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Isabelle Saint-Martin (Traducteur)
ISBN : 2749912296
Éditeur : Michel Lafon (10/06/2010)

Note moyenne : 3.51/5 (sur 69 notes)
Résumé :
Pat vient d'épouser Tom. Elle rêve de jardins de roses, de réceptions chics chez les familles huppées d'Atlanta. Deux mois plus tard, tous ses espoirs sont réduits à néant : son époux est accusé d'avoir sauvagement assassiné ses propres parents...
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  01 avril 2017
En 1937, année qui récompense Autant en emporte le vent du Prix Pulitzer, Patricia Vann Radcliffe voit le jour. Cette petite fille trop gâtée, à qui rien n'est refusé en raison de ses colères, caprices et de sa frêle santé, découvre rapidement le pouvoir de la manipulation, de la séduction et du mensonge. Maman pour la 1ère fois à 15 ans, mariée puis divorcée, elle donne naissance à deux autres enfants avant de rencontrer Tom Allanson en 1973. Tom est maréchal ferrant, en cours de divorce, un peu déboussolé et très naïf. Il ne demande qu'à être aimé et c'est avec candeur qu'il tombe sous le charme vénéneux de Pat, qui voit en lui l'homme qui pourra réaliser son rêve : posséder une grande propriété où elle élevera des chevaux de la race Morgan, cultivera des roses, mènera la vie d'une Belle du Sud, telle Scarlett, son modèle, son idéal féminin. Pat veut « son » Tara et compte sur Tom pour lui offrir. C'est donc tout naturellement déguisés en Scarlett O'Hara et Rhett Butler qu'ils s'épousent et se jurent fidélité : « Nous sommes unis pour la vie et nous ne faisons plus qu'un ». Deux mois plus tard, les parents de Tom sont sauvagement assassinés, il est emprisonné. Fin de la lune de miel !

Il est temps pour Ann Rule d'entrer en scène pour révéler la véritable personnalité de Pat, finalement condamnée pour meurtres. Une petite fille trop gâtée n'est ni un roman, ni un thriller mais l'autopsie d'un authentique fait divers. Une fois encore, Ann Rule livre un travail d'investigation d'une admirable méticulosité, exhumant des témoignages, les minutes des procès. Avec opiniâtreté, elle dissèque la vie des nombreux acteurs du drame, détaillant tous les éléments susceptibles d'apporter des explications aux crimes commis, pour éclairer ses lecteurs, et au-delà, la justice.

Hélas ! C'est cette précision clinique, marque de fabrique de l'auteure-enquêtrice, qui rend la lecture difficile, et en ce qui me concerne, quelquefois indigeste d'Une petite fille trop gâtée. Je me suis perdue dans l'arbre généalogique de ces familles précocément très fécondes, j'ai eu du mal à établir certains liens entre plusieurs protagonistes, et j'ai parfois lâché prise face au récit d'anecdotes remontant au début du siècle (le XXème).

