AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2081408295
Éditeur : Editions Arthaud (06/09/2017)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 29 notes)
Résumé :
Huit mille kilomètres au fil des Alpes et des Apennins, cette colonne vertébrale de l’Europe. Paolo Rumiz nous embarque pour un voyage au long cours... De la baie de Kvarner en Croatie jusqu’au Capo Sud italien, il chevauche les deux grands ensembles montagneux de l’Europe passant par les Balkans, la France, la Suisse et bien sûr l’Italie. Parti de la mer, il arrive à la mer. Son récit navigue sur les cols et sommets dont les flancs plongent dans les ondes. Rumiz, d... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
Fleitour
  19 juillet 2017
Pour les passionnés des Alpes, notamment Italiennes, Paolo Rumiz invite ses lecteurs sur 16 grands itinéraires de la Slovénie ( Ljubljana) aux Apennins, à réaliser à pied à cheval ou en Topolino.
Parti pour s'échapper du monde, et revenu avec un pavé de 461 pages aux caractères serrés, il faut en avoir des choses à dire !
Paolo Rumiz, en décapant les Alpes, puis les Apennins, des vieux clichés, avec ce regard obstiné du journaliste besogneux, a laissé une trace, de près d'un million de signes pour dessiner " La légende des montagnes qui naviguent". Cette navigation terrestre loin de vous plomber devient un enchantement, au fil du temps le pavé s'allège !
L'ouvrage est « condensé » en 16 chapitres, 8 pour balayer les Alpes puis 8 pour les Apennins, deux livres en un. Écrivain voyageur, il vous ballade, et vous séduit, il s'empare de vous et ne vous lâche plus avant la pose du chapitre suivant.
Les trois chapitres que j'évoque donnent une idée de cette chevauchée.
"De la mer à la Drave", la Slovénie, le chapitre s'ouvre sur un bref aperçu des multiples guerres qui ont émaillés son histoire : "On hissait le drapeau blanc, fini ? Çà paraissait impossible". Rêve ou cauchemar, les slovènes firent le tour complet des nationalités européennes. Mais c'est où ce pays ?
La suite comme un hommage à Brautigan, nous promène parmi des ours insaisissables, trop nombreux, ingérables, solitaires et individualistes, gourmands insatiables ( cf citations). On abandonnera les plantigrades pour découvrir la vraie personnalité de Jörg Haider très bon grimpeur, mais "sa belle prestance s'alliait à une moralité douteuse" p 52.
On retrouvera au long de ce récit cette lucidité du journaliste peu enclin à édulcorer ses critiques.
"De Chiavenna au Tessin", Paolo Rumiz nous invite à prendre la mesure du sol, celui qui nous porte, jusqu'aux vallées les plus profondes, et découvrir l'étendue vivante du sous sol, gangrené de tunnels, qui affleurent par endroits, avec les grondements sourds de ces monstres mécaniques, qui pour être restés trop longtemps sous terre viennent vous terrifier, tel " le hurlement de la mer archéozoïque" p159.
C'est un autre visage de la suisse que hennit notre cheval errant, une modernité qui s'accommode mal des zones retirées, comme si les Alpes suisses formaient la plaine du Pô.
Le canton qui a donné naissance au pays, le canton de Schwyz, a voté à 70% contre l'Europe. En Suisse l'on dit « si tu n'est pas sage je t'envoie dans le canton de Schwyz ».p 164.
Depuis le col enneigé de la Furka, "je lis, que 150 mercédes vont et viennent tous les jours entre la France et la Suisse, toujours les mêmes, elles appartiennent à la mafia. La police le sait , mais ne peut rien faire". p 168 .
La Suisse mérite sans aucun doute la palme de l'ambiguïté, c'est du moins le sentiment qui se dégage du pavé lancé par Paolo Rumiz, dans un Léman de bon sentiments, la vache qui rit aux étrangers meurtris.
Échappons aux monstres des tunnels, à la caporalato ( exploitation des immigrés) et préparons nos carcasses à affronter les Apennins, et esquiver une chaîne d'ouvrages gigantesques.
