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Fabienne Poloni (Traducteur)
ISBN : 2253112992
Éditeur : Le Livre de Poche (01/04/2005)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 102 notes)
Résumé :
« On a tué mes enfants ! » hurle Diane Downs en arrivant à l’hôpital, ses trois enfants sont grièvement blessés à l’arrière de sa voiture.
Cette tragédie bouleverse la tranquillité d’une petite bourgade américaine. La police se lance à la poursuite du mystérieux « homme aux cheveux longs » d’ écrit par la mère éplorée.
Un procureur zélé, troublé» par les contradictions de Diane, fouille le passé de cette mère adorable et met au jour le pire des crimes…
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  14 novembre 2016
Dans On a tué mes enfants, Ann Rule analyse un drame qui a défrayé la chronique et scandalisé l'opinion publique américaine en 1983. Des faits, des témoignages, l'enquête difficile de policiers opiniâtres, le récit du procès, ne laissent aucune place à la fiction. Une fois encore l'auteure livre un travail documentaire minutieux qui se lit cependant comme un roman, grâce à son talent de conteuse.

Le 19.05.83, Diane Downs arrive à l'hôpital de McKenzie-Willamette à Springfield, Oregon, à bord de sa Nissan rouge toute neuve en hurlant qu'on a tiré sur ses enfants. A l'intérieur du véhicule, Cheryl, Danny et Christie, respectivement 7, 4, et 9 ans. Cheryl a déjà succombé à ses blessures, Christie sera arrachée à la mort grâce à l'acharnement de l'équipe médicale, elle restera partiellement paralysée et aphasique, Danny, touché à la colonne vertébrale, passera sa vie en fauteuil roulant. L'une des plus importantes et complexes enquêtes criminelles de l'Etat d'Oregon vient de commencer.

Sans arme retrouvée, sans trace du mystérieux inconnu qui aurait arrêté la Nissan sur une route déserte pour la voler, et qui aurait abattu à bout portant et de sang-froid les trois gosses et blessé au bras leur mère, l'enquête stagne. Dans le même temps, Diane se donne en spectacle dans des interviews télévisées dans lesquelles apparaissent rapidement ses contradictions, ses incohérences, son sens de la répartie, ses comportements histrioniques. Elle est tour à tour et selon ses besoins, enjôleuse, ingénieuse, douce ou caustique, sanglotante ou coléreuse, manipulatrice, menteuse, rusée. Maquillée et habillée comme une star de reality show, souvent comparée physiquement à la Princesse Diana, elle évoque le sort tragique de ses gosses en riant ou se fait passer pour une victime persécutée par la police.

Fred Hugi, substitut du procureur, a rapidement l'intime conviction que Diane est coupable d'infanticide, mais aucune preuve ne peut étayer son intuition. En dépit du temps qui passe, des budgets qui fondent, aidé par quelques inspecteurs idéalistes et fougueux, et par un inspecteur retraité très expérimenté, il va peu à peu mettre en évidence les raisonnements tortueux de Diane, l'improbabilité de son histoire, sa personnalité psychotique.

Diane est émotionnellement affamée. Enfant, elle a été violentée par son père. Depuis, elle confond la sexualité et l'amour et utilise les hommes pour les placer sous son emprise, sous sa domination sexuelle et pour être enceinte car elle ne se sent épanouie et heureuse que lors de ses grossesses. Mariée à Steve, père de ses deux premiers enfants, elle cherche ensuite un spécimen mâle parfait pour être le père de Danny puis devient mère porteuse pour un couple stérile. Les enfants sont pour elles des objets “fongibles qui se consomment par l'usage et peuvent être remplacés par des objets analogues”. Violences conjugales, maltraitances sur les enfants, errances sexuelles, projets inaboutis, échecs à répétition, rien n'arrête Diane qui nie la réalité et renaît de ses cendres après chaque obstacle mis en travers de sa route. Ses enfants ont-ils constitué l'ultime obstacle lorsqu'elle est tombée amoureuse de Lew Lewiston ? Devant le refus de cet homme marié de vivre avec elle, elle le harcèle ainsi que sa femme, persuadée que si l'on aime quelqu'un assez longtemps et assez fort, il ne peut s'empêcher d'aimer en retour. Elle ne tient aucun compte de ce qu'il lui dit. Elle efface tout refus de sa conscience.

C'est dans ce contexte qu'intervient le drame le 19.05.83.

