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EAN : 9782070417308
304 pages
Éditeur : Gallimard (14/03/2001)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 215 notes)
Résumé :
Asmara, ancienne capitale coloniale italienne, dresse encore sur le sol d'Afrique ses palais romains, ses villas toscanes et ses colonnades vénitiennes. C'est dans ce décor baroque et nostalgique, isolé du monde par trente ans de guerre civile, que débarque, en 1985, un groupe d'humanitaires français, venus porte secours aux victimes d'une invisible famine qui fait rage quelque part, loin sur les hauts plateaux arides qui entourent la ville.
Hilarion Grigoria... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
Pancrace
  08 mai 2018
Bon sang, c'est bon de s'immiscer dans des vies achevées. de faire ressurgir du papier le relief d'existences éteintes tellement décalées de soi que l'on peine à concevoir leurs desseins tourmentés, leurs parcours sinueux.
Merci à cet écrivain à l'érudition charpentée et à la documentation blindée qui permet de soulever le voile, que dis-je la couverture, la chape de pans d'Histoire qui me sont méconnus :
- La colonisation par l'Italie d'un pays que j'aimerai visiter : l'Ethiopie, racontée par un vieil Arménien d'Afrique, au grand-père secrétaire du Négus, reclus dans sa solitude et captif de ses photos souvenirs jaunis à dents de timbres. Hilarion a été également un redoutable marchand de canons, véritable chef d'orchestre de la destinée de ces peuples mêlés et emmêlés.
« Nous, marchands d'armes, ne cherchons pas à influencer le cours des événements. Nous n'avons jamais eu ni protégé, ni idéal, ni ambition propre. Nous sommes au coeur de l'Histoire, sans la faire. Comme les humanitaires. »
- La lutte contre la famine de 1985 par la mise en place d'une action humanitaire politiquement controversée, menée par Grégoire, un français à la vie torturée et son équipe bigarrée, véritable mosaïque de l'âme humaine. « J'ai l'impression d'être un combattant ; je sauve et je tue en même temps. Je me bats et j'ai choisi ma cause…Ce n'est pas une cause universelle comme la révolution ou une des grandes épopées auxquelles j'ai toujours rêvé ; c'est une cause humble et personnelle, comme celle du chevalier qui dédit son combat à sa dame. »

Ce livre est comme la vie, il oscille de moments exaltants comme de moments un peu ternes.
Parfois touchant, souvent révoltant, Rufin connaisseur nous fait savourer la délicatesse de princesses déchues noyées dans la détresse se livrant à la débauche dans des bras colonisateurs. Nous partageons le malheur de familles décimées, rongées par la malnutrition dans un pays dévasté par des guerres interminables. « Chaque sillon des champs, dans ce pays, est abreuvé de larmes. »
Malgré tout ça, rien ne m'empêche de pressentir à ce pays un charme fou impénétrable et énigmatique nimbé d'un parfum ténébreux qui lui conserverait toute sa dignité.
J.C Rufin je quitte tes lignes aériennes…Bientôt peut-être, Ethiopian Airlines, bienvenue sur nos lignes…Amsara et les causes, toujours, m'intéresseront. Rastaman vibration, positive…. Yeah !!
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Unhomosapiens
  10 avril 2020
C'est à une plongée dans les missions humanitaires que nous convie l'auteur. Peu de souvenirs de l'intrigue en elle-même mais comme souvent, il m'en reste une ambiance. J'ai peu de difficultés à imaginer ce qu'il reste des ruines de l'empire colonial italien en Erythrée. Visions de palais neo-vénitiens décrepis sous l'action du temps et de l'incurie de ses nouveaux habitants. Je me souviens du "madamisme" décrit par l'auteur. Cette union forcée des femmes locales aux colons italiens pour palier à la solitude de ces derniers. Me reste en mémoire également la difficile action des humanitaires face aux différentes factions en oeuvre. C'est dans le train de Budapest à Oratrea à la frontière roumaine que j'ai parcouru une revue italienne consacrée à l'empire colonial de ce pays que j'ai pris conscience de l'absurdité et de la futilité de cette démarche coloniale. Ruffin a le mérite de savoir mettre en fiction ce pan de l'histoire oublié. L'illusion de pouvoir , d'une part s'approprier le territoire d'un peup!e jugé inférieur et d'autre part, pour les humanitaires, d'espérer apporter un secours aux plus démunis, en dehors de toute notion de différence culturelle. A ce sujet, revoir le magnifique fim de Ridley Scott "La chute du faucon noir". Marco Ferreri avait egalement abordé le sujet controversé de l'aide humanitaire dans un film un peu oublié "Y'a bon les Blancs". le livre de Ruffin a le grand mérite de croiser toutes ces données pour nous offrir une bonne réflexion sur ce thème.
