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EAN : 978B08562TVY3
320 pages
Éditeur : Flammarion (17/06/2020)
3.57/5   273 notes
Résumé :
Le pays : un rêve...
Habitué aux destinations calamiteuses, Aurel Timescu, le petit Consul, est pour une fois affecté dans un lieu enchanteur. Bakou, capitale de l'Azerbaïdjan ex-soviétique, est une ville pleine de charme au climat doux, au luxe élégant. A la terrasse de cafés d'allure parisienne, on y déguste un petit blanc local très savoureux.
L'ambassade : un cauchemar...
Le chef de poste, autoritaire et brutal, est bien décidé à se débar... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (60) Voir plus Ajouter une critique
3,57

sur 273 notes

Fandol
  02 janvier 2021
C'est toujours avec un brin de nostalgie que je tourne la dernière page du récit des aventures d'Aurel Timescu, personnage extraordinaire créé par l'excellent Jean-Christophe Rufin.
Après la Guinée et le Mozambique, notre héros si original se retrouve à Bakou, en Azerbaïdjan, sur les rives de la mer Caspienne.
Sur place, il est d'abord ravi, agréablement surpris par ce pays qu'il découvre et moi avec lui, évidemment, ce qui n'est pas un des moindres avantages des aventures d'Aurel.
Le Flambeur de la Caspienne, après le Suspendu de Conakry et Les Trois femmes du Consul, renouvelle sensiblement ce style de roman et je trouve ce troisième opus encore plus riche en émotion, en suspense, en psychologie des principaux personnages et en enseignements politiques que les deux précédents.
L'accueil hostile que lui réserve Gilles de Carteyron, l'Ambassadeur de France à Bakou, ne décourage pas Aurel, au contraire. Justement, l'Ambassadeur est en deuil car Marie-Virginie, son épouse, vient de se tuer en chutant d'une haute muraille d'une forteresse où elle exerçait ses talents de photographe. Cela s'est passé dans l'enclave du Nakhichevan, république autonome d'Azerbaïdjan où il est très difficile de se rendre.
Aurel, comme à son habitude, va s'intéresser à ce triste événement, fouiner, se renseigner, jouer avec son style inimitable et s'attirer la sympathie des femmes travaillant à l'ambassade. Je n'oublie pas celui qu'il appelle « Petit oncle », Minha Timescu, un entomologiste passionné qui lui apporte une aide précieuse. J'ajoute aussi la visite officielle des trois sénateurs venus de France pour superviser des contrats commerciaux. Un certain Noël Gauvinier, sénateur du Tarn, est conquis par Aurel et cela donne quelques épisodes savoureux.
Au cours de ce roman, j'ai particulièrement apprécié que l'auteur affine la personnalité de son héros et me fasse découvrir encore d'autres facettes de son caractère.
Dans ce pays où le pétrole coule abondamment, il est difficile de faire entendre des voix discordantes au pouvoir en place comme le prouve le sort réservé au journaliste et opposant politique, Yskandar, un épisode éloquent bien traité par l'auteur.
Consul adjoint à l'ambassade de France, Aurel Timescu est aussi un excellent pianiste qui aime un peu trop le tokay. Ses distractions, ses étourderies, son humour au second voire au troisième degré se révèlent des atouts précieux quand il s'agit de faire éclater la vérité.
Alors, impossible de divulgâcher sans dénaturer tout plaisir de lecture mais si Jean-Christophe Rufin veut poursuivre les aventures d'Aurel Timescu en l'envoyant dans un autre coin improbable de notre planète, je suis pour !

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ODP31
  07 octobre 2020
Un casse-pied au bord de la Caspienne.
Notre consul préféré, Aurel Timescu, poursuit sa tournée des ambassades au gré de ses affectations plus disciplinaires que promotionnelles. Les tampons sur son passeport valent sanction, seul consul immunisé contre l'immunité diplomatique.
Célèbre pour son goût très modéré pour le travail et sa manie de se mêler uniquement de ce qui ne le regarde pas, sa réputation de canard boiteux lui vaut plus de mises au placard que d'accès aux fastes et tapis rouge des ambassades.
