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EAN : 9782253244448
192 pages
Le Livre de Poche (24/05/2023)
  Existe en édition audio
3.69/5   982 notes
Résumé :
Marseillette, 1977. Dans le café qui l’a accueillie, étouffée, puis révélée, Carmen pleure sa nièce chérie. À plus de quarante ans, elle se rappelle les personnages qui ont changé sa vie.
Ceux qui l’ont fait plonger, l’ont remise dans le droit chemin. Ceux qui ont su percer ses failles et écouter ses désirs. Sans oublier ses soeurs, dont elle partage les stigmates de l’exil mais refuse de suivre la route.
Parce qu’après tant d’épreuves, Carmen aussi v... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (201) Voir plus Ajouter une critique
3,69

sur 982 notes
Un bon nombre d'ingrédients semblaient réunis pour me faire voyager de Marseillette à Tolède ; un joli titre, l'enjôleuse Olivia Ruiz, et son précédent ouvrage, La commode aux tiroirs de couleurs, aux nombreux lecteurs enthousiastes, et présent depuis fort longtemps dans ma PAL.
Alors j'ai décidé d'écouter le chant de la pluie avec Olivia. Mais la pluie est tombée et je suis restée imperméable sous le déluge.
A la lecture des premières pages, trop de prénoms, tout est brouillon, je ne m'y retrouve pas parmi tous ces personnages féminins. Holà Olivia, c'est possible d'arrêter de faire tomber la pluie, por favor, je n'y comprends goutte ?
Les invraisemblances se font légion, les personnages sont caricaturaux, je n'y ai pas cru une seconde, et la fin toute dégoulinante de sucre a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.
Le récit n'a pas vraiment de structure, je n'ai pas compris où voulait m'emmener l'auteure, avec ce qui se résume à une tranche de vie de Carmen et ses soeurs. Les sujets sont effleurés, rien n'est approfondi. le tout saupoudré de mots d'espagnol pour donner une ambiance, mais cela ne suffit pas à planter un décor.
Dommage, deux jours après ma lecture, j'ai l'impression d'avoir déjà tout oublié de l'histoire, aucune scène marquante ne me restera en mémoire. Il n'est pas toujours évident pour un auteur de transformer l'essai après un premier succès. J'aurais mieux fait de lire La commode aux tiroirs de couleurs, je crois …
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J'aurais mieux fait d'écouter la pluie tomber que de lire ces pages.
Il y a incontestablement une inspiration célinienne dans l'écriture remarquable d'Olivia Ruiz qui a la sens de la formule, une sensibilité à fleur de peau, des personnages entiers plongés dans des cyclones ravageurs, mais il y a hélas, dans le chapitre Violette, des propos inadmissibles vis-à-vis des gadjos qui ne sont pas tous des hommes indignes brutalisant des compagnes supportant avec masochisme leur sort. Pablo est un assassin et un ivrogne, comme il s'en rencontre dans toutes les communautés, et la mort de Violette et le martyre d'Escouto n'ont rien à voir (à mes yeux) avec les gitans ou les gadjos.
Les aventures de Carmen, naïvement manipulée par Antonio, la conduisent en tôle où elle plonge dans la drogue avant d'être sauvée par La Yaya qui lui révèle la lecture et les oeuvres de Camus et Cervantès. Première moitié passionnante qui nous plonge dans la tragédie de la guerre civile espagnole et des réfugiés arrivant en France.
La seconde moitié nous embarque sur le paquebot United States et nous éloigne des soeurs Ruiz et j'avoue que cette dérive m'a déconcerté puis exaspéré avec l'évocation du sort d'Escouto avant de sombrer dans un happy end invraisemblable dégoulinant d'eau de rose.
Une lecture qui dégage une impression de travail bâclé ou inachevé avec de très nombreux personnages, parfois à peine esquissés, un scénario touffu, et un chapitre Violette aux propos stigmatisants ; une lecture à oublier !
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J'ignore pour quelle raison j'étais aussi réticente à lire Olivia Ruiz. Il m'est arrivé de voir l'un ou l'autre de ses deux romans mis en évidence à la bibliothèque, sans avoir vraiment envie de me jeter dessus malgré les jolis retours sur lesquels je suis tombée de temps en temps. C'est ma bibliothécaire qui m'a finalement convaincue. "Écoute la pluie tomber" était disponible ce jour-là. Au vu de son épaisseur (même pas 200 pages) et de sa grosse police d'écriture, je me suis dit que je ne perdrai qu'une heure ou deux à le lire, dans le pire des cas. Et maintenant que je viens tout juste de le terminer, j'avoue avoir finalement passé un agréable moment de lecture.

