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ISBN : 2070447529
Éditeur : Gallimard (27/04/2012)

Note moyenne : 4.14/5 (sur 45 notes)
Résumé :
En 2008, Paolo Rumiz entreprend un "parcours en zigzag, sur la fermeture éclair de l'Europe" : six mille kilomètres, depuis Rovaniemi en Laponie finlandaise jusqu'à Odessa en Ukraine. Il reçoit les confidences d'un pêcheur de crabes géants, de pulpeuses marchandes de crème aigre et de myrtilles, d'un prêtre naguère Rambo des forces spéciales en Tchétchénie... Il trouve, dans ces périphéries oubliées, l'âme de notre continent.
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
Malaura
  01 septembre 2012
33 jours, 6000 kilomètres…un voyage tout au long de l'Europe, de son point le plus septentrional, à sa pointe la plus australe. Une Europe dans son sens longitudinal, entreprise à la verticale, des déserts glacés du Grand Nord finlandais aux reflets d'encre de la Mer Noire, de l'océan Arctique au golfe de Syrte, depuis Rovaniemi en Laponie finlandaise jusqu'à Odessa en Ukraine.
Superbe invitation au voyage que celle proposée par l'écrivain-voyageur italien Paolo Rumiz, à la découverte de l'espace Schengen qui réunit symboliquement et administrativement les deux « Europe », de l'Est et de l'Ouest, depuis le déclin de l'empire soviétique.
Le long de cette mouvante et fluctuante frontière, le périple entrepris par Rumiz avec sa compagne Monika, s'est effectué en toute légèreté, de la manière la plus rudimentaire, comme une errance en dehors du temps : sac-à-dos, marche à pied ou utilisation des transports en communs, principalement le train mais aussi l'autocar, la péniche, l'autostop, plus rarement le taxi. L'expédition s'est faite au plus près des gens. Miraculeux hasard des rencontres, moments intenses de fraternité et de partage, merveilleux échanges entre individus qui, au terme de ces 33 jours à « zigzaguer sur la fermeture éclair de l'Europe », fera dire à Rumiz que ce voyage, véritable bain d'humanité, ce n'est pas lui qui l'a fait mais toutes les personnes qu'il a pu rencontrer, du pêcheur de crabes géant à l'éleveur de rennes, de l'écrivain solitaire vivant au milieu des lacs de Carélie à la vieille Liouba et ses chèvres en laisse, et des pèlerins, des moines, des contrebandiers, des paysans…principalement de braves gens prompts à offrir, à partager, à communiquer.
Et c'est un véritable bonheur que d'écouter le conteur triestin raconter cette virée en terre slave où la beauté des lieux, les paysages grandioses, l'auguste majesté de certains sites, succèdent aux rencontres insolites et tendres, aux moments d'euphorie ou de mélancolie, aux interrogations sur le devenir de cette vieille Europe qui se débat entre tradition et modernité, entre une jeune génération la tête emplie des étoiles illusoires de l'Occident et une vieille garde récipiendaire des vestiges d'un temps voué peu à peu à l'oubli.
Une Europe où le rideau de fer est certes tombé depuis plusieurs années mais où la séparation entre Est et Ouest est encore très nette, notamment dans les mentalités, si peu enclines aux échanges à l'Ouest et si ouvertes et hospitalières à l'Est.
