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ISBN : 2070455378
Éditeur : Gallimard (02/10/2014)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.7/5 (sur 965 notes)
Résumé :
4° de couverture :
(Edition source : Editions Guérin, Démarches - 03/2013)
ISBN : 9782352210610


Jean-Christophe Rufin a suivi à pied, sur plus de huit cents kilomètres, le "Chemin du Nord" jusqu'à Saint-Jacques-de-Compostelle. Beaucoup moins fréquenté que la voie habituelle des pèlerins, cet itinéraire longe les côtes basque et cantabrique puis traverse les montagnes sauvages des Asturies et de Galice.

"Chaque foi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (204) Voir plus Ajouter une critique
BazaR
  15 janvier 2014
Jean-Christophe Rufin écrit sur son pèlerinage de Compostelle. J'aime l'auteur, j'aime la marche, je cède au succès de librairie, j'achète, je lis.
Je me régale.
J-C. (nommons-le ainsi) attaque avec un peu de morgue; "facile pour un alpiniste comme moi"; cool au début: beau paysage, solitude. Mais ça s'allonge, ça dure, ça s'arrête pas! La douleur s'insinue puis crie dans tout son corps, et faut pas lâcher, et le paysage n'aide souvent pas (bord d'autoroute, pipeline, banlieue crade, bord de mer bétonné).
Et son état d'esprit évolue, ses pensées commencent par s'effilocher, le vide s'installe dans sa tête, l'esprit religieux en profite pour s'installer avant d'être chassé par une spiritualité plus personnelle et un état que J-C. décrit comme proche du Bouddhisme. Ses descriptions sont très détaillées, et pourtant reconstruites à partir de souvenirs car Môssieur n'a rien écrit en route (ce sont les éditeurs Guérin qui l'ont convaincu). Correspondent-elles à la réalité du moment du coup? Sais pas...
Et il rencontre des gens rigolos (ou pas), des dragueurs et leur proie, des dragueuses dont il est la proie, des types plus ou moins bourrés qui se débrouillent toujours pour faire l'étape plus vite que lui, des moines convertis aux lois du marché, des chasseurs de photos qui circulent en bus, sa femme qu'il arrive à paumer sur ce qu'il croit être un raccourci...
Je suis moi-même marcheur, à un moindre niveau. Mon truc c'est plutôt les marches de nuit de 50km environ, genre Paris-Mantes. Et j'ai trouvé jouissif de retrouver des sensations ou réactions chez J-C. A moi aussi on me demande toujours "mais bon sang pourquoi tu fais ça? Y'a rien à voir la nuit! T'es maso ou quoi?" et moi non plus je ne sais pas vraiment quoi répondre. Moi aussi je suis dévoré par la douleur (car je ne suis jamais assez entrainé hé, hé!), sent le vide envahir ma tête et essaie de tenir bon jusqu'à l'arrivée où (quand je l'atteins) où je me dit qu'on ne m'y reprendra plus... et pourtant j'y retourne. Mais ce que je ne connais pas c'est la reproduction de ces sensations sur la durée. Moi après une nuit de galère je retrouve mon lit et c'est fini. Là il faut recommencer chaque matin. Gasp!
Faudra que je tente ce pèlerinage un jour... Ça me trotte dans la tête depuis longtemps. le plus dur c'est de dégage assez de temps...
Un livre qui m'a procuré une émotion proche de la complicité. Rien que pour ça ça valait le coup.
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YvesParis
  06 août 2013
Je me suis déjà vanté ici des liens d'amitié qui m'unissent à Jean-Christophe Rufin et de mon absence subséquente d'objectivité à commenter ses livres.
C'est avec la même subjectivité assumée que j'ai pris et refermé son journal de bord du pèlerinage de Compostelle. Je l'ai trouvé trop court - alors que j'avais trouvé le grand Coeur trop long. Preuve que je ne suis jamais content !
Comme tous les livres de l'académicien, celui-ci est déjà un best-seller qui truste les premières places des listes des meilleures ventes de l'année 2013 : qu'il traite du terrorisme islamique (Katiba) d'histoire médiévale (Le grand Coeur) ou de marche à pied cantabrique (Immortelle randonnée), Jean-Christophe Rufin rencontre à chaque coup un très large public - dont je me demande s'il s'agit du même public ou s'il varie d'une fois à l'autre.
Ce best-seller sera en plus un long-seller. Comme le grand Coeur qui sera vendu pour les siècles des siècles au syndicat d'initiative de Bourges, Immortelle randonnée sera en bonne place au Vieux campeur et à toutes les étapes du chemin de Saint-Jacques, disponible dans les formats les moins encombrants pour se glisser aisément dans la besace des pèlerins. Joli coup de marketing !

