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EAN : 9782352842170
Éditeur : Editions du Jasmin (24/10/2019)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Deux frères, deux soeurs. Deux récits construits en miroir, portés par des souvenirs d’enfance. D’un côté, une petite soeur en extase devant son aînée et qui ne demande qu’un peu d’amour en retour. Mais de l’amour à la haine il n’y a qu’un pas, et la grande soeur réfute rapidement les liens du sang... À raison ? De l’autre, un grand frère vaillant, téméraire et arrogant, portrait craché de son père au point que l’on en oublierait presque son cadet. L’aura du grand f... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Jolap
  31 janvier 2020
C'est un curieux petit livre que m'ont adressé les éditions du Jasmin et Babelio dans le cadre de la dernière opération Masse critique. Je les remercie.

Cet ouvrage d'un format inhabituel (13cmX10cm) contient 42 pages à lire dans un sens et 34 pages dans l'autre sens.
Un morceau de l'histoire de deux frères d'un côté. Un morceau de l'histoire de deux soeurs de l'autre. Un peu comme une évidence. Une fille a une sensibilité de fille. Un garçon est tout-à-fait différent. Il est confronté à des problèmes de garçons. C'est le cas ici.

Deux nouvelles charmantes, serrées au maximum. L'histoire des soeurs se passe à Paris. Elle commence par une phrase lourde de sens : « Jusqu'à l'âge de neuf ans, j'ai chéri plus que tout ma grande soeur de cinq ans mon aînée. » Elle se termine par : « A n'être une fois de plus que son trop plein. Sa vidange. le témoin cité à comparaître pour ce procès joué d'avance, je renonce. »

L'histoire des deux frères, à Alger dans les années 1970. L'aîné constate : « Je restai un bon moment sans bouger, comme soudain frappé de stupeur par la stupidité et la portée de mon geste. Qu'avais-je fait ? » leur père conclut : « Tu n'es qu'un petit con !............Tu sais encaisser sans te plaindre et reconnaître quand tu as tort, j'aime ça….Je suis fier de toi ! » .
La nouvelle s'achève sur un triste constat : « Jamais nous n'avions été aussi éloignés, lui et moi, qu'en cet instant. Et pourtant, que peut-il y avoir de plus proche que deux frères allaités au même sang, arrachés des mêmes entrailles, issus d'une même entaille ? Ce soir-là, je sais bien que je le perdis irrémédiablement. C'est ainsi ».

