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Le Cimetière des livres oubliés tome 4 sur 4
EAN : 9782330105020
840 pages
Actes Sud (02/05/2018)
  Existe en édition audio
4.26/5   569 notes
Résumé :
Dans la Barcelone franquiste des années de plomb, la disparition d'un ministre déchaîne une cascade d'assassinats, de représailles et de mystères. Mais pour contrer la censure, la propagande et la terreur, la jeune Alicia Gris, tout droit sortie des entrailles de ce régime nauséabond, est habile à se jouer des miroirs et des masques.
Son enquête l'amène à croiser la route du libraire Daniel Sempere. Il n'est plus ce petit garçon qui trouva un jour dans les t... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (101) Voir plus Ajouter une critique
4,26

sur 569 notes

Une fois encore, je me suis égaré dans ce labyrinthe façonné avec fièvre par le Maître orfèvre Carlos Ruiz Zafon. Labyrinthe des esprits, des sentiments et des destins.

Ce livre qui conclut l'épopée sépulcrale et chevaleresque du « Cimetière des livres oubliés » est une grande et majestueuse symphonie. Symphonie des mots, des couleurs, des odeurs.

Un récit sombre et grandiose sans commencement ni fin, mais avec toutes ses portes d'entrées qui m'ont permis d'accompagner dans des vies si différentes ces héros que j'ai tant aimés, qui m'ont fait tant rire, frémir, souffrir.

Fermin, ce passager clandestin de la vie, si drôle, si généreux ; Daniel, lunaire et secret, toujours à la recherche du visage perdu de sa mère ; Mr Sempere, dont le coeur s'est arrêté de battre le jour de la mort de son Isabella ; les écrivains maudits de Barcelone, cette vieille sorcière ; tous ces anges déchus, tous ces chevaliers errants, toutes ces âmes solitaires qui ne se sont pas résolus à quitter ce pays ensorcelé par ces flots de sang déversés durant une guerre civile inique et cruelle…

Comme j'aurais aimé entrer dans la librairie « Sempere et fils », caresser des doigts les livres exposés, entendre la voix chaude de Mr Sempere, voir du coin de l'oeil Fermin faire l'imbécile et le tendre Daniel lever le nez vers les étoiles…

Comme j'aurais aimé trouver une autre porte d'entrée dans le labyrinthe pour tous les retrouver, pour être encore une fois à leur côté…

Je me suis noyé dans le regard félin d'Alicia Gris. J'ai été subjugué par son sourire. Comme le capitaine Vargas, comme le perfide Léandro, comme le soupirant Fernandito, comme tous les hommes, je me serai perdu pour elle ; elle qui venait de si loin, de la nuit profonde…

Il fallait bien cette créature des ténèbres, fatale, sauvage, irréductible, pour éloigner les mauvaises ombres et les fantômes de la famille Sempere, pour lui permettre enfin de vivre en paix.

Un jour, j'irai à Barcelone. J'irai un jour de pluie, J'irai un jour de brume. le soleil est rare chez Carlos Ruiz Zafon. Il se fait désirer comme une courtisane au sommet de sa gloire. « Au-delà du décor parfumé et tapissé pour les touristes », je soulèverai un coin de voile pour retrouver la Barcelone ténébreuse, et je partirai à la recherche du cimetière des livres oubliés…

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Je suis une fois de plus sous le charme.

Un quasi sans faute avec cette quadrilogie.

Toujours dans un voyage entre deux époques , qui nous emmène dans l'horreur du régime franquiste.

A côté de ça on a ce monde de la librairie ou l'esprit s'envole et voyage.

En fait l'auteur rend un véritable hommage aux libraires , mais également à tous ces amoureux des livres. Une véritable lutte contre la censure.

Et puis les nombreuses références littéraires ont juste été un régal pour moi.

Il va falloir que je m'essaye a d'autres romans de l'auteur.

Un coup de coeur pour cette série qui devrait être un incontournable.

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J'ai pleuré!Eh oui! J'ai pleuré en refermant les 925 pages en espagnol del Laberinto de los espiritus!

Ce n'était pas la joie d'avoir amélioré mes performances dans la langue de Cervantès,c'était d'abord la tristesse qui m'envahissait quand j'ai pris conscience que plus jamais je ne retournerais au Cimetière des Livres oubliés!

Puis je me suis dit que,puisque j'avais déjà lu trois fois les trois premiers tomes de la série La Sombra del Viento,il n'y avait pas de raison pour que je ne recommence pasl'expérience encore et encore...

En effet,comme l'écrit Julian Carax:" Une histoire est un labyrinthe infini de mots,d'images et d'esprits alliés pour nous dévoiler la vérité invisible sur nous-mêmes " et ,pour les vrais amoureux de la littérature,les entrées du labyrinthe sont multiples.J'en ai suivi quelques-unes selon la relecture et mon état d'esprit et j'en découvrirai sans doute encore beaucoup d'autres.

