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EAN : 9782213644363
256 pages
Éditeur : Fayard (04/01/2012)

Note moyenne : 1.58/5 (sur 6 notes)
Résumé :
« Oui, au début ça avait l’air facile : "Vous allez nous inventer une vie", toute une vie. Au fond, on me demandait de m’inventer. Une nouvelle vie. J’avais l’embarras du choix... Je pouvais raconter ma vie d’empereur de Chine. Ou de légionnaire romain, de bandit catalan, que sais-je ! Au fond, j’ai eu de la chance : j’ai réinventé ma propre vie, juste avec un léger décalage. Je ne pouvais pas savoir que cette vie-là, j’allais la vivre. Pour de vrai ! Que la mort pa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Blackbooks
  06 janvier 2020
Ce livre, par la force des choses, a pris une valeur testamentaire, puisque l'auteur l'a terminé un peu avant sa mort. Qui plus est, le personnage central est un spectre, revenant sur terre.
Un livre où, comme souvent dans l'oeuvre de Raùl Ruiz, réel et irréel se confondent. Où la question de la spectralité est abordée. Cette question est présente également dans l'oeuvre cinématographique de l'auteur, d'ailleurs le lien entre cinéma et littérature est représenté ici par les scènes avec le photographe qui cherche à « immortaliser » ces fantômes.
Autre thème majeur commun avec le cinéma abordé dans le roman, la recherche de la définition du spectre. Quête entamée par ses spiritistes de Paris qui se réunissent pour converser avec le héros par l'intermédiaire d'un ouija. le débat se poursuit au travers des rencontres et des idées présentées tour à tour (Schopenhauer, Freud). le but étant de différencier le spectre et l'être vivant, ce à quoi tente de répondre de manière plus ou moins subjective Flanders.
La lecture est plutôt difficile d'accès, notamment par ses passages fréquents entre réels et irréels, par les différentes mises en abyme du personnage central, ainsi que par les vagabondages et les inventions de Flanders au sujet de sa vie. le lecteur se retrouve assez vite perdu, sans repère entre les différentes veillées, et ne sort de son errance que par les appels des spiritistes « esprit es-tu là ? ». Et là, parfois, le lecteur a bien envie de dire non.

« – Ya-t-il une mort après la mort ?
– Vous n'allez pas me croire : cette blague est assez courante au royaume des ombres.
– Et y a-t-il une vie après le cycle vital de tant de vies et de morts ? Et surtout, y a-t-il des maladies, des défaillances, des convalescences ?
– Je vous l'ai déjà dit.
Et il a ri.
– Mais, je me fatigue, madame. Ça existe, l'épuisement, même chez nous…
– On arrêtera la séance pour aujourd'hui.

Huit des quatorze témoins de l'expérience se hâtent de partir. Ils descendent l'escalier. Ils parlent à haute voix. Ils rient d'un rire gras, funèbre. Les six autres restent un moment. Ils boivent à petites gorgées un verre de cognac, puis ils quittent les lieux, descendent en silence, dans un silence épais, chargé d'une lourdeur acide, givrée (ces mots ne sont pas de moi). Tous ces déplacements, dispersés par les courants d'air, ne peuvent que réveiller l'esprit de l'escalier. Moi, je reste.
Mais de quel moi parle-t-on ?
« Moi », je veux dire « le Belge ». Moi, « le Belge ». Moi, moi je reste, et je songe au temps jadis. »
« Comment fait-il pour savoir que je suis ici ? Comment peut-il le savoir puisque moi-même je ne suis pas sûr de m'y trouver ? Il est temps qu'on le sache : j'ai le plus grand mal à m'accommoder de ces tourbillons centripètes, de ces apnées visqueuses qui m'entourent et que j'appelle, faute de mieux, « mon petit coin à moi ». Rien de moins probable, d'ailleurs, que cette façon de parler : point de coin, point de chez-moi. Tout ça n'est que paysage indistinct. Autant dire « montagne », ou « mer lointaine », « grisaille parisienne », ou bien parler d'un brouillard enveloppant tout d'une bruine éternelle. « Éternelle » ? Non, pas davantage. Qu'on se le dise : ici, rien d'éternel. Dans cette épaisseur gluante, on se débrouille comme on peut, entre l'affreux frémissement de la foule éphémère de ces « presque âmes » et la sécheresse emphatique des errants. Ah Seigneur ! Et puis, je me perds dans les palabres qui meublent l'outre-tombe. Cet outre-tombe-ci, j'entends. Parce qu'il y en a d'autres. Je ne les ai pas encore affrontés, mais je sens leur présence. Au fond, tout ça n'est que du mauvais temps. Et de toute cette brocante, de ces outils cassés, qu'est-ce qu'on peut faire ? Plonger dans l'antique, c'est tout ! Un métier d'avenir (oui, mes amis, l'avenir, en revanche, ça existe, il n'y a même que ça !). »
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