Qui y cherchera un guide de voyage pour accompagner son cheminement le long du chemin de Saint-Jacques sera inévitablement frustré. Sans doute ce carnet de route a-t-il pour cadre le Camino del Norte que l'écrivain sexagénaire mais néanmoins toujours ingambe a arpenté des Pyrénées jusqu'à Saint-Jacques. Mais au fond, Jean-Christophe Rufin y parle autant sinon plus de lui-même que du chemin qu'il parcourt.
Paradoxalement, il n'y met aucune morgue. Ce serait presque le contraire. Loin de se donner le beau rôle, il se donne le mauvais non sans masochisme : ampoule aux pieds, insomnie, ronflement des compagnons de nuitée, rien ne nous est épargné des tracas quotidiens du grand marcheur.
Les jaloux y verraient de la fausse modestie. Il n'en est rien. Rufin est dans ses livres comme il est dans la vie : curieux de tout et solitaire, ronchon et enthousiaste, sportif et hypocondriaque ... Tout est résumé d'une phrase : "En partant pour Saint-Jacques, je ne cherchais rien et je l'ai trouvé".
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tynn
  24 novembre 2013
Des les premières pages, j'ai senti poindre plaisir et jubilation!
Pour moi qui jamais ne ferai le chemin de Compostelle, par paresse et/ou par manque de spiritualité, il était intéressant de mettre en perspective le point de vue forcement littéraire de Jean-Christophe Rufin et des courageux Jacquets de mon entourage qui ont tenté l'aventure.
Groupie fidèle de l'auteur depuis ses premiers livres, cette lecture fut une très agréable récréation. J'en ai savouré comme d'habitude l'écriture fluide, et me suis régalée de l'humour, de la sympathique ironie, de l'autodérision qui autorise la critique, et du ton légèrement condescendant, peut être involontaire, mais qui a du faire grincer quelques dents de piétons médiévaux.
Le Chemin est un voyage en compagnie de soi, une expérience personnelle qui ouvre à la réflexion. Au retour "civilisé", les réminiscences du marcheur s'attachent à l'essentiel, avec poésie, intelligence et humilité.
Chacun fait son chemin comme il l'entend!
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le_Bison
  07 juin 2014
Avant de chausser les crampons et crapahuter les chemins de campagne, avant même de prendre la décision de quitter le confort douillet de mon canapé marron (celui-là même où je bois mes tendres binouzes et où je lis mes romans en tenue d'Adam), j'ai besoin de faire le point. Sur ma vie, sur mes envies. Mettre les idées au propre, la volonté sur papier. Savoir le pourquoi, trouver le où, réfléchir au quand et définir le comment. Un tel voyage, une telle expédition, cela ne s'improvise pas, cela nécessite mure réflexion, de nombreuses questions s'entrechoquent dans ma tête, de plus en plus lourde, il me faut une bière. C'est à ce prix-là que se font les plus grandes aventures humaines.
Remplir le sac-à-dos de choses uniquement utiles. Un marcheur professionnel saura à l'avance faire la distinction entre le futile ET l'indispensable. Je crains que pour ma part, je risque rapidement de crouler sous son poids, comme le novice que je suis. C'est que quand j'y réfléchis (et réfléchir me donne mal à la tête, sauf si je bois une bière en même temps), tout me parait essentiel : caleçons et tee-shirts, des paires de chaussettes pas trop trouées, un décapsuleur, un tire-bouchon, un recueil de nouvelles de Bukowski, un bloc-note, quelques boites de préservatifs et une paire de chaussures pas trop neuve, solide et adaptée à mon pied gauche plus large que mon sabot droit, un pack de bières – ou deux.
