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Jean-Michel Desbuis (Traducteur)
EAN : 9782264019042
249 pages
10-18 (27/08/1993)
4.01/5   122 notes
Résumé :
Ainsi débute la fable : un jeune garçon nommé Haroun, désolé de constater que son père, conteur de son état, a perdu son inspiration, entreprend un long voyage à travers une contrée merveilleuse. Son ambition est de retrouver la source vive où naissent les histoires, afin de la sauvegarder. En chemin, il rencontre des créatures fabuleuses et inquiétantes - dont certaines, ennemies de l'imagination, entendent étouffer à jamais le pouvoir des créateurs d'histoires... ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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Malivriotheque
  19 septembre 2017
Haroun est un jeune garçon qui vit dans une ville si triste qu'elle en a oublié son nom. Sa mère, qui n'aime pas les histoires que son père Rashid raconte, est partie avec le mari de la voisine, laissant sa famille derrière elle dans un état dégradé. Rashid veut d'ailleurs arrêter de raconter des histoires et annuler son "abonnement" à la mer des histoires de laquelle il puise ses fables si appréciées. Une nuit, Haroun découvre le monde magique qu'il pensait irréel d'où viennent les histoires de son père et se lance dans une aventure hors du commun pour redonner à Rashid l'envie de raconter des histoires et redonner le sourire aux gens...
Quelle belle surprise que ce conte pour enfants ! Je n'ai pas ressenti autant de magie dans une lecture depuis L'Alchimiste de Coelho, donc depuis... 5 ans. (bam) C'est une histoire brillante, pleine d'humour et de jeux de mots, et l'on ne peut s'empêcher d'y voir un peu de Lewis Carroll (Alice), St Exupéry (Le Petit prince) voire Roald Dahl (Matilda, le BGG) - ce qui est ironique, lui qui a houleusement vilipendé Rushdie pendant de nombreuses années lors de l'affaire des Versets sataniques -, au point aussi peut-être de se dire que Jasper Fforde y a puisé quelques idées ou concepts pour sa série Thursday Next (mais je m'avance sûrement beaucoup là-dessus).
On sourit souvent à cette lecture légère mais pleine de messages, à cette histoire bien construite et originale qui répond à tous les codes de la littérature jeunesse sans pourtant que ça sente la répétition. Rushdie nous transporte ailleurs et ça fait un bien fou. Je conseille vivement ce livre lumineux originellement écrit pour son fils mais qui bénéficie amplement à tous, petits ou grands. Une petite merveille à redécouvrir, enfouie sous les références pré-citées et recommandées à outrance, comme s'il n'y avait que celles-là.
Je le redis : Rushdie ne devrait pas être connu que pour la polémique sanglante sur les Versets.
Lien : http://livriotheque.free.fr/..
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katell
  14 juillet 2021
Salman Rushdie et ses romans sont en lecture commune en juin avec les volontaires des Etapes indiennes.
Je n'ai jamais lu cet auteur bien que j'en ai beaucoup entendu parler lors de la sortie des « Versets sataniques » qui lui valut une fatwa encore d'actualité aujourd'hui.
Je n'ai pas choisi « Les versets sataniques » mais un roman plus léger quoique... « Haroun et la mer des histoires ». Rien que le titre vous emporte dans un voyage plein de promesses. le voyage promis par cette fable, car plus qu'un roman le récit appartient à l'ordre de la fable et du merveilleux.

Haroun vit dans une ville tellement remplie de tristesse qu'elle en a oublié son nom. Tout est gris, morose et déprimant, sauf lorsque la pluie de la mousson revitalise le monde.
Il appartient à une famille où on chante, rit et raconte des histoires merveilleuses. La joie et l'imaginaire enchantent la maison jusqu'au jour où cesse le chant de sa mère qui disparaît sans crier gare à 11h du matin. Son père, accablé par la tristesse, perd son inspiration et devient un conteur muet qui ne sait plus distraire les gens avec ses histoires joyeuses et extraordinaires permettant d'oublier le temps du conte les arias du quotidien : « on » lui a coupé son abonnement à la mer des histoires.
Un jour, son père est appelé à se produire dans des réunions politiques afin de faire engranger les voix de l'électorat des notables en lice. Il ne peut rien raconter et c'est le scandale, la colère des organisateurs et le départ précipité vers le dernier lieu où il doit se produire.