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GrandGousierGuerin
  14 octobre 2013
Environ 300 pages qui se lisent facilement, d'une seule traite … et qui traitent de manière très résumée de la famine en Ethiopie et de l'aide apportée par les Organisation Non Gouvernementales, notamment au travers des Européens en charge de cette aide et en confrontation avec une réalité où ils ne sont que de simples pions sur un échiquier dont toutes les pièces sont forcément sombres. Sur ce jeu se trouvent également les populations affamées qui ne sont même pas des personnages, tout juste un élément du paysage, les militaires loyalistes contre les rebelles, et surtout Asmara, ville décrépite fondée par les colonisateurs italiens et condensant toutes les architectures présentes dans la Botte. Dans cette ville coquille vide ne subsistent que des souvenirs qui se referment sur ceux qui n'ont pas su partir à temps. L'arrivée des Européens apporte un vent frais qui peu à peu s'étiole et disparaît dans la chaleur torride des hauts plateaux. le seul réconfort envisageable se trouve auprès des jeunes filles fières et mystérieuses. Mais là aussi la chair chasse l'illusion et on ne retient en fin que le triste catalogue des vanités balayées et des causes perdues.
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litolff
  07 juin 2011
En plus d'être un excellent romancier, Jean-Christophe Ruffin a d'abord été un "French Doctor" et connait donc parfaitement le sujet de l'humanitaire.
Il démontre ici avec une implacable logique l'inanité de certaines causes humanitaires..., les motivations incertaines des travailleurs humanitaires, quelquefois animés par une générosité discutable et les résultats calamiteux de cette opération, bref un regard sans illusion sur l'ingérence de l'occident sur les cotes erythréennes !
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Plume86
  30 avril 2019
Ma première rencontre avec Jean-Christophe Rufin s'est déroulée, il y a quelques années, avec la lecture de le grand coeur, roman que j'avais énormément aimé. Une intrigue passionnante et trépidante avec un style léger et fluide. Ne comptant pas m'arrêter en si bon chemin, je me suis plongée ce mois-ci dans Asmara et les causes perdues. Ne souhaitant pas en dévoiler trop sur ce roman très court, cet avis sera très certainement bien plus succinct que ce que je produis habituellement.
Asmara et les causes perdues est un roman qui traite de l'action humanitaire en Érythrée. Une chose est sûre, l'auteur connaît bien le sujet puisqu'il tire ce récit de sa propre expérience personnelle. Médecin humanitaire, sa première mission le porte en 1976 dans ce pays où il y rencontrera d'ailleurs sa seconde femme. On sent à travers ces descriptions claires et passionnées, l'attachement émotionnelle de l'auteur pour cette région du globe.
Plus qu'un roman d'action, Asmara et les causes perdues est avant tout un roman d'ambiance où l'auteur à travers les yeux de ses personnages tentent de dénoncer les travers de l'action humanitaire et les manipulations politiques qui s'y attachent mais aussi les ravages de cette guerre d'indépendance.
J'ai particulièrement aimé les descriptions de ces paysages désertiques, des vieilles villes à l'abandon où l'on sent encore à travers l'architecture et sa population notamment, le colonialisme italien passé. C'est un peu comme si de vieux fantômes hantés ces lieux. Il y a comme un doux parfum d'exotisme et une beauté pure qui se dégage de tout cela.
Asmara et les causes perdues est aussi l'histoire d'un vieil arménien qui m'a fait l'effet d'être le gardien de ces lieux et des événements qui s'y sont déroulés. C'est l'Ancêtre avec un grand A, celui qui connaît, que l'on doit écouter, que l'on doit respecter. Au fil du temps, entre les lignes de son journal intime (le roman est uniquement composé de morceaux de ce journal), on sent que c'est un homme qui souffre de la solitude et c'est pourquoi il s'attache tant aux acteurs de cette action humanitaire en Érythrée: enfin il peut se rendre utile et être l'objet d'attention. C'est le personnage qui m'a vraiment le plus touché. J'aurais aimé rester plus longtemps avec lui.