Bon, le sac-à-dos est une chose réglée. Après tout, je ne vais pas trop me prendre la tête pour quelques poids supplémentaires sur mes épaules, larges et musclées. D'ailleurs, une fois que j'aurais fini les canettes de bières, elles pèseront moins lourdes, une fois que les préservatifs seront usagés, ils partiront à la poubelle des déchets non recyclables ; et le sac n'en deviendra que plus léger. Maintenant, alors que la nuit tombe et que les étoiles me font des clins d'oeil, le parcours à définir : autre prise de tête, il me faut une nouvelle bière.
La question de la route est plus épineuse qu'elle n'y parait et prête à diverses interprétations. Il y a le puriste que je suis qui voudrait faire le plus long parcours qui soit. Et puis, il y a le côté pragmatisme qui me susurre à l'oreille de ne démarrer le chemin qu'à partir de la frontière espagnole. (Après tout, il y a bien des bus qui amènent les touristes aux portes de Compostelle). Ce n'est déjà pas si mal, m'entends-je dire. Coupons le saucisson en deux, si je partais de Vézelay ? Mon côté spirituel apprécie de démarrer par ce symbole, mon côté sportif est à son comble. Ok, pour le point de départ. Mais rien ne sert de partir à point, si tu ne vois pas la ligne d'arrivée (célèbre dicton récité après la troisième bière). Deux grandes routes s'offrent à moi : la version centre qui traverse les montagnes ou la version côte pour admirer le cadre sauvage et décharné du Pays Basque espagnol. Je ne demande pas aux spécialistes, il y a les pour et les contre, comme toujours, impossible à départager. Je sens que cela va se jouer à la courte-paille, à moins que… à moins que… il me faut encore une bière pour prendre cette décision.
A la quatrième bière, je deviens plus serein. La route de Saint-Jacques ne me fait plus peur. Je croise en chemin Jean-Christophe Rufin qui me parle de son Compostelle. Malgré moi, je l'écoute, je le suis, je bois ses paroles. Nous sympathisons. Il a tant à dire sur son chemin, sur cette aventure qui l'a transformé, sur les grosses teutonnes qu'il a croisé en route et sur les massages qu'elles auraient pu lui faire. Belles grosses teutonnes. Rêve ou cauchemar, il les revoit encore toutes les nuits avec leur sourire si coquin et avenant. Et moi donc. Faut oublier l'ami, je t'offre une bière ? Mon premier Rufin ne sera donc pas un roman, mais une oeuvre mi-philosophique mi-carnets de voyage. Ce n'en reste pas moins une grande expérience. Même pour raconter la banalité d'une promenade le long des autoroutes basques, entre dépôts et usines, sa plume reste belle, sa vision optimiste et son envie de partager intacte. J'ai commencé donc par Compostelle malgré moi, mais je poursuivrais certainement d'autres voies avec son écriture.
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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TheWind
  22 avril 2017
« En partant pour Saint-Jacques, je ne cherchais rien et je l'ai trouvé. » nous dit Jean-Christophe Rufin. Et ce n'est certainement pas à Compostelle qu'il a trouvé sa vérité, l'essence même de ce voyage mais bien, sur le Chemin qui y mène.
Qu'est-ce qui poussent les pèlerins sur le chemin de Compostelle ? Il y a toutes sortes de raisons. Des raisons religieuses, bien sûr mais bien d'autres encore : Défis sportifs, aventures romantiques, besoin de faire le point sur sa vie, envie de solitude, nécessité d'un retour aux sources...
Parfois, il n'y a pas vraiment de raison. L'auteur va même jusqu'à dire :
« Comment expliquer à ceux qui ne l'ont pas vécu que le Chemin a pour effet sinon pour vertu de faire oublier les raisons qui ont amené à s'y engager ? On est parti, voilà tout. »
Alors, voilà, peu importe la raison, peu importe même l'aboutissement de ce voyage, c'est le Chemin lui-même qui vous conduit à trouver sa propre vérité.
