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Christophe Claro (Traducteur)
ISBN : 2266124374
Éditeur : Pocket (17/04/2003)

Note moyenne : 3.04/5 (sur 42 notes)
Résumé :
Vous êtes professeur d'anglais, à la retraite, plutôt célèbre grâce à la télévision, et puis une nuit vous vous retrouvez, un couteau à la main, dans la chambre de votre femme, où dort paisiblement votre garçon. En furie. En pleine transe rageuse. Prêt à commettre l'irréparable. Inquiétant, non ? De quoi filer à l'anglaise, dare-dare, abandonnant femme et enfant, pour gagner le... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
yann-frat
  25 septembre 2018
Je me suis intéressé à Salman Rushdie d'abord par son autobiographie (Joseph Anton) et j'ai senti alors avoir découvert un vrai auteur au delà du monstre médiatique.
"Furie" est donc le premier roman fictionnel que je lis de lui et je ne suis pas du tout déçu : un ancien universitaire , rendu riche en vendant des poupées fuit tout à coup Londres pour s'installer seul à New york après avoir été pris de subites envie de meurtres, d'être poursuivi par les "furies" antiques. Mais la fuite dans l'espace ne fait pas peur aux monstres antiques et il se devra de les affronter tout de même, comprendre les racines de sa colère profonde...
Furie est donc un livre entre récit rationnel et conte, entre rêve et réalité, éveil et songe et c'est en cela que Rushdie se révèle un très grand auteur. A condition bien sur d'accepter ce postulat et de se laisser porter dans un univers symbolique assez fort (les poupées, le furies, le chiffre trois etc...).
D'autre part, publié quelques mois à peine avant les évènements de septembre 2001 il décrit une ville de New York en proie à la folie collective, prête à craquer et certains passage (dont l'attaque des furies) sont effroyablement prémonitoires... Ce qui rend le livre encore plus particulier.
Le seul tout petit bémol, lorsque comme moi on a lu Joseph Anton avant de le lire c'est qu'on peut très facilement repérer plusieurs passages parfaitement autobiographiques (notamment ses rapports avec sa femme et son fils, sa nouvelle maitresse etc...) et qui gênent au final un peu la fiction. Mais c'est de toute évidence un grand livre. Et un très grand auteur.
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bdelhausse
  10 février 2016
Ce livre figure dans la "fameuse" liste des "1001 livres qu'il faut avoir lu avant de mourir".
C'est pour cela que je l'ai lu. Et également parce que je n'avais pas envie de me prendre la tête avec les versets sataniques, ni de lire un livre trop long... Furie est de taille moyenne.
Voilà... Et alors? Zorro n'est pas arrivé.
Pour l'amateur de thriller, de SF, d'horreur et de fantasy (entre autres) que je suis, la furie dont parle Salman Rushdi est certes bien présente. Hélas, elle est décrite de manière fort alambiquée. Fort douce et délicate. Et elle a le même effet qu'un pétard mouillé.
Oui, il est question de terrorisme, de comportements extrêmes, de libre pensée, sur fond d'érotisme violent. Mais chaque fois, rebelote, la langue est trop travaillée, trop léchée, lisse. C'est beau, certes. Mais cela ne prend pas aux tripes. Cela ne remue pas les valseuses. Pas de grand coup de pied filé par l'auteur au derche du lecteur pour mieux asséner ses thèses.
Je ne me suis pas ennuyé, contrairement à d'autres Babeliotes. Mais je me suis longuement demandé ce que ce livre foutait dans la liste susmentionnée...
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siddjcv
  19 mai 2011
Solenka est un homme mal dans sa peau, amer, plein d'une colère qu'il maîtrise de plus en plus difficilement. Qu'a-t-il fait de sa vie ? Quel est le secret de sa furie ?
Je crois que j'avais trop vite lu le synopsis de ce livre.
En effet ce livre m'a beaucoup ennuyé, je n'arrivais pas à lire plus de 20 pages d'affilé sans m'endormir… et je m'attendais à un livre policier (oui j'ai vraiment lu le synopsis en diagonale !)…
Donc bref, je n'ai pas aimé ce livre, je n'ai pas aimé le style d'écriture, les phrases à rallonge qui font un paragraphe et qu'on relit 2 fois pour retrouver ou est le sujet du verbe…
L'histoire non plus ne m'a pas émue.
Peut être que j'essayerai de lire d'autres livres de lui, mais ce ne sera pas mon envie première, et pour ce titre la, je vous le conseille pas.