Ce semi-échec de lecture n'entame pas l'admiration que j'éprouve pour le travail et le talent d'Ann Rule (décédée en 2015), dont j'ai préalablement apprécié un grand nombre de ses enquêtes. La vie de Patricia Vann Radcliffe, aux complexes et profondes ramifications familiales, aux nombreux rebondissements judiciaires, résiste, selon moi, à la dissection journalistique et aurait peut-être nécessité un traitement romanesque moins aride. Mais ce n'est que mon avis !
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verobleue
  29 mars 2011
J'ai commencé ce livre sans appréhension particulière. Un thriller ? j'adore…
Mais bon sang, après une centaine de pages, j'ai commencé à rechigner.
Ce style d'écriture, comment dire, c'est ardu, rempli de détails (indiquer tous les prénoms des protagonistes par exemple), genre rapport de police avec des faits bruts additionnés des témoignages de l'un, de l'autre sur le même sujet.
Cela m'a semblé froid, journalistique, interminable et surtout redondant car on passe en revue chaque détail. L'auteur fait son enquête et retranscrit. Point .
Ann Rule ? voici ce que j'ai trouvé : Née en 1935 dans le Michigan, c'est une romancière américaine, ancienne policière. Elle consacre un livre à Ted Bundy, le tueur en série qu'elle a cotoyé dans sa vie de tous les jours. Ainsi elle commençe sa carrière d'écrivain qui compte près de trente ouvrages : des romans policiers réels, autrement dit des « true crime » genre littéraire anglo-saxon très populaire, étroitement apparenté au journalisme.
Dans ce livre, elle se penche sur le cas de Patricia Vann Radcliffe Taylor Allanson (vous voyez le nombre de prénoms/noms ?). Une manipulatrice, égoïste qui arrive à avoir ce qu'elle désire par tous les moyens y compris le meutre. Une histoire vraie.
Bon, je persévère. Cela se passe mieux dans les chapitres suivants qui décrivent la rencontre de ses parents, sa naissance, sa jeunesse, son éducation.
Rebelote, on retombe dans le rapport policier : après le procès de Tom, c'est celui de Pat. Et c'est reparti dans les longueurs…
Je continue. J'ai envie de savoir la vérité. Qui dans cette cave a tué les parents de Tom ?
Voilà, un livre que j'ai mis beaucoup de temps à lire. Mon impression est mitigée. Des chapitres intéressants et d'autres lourds et brouillons.
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sassenach
  13 décembre 2010
En 1974, Pat vient d 'épouser Tom Allanson et ils se sont installés dans une plantation dans l'état de Georgie, où ils élèvent des chevaux. Tous les deux sont divorcés et ont des enfants de leurs premiers mariages et certains sont installés avec eux. Les parents de Tom n'acceptent pas la nouvelle femme de leur fils alors que celle-ci tente de faire de son mieux pour que Tom se réconcilie avec son père à qui il ne parle plus depuis plusieurs semaines. Mais ce bonheur éclate quand les parents de Tom sont sauvagement assassinés dans leur maison et que Tom est accusé du meurtre ...
Ann Rule est réputée pour ses romans basés sur des faits réels. En fait, je ne suis pas sûre que la définition de « roman » soit appropriée car elle raconte les enquêtes qu'elle a menées sur des meurtres ayant eu lieu dans un passé plus ou moins lointain, étant elle-même une ancienne policière. Dans ce livre, elle se penche sur le cas de Patricia Vann Radcliffe Taylor Allanson et ses relations avec son entourage. Cette femme, particulièrement toxique à mes yeux, a commencé à faire parler d'elle en 1974 et cela a duré plus de vingt ans. Au départ du livre, on ne sait pas très bien où on va, même si on sait, au vu du titre et de la couverture que Pat n'est pas celle qu'elle paraît être mais l'auteure reste assez vague quant à sa responsabilité, ce qui donne un démarrage un peu lent et qui a peiné à maintenir mon intérêt. Elle raconte surtout les faits mais cela va vite devenir très prenant quand elle va ensuite