Le récit débute le jour où Cali vient de mourir en couches. Carmen, sa tante et notre narratrice, évoque, par le biais de tous ses souvenirs qui remontent à la surface, son passé, son histoire personnelle et familiale, les événements qui ont fait d'elle celle qu'elle est aujourd'hui. Chaque partie du récit est consacrée à une personne qui a marqué son existence : sa nièce Cali, qu'elle a pratiquement élevé avec ses soeurs ; Antonio, son premier amour qui l'a conduite en prison ; la Yaya, sans qui Carmen n'aurait jamais découvert l'amour des livres, qui lui ont permis de survivre dans sa cellule ; Escouto, ce jeune gamin muet, compagnon de jeux de Cali, parti à 15 ans pour fuir les violences de son père ; Rita, sa soeur aînée et mère de Cali, pilier de la famille Ruiz-Monpean.

À travers ces personnages hauts en couleur, à forte personnalité pour la plupart, mais également très touchants (sauf Antonio, matador de profession... ...), l'autrice évoque des sujets divers qui les ancrent plutôt bien dans le récit. Il y est question de franquisme, de vie carcérale, de tauromachie (anti plus que pro, sans quoi j'aurais refermé ce livre illico presto). Mais il y est surtout question de relations humaines : relations familiales avant tout, d'amitié profonde également, d'amour un peu. Et c'est joliment retranscrit.

Je suis étonnée qu'un si petit roman puisse transmettre tout ça en si peu de pages. Tout n'est pas aussi bien développé comme j'aime à lire en temps normal, et de ce fait, c'est le contexte historique qui fait un peu défaut, à savoir que j'aurais aimé que les années "franquistes" et le phénomène d'immigration espagnole soient davantage approfondis, plutôt que juste plantés sans le moindre détail. En revanche, côté humain et psychologique, je n'ai rien à redire, de même pour le côté émotionnel. C'est assez intense à ce niveau-là et compense finalement cette lacune, assez minime quand j'y pense.

Olivia Ruiz a une jolie plume, simple mais agréable, usant de phrases courtes mais éloquentes, toute de douceur et de sensibilité.

Un joli petit roman, idéal entre deux lectures plus conséquentes.
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Olivia Ruiz a le don de transformer en trésor tout ce qui passe entre ses mains, à laisser la source d'émerveillement la traverser pour abreuver les autres, à offrir la lumière à ceux qui s'intéressent à son univers.

Olivia Ruiz c'est ce coin de terre espagnole ancrée dans le sud de la France. C'est une pointe d'esprit citoyen du monde se mélangeant à l'attachement chauvin d'une culture tant aimée. C'est une pincée d'imagination lunaire et magique bien ancrée dans un quotidien humain, terrien et terrestre.

Olivia Ruiz, c'est la poésie à l'état pur, la spontanéité à l'état sensible, la créativité à l'état explosif et la douceur à l'état enfantin.

C'est pour tout cela qu'elle me fascine depuis si longtemps.
C'est pour cela que je plonge dans ses aventures singulières avec délectation.
C'est pour cela qu'Ecoute la pluie tomber m'a fait chavirer.

Nul besoin de résumer l'histoire.
Nul besoin de tenter de décrire les personnages.
Seules comptent les émotions qui me traversent à la seule évocation du prénom Cali.
Seules comptent les éclats de voix et de rire qui s'échangent dans ce café de Marseillette.
Seule compte l'amitié sans faille d'une détenue au bon coeur.
Seul compte la patience et l'innocence d'Escouto à qui ont confierait les portes du paradis.
Seul compte l'Amour... avec ou sans grand A. Pourvu qu'il inonde tout sur son passage. Pour notre plus grand bonheur !



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Carmen, la dernière des soeurs a vécu une enfance heureuse, mais étouffante, parce que surprotégée par sa famille. C'est du moins ce qu'elle ressent jusqu'à ce qu'un des personnages la force à regarder la réalité en face. Mais avant d'en arriver là, Carmen devra affronter des épreuves douloureuses.

J'ai aimé la transformation de Carmen, ainsi que la fin du livre, plus réussie que celle de du premier livre d'Olivia Ruiz, La commode aux tiroirs de couleurs.

La narration qui passe d'un moment à un autre est peu fluide, ce que je n'apprécie pas parce que ça entrave la compréhension du texte. C'est tellement dommage quand l'auteur a une histoire originale à raconter.

Le récit se déroule en France et en Espagne, sous la dictature de Franco.

Les personnages sont peu fouillés et c'est sans doute ce qui m'a le plus manqué dans ce livre. Les soeurs de Carmen apparaissent comme un choeur plus que comme des individus et il est difficile de retrouver la Rita de la commode aux tiroirs de couleurs.

Mais retrouver l'univers originale d'Olivia Ruiz et son style reste un plaisir.