Pour Jean-Christophe Rufin, ce fut sans doute une aventure mystique et intellectuelle où chaque pas, chaque découverte d'un lieu chrétien le renvoyait à L Histoire, à celle des Chrétiens mais surtout à celle de l'Humanité. Il finit même sa réflexion en disant que le Chemin de Saint-Jacques de Compostelle est un « pèlerinage bouddhiste ».
Mais ce livre n'offre pas seulement une réflexion. Jean-Christophe Rufin y relate son parcours depuis Hendaye, émaillé d'anecdotes amusantes et de rencontres insolites. Il y raconte avec bonne humeur et un sens de l'humour très proche de l'autodérision les joies et les peines du randonneur, sans nous épargner les petits malheurs physiques et matériels.
Compostelle malgré lui, peut-être mais pour la plus grande joie du lecteur !
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critiques presse (6)
Chatelaine   02 juillet 2014
Un des plus célèbres au Moyen Âge, presque disparu pendant un temps, le pèlerinage à Compostelle connaît un regain de popularité et conserve, malgré un indéniable effet de mode, son aura spirituelle.
Lire la critique sur le site : Chatelaine
Chatelaine   28 octobre 2013
800 kilomètres qu’il a parcourus par tous les temps, odyssée qu’il raconte dans ce récit passionnant où l’on retrouve sa liberté de ton, sa plume fluide et un humour salutaire.
Lire la critique sur le site : Chatelaine
LaPresse   19 août 2013
C'est un livre précieux que signe Jean-Christophe Rufin. On y trouve une ambiance, des paysages, des rencontres, des réflexions, un questionnement personnel, une perspective spirituelle.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LaPresse   12 juin 2013
Voici un livre que vous ne le quitterez pas avant la dernière page. Et ce, même si le sujet Compostelle vous indiffère.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeFigaro   05 avril 2013
Médecin, ambassadeur, académicien, tout récent lauréat du Prix Nomad's, le Goncourt raconte son pèlerinage. [...] De cette expérience, il en a ramené un récit rafraîchissant et plein d'humour. C'est Candide à Saint-Jacques-de-Compostelle...
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeFigaro   29 mars 2013
Mais cet homme en nage a tout de même traversé les Pyrénées, en route vers Compostelle par le chemin du nord - la montagne. À voir son air hagard, il semble avoir souffert. Et pourtant, à première vue, son récit est alerte, rempli de notations drôles et lucides. Il porte un titre intrigant: Immortelle randonnée.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (197) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   30 août 2013
Avec un entrainement physique minimum, il est assez facile d'affronter les journées du pèlerin. Les nuits, c'est autre chose. Tout dépend de l'aptitude que l'on a à dormir n'importe où et avec n'importe qui. Il y a beaucoup d'injustice, en cette matière : certaines personnes, à peine la tête sur l'oreiller, s'endorment profondément et un train qui passe à proximité ne les réveille pas. D'autres, dont je fais partie, sont habitués aux interminables heures passées à plat dos, les yeux grands ouverts, les jambes agitées d'impatiences. Et quand, au terme de ces longues attentes, ils finissent par s'assoupir, une porte qui grince, une conversation chuchotée, un simple frôlement suffisent à les réveiller.
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malimor1malimor1   03 janvier 2015
"Quiconque marche sur le Chemin finit tôt ou tard par penser qu'il y a été condamné. Que ce soit par lui-même ne change rien : les sanctions que l'on s'impose n'ont pas moins de rigueur, souvent, que celle qu'inflige la société.
On part pour Saint-Jacques avec l'idée de liberté et bientôt on se retrouve, parmi les autres, un simple bagnard de Compostelle. Sale, épuisé, contraint de porter sa charge par tous les temps, le forçat du Chemin connaît les joies de la fraternité, à l'image des prisonniers."