Il fallait repartir de zéro, retrouver les fossés, les impasses, éviter les embrouilles avec le moyen de transport le plus lent qu'il fut, une guimbarde pour attelage, un solide bijou de technologies, née en 1936, la Topolino Fiat »la souris », capable de rouler comme l'Oural par + ou – 30°, dépassant rarement les 30km à l'heure (l'Oural la moto mythique de Sylvain Tesson).
"De Savone au val Trébia" le 1er chapitre dans les Apennins.
Pas de concessions aux lignes droites, aux ronds-points, choisir la via buissonnière, à la recherche des routes perdues, Paolo Rumiz, fait appel à un guide sorti des monts chauves, un berger, esthète, aquarelliste et amoureux de la petite reine, Albano Marcarini est ce personnage démodé, qui seul peut traverser les Apennins sans croiser un gendarme ou une autoroute.
Albano Marcarini dans "la brouillasse du col de Faiallo, fait le point à l'aveuglette, un guide de 1896 à la main" ! Ce livre est à l'image de Marcarini , changer de braquet, voir, s' imprégner avant qu'il ne soit trop tard, la nature sauvage démultipliée encore là pour ceux qui savent couper le contact.
Après la lecture de ce récit exceptionnel, je ne regarderai plus mon Marcarini de la même façon. Ce vélo sur mesure d'une trentaine d'années, me semble encore digne d'aller flâner aux Apennins, et fuir la modernité ou l'éprouver.
C'est avec un talent fou que Paolo Rumiz se déploie dans ce pavé ; merci à masse critique de rendre ce livre accessible, la traduction est pleine d'humour, humour grinçant pour toutes les absurdités déployées par les hommes. Il nous parle beaucoup de l'aveuglement des élites comme des biens pensants.
Il nous fait découvrir des personnages hors du temps.
A lire sans chercher une suite logique aux chapitres, ils sont indépendants.
Bravo à masse critique et à Arthaud, pour cette belle navigation.
http://alter1fo.com/chevauchee-topolino-alpes-italiennes-16-itineraires-110785
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          294
nadiouchka
  01 août 2017
Pour commencer, je tiens à remercier Babelio pour m'avoir sélectionnée afin de chroniquer « La légende des montagnes qui naviguent » de Paolo Rumiz, dans le cadre de la Masse Critique.
Je remercie également les Éditions Arthaud pour l'envoi de ce document.
Paolo Rumiz, considéré comme un des plus grands écrivains-voyageurs italiens contemporains, journaliste, a déjà à son actif plusieurs best-sellers.
Il présente son livre ainsi : « Derrière la métaphore des montagnes qui surgissent de la mer et naviguent comme une grande armada, j'ai vu poindre parfois l'image d'une Italie aux contours légendaires. Ce qui explique le choix de de titre étrange, La légende des montagnes qui naviguent, lequel, même traduit en français, compose sans le vouloir, un parfait hendécassyllabe, vers de prédilection de la poésie italienne » (page 12) et : « C'est cette fabuleuse épine dorsale que je me propose de vous raconter à l'occasion d'une traversée en zigzag de huit mille kilomètres, soit la distance de l'Atlantique à la Chine »(page 9).
Avec lui, c'est donc ces huit mille kilomètres que nous allons parcourir, le long des Alpes et des Apennins, c'est-à-dire un très, très long voyage. Mais d'abord, il pose la question de savoir où commencent les Alpes, mais qui va le savoir exactement car chacun a une excuse pour ne pas être capable de lui répondre et renvoie la balle à quelqu'un d'autre.
Il part donc de la Croatie (la baie de Sveti Juraj, dans l'île de KRK pour arriver au Capo Sud Italien. Il traverse ainsi les deux grands ensembles montagneux de l'Europe, qui passent par les Balkans, la France, la Suisse et l'Italie, bien évidemment. Ainsi, parti de la mer il arrive à la mer.