Ann Rule précise en fin d'ouvrage que les deux enfants survivants, et lourdement handicapés de Diane Downs, ont été adoptés après le procès de leur mère, par Fred Hugi et son épouse, qui comme ils s'y étaient engagés, leur ont procuré une vie sereine et heureuse.
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Commenter  J’apprécie          480
Woland
  31 décembre 2007
Small Sacrifices
Traduction : Fabienne Poloni
Procédé similaire à celui utilisé dans Un tueur si proche : mais pas de tueur en série, rien qu'une jeune femme qui s'est bornée à un meurtre et deux tentatives d'homicide.
Seul hic : les victimes étaient ses enfants.
Un peu plus sur ce site anglophone, d'ailleurs très complet :
http://www.crimelibrary.com/notorious_murders/famous/downs/wonderland_3.html
Selon les médecins, Elisabeth-Diane Frederickson, plus connue sous son nom de femme mariée : Elisabeth Downs, souffrait des troubles du comportement suivants :
1) personnalité narcissique, à savoir une personnalité qui ne considère les êtres et le monde que par rapport à ce qu'ils peuvent lui rapporter ou non , éventuellement au tort qu'ils peuvent lui causer -
2) personnalité histrionnique, c'est-à-dire que Diane Downs était toujours en scène, refusant la réalité et la recréant dans, par exemple, des journaux intimes où elle se décrivait comme adorant ses enfants (et ne les frappant jamais), aimée de tous ou presque, etc, etc ... -
3) enfin, personnalité sociopathe : à l'instar des grands criminels, Diane Downs ne possédait pas de conscience. Etait-elle née ainsi ou le phénomène s'était-il imposé à la suite des violences sexuelles dont elle fut victime dans l'enfance ? Il est impossible de trancher. de toutes façons, dans l'état actuel de la science, on ne peut faire autre chose que de nommer ce trouble important de la personnalité. On sait qu'il existe, on connaît aussi ses effets à plus ou moins long terme mais on ignore tout de sa nature exacte.
Diane Downs est née dans une famille de baptistes austères. Son père était un homme dur et fermé - présentant lui aussi des caractéristiques sociopathes - qui interdisait à ses enfants de manifester leurs émotions. Ainsi, s'ils avaient envie de pleurer, ils apprenaient à manifester le contraire : ils se mettaient à rire. Cette attitude devint un tel réflexe que, riant à la barre de son procès alors qu'elle aurait dû s'effondrer (coupable ou non), Diane, manifestement, s'avérait incapable de comprendre en quoi son comportement pouvait choquer les jurés et le public.
Wes Frederickson abusa de sa fille quand elle avait une douzaine d'années. A la même époque, l'enfant avait déjà pris l'habitude de retourner son impuissance contre elle en se lacérant le visage.
Jolie et intelligente - elle possédait un QI supérieur - Diane se maria très jeune pour échapper à l'ambiance familiale. La seule année de bonheur réel qu'elle connut sans arrière-pensées semble avoir été celle de sa première grossesse. Mais à peine l'enfant, la petite Chrissie, fût-elle née que tout commença à se dérégler : les deux parents étaient visiblement trop jeunes. de plus, Diane se retrouva bien vite enceinte, d'une nouvelle fille, Cheryl. On attendait un garçon, l'enfant déçut et sa mère prit l'habitude de passer ses nerfs sur elle.
Pour retrouver la sensation de plénitude qu'elle éprouvait lorsque ses enfants étaient encore dans son ventre, Diane, devant le refus de son mari d'avoir un nouvel enfant, s'en fit faire un troisième - un garçon cette fois - par un amant de passage. Ce fut le petit Daniel que Downs finira par reconnaître.
Au bout de douze ans, les Downs divorcèrent. Diane reçut la garde des enfants. Elle menait toujours une vie sexuelle très active, ce qui la mena dans les bras de Lew Lewiston, un collègue de travail. le seul homme dont elle fut jamais amoureuse. Or, Lew, bien que très gentil avec les enfants, ne voulait pas devenir père de famille : fait rare chez un homme, il s'était fait faire une vasectomie alors qu'il avait vingt ans.
Diane pensa-t-elle que, en éliminant ses enfants, elle pourrait entreprendre une existence nouvelle avec Lewiston qui était pourtant marié ? On se perd en conjectures sur la question puisqu'elle n'a jamais reconnu avoir tiré sur ses enfants.
Toujours est-il que, le 19 mai 1989 au soir, un service d'Urgences vit débarquer une femme échevelée, conduisant une Nissan rouge et noir et qui affirmait qu'un inconnu, après avoir arrêté la voiture sur une route désolée sous prétexte d'obtenir de l'aide, avait froidement tiré sur ses enfants.
A l'arrière de la Nissan, recouverte du pull-over de sa mère, la petite Cheryl (l'enfant détestée) était déjà cliniquement morte. Chrissie était dans le coma et leur petit frère, Dany (3 ans), avait reçu une balle au niveau de la colonne vertébrale.
Le reste, les doutes du personnel hospitalier, puis de la police, la patiente enquête du procureur Fred Hugi, tout cela se trouve dans le livre de Rule, paru également au Livre de Poche.
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patrick75
  23 janvier 2012
L'auteur est une ancienne policière devenue chroniqueuse judiciaire pour divers magazines puis écrivain.
L'histoire qu'elle nous raconte est très dure, morbide.Le climat et la tension instauré dans le livre sont difficiles à supporter . Par moment on en aurait presque la nausée.Malgré tout l'on s'aperçois que l'auteur connait les rouages de la justice américaine.Son récit est précis sans trop entrer dans les complexités juridiques .
Vu qu'il s'agit d'une histoire véridique, je dirai que sa lecture est plus intéressante qu'un polar.
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marie-ded
  07 novembre 2015
[b]4 ème de couverture [/b]
" On a tué mes enfants ! " hurle Diane Downs en se précipitant aux urgences. Un homme brun aux cheveux longs l'a menacée d'une arme, a tiré sur elle, ses deux filles et son fils. La petite Cheryl succombe peu après à ses blessures, les pronostics médicaux pour Christie et Danny ne sont guère optimistes : ils seront sans doute handicapés à vie. Devant ce crime révoltant, la police se lance à la poursuite du mystérieux suspect. Dans une Amérique transportée d'indignation, seul Fred Hugi, un procureur zélé, ose envisager un scénario improbable, de ceux qui soulèvent le coeur et suscitent l'incrédulité générale... La ravissante, l'adorable Diane Downs serait-elle une Médée des temps modernes, capable de reprendre la vie autant que de la donner ? Ann Rule, ancien inspecteur des forces de l'ordre de Seattle, forme des policiers et collabore à la traque des serial killers. Elle nous entraîne ici dans le gouffre terrifiant des noirceurs de l'âme humaine.