"Le Chemin est une alchimie du temps sur l'âme."


"La nuit tomba et je la contemplai avant de me coucher pour de bon. En une journée, j'avais tout perdu : mes repères géographiques, la stupide dignité que pouvaient me conférer ma position sociale et mes titres. Cette expérience n'était pas la coquetterie d'un week-end mais bien un nouvel état, qui allait durer.
En même temps que j'en subissais l'inconfort et que je pressentais les souffrances qu'il me ferait endurer; j'éprouvais le bonheur de ce dépouillement. Je comprenais combien il était utile de tout perdre, pour retrouver l'essentiel.
Ce premier soir, je mesurais la folie de l'entreprise autant que sa nécessité et je me dis que, tout bien considéré, j'avais bien fait de me mettre en route."


"A mesure que la transformation s'opère, on devient à la fois complétement étranger à ce que l'on était avant et prêt à rencontrer les autres."


"...Il me semble que le passé doit être laissé à la discrétion d'un organe capricieux mais fascinant qui lui est spécialement dédié et que l'on nomme mémoire.
Elle trie, rejette ou préserve selon le degré d'importance dont elle affecte les événements. Ce choix n'a que peu à voir avec le jugement que l'on porte sur l'instant. Ainsi des scènes qui vous ont paru extraordinaires, précieuses, disparaîssent sans laisser de trace tandis que d'humbles moments, vécus sans y penser, parce qu'ils sont chargés d'affects, survivent et renaissent un jour."

"Mais le Chemin est plus fort que ces démons tentateurs. Il est habile, il est retors : il les laisse s'exprimer, se dévoiler, croire à leur triomphe et puis, d'un coup, il éveille le dormeur qui se dresse en sueurs dans son lit. Telle la statue du Commandeur, le Chemin est là, qui pointe sur vous un doigt accusateur. " Comment ? Tu vas te dérober, connaître la honte du retour prématuré ! La vérité est que tu es un lâche. Tu as peur. Et sais-tu de quoi ? De toi-même. Tu es ton pire ennemi, celui qui fait obstacle à l'effort, depuis toujours. Tu n'as pas confiance en toi. Et moi, Saint-Jacques, je te donne l'occasion unique de te délivrer de ces entraves, de t'affronter toi-même et de te vaincre."

"Le marcheur se retrouve lui-même avec émotion comme s'il rencontrait soudain une veille connaissance. Projeté dans l'inconnu, l'ailleurs, le vide, le lent, le monotone, l'interminable, il laisse sa pensée se blottir dans l'intimité d'elle-même.
Tout devient exaltant et beau : les souvenirs, les projets, les idées. On se surprend à rire tout seul. D'étranges mimiques se forment sur le visage qui ne sont destinées à personne puisqu'on a pour seule compagnie les arbres et les poteaux télégraphiques. Le pas, c'est bien connu, agit sur la pensée comme un vilebrequin : il l'ébranle, la met en route, reçoit en retour son énergie. On avance à l'allure de ses songes et, quand ils sont lancés à plein régime, on court presque."

"Et là, dans ces splendeurs, le Chemin m'a confié son secret. Il m'a glissé sa vérité qui est tout aussitôt devenue la mienne. Compostelle n'est pas un pèlerinage chrétien mais bien plus, ou bien moins selon la manière dont on accueille cette révélation. Il n'appartient en propre à aucun culte et, à vrai dire, on peut y mettre tout ce que l'on souhaite. S'il devait être proche d'une religion ce serait à la moins religieuse d'entre elle, celle qui ne dit rien de Dieu mais permet à l'être humain d'en approcher l'existence : Compostelle est un pèlerinage bouddhiste. Il délivre des tourments de la pensée et du désir. Il ôte toute vanité de l'esprit et toute souffrance du corps, il efface la rigide enveloppe qui entoure les choses et les sépare de notre conscience ; il met le moi en résonance avec la nature. Comme toute initiation elle pénètre dans l'esprit par le corps et il est difficile de la faire partager à ceux qui n'ont pas fait cette expérience."

