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Diniz Galhos (Traducteur)
EAN : 9791032907504
Éditeur : L'Observatoire (08/01/2020)

Note moyenne : 4.42/5 (sur 83 notes)
Résumé :
PALESTINE, 1990. Isra, 17 ans, préfère lire en cachette et s’évader dans les méandres de son imagination plutôt que de s’essayer à séduire les prétendants que son père a choisis pour elle. Mais ses rêves de liberté tournent court : avant même son dix-huitième anniversaire, la jeune fille est mariée et forcée de s’installer à Brooklyn, où vivent son époux et sa nouvelle famille.

La tête encore pleine de chimères adolescentes, Isra espère trouver aux Ét... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  31 mai 2020
Plantons déjà le décor, dans les grandes lignes:
Entre la Palestine des années 1990 aux années 2000
aux Etats-Unis. le récit se déploie sur plus de vingt-ans...à travers trois générations de femmes...
Un grand coup de coeur pour ce premier roman...avec des résonances
autobiographiques; Un hommage à la littérature et au courage incroyable de toutes les femmes écrasées, empêchées dans leur liberté et leurs capacités...
On fait connaissance du premier personnage féminin, centre de l'histoire, Isra, jeune fille aimant lire mais devant, étant une fille , se cacher pour le faire...
"- Les Contes des mille et une nuits. C'est celui que je préfère. (...)
- C'est plein de génies et de vizirs, des choses qui n'existent pas. Je préfère les histoires qui parlent de la vraie vie.
-Mais ça parle de la vraie vie, insista Isra. ça parle de la force et de la ténacité des femmes. Personne ne demande à Schéhérazade d'épouser le roi. C'est elle qui se propose, au nom de toutes les femmes, afin de sauver toutes les musulmanes en âge de se marier. Ces histoires qu'elle raconte pendant mille et une nuits, c'est la résistance. Sa voix est une arme, qui illustre le pouvoir extraordinaire des histoires en général, et la force des
femmes en tant qu'individus." (p. 134)
Isra sera mariée de force...De Palestine, elle émigrera, un mari acculé, mis sous pression par une mère terrifiante, gardienne inflexible des traditions les plus oppressantes... L'exploitation de sa belle-fille dévouée à son service, son obligation de faire au plus vite...un héritier...Mais Isra, se dévalorisant, se croyant maudite, ne mettra au monde que des filles !!...
Les pressions, humiliations... seront telles qu'elles mèneront au drame... mais je n'en dirai pas plus....
Le récit se fait à trois voix, alternance de trois générations... de femmes: Isra, sa fougueuse fille, Deya, et Farida, la grand-mère paternelle, mégère absolue !!... sans oublier un quatrième personnage féminin très, Sarah, la jeune tante paternelle de Deya, la première rebelle de cette famille palestinienne, qui s'enfuira pour éviter le mariage arrangé, deviendra libraire... et sera le soutien précieux de Deya, à l'approche du temps, où Deya, à son tour, sera dans l'angoisse de la présentation des prétendants selon les critères de sa grand-mère, qui l'a élevée et qui, au fil de ses années, ne s'est pas adoucie... dans sa rigidité aux règles ancestrales ...
Dans ce quotidien...la seule échappée pour ces femmes recluses, interdites d'exister, est le refuge dans la Lecture, pour tenter de garder la tête hors de l'eau !!
"Elle avait enfin compris. La vie n'était rien de plus qu'une méchante blague pour les femmes.
Une blague qui était loin de la faire rire.
"tu sais ce que c'est ton problème ? reprit Sarah.
-Dis-moi.
-Tu ne lis plus.
Je n'ai pas le temps de lire.
- Eh bien, tu devrais en trouver, du temps. ça te ferait beaucoup de bien. " (...)
-Alors lis en secret, comme moi. Ce n'est pas comme ça que tu faisais, en Palestine ?