Ce récit est découpé en deux grandes parties : « Les Alpes » et « Les Apennins », chacune composée de sous-chapitres et de nombreux paragraphes, où l'auteur nous décrit non seulement sa formidable expédition, mais également une mine de renseignements. Chacune de ses traversées est l'occasion de références : géographiques (cela va de soi) – historiques – politiques, culinaires (ça fait partie des voyages) – économiques ou sociales.
Si cet ouvrage est un récit de voyage, sans aucun doute, je le qualifie également du terme de « Bible de voyage », justement pour toutes ces révélations.
Je ne pense pas avoir lu d'autres récits de cette sorte, aussi richement fournis en documentation.
Mais c'est également une foule d'anecdotes toutes plus intéressantes les unes que les autres, d'autant plus que l'auteur y mêle un certain humour.
Il voyage parfois à pied, parfois à vélo mais également dans une vieille Fiat Topolino (datant de 1953, surnommé »Nerina »).
Si le récit est très dense, il est particulièrement intéressant, à tel point qu'il semble que cette expédition n'est pas faite « à la légère » mais a été longuement préparée.
Pour le lecteur qui s'attend à un simple ouvrage d'une grande traversée des « montagnes qui naviguent », cela pourrait lui sembler un peu rébarbatif, mais pour la lectrice passionnée que je suis, Paolo Rumiz m'a remis à l'esprit un nombre très important d'explications, et donc au contraire, j'ai été entraînée dans cette navigation, avec lui comme capitaine.
Il faut lire ces lignes dédiées à la critique de l'urbanisation – à celles concernant la flore et la faune : par exemple les ours et les loups ainsi que des rapaces – les descriptions des paysages avec de nombreuses explications, entre autres, sur les noms des fontaines : Fonte al Ciliegio (Source au cerisier) ! Fonte della Canina (Source de la petite chienne) ! Parmi d'autres que l'on trouvera en citation page 323 – les dialectes des personnages rencontrés – mais aussi sur les Allemands et Hitler - Hannibal avec ses éléphants quand il a traversé les Apennins. Sans parler de nombreuses autres réflexions distillées au passage, sans oublier des touches de poésie, qui entrecoupent le récit.
Comme je l'indiquais plus haut, c'est une « Bible » que l'on ne se lasse pas de découvrir, page après page et je n'ai pu donner que quelques indications car justement, toutes ces pages en comportent énormément.
A la fin du livre, Paolo Rumiz écrit :
« Le voyage est terminé. C'en est fini des bornes, des ronciers, des maisons santonnières, des petites fontaines dans les virages. Fini des lucioles, des monuments aux morts, des auxiliaires de vie, des chênes et des châtaigniers. (…) le mistral s'est éveillé, la pointe de l'Italie semble naviguer contre le vent, vers le nord-ouest ». (page 457)
Nous aussi, nous revenons sur la terre ferme après avoir tant navigué et on retourne au monde présent en n'ayant qu'un désir : repartir.
Merci encore à Babelio et aux Éditions Arthaud pour ce fabuleux voyage que j'ai eu l'immense plaisir d'entreprendre grâce à vous.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          232
Levant
  23 juillet 2017
Si "pour voyager il ne sert à rien de quitter son fauteuil, qu'il suffit de lire des livres", en voici un tout indiqué. Le candidat au périple se laissera embarquer avec enthousiasme dans la vieille guimbarde de Paolo Rumiz pour franchir cols et vallées, puisque c'est celui que propose ce voyageur impénitent dans son dernier ouvrage. Voyage à thème, comme ce journaliste italien à la plume experte les affectionne, pour dépeindre personnages et paysages de rencontre.
Le thème de la légende des montagnes qui naviguent, c'est la quête de l'authentique. Thème qu'on pourrait d'ailleurs appliquer à plusieurs des ouvrages de ce reporter qui n'avait pas craint en d'autre temps d'affronter le danger des zones de guerre et témoigner des comportements humains, entre héroïsme et exactions.