J'en ai également appris beaucoup sur l'histoire de l'Érythrée que je connaissais très peu au final. Ce roman est, selon moi, une excellente porte d'accès pour ceux qui souhaitent en apprendre davantage sur ce pays sans passer par d'ennuyeux ouvrages universitaires illisibles… D'ailleurs l'auteur cite à la fin du livre, quelques ouvrages sur les sujets qui y sont abordés, cela mérite un petit coup d'oeil.

Asmara et les causes perdues est un petit bijou qui mérite d'être découvert. Dans un décor dépaysant qui vous fera véritablement voyagé, l'auteur dresse une fine dénonciation des dessous de l'action humanitaire et des manipulations politiques qui en découlent. Sous la plume du personnage principal, le vieil arménien Hilarion, le lecteur découvre l'histoire de ce pays qui a gardé les traces passées du colonialisme italien et qui est menacé par ces luttes intestines. Belle et sincère déclaration d'amour de l'auteur pour cette région d'Afrique qui a souffert de la guerre et qui subit encore de nos jours de nombreuses répressions gouvernementales… Si vous vous intéressez à l'action humanitaire et à l'Érythrée, ce roman est parfait pour vous.

Lien : https://uneplumesurunparchem..
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
AelaAela   26 janvier 2011
Trop d'hommes, pas assez de ressources. La misère arrive et avec elle la guerre. Alors bientôt; ce n'est plus la misère, mais la famine, la vraie, complète, terrible, sans pitié.
Que font les nations riches pour nous aider? Elles envoient leurs camions de nourriture et leurs équipes de médecins. Le résultat est satisfaisant à court terme: on nourrit les affamés. Mais les conséquences plus lointaines sont désastreuses. Tous ces enfants sauvés, ces vieillards, ces femmes sont autant de bouches à nourrir demain sur ces mêmes terres épuisées. Et toutes ces aides déversées sans discernement sur cette zone avantagent autant les rebelles que les civils. Le plus souvent, on ne peut d'ailleurs plus les distinguer.
C'est la guerre que l'on nourrit. Demain, quand l'aide étrangère s'arrêtera, que restera-t-til? Une guerre plus violente, des terres plus ravagées et une population plus nombreuse et misérable...
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PancracePancrace   30 avril 2018
Avouez, Hilarion, que le rêve colonial est une chose bien étrange et incompréhensible. Conquérir le coin le plus reculé de la terre, pour le faire ressembler à chez soi.
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PancracePancrace   08 mai 2018
Tout l'art des lettrés dans ce pays (l’Éthiopie) repose sur la capacité de dissimuler dans une phrase d'allure banale un contenu essentiel et caché. C'est ce qu'ils appellent l'or et la cire : la gangue banale du moule, qui renferme dans son intimité la splendeur du joyau brillant.
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SergePlennevauxSergePlennevaux   12 mai 2012
Faire valoir à l'autre ce que l'on veut, tout en paraissant le lui refuser..Voilà tout l'art.
J'aimais l'idée d'empire.Beaucoup d'italiens sont comme cela : ils ne se reconnaissent que dans leur région ou dans l'empire, mais l'état ne les intéresse pas.
"D'abord la gloire et après les moutons."
Le madamismo...L'antchilite..c'est un nom de maladie formé sur le mot antchi, toi...Les antchilites les plus graves frappaient des malheureux qui n'avaient jamais seulement posé la main sur leur prétendue compagne...
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PancracePancrace   02 mai 2018
L'âme est ainsi faite que vous vous habituez à toutes sortes d'injustices lorsqu'elles paraissent constituer la trame même de la vie.
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Vidéo de Jean-Christophe Rufin
Retour sur la rencontre littéraire du 8 octobre 2020, au sein du Café littéraire d'Orange, avec le président du Prix Orange du Livre 2020 Jean-Christophe Rufin et le lauréat 2020 Guillaume Sire pour son roman "Avant la longue flamme rouge", paru aux éditions Calmann-Levy.
Jean-Christophe Rufin évoque également son dernier livre, le troisième volet des énigmes d'Aurel le consul, "Le flambeur de la Caspienne", publié aux éditions Flammarion.
Rencontre animée par Karine Papillaud, journaliste littéraire.

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