-Si." Isra se laissa brièvement séduire par cette idée, avant de la rejeter, et sa propre soumission à l'ordre familial la frappa." (p. 208)
Ce qui est frappant toujours dans ces sociétés où les femmes sont des marchandises... les hommes sont terribles... mais les vrais poisons insidieux et toxiques sont les belles-mères, les mères des "Fils".... perdurant avec hargne à maintenir les règles d'enfermement de leurs belles-filles, ayant pourtant , elles-mêmes supporté brimades , dévalorisation, et harcèlement divers...
" Deya la dévisageait, impassible. Farida savait que sa petite-fille ne pouvait comprendre comment le déshonneur pouvait croître, muter et engloutir quelqu'un, ne lui laissant d'autre choix que de transmettre sa honte afin de ne plus être le seul à la supporter" (p. 359)
Mais l'histoire de notre famille palestinienne va devoir ouvrir les horizons, grâce à la détermination farouche de la petite fille, Deya et de sa tante, Sarah, qui lui ouvrira les yeux, lui fera profiter de ses propres expériences traumatisantes....
Un magnifique premier roman bouleversant, révoltant...captivant... qui nous offre un récit haletant... mais aussi, au terme du roman , des lumières d'espoir et de changements inespérés... dont la victoire de Deya , qui est parvenue à fléchir sa grand-mère pour obtenir le droit de s'inscrire à l'Université... [mais pas que...! ]. Une vraie pépite... merveilleusement habillée d'une jaquette très réussie et fortement symbolique { un ensemble de silhouettes féminines, colorées, voilées, de dos...) de Helen Zughaib " Women against the night"...
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alexb27
  26 mai 2020
3 voix, 3 époques et une même condition : se taire et obéir.
Un seul rôle : servir et enfanter (des garçons de préférence), seule voie possible offerte à Fariba, Isra et Deya, 3 femmes palestiniennes émigrées à New York, soumises au poids de leur culture et des traditions.
La première arrivée (et à se raconter) est Fariba, mère de Sarah et d'Adam et belle-mère d'Isra, seconde et principale narratrice de ce texte intense. Mariée à 17 ans en Palestine par ses parents à un homme qu'elle a vu 2 fois et qui l'emmène dans la foulée vivre à Brooklyn, elle n'est que réserve et silence. Totalement soumise mais aspirant à l'amour et la liberté, ses désillusions seront à la hauteur de ses attentes à son arrivée en Amérique. Seuls les livres sauront combler son besoin d'ailleurs (tout comme ils seront également les compagnons de route de Sarah et de Deya).
Deya est la fille aînée d'Isra , elle est celle par qui les questions arrivent et la dernière à se dévoiler. Fariba, sa grand-mère, cherche absolument à la marier alors qu'elle aspire à aller à l'université. Mais américaine par le sol et palestinienne par la culture, arrivera-t-elle à se faire entendre ?
J'ai dévoré ce roman polyphonique en un après-midi, totalement fascinée par l'histoire de ces femmes. J'ai frémi avec elles et aimé leurs velléités d'indépendance. J'ai espéré (parfois vainement), j'espère encore. Un très beau roman. Puissant. Une nécessité.
Un coup de coeur.


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Foufoubella
  09 mars 2020
J'ai la chance d'habiter une grande ville qui n'est pas dépourvue de librairies ; de grandes, très grandes librairies, là où vous êtes quasiment sûr de trouver LE bouquin que vous cherchez, que ce soit un roman, un essai, une BD ou un ouvrage religieux ou dédié au voyage ; puis, aussi, de nombreuses librairies indépendantes où j'aime me rendre régulièrement, rien que pour le plaisir de fouiner dans les rayons. Et lors de ces occasions, lorsqu'il n'y a pas beaucoup de monde et que le ou la libraire est disponible, je demande un conseil de lecture sur un des derniers romans qu'il ou elle a lu. C'est ce qu'il s'est passé pour le silence d'Isra. La libraire, très accueillante, souriante et ravie de discuter littérature, m'avait parlé de ces trois dernières lectures coup de coeur, j'ai opté pour celui-ci car je n'en avais pas du tout entendu parler, contrairement aux deux autres. Et que dire si ce n'est que j'ai adoré ma lecture.
