la route mais surtout des paysages magnifiques. C'est l'occasion à chaque étape de comprendre le sens des noms de lieux, de visiter musées, sites et monuments historiques - souvenirs de l'empire romain aux guerres contemporaines - de goûter aux mets et boissons locaux, surtout de rencontrer les gens. Une vue de l'Europe actuelle loin du pays imaginaire , la Zyntarie, que l'auteur avait tracé enfant.
Lecture indispensable à la veille des élections européennes pour qui aime la littérature et les voyages.
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MarcoPolo85
  25 avril 2019
C'est en 2016 que Emmanuel Ruben part avec son ami Vlad depuis les steppes d'Europe de l'Est jusqu'à la Plaine d'Alsace via les Balkans, Budapest, Vienne, la Bavière et la Forêt Noire.

Emmanuel nous raconte ces peuples qui s'égrènent le long du fleuve. Il raconte les histoires de ces souabes, de ces lipovènes, de ces magyars et bien d'autres encore dans la Grande Histoire mouvementée de l'Europe.

Il évoque ces écrivains serbes, bulgares, roumains qui ont construit leurs oeuvres dans une dimension universelle.

Entre deux étapes éreintantes le long de cette grande voie cyclable, il parle de cette nouvelle Europe où le populisme prend une place de plus en plus gênante. On y croise les migrants d'hier, et ceux d'aujourd'hui.

Par la plume de Emmanuel Ruben, on voit un Danube qui rit et qui pleure en même temps, un Danube qui rassemble comme il sépare. On y entend le clapotis de l'eau comme on entend les canons de Napoléon, les notes de Strauss, ou encore les bombardements de l'Otan sur la Serbie.

Dans cette Eurovélo 6, c'est tout un monde bigarré que l'on peut voir si on s'y arrête un tantinet soit peu.

Vous, qui voulez arpenter les presque 2900 kilomètres de ce grand fleuve, n'oubliez pas de mettre dans vos sacoches du Ruben.

Et les autres, comme moi, qui ne feront pas ce périple, n'hésitez pas à dévorer "sur les routes du Danube", car là vous allez goûter à ce "pays mouvant, sans racines, sans mémoire, sans identité, sans idéologie, un archipel inachevé..."
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Charybde2
  03 mars 2019
Remonter le Danube en vélo, à contre-courant, et décrire la trame d'une autre Europe que celle qui se barricade dans ses certitudes faussées

Sur le blog Charybde 27 : https://charybde2.wordpress.com/2019/03/03/note-de-lecture-sur-la-route-du-danube-emmanuel-ruben/
Lien : https://charybde2.wordpress...
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EvelyneSagnes
  04 mai 2019
Réécrire l'Europe ?