développer la psychologie de cette femme, monstre d'égoïsme, en s'appuyant sur ses actions. On peut découvrir différents angles de vue en fonction des personnes et si cela semble peut-être répétitif par moments, cela ne donne que plus de véracité et de sérieux sur l'enquête. Je dois dire que je me suis souvent énervée toute seule en lisant tout ce qu'elle faisait, m'énervant aussi bien sur elle que sur son entourage qui semblait aveugle à ses agissements ! Et là, pas question de faire retomber la pression en se disant que ce n'est qu'une fiction car tout cela a bien eu lieu ! Alors, même si vous n'êtes pas fan de romans policiers, ne vous laissez pas rebuter par un début un peu lent et je ne peux que vous conseiller de découvrir une femme qu'on est presque heureux de détester !
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fee-tish
  20 septembre 2010
Je ne connaissais pas Ann Rule et j'ai assurément découvert, par la lecture de ce livre, un style assez inédit pour moi.
La narration consiste souvent en une énumération de faits comme si l'on se trouvait dans un tribunal. Au début j'étais vraiment sceptique, déboussolée devant cette façon d'écrire un thriller. Si bien que je me suis vite dit que ce ne serait pas une lecture qui me resterait. Puis finalement, le fait qu'il s'agisse d'un partenariat m'a encouragé et j'ai persévéré, jusqu'à vraiment apprécier.
Concernant le fond, c'est un récit époustouflant, étonnant, d'autant plus lorsque l'on sait qu'il n'est pas fictif, ce que je n'ai su qu'à la fin du livre, dans l'épilogue. C'est incroyable d'imaginer que Patricia, dit Pat, cette femme manipulatrice, destructive pour son entourage, vicieuse et peut-être meurtrière ait réellement vécu et vive encore aujourd'hui. Tout au long de sa vie, elle sera soutenue, surprotégée et gâtée à outrance par sa famille, notamment sa mère. Puis, une fois mariée et mère à son tour, elle suscitera beaucoup d'amour, puis de crainte voire de réelle peur. Ann Rule décrit parfaitement la psychologie de chacun des protagonistes de cette saga.
Concernant la couverture du livre, je la trouve très jolie, comme c'est souvent le cas chez Michel Lafon.
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Heureuse
  29 septembre 2013
Je ne sais pas quoi penser de ce roman. du coup, je ne sais pas trop quoi en dire.
D'un côté, le style est vraiment particulier, voire déplaisant. C'est un compte-rendu assez froid, de type rapport de police. Très exhaustif, par moment assez long, voire ennuyeux.
Dans un sens c'est normal dans le mesure où Anne Rule s'appuie effectivement sur une hsitoire et étaye son récit avec des rapports de police et des comptes-rendus d'audience.
Mais ça rend la lecture un peu moins plaisante.
Quant à l'histoire ... elle est ahurissante ! Si ça n'avait été qu'un roman, une fiction, j'aurais pensé qu'elle avait poussé le bouchon un peu loin. une personne comme ça ... c'est pas possible. Mais si, mais si. Les rapports de police sont là pour le prouver. Pat Taylor Radcliffe a existé et existe toujours. Et elle a vraiment été telle qu'elle est dépeinte dans le roman.
Et il faut reconnaître une chose. Même si le début est un peu long à démarrer, on finit par le dévorer ce roman parce qu'on a hâte de la voir punie, cette affreuse petite fille trop gâtée.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
CielvariableCielvariable   18 février 2019
À leur rencontre, l'un et l'autre émergeaient des cendres froides de mariages ratés. Âgé de trente ans, Tom en avait six de moins que Pat et avait déjà connu deux unions de courte durée ; quant à elle, elle tentait d'en oublier une qui lui avait donné l'impression d'un piège étouffant. Tous deux avaient toujours rêvé du parfait amour et, contre toute attente, ils semblaient l'avoir trouvé l'un avec l'autre bien que, au moins en apparence, ils n'aient en commun qu'une puissante passion sexuelle.