Car c'est bien cela le miracle de cette oeuvre,c'est de nous avoir proposé un regard complexe sur les divers genres romanesques,ce que nous avions déjà découvert dans La Sombra,approfondi dans El Juego,finalisé dans El Prisoniero et retrouvé dans une synthèse magistrale dans ce dernier opus!

De grâce,qu'on ne vienne pas se plaindre que l'intrigue est compliquée!Elle doit l'être puisque Carlos Ruiz Zafon rend hommage depuis le début aux grands feuilletonistes et/ou écrivains du XIXème siècle!

Qu'on ne me dise pas qu'elle est invraisemblable puisqu'elle navigue constamment entre le réalisme,le fantastique,voire l'onirisme!

Qu'on ne fasse pas de comparaisons entre le premier et le second tome,le second et le troisième etc...puisque justement il fallait attendre patiemment le dernier pour que tout s'emboîte!

Car,si cette oeuvre est un labyrinthe,elle est aussi un jeu de miroirs! On me parlait l'autre jour d'une oeuvre musicale d'Arvo Pärt,"Spiegel im Spiegel" (miroir dans le miroir) que l'on peut appliquer ici.En effet,des situations renvoient à des situations, des personnages à d'autres personnages,des lieux à d'autres lieux mais chaque fois,le miroir est déformant,ne donne jamais la même image et crée même des anamorphoses!

Quant au labyrinthe qui donne le titre au dernier tome,combien de fois n'est-il pas apparu soit dans le Cimetière des Livres oubliés,soit dans les étranges maisons barcelonaises tellement angoissantes mais c'est un labyrinthe qui conduit vers d'autres domaines de la connaissance comme dans le Nom de la Rose d'Eco ou qui nous perd à tout jamais comme dans les dessins d'Escher!

Mais,en finale,pourquoi ai-je été aussi émue à la fin? Sans doute parce qu'il y avait longtemps que je n'avais pas vu /lu un tel hommage à la littérature,aux livres ,aux bibliothèques,aux librairies...

Merci,Monsieur Ruiz Zafon pour ce dernier chapitre "Le livre de Julian" où les deux Julian se retrouvent! Merci pour ce résumé de tout ce que nous avons lu depuis quinze ans et pour les grâces que vous rendez aux écrivains qui deviennent des personnages,aux narrateurs qui sont multiples,à l'auteur lui-même devenu personnage mais aussi aux traducteurs (dont François Maspero qui n'est plus là),aux maisons d'édition,aux agents littéraires.....aux vendeurs de livres!!

Merci pour nous avoir promené dans L Histoire tragique de votre pays,dans l'histoire d'amour de Daniel et Béa et d'autres,dans les enquêtes policières les plus sombres,dans le fantastique à moins que ce ne soit dans le psychologique!

Et merci enfin d'avoir fait d'une Barcelone "que nunca volvera" non seulement un cadre spatio-temporel extraordinaire mais finalement une héroïne à part entière dont on ne peut que tomber amoureux!


Lien : https://danielle.sainmont@gm..
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Un livre a des âmes : celle de celui qui l'a écrit et celles de ceux qui l'ont lu et ont rêvé avec lui.

Dans l'oeuvre de Carlos Ruiz Zafon cette âme est particulièrement inspirée et lumineuse dans le cycle du Cimetière des livres oubliés.

Cette saga d'une famille ensorcelée par les livres est comme une merveilleuse musique qui se lit sur une portée.

Il y a des romans que l'on tarde à ouvrir pour gagner du temps, pour leur conserver leur part de mystère et leur précieux parfum d'inédit.

Le labyrinthe des esprits coche une double case, car c'est l'apothéose de la saga et c'est aussi le dernier legs de Carlos Ruiz Zafon.

Ses livres m'ont fait vibrer, rêver, m'évader et il est impossible d'appréhender cette lecture sans émotion quand on sait qu'il n'y en aura pas d'autres.

Joyeusement fou et érudit, dans ce tome qui boucle la grande boucle il y a plusieurs livres dans le livre, c'est une sorte de feuilleté.

Barcelone devient un véritable personnage et le labyrinthe est une fresque dense, touffue, complexe et architecturée avec soin.

Le style, lui, est à son meilleur partout : précis, élégant, à l'affût du mot juste et rare.

C'est un roman pour les amoureux de livres, plein de nostalgie et de tendresse.

Grave risque d'intoxication sensorielle.

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Quand on a adoré le monde fabuleux du « Cimetière des livres oubliés » dans l'Ombre du vent, on ne peut qu'être heureux de le retrouver encore dans ce Labyrinthe des esprits.

C'est un joli mélange de réalisme et de poésie fantastique avec un fond d'histoire de Barcelone. Des personnages attachants, une atmosphère de complot et de mystère, une très belle conclusion de la série.

Il faut vraiment apprécier pour s'y plonger, car c'est plus de 800 pages, un gros bonheur de lecture!