Commence alors un voyage incroyable à bord d'un bus conduit par un chauffeur aussi étrange qu'excentrique, roulant à tombeau ouvert sur les routes de montagne afin que Rashid, le père d'Haroun, puisse admirer le coucher du soleil sur la vallée d'or et d'argent.
Lorsqu'ils arrivent à destination, le notable de la ville les accueille, il ne sait pas que l'inspiration de Rashid est tarie, et les emmène à bord d'un bateau cygne. Au cours de la nuit, Haroun est réveillé par une étrange créature Ssi, chargé de couper l'abonnement de Rashid. Haroun refuse et part, en compagnie de son père, à dos d'oiseau mécanique, Mmais, jusqu'à la Planète des Histoires. Il découvre qu'elle est en danger car le pouvoir mortifère de l'abominable Khattam-Chut grandit et le silence gagne peu à peu le monde où vivent deux peuples : celui du pays des Gups, joyeux et bavards, celui de Chut, dans l'ombre, dont les habitants, les Chutwalas ont fait voeu de silence pour marquer leur dévotion au terrible Khattam-Chut. Ce dernier a décidé de détruire la source des histoires et pollue l'Océan des courants d'histoires. Il a même mis en place une bonde pour tarir, définitivement, la fabuleuse Source des histoires.
Haroun se lance dans une course contre la montre pour sauver ce qui peut l'être, aidé par des créatures merveilleuses et fantastiques. Les actions sont foisonnantes, les rencontres improbables et le dénouement digne d'une très belle fable.

Derrière la légèreté du conte, il y a une seconde lecture, comme dans tout conte d'ailleurs, celle de la place de l'imagination et de l'imaginaire dans notre monde moderne voué à la tristesse de la rentabilité à tout prix : pas de temps à perdre avec des histoires qui ne servent à rien hormis à embrouiller l'esprit ou pire à le rendre lucide.
L'imaginaire nourrit l'imagination qui à son tour nourrit l'esprit et lui ouvre d'innombrables fenêtres et portes vers l'altérité et ses richesses tant intellectuelles que culturelles. Un esprit riche d'histoires ancestrales revisitées à l'envi au fil des siècles et des générations, est un esprit libre et certainement dangereux aux yeux de certains. L'esprit libre et riches d'ailleurs est un esprit critique, est un esprit qui pense et réfléchit.
Boucher cette bonde merveilleuse pour vouer au silence et à son diktat le monde, c'est s'assurer de l'obéissance aveugle de tout un chacun, d'obliger à courber l'échine sous la tristesse fabriquée dans les usines mornes et insipides. le silence arme absolue quand on procède à la captation du langage, à la captation des mots nourriciers de l'imagination et portiers de l'imaginaire. le silence qui tue l'humanité en rendant les hommes insensibles, ignares, incultes …. et violents.

« Haroun et la mer des histoires » est une apologie de la liberté donnée par les mots, l'imagination et une déclaration d'amour au creuset formé par les histoires, récits et contes primordiaux qui ont fait que l'homme a acquis son humanité.
Un conte pour enfants puisqu'écrit par l'auteur pour son fils, après avoir été déclaré hors-la-loi par le fanatisme religieux. Un conte qui lui permit de renouer avec l'écriture après l'opprobre inique à laquelle Salman Rushdie a été soumis dans certains pays.
« Haroun et la mer des histoires » est un acte de résilience et de résistance d'une grande beauté.
Traduit de l'anglais par Jean-Michel Desbuis

Lien : https://chatperlipopette.blo..
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mdhennin
  06 mai 2013
J'ai eu envie de lire Haroun après la lecture de Joseph Anton, l'autobiographie de Salman Rushdie. J'y avais notamment appris les circonstances terribles de l'immédiat après-fatwa, sa vie impossible, les menaces, la protection envahissante, et pourtant : son envie d'aller de l'avant, d'exister, mais surtout, de parler. Il est alors parvenu à ressortir sa plume pour tenir la promesse qu'il avait faite à son fils, Zafar (Haroun est son deuxième prénom), d'écrire un livre pour lui, un conte. Et ce livre a tout du conte merveilleux : si ce n'étaient quelques détails qui ancrent le récit dans notre monde, on le croirait tiré des mille et une nuits. Et de fait : c'est tout l'imaginaire du sous-continent indien que Rushdie convoque avec malice et légèreté dans cette histoire qui, évidemment, finit bien. La lecture est savoureuse, fluide, aisée, mais replacée dans le contexte de son écriture, elle devient passionnante car on devine et on décrypte une multitude de variations autour du thème fondamental de l'oeuvre de Rushdie : la liberté (liberté de penser, de parler, d'écrire, de croire... ou de ne pas croire).