Tom était fort comme un bœuf, et Pat menue et fragile, souvent malade. Il était maréchal-ferrant, elle n'aimait que les travaux manuels délicats, tels que la broderie et la peinture. Il était allé à l'université, alors qu'elle avait interrompu ses études secondaires pour se marier une première fois. Il était calme et apaisant quand elle semblait parfois anxieuse, craintive.

Peu importait. Il n'avait qu'à lui ouvrir les bras pour qu'elle vienne se réfugier au creux de sa force. Il lui disait toujours :

— N'oublie pas, chaton, « tout vient à point à qui sait attendre », et pour moi rien ne passe avant toi. Je t'aime plus que tout au monde.

À quoi elle répondait de sa voix de petite fille, malgré ses trente-six ans :

— Je t'aime, mon chaton. Je t'aime.

Pat Taylor connaissait Tom depuis des années avant de « sortir » avec lui. À l'instar de sa famille - ses parents, le colonel en retraite Clifford Radcliffe et sa femme, Maggy ; ses enfants, Susan, Deborah et Ronnie -, elle était profondément impliquée dans le monde des concours hippiques d'Atlanta. Les écuries Radcliffe abritaient quelques-uns des plus beaux chevaux de la région. Pat, qui vivait avec ses parents, enseignait l'équitation à une clientèle distinguée, et ses deux filles avaient remporté de nombreux prix.

Tom Allanson avait travaillé avec eux et leur avait vendu de la nourriture pour chevaux lorsqu'il était employé chez Ralston Purina. Fils d'un avocat, il s'était destiné un temps à devenir vétérinaire. C'était un ami de la famille de Pat, sans plus, mais toutes les femmes qui le voyaient travailler torse nu, ses muscles luisant de sueur, ne pouvaient que le remarquer. Rien de plus facile pour lui que de ferrer, les champions de l'écurie Radcliffe, de puissants chevaux Morgan, en soulevant leurs pieds au creux de la main, comme s'il s'agissait d'agneaux.

À l'automne 1973, une suite d'événements permit à Tom et à Pat de se rapprocher. Elle était libre de tout engagement ; alors que lui, en plein divorce d'avec sa deuxième femme, cherchait un endroit où passer quelque temps. Les Radcliffe, qui disposaient de toute la place voulue dans leur ranch de Tell Road à East Point, au sud d'Atlanta, l'y invitèrent. Il pouvait dormir sur le canapé du bureau contre de petits services auprès de leurs chevaux.

Aux yeux d'un pragmatique, leur union tombait à pic ; aux yeux d'un romantique, elle était inéluctable. Quoi qu'il en soit, Tom Allanson et Pat Taylor passèrent bientôt tout leur temps libre ensemble. Il aimait tout en elle, qui ne cessait de le surprendre. Pourtant, il ne savait à peu près rien de sa vie avant leur rencontre et s'en moquait. De son côté, elle était au contraire d'une insatiable curiosité et l'interrogeait sans cesse sur sa famille et sur les femmes qu'il avait aimées avant elle.

Bien qu'il soit encore marié, ce fut pour eux une période d'un romantisme extraordinaire. Tom n'en revenait pas : non seulement il avait eu la chance de rencontrer Pat, mais en plus elle lui rendait son amour ! Il ne craignait qu'une chose : la perdre à cause de sa mauvaise santé. Ainsi, lorsqu'elle fut hospitalisée à la suite d'un de ses évanouissements, il ne put quitter son chevet tant il se désolait, tenant sa petite main pâle dans sa large paume. Chaque fois qu'elle se réveillait, elle trouvait une rose sur son oreiller et Tom auprès d'elle, qui la contemplait les yeux pleins de larmes.

Elle n'en essaya pas moins de le décourager, le prévenant qu'elle n'était pas faite pour lui, qu'il méritait une « femme complète », l'implorant de considérer la vérité en face.

— Ce n'est pas moi qu'il te faut, sanglotait-elle. Je ne pourrai jamais te donner d'enfant... j'ai subi une hystérectomie. Je ne suis plus qu'une vieille femme qui porte une cicatrice au ventre. Personne ne peut vouloir de moi.

Il ne l'en aimait que davantage. Il ne voulait pas d'autres enfants ; avec elle, ils élèveraient les deux qu'il avait eus d'un précédent mariage et, bien sûr, son fils à elle, Ronnie, encore adolescent.

Pat et sa famille représentaient désormais tout pour Tom. Ils lui avaient donné un toit et l'amour, alors que personne ne voulait de lui. La mère de Pat, Maggy, était la femme la plus gentille qu'il ait jamais rencontrée ; elle aurait fait n'importe quoi pour aider ses enfants et ses petits-enfants. De même, il respectait le colonel pour sa belle carrière militaire. Il finit par implorer Pat de l'épouser dès que son divorce serait prononcé.