Ainsi, c'est toute l'âme slave qui se découvre dans cette traversée, sa fougue et sa générosité, sa grandeur et sa rudesse, sa bonhomie bougonne et son sens du partage, « l'âme d'un grand peuple qui a souffert et aimé » mais qui se trouve happé depuis la fin de l'ère communiste par un capitalisme mortifère où tout se vend, s'achète, se ressemble, s'uniformise dans une morne lividité ennuyeuse. « L'Occident est l'endroit où le bâillement règne en maître. »
En triestin qui a vécu longtemps aux carrefours des influences par la situation géographique et le passé historique de sa ville d'origine, Paolo Rumiz a cherché ce qu'était, dans l'Union européenne d'aujourd'hui, la frontière dite Schengen. Il a trouvé bien des lignes de démarcation, plus ou moins prononcées selon les états et ce n'étaient pas des frontières uniquement nationales mais plutôt de ces bornes invisibles qui séparent les hommes et les peuples entre eux, qui planent comme une menace diffuse et se propagent telle une ombre maléfique hélas bien réelle : pauvreté, mafia, nationalisme, religiosité exacerbée, migration des populations, disparitions des espèces…les barbelés sont loin pourtant la tension est souvent palpable.
Mais que d'aventures, que de rencontres, de paysages et de découvertes dans ce voyage aux confins de l'Europe !
Les étendues de neige et de forêts des territoires De Borée, les mines de la péninsule de Kola, les lacs et les fleuves de Carélie, les lagunes et les dunes de Courlande… Finlande, Russie, Estonie, Lituanie, Pologne, Ukraine, serpentent en un slalom vertigineux aux côtés d'une multitudes de nations qu'on serait bien en peine de désigner sur une carte : Livonie, Mazurie, Polésie, Podolie, Ruthénie…des lieux périphériques gorgés d'ailleurs, des terres sauvages et méconnues, des « fusions d'ethnies » résumant l'immensité de ce que fut l'empire soviétique» : Mongols, Caucasiens, Sibériens, Grecs de Crimée, Circassiens…
Paolo Rumiz n'a aucun mal à nous entraîner à ses côtés dans ses belles pérégrinations où se déploie un incroyable éventail de panoramas, de lumières, de parfums et de visages. Il allie avec brio la beauté poétique et enflammé du style, la ferveur enjouée du voyageur émerveillé et curieux, la précision de l'entomologiste, le goût de l'observation du scientifique et le sens de l'anecdote du journaliste, pour nous faire naviguer avec bonheur tout le long de cette Europe verticale qui, au-delà d'une route jalonnée de rencontres denses et inoubliables, s'est aussi inscrite autour de deux mots clés, ceux-là même répétés par la vieille Liouba comme une litanie: « zemlya » et « voda », la terre et l'eau, symbole de genèse et de régénération, à l'origine de tout ce qui existe.
Terre et eau qu'il nous faut à tout prix protéger dans cette vaste Europe de la mixité qui unit et réunit des êtres qui « évoluent tous à l'intérieur de la même histoire, écrite il y a bien longtemps ».
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nadejda
  04 juillet 2012
Belle découverte que ce livre (conseillé par Dominique»ivredelivres) et surtout cet auteur qui devient un ami, un de ces amis chaleureux qui, après s'être mis à l'aise, vous conte à son retour, au coin du feu, à vous qui êtes là en attente, toutes les anecdotes et les belles rencontres, souvent émouvantes, qu'il a faite.
Un ami qui sait transmettre ce qu'il voit et sent, que vous pourriez écouter des jours durant.

