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EAN : 9782842304942
384 pages
Hoëbeke (12/03/2014)
3.77/5   15 notes
Résumé :
Un voyage à travers le plus grand fleuve d'Italie, mené par l’écrivain italien Paolo Rumiz en compagnie de canoéistes, de bateliers et de pêcheurs. Un voyage à la découverte d'un cours d'eau sauvage fait de rencontres, de nourriture et d'aventures. Une histoire racontée du point de vue du courant, qui se déplace vers le delta et ses magnifiques plages. Au-delà de ses rives, se trouvent les quatre régions les plus peuplées d'Italie, industrielles, bruyantes, polluées... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
isabellelemest
  13 juillet 2014
Merci à Babelio et à l'opération Masse critique ainsi qu'aux éditions Hoëbeke qui m'ont permis de lire ce beau roman
Ouvrir le livre de Paolo Rumiz, c'est partir pour une lecture paresseuse et sinueuse, nonchalante et rêveuse au fil de la descente d'un fleuve si célèbre qu'il en est devenu invisible et méconnu, le Pô.
Le fameux écrivain voyageur italien, raconte comment il a entrepris de redécouvrir avec quelques amis, en le parcourant sur diverses embarcations, ce fleuve qui irrigue la partie septentrionale de l'Italie, la plus peuplée et industrielle, la plaine padane ou "pianura padana" où se concentrent les trois-quarts de l'activité économique de la péninsule. Quoi de mieux que de le parcourir de l'amont vers l'aval, d'abord en canoé, puis en barque, enfin sur un petit voilier, pour y recueillir la vérité du fleuve, sa voix, son atmosphère, ses paysages, sans compter les innombrables rencontres avec riverains et passionnés du cours d'eau.
Les découvertes sont surprenantes : le silence d'abord, malgré la proximité géographique des autoroutes, le chant des galets, les rives sauvages en amont de Turin, l'isolement de la rivière canalisée entre de hautes levées, l'ignorance du Pô chez la plupart des habitants de la plaine, et bien sûr les dégâts d'une industrialisation forcenée qui n'a pas épargné la nature : décharges, digues, barrages, mais aussi les mutations de la faune avec l'apparition de poissons géants exogènes, les silures, et aussi les trafics, l'absence totale de police ou de contrôles, un espace de liberté au sein même d'une région surpeuplée.
Toute cette exploration ne serait rien sans les multiples rencontres avec des amis du fleuve ou des riverains qui entretiennent une étrange histoire d'amour avec Pô, car peu à peu, Paolo Rumiz va personnifier et féminiser le flot qui le porte.
Une femme étrange et mystérieuse, une apparition récurrente, sert de fil conducteur au voyage qui conduira le narrateur jusqu'à l'île de Susak en Croatie, pour mener le périple à son terme
Il s'agit somme toute d'un journal de voyage, ponctué d'escales et de bombances, d'échanges pittoresques avec les amis embarqués dans l'aventure, agrémenté de notations littéraires, poétiques et profondes, mais d'où l'humour n'est jamais absent, qui suit son rythme indolent au fil de la descente du cours d'eau.
.
Des cartes personnelles à l'auteur, aux toponymies subjectives, marquent les temps forts du parcours, et illustrent le récit. Un regret toutefois : un peu trop de noms propres, de lieux ou de personnes, que le lecteur a du mal à tous situer ou retenir.
Mais il ne s'agit là que d'une mince réserve, car la lecture, même si elle ne tient certes pas en haleine, reste un moment de plaisir et de rêverie, que l'on aime à retrouver dans la durée.
Pour ceux qui considèrent la lecture comme un voyage imaginaire, il n'est pas de meilleur roman, pour partir à la découverte de l'âme d'un fleuve et de celles des hommes qui l'aiment et le parcourent.
Excellente traduction de Béatrice Vierne.
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pchion
  07 juin 2021
Le challenge était d'importance. Ecrire un roman d'une taille conséquente sur un environnement qui ne présente à mes yeux qu'un intérêt très limité... Il fallait frapper un grand coup !