1990 : Isra est une jeune Palestinienne dont la seule perspective d'avenir est le mariage, s'occuper de son mari et faire des enfants. Sa future belle-famille, des Palestiniens qui ont émigré aux Etats-Unis, vient la chercher pour la ramener à New York. Il va de soi qu'elle n'a pas son mot à dire et qu'elle se retrouvera bientôt, à 17 ans, loin des siens mais aussi loin des rêves qu'elle espérait en secret grâce aux livre qu'elle dévore en cachette. Très rapidement, elle tombe enceinte ; mais elle ne donne pas naissance au fils espéré mais à une fille. Trois autres suivront.
2008 : Deya, fille aînée d'Isra, est une jeune Arabe élevée dans l'Amérique occidentale. Elle a 18 ans et sa grand-mère souhaite la marier à tout prix, et rapidement. Mais Deya a quant à elle d'autres ambitions, notamment celle d'aller à l'université.
Je n'en dirai pas davantage sur l'histoire, c'est à sa lecture que vous découvrirez la vie de ces femmes, Isra, Deya, Farida et bien d'autres encore. En dire davantage serait « divulgâcher ».
Je suis sortie pour ma part totalement bouleversée par ce roman. J'étais à côté de ces femmes et suis passée par tous les sentiments possibles et inimaginables.
L'incompréhension (mais pourquoi accepter ces traditions archaïques?)
La colère (mais pourquoi ne se rebellent-elles pas davantage?)
La peur, pour Isra particulièrement.
La joie quand de petites avancées pointaient le bout de leur nez.
La tristesse, enfin, quand j'ai tourné la dernière page de ce livre.
J'ai compris surtout qu'il serait très difficile pour moi de comprendre ces traditions d'une autre culture mais surtout d'un autre temps. J'ai une soeur et nous sommes nées au sein d'une famille où nos parents voulaient avant tout des enfants et, en prime, à choisir, préféraient avoir des filles. Là, je n'avais qu'une envie, serrer Isra et ses quatre filles dans mes bras et leur dire que ça allait bien se passer, qu'elles étaient légitimes et aimables, au sens premier du terme.
J'ai aimé ce lien entre toutes ces femmes, enfermées dans un carcan dont certaines ne pouvaient pas s'extraire pour des raisons d'éducation ou de condition qu'elles estimaient justes et normales. Encore une fois, l'éducation, les livres, l'ouverture aux autres sont des clefs permettant de sortir de ce schéma mortifère.
Quant à l'écriture, je l'ai trouvé très maîtrisée pour un premier roman, et très juste. Il y a certes à quelques moments des répétitions mais, pour ma part, elles ne m'ont pas gênée d'autant que je ne les avais pas nécessairement repérées. Elles servaient l'histoire selon moi.
Si le récit alterne entre présent et passé et d'une protagoniste à une autre, il est néanmoins assez linéaire et les chapitres s'enchaînent à la perfection, jusqu'au final où tout prend sens. La toute dernière phrase de l'histoire résonne encore en moi au moment d'écrire ces quelques lignes.
Un dernier point, le livre objet. Je loue une nouvelle fois les éditions de l'Observatoire, la police d'écriture est agréable, le grain du papier aussi et la couverture très belle.
En résumé, j'ai commencé à pleurer trois ou quatre pages avant de fermer définitivement le livre. Parce que j'étais entrée totalement en empathie avec les personnages; parce que je n'avais pas envie de les quitter: signe que ce fut un beau coup de coeur. A lire, à faire lire, aux femmes, aux hommes, aux filles, aux garçons, aux jeunes, aux vieux ; à prêter, à faire voyager.