Il commence par chambouler votre façon de voir car il va faire «l'Europe à la verticale» comme le lui fait remarquer, en contemplant la carte qu'il a dessinée avant son départ, «Rambo» un géant des forces spéciales de l'armée russe rencontré au cours d'une soirée fort arrosée chez le père Léonide un pope qui a appartenu lui-aussi aux forces spéciales.

En zig-zag de la Mer de Barents à Odessa sur la Mer Noire, en compagnie de Monika son amie polonaise, il parcourt à pied, en voiture et en train quelques 6000 kilomètres.
Ce qu'il recherche c'est l'âme de l'Europe dans tous ces oubliés de territoires aux frontières fluctuantes, habitants délaissés, ignorés de ces régions perdues dont les noms nous sont souvent inconnus ou que nous ne savons où situer mais qui font rêver : Ruthénie, Podolie, Polésie, Courlande etc... 

«Partout, je trouvais les épaves des frontières mouvantes d'anciens empires p 20
 le peu qui reste de l'âme européenne habite ici, près des oubliés. Les russes, les slaves, les juifs qui ne sont plus là ; peut-être les Tziganes. p 214

Cet homme nous devient proche et sait rendre proche ces terres des confins de l'Europe qu'il a parcouru et surtout les hommes qui sont venus à sa rencontre, la beauté des liens qui se nouent spontanément et restent présents dans la mémoire des uns et des autres par leur force émotionnelle.
Comment pourrait-on oublier :

La beauté douloureuse et poétique de la presqu'île de Kola : 

"C'est ainsi, sur la péninsule de Kola : l'enfer côtoie le paradis. Il y a peu d'endroits où l'on peut lire aussi clairement la souffrance de la terre." p 79
"Les terres boréales sont pleines d'âmes : les bouleaux, de la taille d'arbustes, qui se raréfient au-dessus de six cents mètres d'altitude, se tordent dans le vent comme des âmes à la frontière du néant. Kola est une terre de visions extrêmes, nuits blanches et légendes noires. p 81

Le Lac Peïpous «endroit mystérieux peuplé d'une fascinante minorité orthodoxe, les Vieux-Croyants, les Amish du monde slave.» p 175
Alexandre avec «au fond des yeux quelque chose de tendre et dur à la fois», rencontré dans le train qui mène à Kem où Paolo Rumiz et Monica vont embarquer pour les îles Solovki. Alexandre «au sourire d'une douceur embarrassant» a séjourné dix ans dans un orphelinat et sort de deux ans de prison et leur offre un chapelet qu'il a fabriqué. Rencontre brève mais intense qui les laissera «les jambes coupées par la tristesse» quand il leur faudra abandonner à la gare de Kem l'orphelin au coeur tendre qui a mal tourné.
L'eau de vie d'orge de Rita et Volodia (recette et dégustation p211)
Lilia qui veille sur le vieux cimetière juif, «Je ne vis pas avec les morts. Je vis avec les vivants et pour les vivants. Pour ceux qui reviennent et ils sont nombreux. Et puis ce passe-temps donne un sens à ma vie.....p 274