Lorsque je me rends en Italie, j'ai tendance à traverser, au plus vite, la plaine du Pô et à réserver mes velléités de séjour aux Apennins ou aux vallées Alpines... J'ai aussi visité la Sardaigne, la Calabre, les Pouilles... régions que j'ai adorées.
Mais bon, j'aime beaucoup Paolo Rumiz ainsi que la diversité de son oeuvre ; j'ai beaucoup apprécié sa "légende des montagnes qui naviguent" ou son "voyage immobile" (pourtant, un phare c'est un univers limité aussi !)... Là je suis passé en partie à côté du propos de l'auteur. Beaucoup de longueurs, de digressions qui ne ravivent pas l'intérêt du récit. Les invités sont nombreux et leurs propos sont inégaux. L'ambiance évoque parfois le salon littéraire. Dans ce contexte, on avance lentement sur ce fleuve au débit plutôt paresseux. On partage la colère de l'écrivain face aux mauvais traitements que les riverains et - surtout - le monde des "affaires" infligent à cette curiosité géographique.
On s'ennuie un peu et on regrette qu'il n'y ait pas plus d'anecdotes historiques ou de légendes contées. Quand un sujet intéressant est abordé, il est trop vite abandonné à mon goût.
J'ai été content de croiser au passage Valerio Varesi, auteur de polars que j'apprécie particulièrement et seul invité à ce voyage que je connaisse un peu... Bref, c'est du Paolo Rumiz pour l'écriture, mais il n'y a guère de palpitations cardiaques à craindre.
Pouvait mieux faire ! A réserver aux aficionados de l'auteur qui veulent avoir son oeuvre complète sur les rayons de leur bibliothèque. C'est mon cas ! Je crois que je vais relire son livre sur la traversée du Nord au Sud des pays frontaliers à l'Est de l'Europe. C'était beaucoup plus aguichant...
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Adenolia
  05 février 2017
A la fois vagabondage poétique et triste état des lieux, nous découvrons un fleuve exploité et mal traité mais qui malgré tout recèle de trésors. Découvrir le fleuve se mérite, il faut se laisser porter par l'eau, suivre le courant, écouter ses bruits, dormir près du fleuve pour qu'il vous parle et enfin « entendre la voix du Pô ». Un roman parfois difficile à suivre mais qui donne envie de faire comme l'auteur.
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hanyrhauz
  29 juillet 2014
Paolo Rumiz nous emmène pour un voyage sur le Po, fleuve italien oublié par ceux qui vivent sur ces berges. Ce récit est celui d'une aventure, humaine tout d'abord, maillée de rencontres et de confidences, avec les participants, avec les riverains du Po et avec le lecteur, invité lui aussi au voyage. Puis la géographie s'en mêle, celle du fleuve, changeante, suivant les paysages traversés, celle de l'Italie, et de ses régions, le désert rural, la désindustrialisation des villes, le mépris de certains pour le cours d'eau qui coule sous leurs yeux.
Ce texte très littéraire est autant un récit d'aventure qu'un livre d'histoire ou un essai sociologique.
Deuxième lecture pour moi d'un livre de Paolo Rumiz, et il est vrai que j'avais été plus séduite par le précédent, la figure d'Hannibal n'y étant pas pour rien. Cependant, je ne peux que recommander ce livre en cette période estivale propice à l'évasion.
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Nelcie
  27 juillet 2014
Au fil des pages, Paolo Rumiz nous embarque avec lui dans un voyage sur le plus grand fleuve d'Italie : le Pô.

Un voyage géographique au coeur de la nature.
Du nord au sud, c'est l'Italie qui se dévoile à nos yeux. Un pays industrialisé, rejetant ses marasmes de déchets, jusqu'à en boucher ou en détourner des écluses, oubliant de prendre conscience de l'importance de ce fleuve pour la survie survie du pays, pour leur propre survie. Un pays à la beauté sauvage et préservée, des lieux où la nature est reine, où l'équipage se surprend à chuchoter, de peur de réveiller cette nature si paisible. Cette nature qui ne cesse d'évoluer, une faune et une flore qui, bon gré mal gré, a su s'adapter aux changements imposés par l'Homme et par le temps.