L'authentique, ce vieux fonds d'humanité, ne se trouve certes pas dans le tumulte de la civilisation urbaine moderne où des zombis connectés - on ne sait trop à quoi ou à qui, eux-mêmes le savent-ils quand ce n'est certainement plus avec leur vis-à-vis - évaluent le degré de bonheur à leur pouvoir d'achat. L'authentique, Paolo Rumiz va le chercher dans le visage sillonné de rides, le regard pénétrant de ceux qui ont choisi de s'accrocher au flanc de la montagne, de bavarder avec les marmottes et faire croire que la montagne vit encore en dehors des stations surpeuplées, quand la neige qui se fait parfois désirer, réchauffement climatique oblige, veut bien leur autoriser le frisson de la glisse.
La légende des montagnes qui naviguent est un récit de voyage. 8000 km au travers des Alpes. Il prend tour à tour des allures de fresque picturale, de roman historique, de diatribe politique ou de confidence superstitieuse quand son parcours l'entraîne dans les errements brumeux des vieilles légendes. Paolo Rumiz n'est jamais autant exaucé dans ses intentions que lorsque son étape lui donne l'occasion de rencontrer un des derniers mohicans qui, une fois la méfiance pacifiée, deviendra prolixe à lui conter la petite histoire dans la grande, du temps où le locataire de la montagne devait tirer sa subsistance de son troupeau, cohabiter avec l'ours et le loup, du temps aussi où les visées impérialistes des nations riveraines donnaient de la mouvance aux frontières.

Mais en leitmotiv de chaque chapitre, son ouvrage veut surtout être un plaidoyer écologique. Un blâme est décerné à cette espèce qui reste sourde aux avertissements que lui lance la nature meurtrie, comme par exemple la catastrophe du Vajont en 1953. Cette espèce qui s'entête dans la quête perpétuelle des plaisirs, fermant les yeux au désastre qu'elle provoque, car un "désastre qui dure des décennies ne fait pas sensation."
Seulement voilà, j'ai appris récemment un terme de vocabulaire qui me fera passer pour instruit. Ce terme c'est cinétose. Plus connu sous l'expression de mal des transports. Je vais quand même avouer pour conclure que 8000 kilomètres sur les routes de montagne, en passager d'une vieille guimbarde qui semble aller au gré des lubies de son guide, sans autre fil conducteur que faire admirer le paysage et dire leur nostalgie aux vieux qui déplorent le bon temps d'avant, ça peut faire languir le fond de la botte italienne. Là où se termine le voyage. 460 pages d'un parcours erratique dans les lacets des routes de montagne, cela aurait mérité quelques raccourcis, même si l'air y est pur sous la voute étoilée. Une carte eût aussi été la bienvenue pour se situer dans la myriade de noms de pays, de village qui émaillent ce récit. Heureusement qu'il y a "gougueule", c'est ti pas comme ça que vous l'appelez celui qui dirige vot' vie maintenant à vous autres qui êtes connectés dans la vallée ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          195
Kirsikka
  07 août 2017
J'aime beaucoup ce livre étrange, récit d'un voyage au sein d'un monde méconnu, ou plutôt en voie d'oubli : la montagne, coeur de l'Europe. Des Alpes aux Appennins. Paolo Rumiz parcourt les routes et les sentiers, souvent accompagné, parfois de nuit, il rencontre des montagnards, des vieux, puits de connaissance et de mémoire, des plus jeunes, passionnés de leur région, qui le mettent parfois sur la piste de la recherche du commencement des Alpes. Il parcourt l'Italie, l'Autriche, la Suisse, à pied ou à vélo,
C'est la montagne des ours qui se fichent des frontières, d'une nature magnifique, d'une poésie cachée et parfois rude, mais aussi la montagne ignorée, exploitée pour fournir de l'électricité aux villes toujours plus avides, la montagne qui subit les changements climatiques, et même victime de l'engouement des exploits sportifs. C'est curieux comme tout ce qui nous est essentiel, ce qui nous structure et nous nourrit est toujours méprisé ou maltraité.
Il y a cette histoire incroyable d'une rivalité entre l'Italie et l'Autriche après la découverte d'Otzi, rendu par le glacier, la différence de la conception de l'environnement entre la Suisse et l'Italie, le maestro violoncelliste qui joue au coeur des arbres...