Pat ne pouvait supporter aucune pression, pas plus que les dissensions ou les déceptions. Lorsqu'elle confia ses plus chers désirs à Tom, il se rendit compte qu'elle n'en demandait pas trop, mais qu'en revanche elle y tenait beaucoup. Alors il promit de lui offrir une vie si heureuse et si paisible qu'elle recouvrerait la santé.
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CielvariableCielvariable   18 février 2019
Zebulon, le siège du comté de Pike, à soixante-quinze kilomètres au sud d'Atlanta, est à peine plus large qu'une place de village, avec ses quatre rues et quelques maisons alentour. Comme de nombreuses autres petites villes de cette région de la Géorgie, elle est peuplée d'innombrables pins, de cornouillers, de magnolias et de chênes. Leurs branches forment une voûte feuillue qui conserve la chaleur moite, une véritable serre où poussent toutes sortes de plantes dont l'ombre n'offre, par les étouffantes journées d'été, qu'une promesse illusoire de répit. Sous ses allures de vigne vierge apparemment inoffensive, le kudzu profite de cet environnement qui lui convient à merveille pour recouvrir le sol orange, étouffant tout sur son passage de parasite.

Le tribunal de Zebulon est un bâtiment de brique rouge surmonté d'un clocher d'albâtre blanc qui scintille sous le ciel bleu. Magnolias, érables et chênes en ornent la pelouse, et ses quatre entrées sont flanquées de géraniums rouge sang en pots de pierre. Un monument aux morts de pierre grise occupe un angle du terrain adjacent ; il fut érigé en l'honneur de dix-sept garçons blancs morts pendant la Seconde Guerre mondiale, dont deux de la famille Marshall, deux de la famille Pressley et un de la famille Pike. Un seul nom apparaît dans la colonne réservée aux GENS DE COULEUR, en bas à droite. E. R. Parks reste séparé des autres, même sur la plaque saluant les héros.

Les entreprises installées en face du tribunal se cachent derrière des façades contiguës, quoique totalement différentes les unes des autres et de hauteurs variables : un dépôt de vêtements, quelques boutiques de souvenirs, un magasin d'ameublement, une quincaillerie. Le Reporter, l'hebdomadaire de Zebulon, a ses bureaux au bout du pâté de maisons. On trouve tous les vingt mètres, sur les trottoirs, des distributeurs de Coca-Cola et de Dr Pepper. Les véhicules, essentiellement des pickup, se garent en diagonale, et un chien jaune se balade tranquillement sur la chaussée le plus souvent déserte.

À la recherche d'une ville typique du Sud pour y tourner Murder in Coweta County, avec Andy Griffith et Johnny Cash, les producteurs de Hollywood choisirent Zebulon. Ce fut aussi le cas de Pat Taylor et Tom Allanson lorsqu'ils voulurent vivre un fantasme bien particulier. Ils y arrivèrent en 1973, encore amants, puis s'y installèrent et s'y marièrent. Pat était une femme mince aux yeux d'émeraude et à l'épaisse chevelure bouclée ; Tom, un homme de haute taille au teint mat. Elle était jolie, il était beau, et tous deux semblaient s'aimer d'un amour assez fort pour surmonter tous les obstacles. Pat devait décrire ses sentiments dans un message qu'elle rédigea à l'adresse de Tom au dos de leur photo de mariage.