Lien : https://dequoilire.com/ecout..
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critiques presse (2)
LaLibreBelgique
06 juillet 2022
Après avoir connu le succès avec "La commode aux tiroir de couleurs", Olivia Ruiz, toujours inspirée, revient avec un second roman, "Ecoute la pluie tomber".
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LaPresse
08 mai 2022
Écoute la pluie tomber, raconte l’histoire de Carmen, une des sœurs de Rita. Si le franquisme, et le déracinement, restent en toile de fond, l’histoire se concentre sur le besoin d’émancipation de cette jeune femme et ses difficultés à trouver sa place en France.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (98) Voir plus Ajouter une citation
❝ Nous rions tous les trois. Je me dis que le monde peut bien mal tourner, nous, nous aurons toujours ça. Ce fil invisible qui se tisse dans nos rires, et qui, de querelles en incompréhensions, de gages d'amour en réconciliations, se renforce toujours. ❞
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Emmurer la souffrance c'est prendre le risque qu'elle te dévore de l'intérieur. - Frida Khalo

J'ai longtemps nié mon existence. Aujourd'hui je regarde dans le rétroviseur ceux qui l'ont forgé. Ils sont tous-là, se rappelant à mon souvenir d'un signe de la main, pour que je continue de la construire sans oublier chaque leçon qu'ils m'ont donné.

Quand je les regarde, je me dis que l'attachement n'a rien à voir avec les liens du sang. Ça va bien au-delà. Je me mets alors à fantasmer une famille qui ne serait pas la mienne, avec qui je me sentirais comprise, et pas jugée. Ces pensées me réchauffent quand je rêve de grand large.

Je me sens prisonnière de cette vie, pourtant la culpabilité m'empêche de m'éloigner. Je suis en colère contre moi, contre mon manque de culot, mais c'est sur mes sœurs que je déverse le venin qui m'empoisonne. Mon monde rétrécit un peu plus chaque jour.

Elles militent aussi auprès du département pour que la corrida ne passe pas les frontières de nos contrées. Seule Madrina est pro-tauromachie, car son frère gagne sa vie en pariant sur les toros. Mais pour nous, blesser un animal au nom de la noblesse ou de la beauté du geste est un acte de barbarie.

Chez nous les animaux sont des membres part entière de la famille. On ne les utilise pas, on ne les saigne pas, on les chérit, Salty, le beauceron, est le gardien de notre quiétude.

Alors Maman, qui devinait tout, préparait des madeleines et du chocolat chaud pour y tremper nos cœurs gelés. Sans un mot, nous laissant en conclure que la vie est un enchaînement d'injustices, et que si nos combats sont parfois vains, il ne faut pourtant jamais cesser de résister. Je ne bouge pas. Les tueurs, on les bute, ou on laisse le destin s'en charger pour nous. On n'essaie certainement pas de les retenir.

Antonio et moi passons l'après-midi dans ma chambre. Dans un vrai lit, il n'est pas moins sauvage. Il baise comme si c'était la dernière fois. Le suspense et la tension qu'il installe me vident. Je ne pense plus, je suis délestée. Reposant, pour quelqu'un qui cherche en permanence à donner du sens à sa vie.

Antonio sait qu'on ne lui dit pas non. Ce n'est pas le genre d'homme à qui l'on résiste longtemps. Même sur moi le pouvoir fonctionne. Cette assurance, je l'envie, la mienne est fissurée. Je rêve à la femme que je serai devenue quand je reviendrai. Les trois jeunots ont l'air si épanoui pour des gosses que la vie n'a pas gâtés. Pourquoi pas moi ?

Tout ça, c'est de la faute de mes sœurs. Elles ont voulu jouer les mamans, mais elles sont passées à côté de l'essentiel : me préparer à la vraie vie. Celle qui te prend par surprise, te défonce, te demande une vigilance de tous les instants. Parce qu'il suffit d'un battement de cils pour basculer dans le chaos. Protéger, c'est former. Donner des clés. Pas ouvrir les portes.

- Ton nom j'ai dit !
- Carmen Ruiz-Monpean. Tu veux mes deuxième et troisième prénoms ou ça va aller ?
- Carmen Ruiz-Monpean... Et ça se dit française ? Tu es ridicule !
- J'en ai rien à foutre. Un nom c'est comme un tatouage sur l'oreille d'une vache, ça ne te raconte pas si elle est dressée, travailleuse ou affectueuse. Ça t'informe seulement sur le point de départ d'une existence, ça ne parle pas de l'essentiel.
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— Tu as quelque chose à voir avec la dispute en bas ?
— Tes sœurs sont folles.
— Oui, merci, ça je sais. D'autres informations plus surprenantes peut-être ?
— Elles ont une dent contre la corrida.
— Oui, je sais aussi. Et pourtant elles sont espagnoles jusqu'au bout des cornes. Pratique culturelle ou pas, si l'on possède un cœur en bon état de marche, on ne laisse pas faire des trucs pareils !
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 Tout ça, c’est la faute de mes sœurs. Elles ont voulu jouer les mamans, mais elles sont passées à côté de l’essentiel : me préparer à la vraie vie. Celle qui te prend par surprise, te défonce, te demande une vigilance de tous les instants. Parce qu’il suffit d’un battement de cil pour plonger dans le chaos. Protéger, c’est former. Donner des clés. Pas ouvrir les portes. 
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Ça me reste en travers de la gorge que mes parents et mes sœurs m’aient guidée vers l’abnégation, l’asservissement. Si je me retrouve dans cette merde, c’est parce que ma vie ne pouvait se construire sans fondations.
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« Écoute la pluie tomber » d'Olivia Ruiz lu par l'autrice l Livre audio
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