Un livre énormément dense, tant d'histoires et d'anecdotes, de noms de lieux parcourus et des personnes rencontrées ; il est difficile de tout retenir, c'est une lecture qui demande du temps et de l'attention, et peut-être même une relecture. J'aurais aimé que le livre dispose d'une carte, pour mieux retenir les parcours et les histoires racontées.
Mais ce n'est jamais ennuyeux, je me laisse porter par la belle écriture de Paolo Rumiz, son amour de la montagne, des montagnards, ses indignations et sa curiosité, c'est comme mettre ses pas dans les siens et il ne reste plus qu'à poursuivre le voyage.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          240
Myriam3
  12 août 2017
Les Alpes, une chaîne de montagnes que huit nations se partagent. Entre celles qui ont tendance à l'oublier, celles qui y entretiennent un certain traditionalisme, celles qui la creusent, la percent, la détruisent et celles qui y voient un atout commercial et touristique évident, cette barrière naturelle de 1200 km a de quoi s'en faire.
Touchée de plein fouet par le changement climatique, la désertification, les désastres engendrés par les barrages et les tunnels routiers, cette chaîne n'en reste pas moins un lieu de légendes et d'histoire, peuplée heureusement de quelques irréductibles marginaux, poètes et révoltés gardant l'esprit de leur vallée.
C'est vers eux que le journaliste Paolo Rumiz va aller pour cueillir l'essence de ces habitants et de cette nature merveilleuse. Voyage chaotique, intemporel, véritable palimpseste d'expériences vécues, rêvées et de guerres qui se sont achevées, de combat avortés ou réussis et de vies qui ont filées.
Puis on aborde la colonne vertébrale de l'Italie, les Apennins, négligées en faveur des Alpes alors qu'elles parcourent le pays du Nord au Sud et sont source d'énergie pour le pays entier.
Rumiz a l'art de dégoter des personnalités fortes et atypiques tout en décriant une civilisation devenue folle, incapable aujourd'hui d'apprécier, de connaître pleinement la nature, sa faune et flore, sa beauté, sa richesse.
L'ouvrage est foisonnant, captivant et n'est qu'un exemple de ce qui se passe actuellement partout dans le monde et pas seulement dans les Alpes, pour de perfides raisons politiques, économiques et nationales.
A lire, à garder, merci Babelio et les éditions Arthaud pour cette découverte.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200

critiques presse (3)
LePoint   13 novembre 2017
Écrivain-voyageur italien, Paolo Rumiz a parcouru près de huit mille kilomètres dans les Alpes et les Apennins, à pied, à vélo et en Fiat Topolino !
Lire la critique sur le site : LePoint
LeFigaro   06 octobre 2017
Six ans durant, l'ancien reporter de La Repubblica a arpenté les Alpes et les Apennins, dont il a tiré un récit captivant, La légende des montagnes qui naviguent.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Bibliobs   20 septembre 2017
Dans “la Légende des montagnes qui naviguent”, l'écrivain italien raconte un périple de 8000 kilomètres à travers les Alpes et les Apennins.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (52) Voir plus Ajouter une citation
nadiouchkanadiouchka   18 décembre 2017
Je crois fermement aux coïncidences. Un des plus grands livres de voyage du XX ème siècle a été écrit dans une Topolino, et comme ça se trouve en 1953, l’année d’immatriculation de Nerina. L’auteur en est un photographe suisse, Nicolas Bouvier, qui, à vingt ans, a traversé les Balkans, la Turquie, l’Iran, l’Afghanistan et le sous-continent indien, en compagnie du dessinateur Thierry Vernet. L’ouvrage s’intitule L’Usage du monde. Je le connais par cœur et cela me réconforte de l’avoir toujours sur ma table de nuit. Seul Patrick Fermor, peut-être, dans sa traversée de l’Europe, en 1933, a su aussi bien décrire le luxe de la lenteur.