Après deux premières aventures en terres Africaines inhospitalières, Jean Christophe Ruffin mute son héros à Bakou, et ce n'est pas cher payé. En effet, Aurel trouve le Caucase plutôt cocasse et la capitale de l'Azerbaïdjan à son goût. Peu importe que l'ancienne république soviétique soit une pétromonarchie allergique aux libertés individuelles, le climat est favorable à la santé et aux humeurs solitaires du bonhomme.
Tout heureux à son arrivée de ne se voir confier aucune mission car on souhaite le renvoyer en soute avec la première valise diplomatique, Aurel s'accroche à sa nouvelle affectation pour pouvoir enquêter sur la mort mystérieuse de l'épouse de l'ambassadeur. Sa léthargie s'efface toujours quand il est confronté à une injustice touchant une femme. Son sang, dilué au vin blanc, ne fait qu'un tour car au-delà, c'est bien trop fatiguant.
Comme toujours, le petit consul cumule attitudes lunaires et désobéissances polies tout au long de l'intrigue. L'homme à inventé les règles pour permettre aux rebelles de s'en affranchir. le consul n'obéit qu'à sa propre logique.
Si certains ont le don de transformer en or tout ce qu'ils touchent, Aurel Timescu possède le talent rare de sauter à pieds joints et poings liés dans les flaques aux eaux nauséabondes des affaires d'états. Un chien mal dressé renifleur de magouilles internationales. Homme d'inaction, Aurel traverse les dangers sans vraiment s'en rendre compte, encaisse les coups et les humiliations avec le détachement d'un être en panne d'émotions.
Jean Christophe Rufin prend toujours autant de plaisir avec son consul et nous le fait partager. J'ai préféré ce troisième opus aux précédents car il accorde davantage de place aux autres personnages du roman qui gagnent en complexité et en épaisseur de traits. Aurel ne porte pas tout le récit sur ses épaules voutées. Il s'allie à une attachée d'ambassade, complote avec un opposant au régime et sympathise avec un parlementaire français en mission protocolaire.
Le ton reste léger et l'auteur privilégie l'aventure au cours de géopolitique.
Dans l'attente de l'inspiration de son auteur et de son prochain avion, j'imagine assez bien Aurel l'apatride jouant quelques partitions sur un de ces pianos qui sont installés dans les zones d'embarquement de certains aéroports, heureux de profiter du moment présent.
Une douce lecture de dimanche, après le poulet rôti, pendant une averse de pluie et qui devance les pensées maussades annonciatrices du lundi.

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Cancie
  30 décembre 2020
Après la Guinée et le Mozambique, Jean-Christophe Rufin nous entraîne cette fois en Azerbaïdjan, sur les pas de Aurel Timescu, cet attachant personnage, qui vient prendre son poste de Consul-adjoint pour trois ans, dans la capitale Bakou, au bord de la mer Caspienne. Ce pays du Caucase situé sur la ligne de division entre l'Europe et l'Asie a gagné son indépendance au moment de l'éclatement de l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) en 1991.
Aurel, si vous avez lu les deux précédents tomes, déteste la chaleur, n'est pas réputé pour son abstinence et n'apprécie pas les régimes totalitaires. N'oublions pas qu'il a fui sa Roumanie natale pour échapper à Ceausescu. Or le dénommé Prache, son persécuteur au service des ressources humaines l'avait convoqué pour lui annoncer méchamment cette nouvelle "Vous allez apprécier, j'en suis sûr. Écoutez ça : islam religion d'état, latitude tropicale, climat désertique. le pays est coincé entre la Russie et l'Iran, des voisins charmants. Au fait, j'oubliais un détail : il est en guerre, hé ! hé ! Avec l'Arménie, leur troisième voisin."
Et voilà qu'arrivé à Bakou, Aurel n'en revient pas, la ville lui rappelle à la fois Paris et Bucarest, les deux villes qu'il aimait le plus au monde, celle où il avait grandi et celle où il avait trouvé refuge.
Lorsqu'il se rend à l'Ambassade pour prendre son poste, l'ambiance est bonne. Il est accueilli par Amélie Laugier. Elle lui expose en quelques mots la mission du service consulaire dont elle est la cheffe et où il aura à l'assister comme adjoint et lui présente l'équipe. L'Ambassadeur, quant à lui étant en déplacement, elle lui dit d'en profiter pour s'installer. Il apprend cependant que Mme de Carteyron, la femme de l'Ambassadeur, est décédée il y a un mois, dans un accident, en visitant un monument en ruine. Elle avait quarante-cinq ans.