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motspourmots
  23 mars 2020
Ce livre, vous pourriez le choisir d'abord pour sa magnifique couverture affichant une oeuvre d'Helen Zughaib intitulée Women against the night. Par curiosité également pour sa qualité de premier roman et les promesses de la quatrième de couverture. Vous pourriez lire les premiers mots "Je suis née sans voix, par un jour nuageux et froid à Brooklyn", mesurer tout le poids de ce qu'ils disent de la condition des femmes et particulièrement de celles dont il est question ici. D'origine palestinienne, émigrées aux États-Unis pour fuir des conditions dramatiques mais certainement pas pour en épouser la culture ni les moeurs. Dès lors, vous êtes happé, attaché aux pas de ces héroïnes du quotidien, à leurs rêves trop tôt étouffés sous le joug des traditions, à leurs aspirations qui tentent de se frayer tout de même un chemin, comme la flamme d'une bougie s'accroche au moindre souffle d'oxygène pour continuer à brûler. Isra, Deya, Sarah. Trois femmes inoubliables.
L'histoire débute en Palestine, en 1990. Isra est une jeune fille de 17 ans qui ne connaît rien d'autre que les terrains qui entourent la maison de ses parents à Bir Zeit. Son mariage avec Adam, arrangé comme il se doit par les deux familles va la transporter à des milliers de kilomètres, à Brooklyn. Isra, dont l'imagination est nourrie par ses lectures va très vite déchanter. Dans le quartier de Brooklyn où elle est confinée, au service de sa belle-mère à la fois tyrannique et gardienne des traditions, ainsi que de son mari, Isra ne fait qu'entrapercevoir la réalité de l'Amérique. Ce que l'on attend d'elle : qu'elle mette au monde des garçons. Au rythme des naissances de filles, sa relation avec son mari se complique et la jeune femme semble sombrer dans la mélancolie. Seule son amitié avec Sarah, sa jeune belle-soeur et les livres qu'elle lui fait découvrir lui apportent un peu de baume au coeur. Dix-huit ans plus tard, Deya, la fille ainée d'Isra subit les assauts répétés de sa grand-mère pour la marier. Mais la jeune fille se pose beaucoup de questions et pressent que son histoire familiale a encore beaucoup de choses à lui révéler. Elle voudrait aller à l'université, trouver le courage de résister à la redoutable Farida, échapper au poids de la peur...
Par une construction subtile, l'auteure nous offre des allers-retours dans le temps et des cheminements auprès d'Isra et de Deya, la mère et la fille pour mieux nous faire comprendre le poids d'une culture et de traditions séculaires, dont les femmes se font elles-mêmes les vecteurs par crainte de leur impuissance à changer les choses. En cela, le personnage de Farida est terriblement révélateur tandis que celui de Sarah, à l'inverse montre qu'il n'est pas non plus facile d'assumer la rupture totale. En tentant de mieux comprendre le cheminement d'Isra, Deya va puiser la force nécessaire pour enfin briser cette chaîne de soumission et faire en sorte qu'être aux commandes de sa vie ne soit pas uniquement une idée cantonnée à la fiction.
Grâce à la densité de son propos, Etaf Rum nous donne à voir toute la complexité de cette quête polyphonique d'émancipation et de liberté ; le pouvoir à double tranchant de la littérature qui montre d'autres façons de vivre à celles qui n'y accèderont jamais et qui est également une formidable source d'inspiration ; le tiraillement constant entre la culture de l'obéissance, inculquée à coups de fouets d'abord par un père puis par un mari et l'aspiration à la rébellion. Tout ceci accentué par l'exil et le maintien à l'écart. On mesure ainsi tout le courage nécessaire pour simplement s'autoriser à faire entendre sa voix, ce qui est tout l'objet du cheminement de Deya que l'on comprend comme étant très proche de celui de l'auteure. Qui fait ici acte de libération, comme annoncé dans le choix de l'exergue signé Maya Angelou "Il n'est de plus grande agonie que de garder une histoire tue en soi".