P.419
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          210
nadiouchkanadiouchka   17 août 2017
Sur la carte du Mugello, je trouve des noms merveilleux liés à l’eau, mais si je cherche à les évoquer, je n’obtiens pas de réponse. Fonte al Ciliegio (Source au cerisier) ! Absente. Fonte della Canina (Source de la petite chienne) ! Absente. Fonte Frassineta (Source de la Frênaie) ! Absente ! (…) Ils n’existent plus que sur la carte, leur murmure est désormais perdu. Ici, chaque maison avait sa source. Et comme chaque source avait son saint patron, maintenant qu’il n’y a plus d’eau, les saints aussi s’en sont allés.
P.323
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          170
nadiouchkanadiouchka   22 novembre 2017
Tu connais Laetitia Casta, l’actrice française ? Sa famille aussi est partie de la vallée du Reno.
Je lui demande ce qui est resté de ce temps-là.
L’émigration a aussi marqué notre dialecte. Litigare, se disputer, se dit faitare, de l’anglais to fight. Raif, c’est le fusil, en anglais rifle. En revanche, ceux qui sont partis en Amérique ne connaissent plus l’italien. Ils vous écrivent des lettres traduites par leur ordinateur, tu vois le désastre. Résultat, on n’y comprend que dalle. A tout prendre, il vaudrait mieux l’anglais.
P.317
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
nadiouchkanadiouchka   01 août 2017

Ce soir-là, à la brasserie Forst, à Trente, Groff me raconte une histoire savoureuse. Un jour d’automne, j’ai vu un ours du côté de Tovel. Il descendait sur les fesses une pente humide tapissée de hautes herbes. J’ai cru qu’il avait glissé, mais pas du tout. Le voilà qui se relève et qui deux fois de suite se refait une bonne descente sur son toboggan. Il faisait ça exprès, pour s’amuser. Pour un peu, il aurait éclaté de rire.
P.109
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          162
FiloxFilox   03 août 2017
Le véritable alpage est ici, dans les terres lunaires du Sud. Au cours de mon présent voyage ( dans les Apennins), ce n'est qu'à partir des Marches, en direction du sud, que j'ai trouvé des animaux à la pâture.... Plus au nord, je n'ai rien vu de semblable, rien d'autre que des campagnes désertes et des bêtes claquemurées dans des hangars puant l'ammoniaque. Ici, dans le sud profond, tout change. Le vrai lait est jaune, parce que les bêtes broutent aussi des fleurs. Et non pas blanc, comme nous le fait croire la Padanie souveraine, pour mieux nous refiler une camelote insipide, produite avec du foin.
Je pense que la révolte des éleveurs est la révolte d'un monde humilié depuis un demi-siècle, la révélation d'une défaite culturelle, exactement comme le Vajont. Le barrage du désastre, ce sont les héritiers du fascisme qui l'on construit, et ce sont eux qui ont détruit l'élevage et l'agriculture de l'Italie, et encore eux qui aujourd'hui liquident la classe ouvrière.
La laine était notre richesse, c'était le pétrole de notre pays désormais obligé de tout importer, même la viande. L'Italie,où on ne voit plus un animal dans un pâturage et où les enfants croient que le lait sort des bouteilles, était pourtant le royaume fabuleux des nomades de la transhumance. Le triomphe de la liberté pour les hommes comme pour les bêtes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Videos de Paolo Rumiz (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Paolo Rumiz
Paolo Rumiz lors de la présentation de son magnifique livre de voyage "La Légende des montagnes qui naviguent".
autres livres classés : littérature de voyageVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Grandes oeuvres littéraires italiennes

Ce roman de Dino Buzzati traite de façon suggestive et poignante de la fuite vaine du temps, de l'attente et de l'échec, sur fond d'un vieux fort militaire isolé à la frontière du « Royaume » et de « l'État du Nord ».

Si c'est un homme
Le mépris
Le désert des Tartares
Six personnages en quête d'auteur
La peau
Le prince
Gomorra
La divine comédie
Décaméron
Le Nom de la rose

10 questions
512 lecteurs ont répondu
Thèmes : italie , littérature italienneCréer un quiz sur ce livre
.. ..