Nous sommes unis pour la vie et nous ne faisons plus qu'un. Qu'y a-t-il de plus beau pour deux âmes humaines que d'être unies pour la vie, de s'épauler dans le travail, de compter l'une sur l'autre en cas de besoin, de se consoler l'une l'autre dans les moments de chagrin, de se porter secours dans la difficulté, de rester à jamais ensemble avec nos souvenirs et notre amour fusionnel pour nous soutenir... Je crois qu'en aimant mon Tom je me rapproche du paradis... Quand je suis venue à toi, mon Tom, je me suis remise entre tes mains, de tout mon corps, de tout mon cœur, de toute mon âme. Tu es mon amour et je t'appartiens en tout ; ce doux lien est plus fort qu'aucune serrure, qu'aucun barreau. Je ne quitterai jamais ton cœur pour rêver d'autre chose, car j'ai trouvé en mon Tom le « but de ma quête »... Mon corps s'épanouit de toutes ses veines [sic] car je suis la Pat à Tom. Voyez, j'ai laissé derrière moi celle que j'étais et dépouillé mon ancienne vie feuille après feuille...

Comme elle disait.

Sur les bases de ce parfait amour, Pat et Tom voulurent se créer un monde parfait. Pourtant, au cœur de ce paradis se tapissaient les démons de la jalousie et de la fureur, de l'adultère, de l'inceste, du viol et même du meurtre, sinistres et violentes intrusions du monde réel. Tous deux avaient des attaches familiales trop puissantes pour ne pas entacher leur engagement amoureux. Des profondeurs, les affronts passés remontaient sans cesse et s'amplifiaient au lieu de s'atténuer. La fierté, tel ce kudzu qui recouvrait la terre desséchée, ne formait qu'une cicatrice sur de graves et douloureuses blessures jamais guéries. Vouloir démêler l'histoire de leurs existences revient à suivre les circonvolutions verdoyantes de cette vigne parasite qui finit par tuer tout ce qui vit dessous et l'alimente.
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LydiaBLydiaB   23 juillet 2010
"Un meurtre, quel qu'il soit, semble toujours un acte insensé. Mais ce double meurtre le paraissait plus qu'aucun autre. Deux notables d'East Point étaient morts, et leur fils en prison. On ne connaissait à ce dernier aucun antécédent criminel ; il ne se droguait pas, ne sortait pas. Il venait de se marier, d'acquérir une magnifique plantation ; il avait bonne réputation au sein de sa profession. C'était un brave homme, aimable et gentil. Nul n'avait jamais rien trouvé à redire sur lui, à part ses parents et son ex-femme. Pourquoi Tom Allanson renoncerait-il à tout cela sur un simple coup de sang ?
Même son attitude durant le long trajet de retour de Zebulon semblait l'exonérer de toute tendance à la colère. A vrai dire, il n'avait pas montré beaucoup d'émotion. Ses parents étaient morts quelques heures auparavant, pourtant, les trois inspecteurs ne l'avaient pas vu verser une larme, entendre émettre la moindre plainte.
Ils ne comprenaient pas."
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Utah11400Utah11400   30 juin 2017
Si elle fut un fardeau pour beaucoup, elle était loin d’être folle. Tout au plus s’en donnait-elle parfois l’air, lorsque cela pouvait servir ses objectifs. Mais ce n’était qu’un rôle parmi tant d’autres.
En revanche, on peut dire qu’elle a souffert de troubles de la personnalité. Elle ne voyait pas le monde ni ses relations à travers le même prisme que la plupart des gens. Elle faisait parfaitement la différence entre le bien et le mal, mais cela lui importait peu.
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Utah11400Utah11400   30 juin 2017
Il semble peu probable qu’elle ait jamais été folle. Souvent hystérique, certes. Depuis sa plus tendre enfance, elle se mettait dans tous ses états quand les choses ne se passaient pas comme elle le voulait. Dès que Patty pleurait, les adultes lui cédaient sur tout. Elle grandit, persuadée que c’était ainsi qu’il fallait se comporter. Elle se prenait pour un être extraordinaire, et ce n’étaient pas sa mère ni ses tantes en adoration devant elle qui auraient pu l’en dissuader. Jamais elle n’entendait le mot « non ».
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Vidéo de Ann Rule
Documentaire sur Ted Bundy dont Ann Rule en fait le sujet de son livre « Un tueur si proche ».
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