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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Axelinou
  12 mars 2020
Un tout grand merci aux Editions de l'Observatoire d'avoir publié ce livre, j'hésite même à écrire ‘osé publier'. Ce livre a été classé parmi les meilleures ventes du New York Times et applaudi par la critique. On aurait pu croire qu'une grande maison d'édition française aurait remporté le morceau, mais non, le sujet est difficile : la condition de la femme et l'islam. « Prenons nos responsabilités et restons neutres… »
Merci tout d'abord à Etaf Rum d'oser briser les codes, les traditions, les coutumes. Parler de la condition de la femme dans l'Islam, la décrire, la critiquer : voilà le défi que propose cette auteure issue d'une famille d'immigrés palestiniens dans son premier roman.
Palestine 1990, Isra a 17 ans et sera bientôt mariée à un prétendant choisi par ses parents et devra s'exiler en Amérique.
« Les sentiments d'Isra étaient partagés lorsqu'elle s'imaginait partir en Amérique, ce pays qu'elle ne connaissait que par le journal télévisé et quelques brèves lectures à la bibliothèque de son école. Elle avait déduit de ces bribes d'informations que la culture occidentale n'était pas aussi stricte que la leur. Et cela l'emplissait à la fois d'enthousiasme et de crainte. Qu'adviendrait-il de sa vie si elle partait s'installer en Amérique ? Comment une fille comme elle, si respectueuse des traditions, pourrait-elle s'acclimater à ce pays, si libre ? » p. 19
Elle découvrira petit à petit que l'Amérique ce n'est pas le Pérou. Les coutumes y sont les mêmes qu'en Palestine. La femme travaille à la maison et s'occupe de ses enfants – de préférence des garçons. Elle est soumise à son mari et à sa belle-mère. Isra aura 4 filles.
« Je pensais que les choses seraient différentes, ici », avoua Isra. Farida releva la tête. « Comment ça différentes ?
- Je croyais que ce n'était qu'en Palestine que les femmes avaient la vie dure, à cause des vieilles coutumes, des anciennes traditions.
- Ah ! s'exclama Farida. Tu as cru que les femmes menaient la belle vie en Amérique à cause de ce que tu as pu voir à la télévision ? » Ses yeux en amande se plissèrent en meurtrières. « Je vais te dire une bonne chose. Les hommes sont les seuls à pouvoir s'arracher à leur condition, et pour y arriver, ils n'ont aucun mal à nous grimper sur les épaules, nous les femmes. Ceux qui te diront le contraire sont des menteurs. » p. 106
Brooklyn 2008, Deya, la fille aînée d'Isra a 18 ans et est en âge d'être mariée (pas de se marier). Elle est en terminale et son avenir est tout tracé : elle se marie, a des enfants, obéit à son mari, s'occupe du ménage, le pied quoi.
Oui oui vous avez bien lu, nous sommes en 2008 et rien n'a changé dans ce microcosme arabe où tout tourne autour des coutumes et de la réputation.
« Farida était si obnubilée par la honte encourue par leur famille qu'elle n'avait jamais remis en cause sa propre attitude. » p. 345
Tout en douceur, Etaf Rum nous décrit le parcours de ces deux femmes qui essaient chacune à leur manière de sortir de ce carcan. Il faut respecter les traditions et celles-ci n'accordent pas la place au changement.
« Cette vie était cruelle, et d'autant plus cruelle lorsqu'on était une femme : nul ne pouvait le nier. » p. 385
« Il se tut un instant et regarda Isra. " Mais pour ce qui est du bonheur… le bonheur, ça n'existe pas, pour les gens comme nous. Les devoirs familiaux l'emportent. " » p. 276
N'hésitez pas une seule seconde : lisez ce livre, il changera votre vie, votre vision du monde, réduira vos petits problèmes à néant. C'est un roman dur car il décrit une vraie réalité (OK c'est un pléonasme, mais la redondance est absolument nécessaire pour bousculer les coutumes).