Echappé belle ! L'expression se trouve à la page 303, en italique, au centre du récit. C'est Vlad qui la prononce à la suite d'un accident de bécane et c'est la première rencontre entre le narrateur Samuel Vidouble alias Emmanuel Ruben et le cycliste, futur compagnon d'équipées. C'est avec lui en effet qu'il parcourt les quelque 4000 km depuis le delta du Danube jusqu'à sa source.
Quand on y réfléchit, cette idée d'échapper, déclinée aussi en échappée ne serait-elle pas un fil possible pour lire ce roman dont la densité déborde les limites… du genre, - Histoire ? géographie ? poésie ? géopolitique ? récit d'arpentage ? Tout cela à la fois en réalité. L'auteur donne une définition de Sur la route du Danube dans l'épilogue : « Un objet hybride entre le roman-fleuve, le manuel d'évasion – sorte d'usage de l'Europe à bicyclette – et l'atlas géopolitique. »
Emmanuel Ruben, le « géographe défroqué », comme il se nomme, se délivre ainsi du carcan imposé de catégories bien définies et entraîne le lecteur dans ce courant qui charrie connaissances précises et documentées, rencontres humaines, descriptions poétiques. Au rythme des étapes à bicyclette avec Vlad, parfois à la limite de leurs forces, le plus souvent racontées avec humour. Mais à contre-courant ! Puisqu'il s'agit de remonter le fleuve et pour de bonnes raisons : « Descendre un fleuve, c'est aller vers la mort. […] C'est pour échapper à cette mer inéluctable que nous avons entrepris ce voyage à rebrousse-poil. […] Viktor nous fait croire quelques instants qu'il est un lieu, sur terre, où le temps peut être réversible. Ce lieu, ce peut être la source, mais c'est aussi le delta, où le fleuve hésite sur le seuil de l'oubli.»
« La petite reine » est au coeur du récit. Ce n'est pas seulement un moyen de locomotion. Ou plutôt c'est bien une manière de se déplacer qui ne saurait trouver meilleure alliée : une façon quasi philosophique d'envisager le voyage. Prendre le temps, le temps de regarder, de s'arrêter et donc de rencontrer les paysages et les gens, les « petites gens », celles qui sont la réalité profonde de la vie du pays traversé. Dans ce livre, le cyclisme est une métaphore de la littérature, de l'écriture (à moins que ce ne soit l'inverse ?) ; Emmanuel Ruben établit un lien organique entre les deux : « […] Je pédale donc je suis. […] retranscrivant chaque coup de pédale par une virgule, chaque arrêt par un point au risque d'écrire des phrases trop longues : le cyclisme, comme la littérature, est un art du détour et de la digression, mais c'est aussi un art du continu – remonter un fleuve à vélo, c'est éprouver ce continuum, car un fleuve, c'est la continuité anarchique de la nature dans la discontinuité ordonnée du monde, lequel est, ne l'oublions pas, tout entier l'oeuvre de l'homme, ce que les géologues ont fini par admettre en parlant d'anthropocène. »

Il ne s'agit pas pour autant d'un texte abstrait, l'occasion de développer des théories littéraires ou historiques, au demeurant passionnantes. La manière dont sont parcourus les 4000 km est justement garante d'un récit vivant, fait de petites histoires, de surprises agréables ou pas, de découvertes. Passer ainsi les frontières est une aventure chaque fois différente. Et Emmanuel Ruben partage avec Julien Gracq (dont il dirige la Maison à Saint-Florent) « cette obsession du partage, ce tropisme des lisières ». Traverser l'Europe, c'est avant tout en effet franchir des frontières, géographiques mais pas seulement. C'est une aspiration profonde à échapper à un monde, à s'évader. « Vlad avait toujours su que la petite reine lui permettrait de s'enfuir. » Entre parenthèses, Vlad est un personnage qui mériterait beaucoup plus que ces quelques allusions !
Pour l'auteur aussi, partir sur son vélo, c'est depuis toujours un besoin : « J'avais besoin de paysage, besoin de lumière, besoin de voir un peu d'eau se refléter sur les coques des bateaux, besoin de m'évader corps et âme dans ces reflets. » Car pédaler sur son vélo, c'est « la matrice de toutes [ses] passions, passion plus dévorante que l'écriture, passion plus dévorante que le dessin, mais passion libératrice pour l'esprit, passion inspirante […]. Une aspiration de l'ordre du nécessaire, voire du vital.

L'échappée belle… Parce qu'elle n'est pas seulement fuite mais attente, voire retrouvailles, réelles ou imaginaires, « résurgence de l'enfance ». le récit est peuplé de souvenirs historiques et personnels, écho d'autres voyages, et aussi retour au temps où il inventait le monde. En effet, il est une échappée de son enfance qui irrigue son imaginaire et donc son écriture : « Il y a des jours comme celui-ci où je me souviens que de neuf à quinze ans, j'ai été zyntarien, citoyen chimérique allongé jour et nuit sur un empire de cartes imaginaires. »