Un voyage historique
En remontant le Pô, c'est aussi un voyage à travers l'histoire du pays que nous effectuons. Non pas un voyage chronologique, mais plutôt des mosaïques de l'Histoire qui s'imbriquent les unes aux autres, et font ce qu'est devenue l'Italie que nous connaissons.

Un voyage fait de rencontres
Et finalement, c'est certainement le plus important. Car durant leur expéditions, Paolo et ses acolytes vont croiser nombres de gens aux moeurs et aux coutûmes bien différentes, et pourtant tous se revandiquant comme des enfants du fleuve. Que ce soit les zones où les trafics de drogues sont légion, que ce soit ces gens prêts à faire découvrir leurs spécialités gastronomiques, ou encore ces personnes avides de raconter leur histoire et celle de leur famille, qui se mêle si habilement à l'histoire de leur région, toutes ces rencontres vont faire de cette expédition bien plus qu'une simple remontée du fleuve : elles vont lui donner un sens humain, et même émotionnel.
Le récit de Paolo Rumiz se fait poétique, parfois dramatique, souvent agrémenté d'humour. J'ai vraiment pris plaisir à lire ce récit, et à découvrir ce Fleuve finalement bien méconnu. le livre est agrémenté de cartes géographiques et autres croquis, aidant le lecteur à se situer. Chose que j'ai appréciée afin de pouvoir mieux suivre cette descente du fleuve.
Pô, le roman d'un fleuve est un roman fort plaisant à lire, une très belle découverte pour moi.
Je remercie Babelio et les éditions Hoëbeke de m'avoir permis cette lecture
Lien : http://desliresdestoiles.wor..
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critiques presse (1)
Bibliobs   03 avril 2014
C'est l'histoire d'un fleuve, le plus imposant d'Italie: "la dernière terre d’aventure de la Péninsule", dit Paolo Rumiz.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
AdenoliaAdenolia   05 février 2017
(A propos de chronos, aiôn et kairos) – Des trois, le premier est le plus redoutable, parce que l’accélération qu’il crée est si forte qu’elle vous raccourcit la vie; et d’ailleurs, Chronos n’était pas une mère qui nourrissait ses enfants, mais un père impitoyable qui les dévorait. Un homme très occupé peut se laisser dévorer par tout ce qu’il doit faire, et l’inévitable montagne de courrier qui l’attend, à la fin d’une absence, peut être d’une ampleur qui gâche la douceur du nostos, le retour à la maison. …/…J’avais deux heures avant d’arriver à Padoue, mais dès que je commençais à dépouiller le courrier, le virus du temps accéléré se réactiva. J’eus l’impression que vingt minutes, sans plus, avaient passé lorsque je sentis que le train ralentissait en arrivant dans une gare. Padoue. Je m’échinais depuis deux heures ! …/….J’étais terrorisé: ma vie s’était écoulée six fois plus vite que d’habitude. Je sentais que si je m’étais laissé aller, j’aurais été happé par un phénomène assez semblable à la Borda, la déesse évoquée par le barde Francesco, qui entrainait les petits enfants au fond des puits des Apennins.
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isabellelemestisabellelemest   13 juillet 2014
Les sujets de son allocution étaient invariablement les suivants : "nous" et "eux". Ce n'était pas une division politique, générationnelle ou de pouvoir. C'était le schéma de la guerre civile qui éclate en Italie entre les nombreuses personnes qui se contrefichent de la nature et les rares autres qui résistent à la dissipation et se soucient de laisser quelque chose à leurs enfants.
p. 207
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isabellelemestisabellelemest   13 juillet 2014
Qu'est-ce donc que le voyage sinon la possibilité de se libérer du poids inutile, quelque chose qui rabote et polit l'âme ? Avec le bois des fleuves, on peut aussi allumer de grands feux purificateurs et définitifs et y brûler ses mauvaises pensées.