"Le poids, c'est de la peur."

"Pour moi, le raccourci c'est l'aventure et, quoi qu'il advienne, le bonheur."

"Certains aspects du Chemin sont un peu plus durables : pour moi, ce fut surtout la philosophie de la mochila (sac à dos en espagnol). Pendant plusieurs mois après mon retour, j'ai étendu la réflexion sur mes peurs à toute ma vie. J'ai examiné avec froideur ce que littéralement je porte sur le dos.. J'ai éliminé beaucoup d'objets, de projets, de contraintes. J'ai essayé de m'alléger et de pouvoir soulever avec moins d'efforts la mochila de mon existence."

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le_Bisonle_Bison   07 octobre 2013
Et là, dans ces splendeurs, le Chemin m’a confié son secret. Il m’a glissé sa vérité qui est tout aussi devenue la mienne. Compostelle n’est pas un pèlerinage chrétien mais bien plus, ou bien moins selon la manière dont on accueille cette révélation. Il n’appartient en propre à aucun culte et, à vrai dire, on peut y mettre tout ce que l’on souhaite. S’il devait être proche d’une religion, ce serait la moins religieuse d’entre elles, celle qui ne dit rien de Dieu mais permet à l’être humain d’en approcher l’existence : Compostelle est un pèlerinage bouddhiste. Il délivre des tourments de la pensée et du désir, il efface la rigide enveloppe qui entoure les choses et les sépare de notre conscience ; il met le moi en résonance avec la nature.
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MahaDeeMahaDee   24 mars 2017
Lorsque, comme moi, on ne sait rien de Compostelle avant de partir, on imagine un vieux chemin courant dans les herbes, et des pèlerins plus ou moins solitaires qui l'entretiennent en y laissant l'empreinte de leurs pas. Erreur grossière, que l'on corrige bien vite lorsqu'on va chercher la fameuse credencial, document obligatoire pour accéder aux refuges pour pèlerins !
On découvre alors que le chemin est l'objet sinon d'un culte, du moins d'une passion, que partagent nombre de ceux qui l'ont parcouru. Toute une organisation se cache derrière le vieux chemin : des associations, des publications, des guides, des permanences spécialisées. Le chemin est un réseau, une confrérie, une internationale. Nul n'est contraint d'y adhérer mais cette organisation se signale à vous dès le départ en vous délivrant le credencial, se passeport qui est bien plus qu'un bout de carton folklorique.
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dancingbravedancingbrave   05 octobre 2016
Je commençais à percevoir en moi la présence d’un délicieux compagnon : Le vide.
Mon esprit ne formait plus d’image, aucune pensée, encore moins de projet. Mes connaissances, si j’en avais eu, avaient disparu dans les profondeurs et je n’éprouvais aucun besoin d’y faire appel. En découvrant un paysage, il ne me venait pas à l’esprit qu’il pût ressembler à la Corse, ni à nul autre lieu que j’avais connu. Je voyais tout avec une fraîcheur éblouissante et j’accueillais la complexité du monde dans un cerveau devenu aussi simple que celui d’un reptile ou d’un étourneau.
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Jean-Christophe Rufin parle de son livre « le tour du monde du roi Zibeline ».
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L'émission Au Fil Des Mots, présentée par Christophe Ono-dit-Biot, est diffusée le samedi à 17h00 et à 23h00 et le dimanche à 16h00 sur LCI. Elle est également rediffusée le lundi en troisième partie de soirée sur TF1.
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