Quand Aurel retourne à la chancellerie pour rencontrer l'Ambassadeur, l'ambiance a changé du tout au tout et celui-ci le reçoit avec un regard dur, une expression de pitié méprisante et lui assène qu'il partira. Aurel, dans un premier temps désemparé, réagit, se disant qu'il ne va pas se laisser faire. Il s'aperçoit, en fait qu'il ne connaît pas les circonstances de la mort de Mme de Carteyron et le comportement de cet homme lui inspire des soupçons, une intuition en quelque sorte et Aurel s'est toujours fié à ses intuitions. Il va donc mener l'enquête, une enquête, entre mafias locales et grands contrats internationaux, qui prendra l'ampleur d'une affaire d'Etat, une enquête où il se retrouve, cette fois, à faire équipe et qui va être rondement menée.
Le flambeur de la Caspienne est un polar superbement écrit, dans lequel cet anti-héros qu'est Aurel nous est particulièrement sympathique. Ses fringues et son accoutrement, d'une autre époque, sa fausse maladresse légendaire apportent beaucoup d'humour au récit et m'ont parfois fait penser à Colombo. Impossible de résister à la scène où, à la réunion de service à laquelle sont présents tous les membres de l'Ambassade, lui compris, il s'est déchaussé et s'étant un peu assoupi, doit fébrilement retrouver ses chaussures, la séance étant levée ! Il préfère également de beaucoup son vieux piano, une partie d'échecs et une bouteille de Tokay bien frais aux dossiers trop ennuyeux du bureau.
L'auteur, ayant été lui-même ambassadeur à Dakar (Sénégal) connaît particulièrement le milieu diplomatique et en restitue l'atmosphère au plus juste. Très intéressante et très instructive aussi, l'analyse politique et historique de ce pays assez méconnu que l'Azerbaïdjan. Si, pour le deuxième tome, j'avais émis un avis un peu mitigé, j'ai à nouveau été conquise par celui-ci.

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kielosa
  07 août 2020

Un dépaysement en compagnie de Jean-Christophe Rufin est toujours un succès garanti, peu importe la destination par ailleurs. Si en plus il nous embarque pour l'exotique mer Caspienne, l'on peut dormir sur ses 2 oreilles, façon de parler bien sûr. Bakou, la capitale de l'Azerbaïdjan, se trouve complètement en dehors des chemins battus par les touristes occidentaux.
Bakou me rappelle le tycoon Calouste Gulbenkian (1869-1955), en fait un Arménien, qui a joué un rôle important au début de l'exploration et exploitation pétrolière. Devenu immensément riche et puissant, il voulait que l'Angleterre le créé lord. Lorsque le gouvernement de sa Gracieuse majesté refusait, à cause de son origine, mécontent il est parti au Portugal, où à sa mort, il a légué sa superbe et colossale collection d'art. Si vous passez par Lisbonne, n'oubliez pas d'aller visiter le Musée Calouste-Gulbenkian.
Le nouveau consul adjoint de France en Azerbaïdjan, Aurel Timescu, que nous connaissons déjà du précédent roman "Les trois femmes du consul", paru l'année dernière (2019), vient de débarquer à Bakou et est tout étonné par l'aspect "Petit-Paris haussmannien" du centre-ville.
L'endroit lui plaît, mais le malchanceux Aurel craint qu'il s'agisse d'une erreur et qu'on va bientôt l'expédier à un endroit infect. Par acquit de conscience, il se rend à l'ambassade de France et sa seconde grande surprise : le consul, son chef, est une jeune dame qui avec ses 25 ans a la moitié de son âge. Amélie Laugier a des yeux d'un bleu de porcelaine qui la rendent encore plus jeune.
Si l'accueil par sa cheffe est prometteur, celui de l'ambassadeur se situe tout à l'opposé. Gilles de Carteyron informe Aurel sur un ton déplaisant qu'il a demandé à Paris un remplaçant et donné des instructions précises à ses collaborateurs de ne lui confier strictement aucun dossier.