p. 114
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isabellelemestisabellelemest   13 juillet 2014
L'Italie vendue à l'asphalte nous permettait de filer dans une solitude incroyable, sans rencontrer ni routes, ni villages, ni ponts. Rien ne nous disait que Plaisance était à deux pas ou que le fleuve était engoncé entre deux autoroutes convergentes et extrêmement fréquentées. Dans le cœur industriel du Nord, nous vivions un espace d'aventure totale.
p 163
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isabellelemestisabellelemest   13 juillet 2014
La mer est émulsion, métamorphose, nouveau départ. Dans un endroit pareil, avec le tonnerre ininterrompu des brisants, avec le soleil qui descend et les hirondelles de mer qui voltigent autour du phare, on a la sensation que ce n'est pas le fleuve qui a suivi son cours, mais au contraire votre propre vie. L'homme devient mer et la mort est douce.
p. 339
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Videos de Paolo Rumiz (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Paolo Rumiz
Lors de l'émission “Hors-champs” diffusée sur France Culture le 1er janvier 2015, Laure Adler s'entretenait avec l'écrivain et voyageur, Paolo Rumiz dans le cadre de la série “Sans excédent de bagages : écriture et voyage”.
Il n’aime pas le terme d’écrivain voyageur. « Tous les voyageurs sont des écrivains et tous les écrivains sont des voyageurs (…) Tout est voyage, la vie est voyage ». Il nous parle de sa ville d’origine : Trieste, située tout près de la frontière d’avec la Slovénie. Une frontière, bâtie le jour de sa naissance, à l’origine de son « inquiétude migratoire ». À la chute de celle-ci, il repart : « je voulais éprouver encore une fois dans ma vie le vrai frisson d’une frontière à dépasser… ». Il se focalise alors sur les frontières de l’Union Européenne, une démarche à l’origine de son livre « Aux frontières de l’Europe ». « On aime toujours plus les détours » que la ligne directe. « On voyage avec le corps, avant de voyager avec la tête… » Il évoque ses voyages à vélo, en voiture, avec son fils... Lors de ses voyages, les sens sont essentiels, de manière très active. « Tu deviens le monde ». Les ouvrages de Nicolas Bouvier sont ses livres de chevet : « les choses qu’il dit restent sculptées dans la mémoire… » Il nous parle encore de ses souvenirs de correspondant de guerre dans les Balkans, en Afghanistan : où il s’est confronté aux concepts du bien et du mal, de l’humilité, du courage, de la mélancolie… Plutôt que journaliste, il se voit plus comme « anthropologue »… « Les lieux parlent… » « Il faut écouter son corps, c’est le corps qui décide… » Il évoque aussi Claudio Magris, ses films, le rapport à la mort et à la vie, le manque de solidarité, les populismes d’aujourd’hui… « Les politiciens voyagent toujours en avion, jamais dans le train, ils ne fréquentent jamais les gares… » Avec « Pô, le roman d’un fleuve », il a voulu voir ce monde depuis un « un endroit libre », pour constater un « naufrage métaphorique »… « Normalement on voit le naufrage depuis la terre. J’ai vu le naufrage depuis l’eau… » Ce voyage fut aussi « une redécouverte de la mer ». « J’ai commencé à vraiment voyager dans ce fleuve quand j’ai compris que ce n’était pas un lieu mais une personne… » Il aime lire en voyageant, comme à l’occasion de son livre « L’Ombre d’Hannibal » : « il est très important de faire réagir le livre avec le paysage. Ca permet de comprendre (…) L’important c’est de croire. Nous, nous avons cru et le voyage a démarré… » « Quand tu réveilles le nomade qui est en toi, c’est difficile de le forcer à redevenir sédentaire. Le vrai problème d’un voyage ce n’est pas le départ, mais l’arrivée… » Il faut alors que le voyage « recommence dans la mémoire », par l’écriture… Paolo Rumiz aime aussi « les voyages de l’âme »…
Thème(s) : Arts & Spectacles| Littérature Contemporaine| Littérature Etrangère| Voyage| Paolo Rumiz
Source : France Culture
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