Et bien d'autres encore...
Laissez-vous posséder par la magie du conteur Paolo Ruiz qui vous dit : «La France est peut-être douce, mais la Podolie l'est encore plus. Vous n'en avez jamais entendu parler ? Ça ne fait rien, allez-y donc. C'est en Ukraine, au-delà des Carpates. L'une des nombreuses régions perdues lors de la simplification perpétrée au cours de la première moitié du XXème siècle en Europe centrale.»p 312
Les numéros de page font référence à l'édition folio
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YvesParis
  21 septembre 2011
Le récit de voyage est un genre toujours florissant. Il suffit d'arpenter les bonnes librairies pour s'en convaincre : les livres de Nicolas Bouvier, d'Alexandra David-Néel ou d'Albert Londres y occupent autant sinon plus de place que les derniers opus de Henry Kissinger, de Thomas Friedman ou de Alexandre Adler. Les ressorts du succès de ces long-sellers ont changé : il y a un siècle, les lecteurs de Pierre Loti ou de T.E. Lawrence étaient initiés à des mondes inconnus et inaccessibles. Aujourd'hui, il n'existe plus de terra incognita. Les vols low cost d'abord, Google maps ensuite ont réduit les distances et tué le mystère qui entourait les contrées les plus reculées du globe.
Pour autant, nous continuons à lire des récits de voyage. Qu'y recherchons-nous ? A nous évader d'un monde occidental aseptisé et uniformisé ? A renouer des liens humains authentiques que la modernité déshumanisée n'autorise plus ? A communier avec une nature dont l'artifice de notre civilisation urbaine nous a éloigné ? Loin de la linéarité et de la trépidance de nos vies modernes, les récits de voyage prendraient le temps de l'errance, du vagabondage, de la lenteur. Ils seraient plein de rencontres inopinées, avec de « vraies gens » dont les témoignages sincères nous en diraient plus que de fastidieux exposés géopolitiques.
Le récit de voyage de Paolo Rumiz a cette prétention-là. Grand reporter à La Repubblica, ce sexagénaire Triestin qui est né et a grandi à quelques kilomètres du rideau de fer s'est senti orphelin de cette frontière lorsque la Slovénie est entrée dans Schengen le 21 décembre 2007. Il a décidé, l'été suivant, d'entreprendre un long périple de plus de 6.000 km, zigzaguant le long de la frontière orientale de l'Europe.
Cette longue descente de « l'Europe verticale », de Mourmansk à Odessa, plus longue que ne le serait la traversée d'Ouest en Est du continent européen, est l'occasion de traverser des régions poétiques : la Carélie et ses myriades de lacs, la Courlande des Chevaliers teutoniques, la Polésie qui marque la ligne de partage des eaux entre la Baltique et la mer Noire, la Podolie aux confins de la Slovaquie, de la Hongrie, de la Roumanie et de l'Ukraine.
Elle est surtout l'occasion d'une réflexion sur les frontières. Une frontière entre l'Est et l'Ouest qu'il n'est pas plus aisé de traverser après qu'avant la chute du Mur, mais qui est plus poreuse aux mafieux corrupteurs qu'aux migrants désargentés. Une frontière dont le tracé est moins linéaire qu'on ne le croit : Kaliningrad forme une enclave russe au milieu de l'Europe, la Biélorussie, « dernière dictature d'Europe », fait tampon entre la Pologne et la Russie, l'Ukraine est divisée en deux, voire en trois, entre la Galicie qui n'a jamais tourné la page de l'Empire austro-hongrois et le bassin houiller du Donbass irrésistiblement aimanté à la Russie (et bastion électoral du président pro-russe Ianoukovytch). Une frontière entre le Nord et le Sud qu'on néglige trop souvent : le livre de Paolo Rumiz souligne jusqu'à la caricature la différence entre l'Estonie taiseuse et la Lettonie plus expansive.
Mais la frontière la plus significative divise les hommes plus que les espaces. Elle sépare l'ancien et le neuf, les vieux et les jeunes, les nostalgiques d'un ordre révolu et les profiteurs d'un capitalisme débridé. Paolo Rumiz prend le parti des premiers contre les seconds. Il chante la beauté des paysages, exalte la générosité de ses habitants, met en garde contre les atteintes portées à l'environnement. Sont ainsi réunis les ingrédients qui font le succès habituel des récits de voyage. Pour autant, le genre a ses limites. A trop exalter l'authenticité des « petites gens » et la vérité de la terre qui, elle, ne ment pas, l'écrivain-voyageur – qui derrière une humilité feinte se donne volontiers le beau rôle – n'est-il pas en passe de devenir le héraut d'une idéologie rétrograde ?
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Junie
  23 juillet 2017
Voila un voyageur comme je les aime; de ceux qui entrent dans le paysage, presque sans bagage, qui prennent le risque de se retrouver perdus au milieu de la steppe pour aller rencontrer des inconnus et partager leur mode de vie.
Rumiz a souvent bourlingué, et il nous invite à le suivre dans cette partie de l'Europe qui est restée si longtemps coupée de l'Occident, cette Europe slave, balte, nordique, où les touristes sont aussi rares et incongrus qu'une baleine sous le pont de l'Alma.