Ce tout petit livre pose le problème de la rivalité entre frères et soeurs. Un mot de trop, un compliment jeté à la volée par un tiers, un non-dit découvert au hasard d'une conversation et c'est la catastrophe, la rupture programmée sans doute quelques années plus tard (tout dépend de la volonté de communiquer et de la profondeur de la blessure) , l'éloignement à tout jamais, un trait tiré !
Envolée la belle complicité, l'admiration sans borne, les liens forts. Ces deux nouvelles mettent en relief les relations complexes qu'interprète un enfant fragile, vulnérable en proie aux doutes sur l'amour qu'il suscite. Chacun cherche sa place, guette la maladresse qu'il reçoit comme un poignard en plein coeur.
Tout se joue dans l'enfance. Bertrand Runtz nous le raconte avec une écriture soignée et très explicite. Une heure de lecture extrêmement agréable. J'ai eu de nombreuses réactions intimes dès le livre fermé. Une illustration verbale intelligente des ruptures insensées, des rendez-vous manqués. Des faits, des mots, l'essentiel. Ni commentaire, ni jugements, ni explications, ni conseils. Deux petites histoires, c'est tout....
Mieux qu'une séance chez le psy, ou qu'une prise de tête... Bien mieux.....
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EvlyneLeraut
  08 avril 2020
« Deux frères » est un récit aride dont la beauté est cachée mais bien présente. Un grand de douze ans, un plus petit vivent seuls avec un père dur, mais juste. Qui pense l'éducation en apôtre rédempteur. Qui, de sa force altière brise les heures de travail, le spartiate, le pauvre. Abat la somme de cette sécheresse d'un pays où la femme, la mère est partie, disparue. C'est le mot. Ces jeunes enfants affrontent la nuit, ses angoisses. Poulbots d'un soleil triste en grimpant sur le mur où sur le sol des scorpions cherchent à les piquer la nuit à l'insu du père endormi le corps lourd de fatigue. Le plus petit ne peut grimper. Pleure et gémit, le grand s'en amuse et tout cela l'indiffère. Comme si ce tout petit était un exutoire. Une façon de contrer cet abîme où la mère est néant. Défis d'une jeunesse, une mère parabolique noyée dans les vides d'une enfance. Le jeune narrateur va résister. Les violences déferlantes, gagnantes auront raison de cet adolescent pourtant si fragile. Miroir symbolique, il quittera la douceur, la quiétude des regards perlés de son petit frère, l'anéantira paraboliquement et s'élèvera dans l'âpre d'un père. Armures d'indifférences affirmée pour son petit frère qui lâchera la main, terreau familial, de son protecteur d'Antan. Ce récit court, intense, superbement écrit par Bertrand Runtz est bleu nuit. C'est le dessein d'une famille où la résilience n'a pu advenir. »
« Deux soeurs » Déchirures, verres brisés au fronton d'une chambre où grandissent deux soeurs. Violences enfantines cruelles et méprisantes. Une grande soeur broie sa cadette, un soir lorsque les parents légers, insouciants vont à une fête. Ces derniers les laissent seules sans Baby-Sitter, pour une fois, gage de confiance. La plus grande alors annonce à ce petit bout de 9 ans un secret familial lourd comme du plomb. Cette petite soeur serait « Une bâtarde » et rejette cette petite étoile en actant une haine viscérale pour cette petite fille. Sous des faux airs d'ange, cachant son jeu de méchanceté à ses parents. Elle va détruire sa soeur à petits feux. En lames de fond de paroles acides et assassines. Ce récit tremble en main. Il est criant de vérité. Il sonne le glas d'une enfance déchirée. Fleuve gorgé de désespoir. Il est écrit d'une main de maître. le style est si calme, qu'on assiste la trame, soudé à l'auteur. En cherchant des réponses pour cette petite écorchée vive, petit oisillon tombé du nid. Ce récit est avec « Deux frères » les deux morceaux d'un vase assemblés. Même si des kilomètres paraboliques les séparent. Ces deux fictions ont ce commun de briser l'inaltérable en jouant franc-jeu. La parole de Bertrand Runtz ici, est sociologique, psychologique. Elle pointe du doigt là où ça fait mal. Mais ne juge pas. Jamais. La fiction s'échappe à grands pas. Publié par Les majeures Editions du Jasmin.
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DesPagesetdesJours
  25 février 2021
Dans ce livre qui se lit à l'endroit et à l'envers, il est question, comme le titre l'indique, de fratries. de fratries à deux faces, elles aussi. Dont les relations se lisent à l'endroit et à l'envers.
Deux frères sur un mur. En bas, des scorpions. Réels ou imaginaires. Les deux peut-être, ce n'est qu'une affaire de quantité. le plus grand en recherche permanente d'une approbation paternelle ; en quête également de la frontière qui cessera de faire de lui un enfant. Y compris si cela doit s'obtenir par les poings du père. le plus petit, éponge émotionnelle, admiratif de l'aîné, son idole, le suit en tout pour ne pas le décevoir... Les éléments sont en place pour un jeu de défis dont le plus jeune ne sortira pas vainqueur.
Deux soeurs derrière la fenêtre de leur chambre. Regardant le taxi qui emmène les parents à leur soirée. C'est une première, ce soir-là : pas de baby-sitter, la plus grande aura la garde la plus petite. La plus grande aura donc la plus petite à sa merci. Les éléments sont en place pour un jeu de révélations dont la plus jeune ne sortira pas indemne.
Avec une férocité subtile, Bertrand Runtz glisse, dans ces deux nouvelles, des apparences d'Épinal aux secrets inavouables de l'âme, que l'enfance ne sait pas toujours dominer. Auxquels, parfois même, elle laisse libre cours, avec une cruauté sans fard, presque innocente, j'ai envie de dire. La quête de son identité profonde, de son statut au sein de la famille, le passage d'un âge à un autre, se font ici à travers des mécaniques insidieuses dont chaque protagoniste restera marqué à jamais.
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Cathy81
  31 janvier 2020
Deux frères, deux soeurs, est un petit recueil de 2 nouvelles.
Deux soeurs, dont l'une a 14 ans et l'autre plus jeune, restent seules un soir que leurs parents sortent au théâtre. Une fois les parents partis, l'aînée dévoile à sa cadette un lourd secret de famille : elles n'ont pas le même père.Mais la méchanceté de l'aîné n'entame en rien l'amour que lui porte sa cadette.
Dans deux frères, le narrateur raconte la raclée monumentale que lui a infligé le serviteur de son père à qui il avait lancé une mangue pourrie. le petit frère souffre alors que l'aîné reste stoïque. le père reconnait son courage et le fils va se sentir très proche de son père à partir de ce moment là.
Petit texte original sur les liens du sang.
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nath74gri
  24 janvier 2020
Merci à Babelio, j'ai reçu ce titre dans le cadre de la dernière masse critique.
Je m'attendais à recevoir un roman mais en fait il s'agit de deux nouvelles dans un mini livre.
L'une des nouvelles est sur la relation entre deux soeurs, la petite en extase devant la plus grande mais cette dernière va méchamment lui faire comprendre qui elle est vraiment.
La seconde nouvelle est sur la relation entre deux frères, le petit effacé par la personnalité du plus grand.
Deux nouvelles très intéressantes à lire, par le sujet mais également une écriture fluide et agréable. Ca aurait mérité d'être plus long.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
JolapJolap   01 février 2020
Adolescente, puis adulte, je n'ai pas d'avantage su choisir entre le ressentiment et la tendresse qu'elle m'inspirait. Je l'ai plainte autant que je l'ai crainte. Sans savoir trancher. Pas plus que je n'ai su me détacher ou bien m'apaiser dans l'indifférence. Encore moins lui pardonner.
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JolapJolap   01 février 2020
Je crois bien que je n'ai jamais eu peur, du moins sérieusement. J'en retirais bien trop de bénéfice. Bravant les dangers de la nuit, j'étais à la fête. J'étais aux anges, les anges des ténèbres. Sur le faite du muret. J'endossais avec délice le rôle de petit dur, téméraire et intrépide. Avec nonchalance, comme si décidément tout cela avait été on ne peut plus évident et banal, anecdotique. Juste une formalité à remplir lorsqu'on est "un homme".
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Video de Bertrand Runtz (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Bertrand Runtz
Interview de l'auteur Bertrand Runtz. Il nous parle de son roman "N'oublie pas de mourir", paru aux Éditions du Jasmin. Interview réalisée en mai 2015
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