Echappée belle encore parce qu'il y a dans ce « récit d'arpentage » une « passion pour l'histoire d'un vieux continent, l'Europe » : « Oui, autant l'avouer, le vrai sujet n'est pas le Danube, mais l'Europe. » Une étiquette lui irait, s'il en faut une : « Ecrivain européen de langue française. »

La force du texte réside dans la manière dont Emmanuel Ruben a réussi à allier une forme d'érudition incontestable avec une histoire personnelle, la sienne d'abord, celle des habitants qu'il rencontre ensuite. Les personnages restent dans la mémoire du lecteur parce qu'ils sont vrais, décrits avec émotion, des individus, qui sont aussi citoyens d'un pays.
Un regard lucide sur l'Europe d'hier et d'aujourd'hui, un regard attentif et sans a priori, un regard de poète lorsqu'il prend le temps de décrire magnifiquement paysages ou lieux, avec leurs mouvements, leurs couleurs, leurs lumières.
Réécrire l'Europe… C'est le titre de l'épilogue. Et au-delà encore Emmanuel Ruben affirme : « Ce voyage m'a appris ce que c'est d'être un homme, ce que c'est d'être mortel – c'est-à-dire fragile, vulnérable, mais têtu, obstiné, persévérant dans son être. » Par procuration, le lecteur apprend cela aussi.

L'échappée, en matière de course cycliste, c'est le moment où un coureur se détache du peloton. Belle image pour un auteur dont les livres sont autant de visions au-delà des clichés.

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pchion
  22 juillet 2019
Ce livre me pose un gros problème et je suis un peu surpris d'être le seul à le signaler. J'éprouve énormément de sympathie pour les idées exprimées concernant les migrations, la guerre contre la Serbie, l'incurie européenne face au problème des minorités... J'ai apprécié l'érudition considérable de l'auteur et, bien entendu, la thématique du livre, mais j'ai éprouvé énormément de difficulté à le lire à cause du style d'écriture. L'auteur est brouillé avec la ponctuation. Est-ce délibéré ou accidentel ? Je n'en sais rien. En tout cas il m'est extrêmement pénible de lire des phrases dont la longueur dépasse parfois la page entière.... Je suis confronté à des successions de propositions, s'enchainant plus ou moins clairement, que l'auteur cloisonne à grand renfort de virgules, tirets d'insertion et parfois points virgules. Je m'aperçois qu'au début de ma lecture, j'ai remplacé - sans m'en rendre compte - nombre de virgules par des points, avant de m'apercevoir que je procédais moi-même à ce travail de substitution alors que c'était à l'auteur de le faire !
Bref, j'ai quitté la Serbie un peu fatigué par ce travail, et, plus j'avançais dans ma lecture, plus ce fardeau me pesait...
Je suis allé jusqu'au bout de l'histoire - tant celle-ci m'intéressait - mais j'ai tourné la dernière page presque aussi courbatu que si j'avais participé au rallye en pédalant...
Ceci soit dit sans rancune car - je l'ai déjà dit mais n'hésite pas à rabâcher - les idées exprimées me sont tout à fait sympathiques et nous avons une admiration commune pour les travaux du grand Elisée. On me dit qu'Emmanuel Ruben avait été sélectionné pour le Goncourt et j'en perds un peu la voix. Suis-je si réactionnaire d'attacher un intérêt certain à la ponctuation ???
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MichelEllis
  28 mai 2019
Lendemains d'élections européennes. Gueule de bois. On préfèrera le "blues du Danube" d'Emmanuel Ruben, auteur du splendide et nécessaire Sur la route du Danube, odyssée cycliste, quête d'une perte et tableau vivant d'une Europe des confins.
(...) Voyage achevé, on en ressort plus présent à l'Europe, à ses nuances et à sa beauté tiraillée. Et croyez-le ou non, 4000 kilomètres de sueur et de rencontres ne suffiront pas à en épuiser la nostalgie. Désir d'Europe et blues du Danube. Reste la petite reine, "le meilleur remède à la mélancolie." Un grand livre !
Lien : https://www.lespadon.info/20..
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