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mdhennin
  09 février 2014
Furie est un condensé d'émotions, de folie et de lucidité. C'est aussi un témoignage spectaculaire sur le New York pré-11 septembre et sur l'imminence d'une catastrophe. Les furies rôdent autour de la ville telles des vautours. Les trois femmes qui aiment et qui détruisent le personnage principal, créateur dévoré par ses propres créatures, symbolisent l'Amérique, le Royaume-Uni et l'Inde. Sans doute plus encore que dans les autres romans de Salman Rushdie, ce roman a de fortes résonances personnelles : ce sont ses propres démons qu'il a dû affronter.
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Wyoming
  28 avril 2018
J'ai lu ce livre sans savoir qu'il figurait dans la liste des 1001 livres à lire que je ne connais pas. C'est un mélange de genres qui brosse un peu toutes les situations à travers les démons d'un homme aux prises soudainement avec un déchaînement de sa propre folie. L'ensemble est très confus même s'il y a de bons moments, qu'ils soient érotiques ou humoristiques, ou les deux.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
ushowtimeushowtime   13 juillet 2013
Il était venu à New York comme l'Arpenteur dans Le Château de Kafka : dans la chute, in extremis, en proie à un espoir irréaliste. Il s'était trouvé un cantonnement, bien plus confortable que celui du pauvre Arpenteur, et depuis lors avait écumé les rues, à la recherche d'une porte d'entrée, se disant que la grande Métropole pourrait le guérir, lui, l'enfant des villes, si seulement il parvenait à trouver son cœur magique, son cœur invisible et hybride. Cette proposition mystique avait clairement détérioré le continuum autour de lui. Les choses semblaient obéir à la logique, selon les lois de la vraisemblance psychologique et de la profonde cohérence interne de la vie citadine, alors qu'en fait tout n'était que mystère. Mais peut-être qu'il n'était pas le seul à voir son identité craquer aux coutures. Derrière la façade de cet âge d'or, de cette époque d'abondance, les contradictions et l'appauvrissement de l'Occidental, ou disons de la personne humaine en Amérique, s'accentuaient et s'aggravaient. Peut-être cette immense désintégration était-elle visible dans cette ville des riches parures et des cendres secrètes, en cette ère d'hédonisme public et de peur privée.

Un changement de direction était nécessaire. L'histoire à laquelle vous mettiez fin n'était peut-être jamais celle que vous aviez commencée. Oui ! Il allait reprendre sa vie de zéro, ressouder ses moi épars. Ces changements en lui qu'il recherchait, il les provoquerait lui-même. Fini, la dérive nauséabonde. Comment avait-il pu se persuader que ce havre mercantile le sauverait, cette Gotham où le Jokers et Pingouins se déchaînaient sans un Batman (ou même un Robin) pour contrarier leur plans, cette Métropolis bâtie en kryptonite où nul Superman n'osait mettre le pied, où la richesse était confondue avec ceux qui la possédaient et le plaisir de posséder avec le bonheur, où les gens vivaient des existences si policées que les grandes vérités rugueuses de la fruste existence avaient été poncées et lustrées, et où les âmes humaines avaient erré dans le plus grand isolement pendant si longtemps que c’est tout juste si elles savaient encore se frôler : cette cité où la légendaire électricité alimentait les barrières électriques qu’on érigeait entre hommes, mais aussi entre hommes et femmes ?

La chute de Rome n’était pas due à l’affaiblissement de ses armées, mais au fait que les Romains avaient oublié ce que signifiait être Romain. Se pouvait-il que cette nouvelle Rome fût en fait plus provinciale que ses provinces ; que ces nouveaux Romains aient oublié ce qu’il convenait d’estimer, et de quelle manière ? Mais l’avaient-ils jamais su ? Tous les empires étaient-ils aussi indignes, ou celui-ci était-il particulièrement mal dégrossi ? N’y avait-il plus personne, au sein de toute cette activité trépidante et de cette plénitude matérielle, qui fût intéressé par l’exploration du cœur et de l’esprit ? O Amérique du Rêve, la quête de la civilisation devait-elle s’achever dans l’obésité et les futilités, chez Roy Rogers et Planet Hollywood, avec USA Today et E ! ; dans la cupidité des jeux télévisé, ou dans le voyeurisme à la petite semaine ; ou dans le confessionnal éternel de Ricki, Oprah et Jerry, dont les invités s’entretuaient après l’émission ; ou dans un regain d’ineptes comédies conçues pour des publics adolescents dont les rires gras et ignares rebondissaient sur l’écran argenté ; ou aux tables inaccessibles de Jean-George Vongerichten et d’Alain Ducasse ? Qu’était-il advenu de cette quête des clefs secrètes qui ouvraient les portes de l’exaltation ? Qui avait démoli le Capitole pour le remplacer par une rangée de chaises électriques, ces machines de mort démocratiques où tous, innocents, coupables, attardés mentaux, pouvaient venir expirer côte à côte ? Qui avait pavé le Paradis pour y construire un parking ? Qui avait voté pour George Bush-trou et Al Gore-Tex ? Qui avait sorti Charlton Heston de sa cage puis s’était demandé pourquoi des gosses se faisaient descendre ? Et le Graal, Amérique ? O vous, Galaads yankees, vous Lancelots suddistes, ô Parsifals des abattoirs, qu’avez-vous fait de la Table ronde ?