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Citations et extraits (48) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   24 mai 2020
- Les Contes des mille et une nuits. C'est celui que je préfère. (...)

- C'est plein de génies et de vizirs, des choses qui n'existent pas. Je préfère les histoires qui parlent de la vraie vie.

-Mais ça parle de la vraie vie, insista Isra. ça parle de la force et de la ténacité des femmes. Personne ne demande à Schéhérazade d'épouser le roi. C'est elle qui se propose, au nom de toutes les femmes, afin de sauver toutes les musulmanes en âge de se marier. Ces histoires qu'elle raconte pendant mille et une nuits, c'est la résistance. Sa voix est une arme, qui illustre le pouvoir extraordinaire des histoires en général, et la force des femmes en tant qu'individus. (p. 134)
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fanfanouche24fanfanouche24   31 mai 2020
Elle avait enfin compris. La vie n'était rien de plus qu'une méchante blague pour les femmes. Une blague qui était loin de la faire rire.
"tu sais ce que c'est ton problème ? reprit Sarah.
-Dis-moi.
-Tu ne lis plus.
Je n'ai pas le temps de lire.
- Eh bien, tu devrais en trouver, du temps. ça te ferait beaucoup de bien. " (...)
-Alors lis en secret, comme moi. Ce n'est pas comme ça que tu faisais, en Palestine ?
-Si." Isra se laissa brièvement séduire par cette idée, avant de la rejeter, et sa propre soumission à l'ordre familial la frappa. (p. 208)
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fanfanouche24fanfanouche24   26 mai 2020
-ça n'a rien d'étrange, répliqua Sarah. Ce sont les personnes les plus seules qui aiment le plus lire.
- C'est pour ça que tu aimais lire ? Parce que tu te sentais seule ?
- Quelque chose dans ce goût-là. Sarah regarda de nouveau par la fenêtre. " ça été très dur de grandir dans cette famille, d'être traitée différemment de mes frères parce que j'étais une fille, de me réveiller tous les jours en sachant que mes perspectives d'avenir étaient si limitées. (...) c'était bien plus que de la solitude. Je me dis parfois que c'était aussi l'opposé, la sensation qu'il y avait trop de monde autour de moi, trop de liens imposés: il y avait aussi en moi un désir d'isolement pour pouvoir réfléchir par moi-même. (p. 231)
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fanfanouche24fanfanouche24   25 mai 2020
Mais à présent qu'elle s'était remise à lire, elle découvrait une nouvelle forme d'amour. Un amour qui naissait au fond d'elle-même, un amour qu'elle éprouvait lorsqu'elle lisait toute seule à la fenêtre. Et grâce à cet amour, elle commençait à croire , pour la première fois de toute son existence, qu'en fin de compte, elle valait quelque chose. (p. 278)
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MadameTapiocaMadameTapioca   11 février 2020
Je suis née sans voix, par un jour nuageux et froid à Brooklyn. Personne ne parlait jamais de ce mal. Ce n'est que des années plus tard que j'ai su que j'étais muette, lorsque j'ai ouvert la bouche afin de demander ce que je désirais : j'ai alors pris conscience que personne ne pouvait m'aider. Là d'où je viens, le mutisme est la condition même de mon genre, aussi naturel que les seins d'une femme, aussi impératif que la génération à venir qui couve dans mon ventre. Mais jamais nous ne vous l'avouerons, bien entendu. Là d'où je viens, on nous apprenait à dissimuler notre condition. On nous apprenait à nous réduire nous-mêmes au silence, on nous apprenait que notre silence nous sauverait. Ce n'est que maintenant, bien des années plus tard, que je sais que tout cela est faux. Ce n'est que maintenant, en écrivant cette histoire, que je sens venir ma voix.
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