Aurel est terrassé par cette humiliation, mais décide de ne pas se laisser faire. Il apprend que l'épouse de l'ambassadeur, Marie-Virginie Delmas, 45 ans, vient de décéder dans des circonstances étranges. Elle aurait fait une chute fatale en faisant un reportage photographique d'un château médiéval dans le territoire autonome Azerbaïdjanais du Nakhitchevan. En regardant une photo de Mme de Carteyron il lui promet de la venger.
Aurel Timescu a déjà prouvé dans le passé qu'il a les talents d'un fin limier à la Sherlock Holmes. Seulement, dans cette "affaire" notre héros n'a même aucune piste sérieuse, juste quelques considérations de portée générale : que l'ambassadeur n'a pas l'air particulièrement triste, que Marie-Virginie est morte peu de temps après avoir hérité la grosse fortune de sa famille et que dans ces milieux traditionnels l'idée du divorce est mal acceptée et qu'il vaut mieux, en somme, avoir recours au crime passionnel.
Bien maigre pour lancer une opération vendetta contre une excellence de France en service commandé. Aurel, dans son cagibi à l'ambassade où il n'a absolument rien à faire, épluche le Net sur le passé du couple de diplomates et interroge le personnel de la chancellerie.
L'assistance de la consule Amélie dans son enquête, fait doubler Aurel de courage et d'ingéniosité....
Moins ambitieux que "La dictature libérale" ou "Rouge Brésil", Jean-Christophe Rufin nous présente ici un divertissement agréable et - comme toujours avec cet auteur - fort instructif.
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umezzu
  14 octobre 2020
La série policière (ou plutôt humoristico-policière) de Jean-Christophe Rufin s'améliore de tome en tome. Ou, peut-être, est-ce le lecteur qui finit par se délecter par avance des bourdes, réflexions à la logique chancelante, et goûts vestimentaires très discutables du consul adjoint Aurel Timescu ?
Le voici envoyé par sa hiérarchie à Bakou. Quasiment à titre disciplinaire… Sauf que le pays lui plaît bien, un peu d'architecture inspirée par Paris, du vin blanc local à défaut de Tokay, quelques commerces et usages post-communistes, mais lui rappelant son enfance en Roumanie, une jeune supérieure qui lui inspire confiance. Tout va bien jusqu'au retour de l'Ambassadeur, parti en France pour des funérailles, qui n'est pas dupe du fainéant qui lui a été imposé, et lui passe un savon.
L'Ambassadeur vient de perdre sa femme dans un bizarre accident dans une forteresse médiévale du Nakhitchevan, territoire exclavé de l'Azerbaïdjan (- je ne connaissais pas le terme exclavé, merci M. Rufin -).
Pour Aurel, c'est sûr, l'Ambassadeur a tué ou fait tuer son épouse. La preuve, elle était d'origine aisée, pas lui, elle était belle, il est pète-sec avec le petit personnel et larbin avec les puissants. le consul-adjoint, mis au ban des services diplomatiques par son Ambassadeur, commence son enquête. Avec ses moyens à lui, ses artifices, et la complicité inattendue de sa supérieure et d'une partie du personnel de l'ambassade.
Le lecteur qui connaît déjà Aurel, hurluberlu sympathique, mais au fonctionnement défiant toute logique élémentaire, n'est pas surpris de son comportement, et attend, presque avec impatience, ses dernières avancées. L'enquête comme d'habitude tient plus de l'intuition au sortir d'un repas alcoolisé, qu'autre chose, mais Rufin met plus de rythme dans son récit que dans les deux opus précédents. Il y ajoute quelques personnages truculents : un sénateur du Sud-Ouest porté sur la bonne chair, une secrétaire d'ambassade assez entreprenante, un oncle d'Aurel rendu bûcheron au Canada. Ce tome est franchement distrayant.
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critiques presse (1)
LeMonde   17 juillet 2020
L’écrivain et ancien diplomate signe une nouvelle enquête d’Aurel Timescu, son inflammable vice-consul. Les huiles azerbaïdjanaises ont raison de s’inquiéter.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
Cath_perrinCath_perrin   23 septembre 2021
Tout était trop parfait et Aurel, habitué à la méchanceté des hommes, n’osait croire à son bonheur.