Il sentit une houle monter en lui et ne fit rien pour la refouler. Oui l’Amérique l’avait ensorcelé ; oui, son éclat l’avait excité, ainsi que sa vaste puissance, et à présent il était en danger. Ce qu’il attaquait chez elle, il devait également le combattre en lui. Il en venait à désirer ce qu’elle promettait et ne donnait jamais. Tout le monde était américain, maintenant, ou du moins américanisé : les Indiens, les Iraniens, les Ouzbeks, les Japonais, les Lilliputiens, tous. L’Amérique était le terrain et sa balle. Même l’anti-américanisme était de l’américanisme déguisé, car il reconnaissait que l’Amérique était le seul match à l’affiche et la question américain la seule affaire en cours. Et donc, comme tout un chacun, Malik Solanka arpentait ses vastes canyons en tendant sa casquette, tel un suppliant à genoux devant un festin. Mais ca ne voulait pas dire qu’il était incapable de la regarder dans les yeux. Arthur avait échoué, Excalibur était perdue, et le sinistre Mordred était roi. A ses côtés, sur le trône de Camelot, était assise sa reine, sa sœur, la fée-sorcière Morgane.
(p140)
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WyomingWyoming   18 août 2018
Et maintenant, maintenant qu'on en est là, qu'on a baissé les armes et qu'on ne fait plus semblant et qu'on est tous les deux dans cette pièce dont on n'osait pas penser qu'elle puisse exister, la chambre invisible de notre plus grande peur -- au moment même où nous découvrons qu'il n'y a aucune raison d'avoir peur, que nous pouvons avoir tout ce que nous voulons à satiété, et peut-être quand nous serons comblés nous nous réveillerons et nous nous apercevrons que nous sommes des êtres humains véritables, pas les pantins de nos désirs mais juste cette femme, cet homme, et alors on peut arrêter de jouer, ouvrir les volets, éteindre la lumière et sortir dans les rues de la ville main dans la main...
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Videos de Salman Rushdie (71) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Salman Rushdie
Milan Kundera, Une vie d?écrivain Jean-Dominique Brierre
En librairie le 13 mars 2019 336 pages ? 20 ?
Le 1er avril 2019, Milan Kundera fête ses 90 ans !
Évoquant les personnages de la Guerre et la Paix, Milan Kundera remarque que leur vie est « un voyage dont les phases successives sont non seulement différentes, mais repre?sentent souvent la ne?gation totale des phases pre?ce?dentes ».
Ce parcours en ligne brise?e est aussi celui de l?auteur de la Plaisanterie. Son ?uvre est faite des me?mes contradictions. Ne? le 1er avril 1929, destine? a? une carrie?re de musicien, il devient poe?te communiste, puis romancier critique a? l?e?gard du re?gime. Exclu du Parti, mis a? l?index apre?s l?e?crasement du Printemps de Prague (1968), il quitte la Tche?coslovaquie sept ans plus tard pour s?installer en France. Ni dissident ni exile?, il continue toutefois a? e?crire en tche?que (L?Insoutenable Le?ge?rete? de l?e?tre), avant de choisir le franc?ais comme langue unique d?e?criture et d?« exploration de l?existence ».
Paradoxal, secret, absent des me?dias, Kundera est conside?re? comme un des e?crivains majeurs du dernier demi-sie?cle. Succe?s qu?il attribue, non sans ironie, « au fait d?e?tre mal compris ». Avec ou sans re?serves, des auteurs aussi divers que Jonathan Coe, Orhan Pamuk, Salman Rushdie ou Taslima Nasreen le regardent comme un mai?tre, dont les re?flexions sur l?« art du roman » questionnent leur me?tier en profondeur.
Ce parcours artistique, intellectuel, politique et litte?raire, Jean- Dominique Brierre l?a reconstitue? en l?inse?rant dans son contexte historique, du « coup de Prague » (1948) a? la « re?volution de Velours » (1989), s?appuyant notamment sur ses e?crits, ses entretiens et sur des te?moignages ine?dits, notamment ceux de son ami Alain Finkielkraut et de son traducteur Franc?ois Ke?rel.
http://www.editionsecriture.com/livre/milan-kundera-une-vie/ --------------------
Écrivain, journaliste, musicologue, Jean-Dominique Brierre est notamment l?auteur d?essais biographiques consacrés à Leonard Cohen (Le cherche midi, 2014) et Bob Dylan (L?Archipel, 2016).
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