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critiques presse (1)
Lexpress
07 mai 2018
Carlos Ruiz Zafón ressuscite le roman gothique avec Le labyrinthe des esprits, puzzle envoûtant dans l'Espagne franquiste.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (181) Voir plus Ajouter une citation

Cette nuit j'ai rêvé que je retournais au Cimetière des Livres oubliés. J'avais de nouveau dix ans et je me réveillais dans mon ancienne chambre pour sentir que le souvenir du visage de ma mère m'avait abandonné. Et je savais, comme on sait les choses dans les rêves, que c'était ma faute, seulement la mienne, parce que je ne méritais pas de m'en souvenir et je n'avais pas été capable de la venger.

Mon père entrait, alerté par mes cris d'angoisse. Mon père, qui dans mon rêve était encore jeune et en possession de toutes les réponses du monde, me prenait dans ses bras pour me consoler. Puis, alors que les premières lumières peignaient une Barcelone embuée, nous sortions dans la rue. Pour une raison que je ne parvenais pas à comprendre, mon père ne m'accompagnait que jusqu'au porche. Puis il me lâchait la main et me faisait comprendre que c'était là un voyage que je devais faire seul.

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Il avait toujours cru que le destin aimait nicher dans les gares ferroviaires pendant ses moments de pause, dans les intervalles où il cessait provisoirement d'attaquer les innocents par derrière, franco de port si possible et sans chichi. C'est là que débutaient ou s'achevaient les tragédies et les romances, les fuites et les retours, les trahisons et les absences. La vie est comme une gare, à ce qu'on dit, et on monte presque toujours dans le mauvais train, à moins qu'on ne vous y pousse.

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Actes Sud, p. 808

« Selon mon plan infaillible, le premier tome serait centré sur l'histoire d'un lecteur, mon père en l'occurrence, et de la façon dont il avait découvert le monde des livres et, par extension, la vie dans sa jeunesse à travers un roman énigmatique écrit par un auteur inconnu qui cachait un incroyable mystère à faire dresser les cheveux sur la tête. Tout cela donnerait lieu à la construction, d'un trait de plume, d'un roman combinant tous les genres existants et encore à inventer.

[...]

Le deuxième tome serait imprégné d'un arrière-goût morbide et sinistre destiné à titiller le lecteur conventionnel. Il raconterait la macabre aventure d'un romancier maudit — hommage à David Martin —, lequel décrirait à la première personne comment il avait perdu la raison, entraînant le lecteur dans sa descente aux enfers, dans sa propre folie, et devenant un narrateur moins fiable encore que le prince des ténèbres qui passerait aussi par ces pages. Ou pas. L'ensemble composerait en effet un jeu où il reviendrait au lecteur de compléter le puzzle et de décider du livre qu'il lirait.

[...]

En supposant que le lecteur aura survécu aux deux premiers volumes et qu'il n'aura pas décidé de remonter dans le tramway du “happy end”, le troisième tome nous sauverait momentanément du séjour des morts et nous offrirait l'histoire d'un personnage. Le personnage par excellence, et la voix de la conscience officielle de l'histoire, je veux parler de mon oncle adoptif : Firmin Romero de Torres. Son récit dépeindrait avec un esprit picaresque la façon dont il était devenu ce personnage. Ses nombreuses aventures au long des plus troubles années du siècle révéleraient également les lignes qui relient entre elles toutes les parties du labyrinthe.

[...]

— Comment finira cette monstruosité ?

— En feu d'artifice, avec un grand orchestre et la puissance de la machinerie à toute vapeur.

La quatrième livraison, formidablement virulente et saupoudrée de tous les parfums des précédentes, nous conduira enfin au centre du mystère et nous révélera tous les secrets de la bouche de mon ange des ténèbres préférée, Alicia Gris. La saga comprendra des scélérats et des héros, et mille tunnels grâce auxquels le lecteur pourra explorer une trame kaléidoscopique pareille à la vision féérique que j'avais découverte avec mon père au cœur du Cimetière des Livres oubliés. »

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Nue devant l'armoire, Alicia prit son temps pour choisir sa tenue. Barcelone pardonnait beaucoup de choses, mais jamais le mauvais goût. Elle enfila les sous-vêtements lavés et parfumés par Jesusa et elle sourit en imaginant la concierge en train de plier les pièces de lingerie en se signant, interloquée, curieuse de savoir si les jeunes filles modernes de la capitale portaient ce genre de dessous à présent.

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Une histoire n’a ni début ni fin, seulement des portes d’entrée.

Une histoire est un labyrinthe sans fin de mots, d’images et de pensées réunis pour nous révéler la vérité invisible sur nous-mêmes. En définitive, une histoire est une conversation entre une personne qui raconte et une personne qui écoute. Or un narrateur ne peut conter que dans la mesure de ses capacités, et un lecteur ne lit que ce qui est déjà écrit dans son âme.

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Videos de Carlos Ruiz Zafón (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Carlos Ruiz Zafón
Extrait du livre audio "Marina" de Carlos Ruiz Zafón lu par Frédéric Meaux. Parution numérique le 22 juin 2022.
https://www.audiolib.fr/livre/marina-9791035408978/
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