[b]Mon avis :[/b]
Cette histoire est franchement affolante.
Tout le roman si l'on peut appeler cela un roman, toute l'histoire donc nous emporte et nous ne savons plus quoi penser à certains moments tellement c'est énorme.
On n'en sort pas indemne de cette lecture et on reste quand même déstabilisés devant l'aplomb et les sourires de la mère.
Le procès est magnifiquement bien décrit et angoissant, on est dans la salle on le vit.
Merci Ann Rule d'avoir osé nous écrire « ça ».
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EstelleRokweel
  11 février 2017
J'ai eu bien du mal à me plonger dans cette lecture. Sans doute car je suis maman, et que du coup, j'ai une profonde aversion pour les personnes capables d'infanticide.
Une fois de plus je me demande comment cette histoire peut-elle être vraie ? Comment une mère peut-elle ne serait-ce que penser éliminer ses enfants pour pouvoir récupérer un homme ?
Comment cette femme peut-elle seulement croire qu'en se débarrassant de ses enfants, un homme se jettera dans ses bras ?
Diane Downs est une narcissique en mal d'amour. Elle fait des bébés pour combler ce manque d'amour, mais passé le stade du nouveau-né, l'enfant en quête d'autonomie s'éloigne d'elle, ce qui la rend complètement dingo.
Avec les hommes, c'est une nympho qui n'a pas froid aux yeux, mais à cause de ça, elle attire et fait fuir à la fois.
Elle tombe follement amoureuse d'un type marié qui voulait juste coucher avec elle. Il ne veut pas quitter sa femme, et de toute manière, ne veut pas d'enfants, alors récupérer les 3 enfants de Diane, non merci. Pas grave, Diane va les rayer de l'équation !
Cette femme n'a jamais versé une seule larme, et n'a jamais fait mine de regretter son geste (en même temps elle l'a toujours nié).
Ann Rule retrace ce drame avec brio. Un livre passionnant.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
namelessnameless   01 novembre 2016
Tous nos souvenirs sont imparfaits, déformés par la perception subjective. Ce qui est arrivé a moins d'importance que ce dont nous nous souvenons.

Page 80
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Utah11400Utah11400   13 juin 2014
La personnalité du sociopathe à été comparée à un écran de télévision sans image...Il «singe» les individus et ne renvoi que le minimum nécéssaire pour recevoir une gratification.
Commenter  J’apprécie          30
Videos de Ann Rule (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ann Rule
Documentaire sur Ted Bundy dont Ann Rule en fait le sujet de son livre « Un tueur si proche ».
>Histoire, géographie, sciences auxiliaires de l'histoire>Biographie générale et généalogie>Politiciens, économistes, juristes, enseignants (844)
autres livres classés : infanticideVoir plus
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