Dans ces pages, il y a l'odeur des forêts de bouleaux, le goût du poisson fumé, l'infini des grands paysages désertiques près du Cercle Polaire, sous la lumière rasante du soleil de juin à minuit. Il y a l'étonnement des longues distances à parcourir, l'inconfort et la fatigue parfois, mais aussi la béatitude de se chauffer le corps et le coeur auprès des gens rencontrés en chemin, d'échanger avec eux de petits cadeaux et de longues conversations.
Loin des circuits qui drainent des millions de touristes vers Barcelone, Prague, Florence, nous voyageons en toute discrétion au coeur d'une Europe qui fait bien partie de nous, de notre Histoire et de notre Géographie.
Merci au voyageur qui a su rapporter sur ses petits carnets griffonnés entre deux cahots d'autocar toute la beauté et l'esprit des lieux, avec modestie et simplicité.
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ericbo
  25 août 2018
Excellente relation d'un voyage le long de cette frontière entre l'espace Schengen et la Russie, la Biélorussie et l'Ukraine. On sent l'auteur très humain, proche de l'autre, recherchant le contact de cette altérité, comme pour s'y mettre à l'épreuve. J'envie cette capacité à se mettre au niveau de son interlocuteur, à s'en nourrir. Ce long voyage de l'Arctique à la mer Noire est l'occasion de se frotter aux cultures slaves traditionnelles qui persistent malgré les acculturations, à se laisser envahir par les démonstrations de foi, les exaltations de toutes sortes, et à rencontrer des personnages truculents, même dans leur banalité quotidienne. Des gens qui témoignent de leurs vécus, de leurs croyances. On retrouve le long de cette frontière tout un pan de vie qui tend à disparaître en Occident, sous les coups de boutoir uniformisants de l'Union européenne, comme le souligne fréquemment l'auteur. Ce voyage est aussi l'occasion de réflexions sur la politique, l'histoire, les cultures, la marche du monde…
Un grand livre de voyage, qui donne envie de partir visiter ces contrées.
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critiques presse (1)
Telerama   14 juin 2011
Quand le voyage devient un art d'appréhender, dans le même mouvement, l'espace et le temps. Et la littérature, un bain d'humanité.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (43) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   02 juillet 2012
C'est lors des attentes que l'on rencontre le monde.
(...) A Cuba, je me rappelle avoir pris en auto-stop une maman et deux petits enfants qui attendaient depuis six heures, abrités du soleil sous un pont. Quand je lui ai dit que sa patience m'émerveillait, elle m'a répondu : "Si je n'avais pas attendu, je ne t'aurais pas rencontré." p 73
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nadejdanadejda   02 juillet 2012
A Trieste, entre les Alpes et la Méditerranée, il n'y a rien, et même les faits les plus menus témoignent de cette contiguïté insensée. Dans une rue à deux pas du centre, une vieille dame a adopté un mignon petit chien qui fouillait parmi les ordures et ce n'est qu'au bout de quelques mois qu'elle s'est rendu compte qu'il s'agissait d'un loup.
Un chevreuil, descendu au plus noir de la nuit et terrifié par la circulation matinale, ne trouva pas d'autre moyen de s'enfuir que de plonger dans la mer en plein centre-ville....
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nadejdanadejda   04 juillet 2012
Avant la frontière lituanienne, les flèches du sanctuaire catholique d’Aglona... Nous approchons de la Pologne, terre de Woytila, et le Vatican fait déjà figure de gigantesque agence de voyage, de multinationale du pèlerinage, avec des filiales dans le monde entier. (...) Je n’ai jamais aimé les religions triomphantes, je préfère celle des minorités et des perdants, les catacombes, les périphéries, les avant-postes, où les hiérarchies ne vont pas fourrer leur nez et d’où les luttes de pouvoir sont absentes. c’est peut-être pour cela que j’ai mieux entendu Dieu dans la synagogue abandonnée de Luzda que devant les marbres vaguement funéraires d’Aglona. p 215
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luocineluocine   16 décembre 2012
L'Italie s'entête à faire semblant de ne jamais avoir été fasciste et d'avoir gagné la guerre. Et pourtant , elle l'a été fasciste , et pas qu'un peu ; et elle a perdu la guerre, justement dans ma région.... Je vous en prie ne me parlez pas , des "braves gens d'Italie" , parce que moi j'habite à Trieste que Mussolini a proclamé les lois raciales contre les juifs , et ce choix infâme a eu son prélude une vingtaine d'années auparavant , avec l'écrasement politique , économique et linguistique de la vaste communauté slovène. Je sais que pendant la guerre , il n'y eut pas seulement des camps d'extermination nazis , mais aussi des camps de concentration dirigés par le parti fasciste , avec des milliers de morts de faim et de froid.
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ericboericbo   23 août 2018
Quand je vais en ville, dit Vitaly dans un sourire, les gens me font tellement horreur qu'il m'est facile de me sentir solidaire d'un renne. Ou disons plutôt de me sentir renne, ni plus ni moins.
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Paolo Rumiz lors de la présentation de son magnifique livre de voyage "La Légende des montagnes qui naviguent".
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