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FandolFandol   03 février 2021
Il n’avait quant à lui rien changé à sa tenue habituelle : costume en laine marron à veston croisé, manteau en tweed qui lui arrivait aux chevilles et nœud papillon bordeaux noué par ses soins. Cet accoutrement, qui lui valait d’habitude, en particulier en Afrique, d’être suivi par des meutes de gamins rigolards, ne semblait susciter ici aucune réaction. Il se retournait de temps en temps pour surprendre un sourire goguenard, une expression ironique, mais ne découvrait rien de tout cela. Il en était presque déçu. (page 11)
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Leg12Leg12   28 juin 2020
Le magasin de vêtements occupait tout le rez-de-chaussée d’un immeuble des années trente. C’était un véritable paradis pour apparatchik, un rêve de membre du Soviet suprême.
Aurel avait réussi à se constituer au fil du temps une garde-robe de ce style, mais c’était en en dénichant les pièces par-ci par-là, dans des friperies ou des sites d’enchères. Tandis que cet espace tout entier était dédié à des coupes démodées, à des tissus qui semblaient sélectionnés sur le seul critère de la tristesse et de la laideur. Tout était dans les tons marronnasses et verdâtres. Il ne faudrait pas imaginer que ce mélange pouvait avoir le charme des rayons de vêtements de chasse ou d’équitation. Le camouflage dont il s’agissait était de type social. Les tenues exposées étaient réservées aux athlètes de la médiocrité, aux champions de la grisaille bureaucratique. Il s’agissait de triompher en battant tous les autres concurrents à l’épreuve de la banalité et de la modestie prolétarienne. Ce sport se pratiquait au sommet, dans les hautes sphères des États socialistes, mais aussi à ras de terre, pour se faire bien voir des flics et des petits chefs. Aurel n’avait jamais dépassé ce niveau. Il avait pourtant pris goût à cette façon de se vêtir, comme on chérit tout ce que l’on associe à sa jeunesse. Il avait toujours été incapable de s’habituer à une autre forme d’élégance.
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SolamifadoSolamifado   30 juillet 2021
Aurel raccrocha et resta un long instant pétrifié, à contempler le décor autour de lui sans bien savoir où il était. Soudain, en se passant la main sur le mention, il fut envahi par le parfum lourd de Mylène qui s'était incrusté dans sa peau. La soirée lui revint et il eut un haut-le-coeur. Il lui fallait un café. Faute de temps pour le préparer avec la machine compliquée héritée de son prédécesseur, il saisit une bouteille de blanc entamée et s'en versa un grand verre.
Il se dirigea vers sa penderie et prit le premier pantalon venu. C'était une salopette en jean. Il la passa, fourra dedans les pans de sa chemise soirée et enfila les bretelles. Au moins, pensa-t-il, la question toujours délicate de la ceinture était réglée. Il tira une veste au hasard, un blazer de yachting à boutons dorés qu'il aimait porter au printemps. Par association d'idées, il pensa qu'il aurait froid et il saisit un gilet en laine rouge cirque, sans forme. Il l'enfila par-dessus le blazer, tout en ayant vaguement conscience qu'il ne faisait pas les choses dans le bon ordre.
La sonnerie du téléphone retentit à nouveau. Ce devait être le chauffeur qui annonçait son arrivée. Il ne répondit pas et l'appel cessa. Il se hâta de compléter son équipement en chaussant une paire de bottes en caoutchouc qu'il avait achetée à Venise vingt ans plus tôt, pour affronter l'acqua alta.
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FandolFandol   06 février 2021
Quoique la photo fût prise en plein air et avec un beau soleil, Aurel ne put s’empêcher de penser que ces sportives sentaient le couvent et l’éducation des bonnes sœurs. Tout cela évoquait la bourgeoisie catholique de province. (page 68)
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Vidéo de Jean-Christophe Rufin
Jean-Christophe Rufin vous présente son ouvrage "La princesse au petit moi" aux éditions Flammarion. Entretien avec Sylvie Hazebroucq.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2511283/jean-christophe-rufin-la-princesse-au-petit-moi
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
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