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EAN : 9782360420063
200 pages
Éditeur : Pleine page (01/10/2011)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Présentation : Carlos Ruiz-Garcia est né en 1920 en Catalogne. Il devient militant des Jeunesses Socialistes Unifiées de Catalogne à tendance communiste. Engagé dans l'Armée Républicaine espagnole, il rejoint le front du Segre, puis c'est la Retirada et l'exil, les camps des Pyrénées Orientales , et la base sous-marine de Bordeaux.
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
JeanPierreV
  06 mai 2017
Ils ont quitté l'Espagne, poursuivis par les troupes de Franco, dans l'espoir de pouvoir y revenir un jour. C'était la fuite et l'exil, la Retirada ou la mort. Certains sont partis avec leur famille. D'autres sont partis avec les autres soldats de leur groupe...Ils avaient affrontés les phalangistes aidés par des soldats du Fürher qui mettait au point ses armes de guerre et sa tactique.
Ils étaient les réfugiés républicains.
Arrivés en France, ils furent parqués comme des bêtes en plein vent, dans des camps sans latrines, clos de barbelés, gardés par des tirailleurs sénégalais et la cavalerie arabe. Des camps construits à la va-vite sur le sable des plages. Des conditions de vie indignes, dans lesquels ils connurent les poux, la vermine, la faim, le froid, la promiscuité. Les plus faibles mourraient, tout petit problème pouvait dégénérer en bagarre, tout comme la recherche de la meilleure place dans la file d'attente pour la soupe claire. L'ordinaire pouvait être amélioré quand on disposait de quelques biens : "Des vendeurs venaient aux barbelés échanger de la nourriture contre une montre, des pièces espagnoles en argent ou divers objets de valeur. Nos billets de banque ne valaient absolument rien : aussi méprisée que nous, la monnaie de la République n'était que du papier. ".
Manger et avoir chaud furent "une obsession permanente".
Des conditions d'accueil qui furent d'abord des conditions de détention, exacerbant la bassesse humaine : "C'est là que je vis les premiers de ceux que nous appelâmes les triperos, mot intraduisible qui signifie individu méprisable, capable de n'importe quelle bassesse pour satisfaire son ventre."
Tout réfugié qui le souhaitait pouvait améliorer son sort en s'engageant dans la Légion étrangère, dont les recruteurs étaient aux portes des camps...ou tenter de s'évader en rampant sous les barbelés
Carlos Ruiz-Garcia, quand à lui fut transféré dans le camp de Saint-Andre de l'Eure. Il fût temoin de l'exode des Francais fuyant l'arrivée de l'armée allemande, de leur retour dans leurs foyers. Nouveau camp, nouvelles conditions de vie, mais toujours la crasse les hardes et sabots pour se vêtir.
Ces rouges, ces républicains, furent mis à disposition de l'occupant nazi et Carlos Ruiz-Garcia fut transféré vers le camp proche de Bordeaux de Camp de Saint-Medard-en-Jalles afin de participer à la construction de la base de sous-marin allemande....Un travail dangereux, en partie détruit quelques mois plus tard par les bombardements américains.
Il assistera à la libération de Bordeaux, sera témoin des exactions françaises et des représailles allemandes.
Cette lettre était destinée à son fils auquel il écrivait : "Cuando me muéra, haz lo que quieras con ella". ( Quand je mourrai, tu en feras ce que tu voudras)
Il nous l'a transmise. Merci pour ce court témoignage écrit en phrases simples, sur l'histoire et... la nature humaine : "Les instincts se manifestent en chaque occasion où l'individu doit partager quelque chose de rare ou de précieux. [....] Il y a celui qui par éducation ou par principe les garde plus ou moins cachés, d'autres les ont à fleur de peau, sans qu'il leur importe, le moment venu de les laisser paraître avec brutalité."

Lien : https://mesbelleslectures.co..
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chouettalire
  28 novembre 2011
Avis : Carlos Ruiz-Garcia , jeune homme de 20 ans va raconter , d'une façon simple et émouvante, les conditions de vie des réfugiés espagnols dans les camps improvisés par les autorités françaises en 1939. Petits commerces qui permettaient de survivre. Mort des plus faibles et démunis, maladies, poux. Gardiens gendarmes puis tirailleurs sénégalais et spahis.
"Por la mañana muchos no se levantaron ya y los cargamos tiesos en un camión. Eran la mayor parte hombres maduros que no habían podido resistir aquella noche terrible y habían muerto helados."
Puis c'est le départ vers le nord de la France et le début de la guerre. Avec ses amis d'infortune, il fuit et devient le témoin de l'exode des français. Là, il connaitra les pillages, l'entraide, les exécutions sommaires, la détresse. Il survit , observe et apprend : « Les instincts se manifestent en chaque occasion où l'individu doit partager quelque chose de rare ou de précieux. Je l'ai vu tant de fois. »
Puis , il est repris et se retrouve emprisonné au camp de Saint Médard en Jalle. Là, il connait la faim, le froid. Il travaille sur les chantiers de construction de la base sous-marine de Bordeaux, il subit la cruauté et et la violence des Allemands.Les conditions de vie et de travail sont très dures. " Medio pan agrio, una minúscula porción de grasa del tamaño de dos cubitos de caldo, un cazo de sémola clarísima màs el café "ersatz" de la madrugada y otro cazo de la misma, en el tajo, ya agriado. Mucha hambre, muchas horas de trabajo en la intemperie, mojados, sin dejarnos apenas descansar en nuestros camstros, el siniestro tren mañana y tarde."
Puis c'est la Libération et la fin des souffrances. "J 'avais vingt-quatre ans et après tout ce que nous avions subi, il me restait encore des illusions, malgré cinq années de chagrins et déboires"
« Lettre à un ami » par Pleine Page éditeur à Bordeaux, est un simple récit d'une tranche de vie d'un rouge espagnol, il n'y a ni haine, ni rancoeur, seulement des faits racontés humblement . Beaucoup de bordelais sont enfants ou petits enfants de ces espagnols, et ce récit en est d'autant plus touchant.
Carlos Ruiz-Garcia avait dit à son fils , à propos de cette lettre témoignage : « Cuando me muéra, haz lo que quieras con ella ». ( Quand je mourrai, tu en feras ce que tu voudras)
Lien : http://chouettalire.canalblo..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
JeanPierreVJeanPierreV   06 mai 2017
J'ai dû attendre encore vingt-cinq ans pour fouler à nouveau la terre d'Espagne. Et encore me fallut-il trouver là-bas des personnes qui l'établissent des certificats de garantie politique... (P. 110)
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JeanPierreVJeanPierreV   06 mai 2017
"J'ai rédigé tout ce qui est dit presque d'un trait, ne consultant aucune carte ni aucun document en me fiant uniquement à ma mémoire. Il est sur qu'il y a quelques erreurs de date ou de lieu, et que la chronologie n'a pas été très respectée. Ce que je peux affirmer, c'est que tout ce qui est relaté ici est rigoureusement exact." (P. 111 - fin du livre)
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