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ginevra_91
  23 juillet 2020
Tout allait bien dans la vie d'Haroun jusqu'à ce que sa mère parte avec le voisin et que Rachid, son père et roi des conteurs, perde sa faconde. Mais Rachid a des contrats à respecter : le 1e est une catastrophe et Haroun craint le pire pour le 2e. Mais pendant la nuit précédant ce jour fatal, Haroun découvre le monde merveilleux de la mer des contes où il va vivre des aventures extraordinaires. Rachid a retrouvé l'inspiration et Haroun (et sa ville) la joie de vivre;
C'est une merveilleuse histoire qu'a écrit Salman Rushdie pour son fils avec génies aimables, fonctionnaires un peu bornés, politiciens véreux, plein de personnages fabuleux (oiseaux mécaniques, poissons bavards, jardinier flottant…) et un affreux gourou de secte qui veut empoisonner les contes. Cette histoire peut être lue à plusieurs niveaux : simple conte distrayant, satire de certains travers de notre société moderne au travers de politiciens pas vraiment recommandables ou d'un gourou de secte effrayant, récit d'un fils aimant qui veut tout faire pour aider son père.
J'ai aimé cette histoire qui fleure bon le parfum des contes magiques du passé. J'ai noté avec amusement que l'oiseau choisi par Haroun est la huppe qui est l'oiseau guide par excellence depuis "La conférence des oiseaux" du poète persan Farîd al-Dîn Attâr.
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Tagrawla
  13 avril 2013
Il est bien rare que passe une année sans que je re-lise Haroun. Conte merveilleux qui attise l'imaginaire de l'enfant et la réflexion de l'adulte, on y retrouve toute l'intelligence de Rushdie à la portée de tous les âges. Un voyage de l'autre côté de l'imaginaire dont on ressort grandi et ému. Plus jamais on ne se demandera pourquoi certains racontent des histoires qui ne sont pas vraies ...
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   08 novembre 2017
[Haroun demande à son père d'où lui venaient ses histoires.]
"De la grande Mer des Histoires, répondait-il. Je bois les Eaux chaudes des Histoires et je me sens rempli de vapeur."
Haroun trouvait ce genre d'affirmation profondément irritant. "Alors, où gardes-tu cette eau chaude?" demandait-il de façon astucieuse. "Dans des bouillottes, je suppose. Mais je n'en ai jamais vu aucune.
- Elle sort d'un robinet invisible installé par un Génie de l'Eau, disait Rachid, le visage sérieux. Il faut être abonné.
- Et comment t'es-t-u abonné?
- Oh! disait le Shah de Bla, c'est beaucoup Trop Compliqué à Expliquer!
- De toute façon, disait Haroun d'un ton maussade, je n'ai jamais vu non plus de Génie de l'Eau."
Rachid haussait les épaules. "Tu ne te lèves jamais assez tôt pour voir le laitier, faisait-il remarquer, mais tu bois quand même du lait. Alors sois gentil d'arrêter avec tes si et tes mais, et amuse-toi à écouter les histoires qui te plaisent."
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SachenkaSachenka   14 novembre 2017
Un accident est vraiment une chose triste et cruelle, mais mais mais -Crac! Boum! Badaboum! - on rit et on rigole.
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I75I75   27 juillet 2020
Le besoin est un serpent qui nous glisse entre les doigts, voilà ce que c'est. Ce jeune garçon dit que vous, monsieur, vous avez besoin d'un paysage avant le coucher du soleil, c'est peut-être vrai peut-être pas. Et certains pourraient dire que ce jeune garçon a besoin d'une mère, et c'est peut-être vrai, peut-être pas. Et on a dit de moi que Mr Mmais avait besoin de vitesse, mais mais mais c'est peut-être parce que mon cœur a besoin d'un genre différent de frémissement. Oh ! Le besoin est un drôle d'oiseau : il rend les gens inconstants. Tous en souffrent, mais ils ne le reconnaissent pas toujours
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I75I75   28 juillet 2020
Les plus anciennes histoires qu'on a jamais inventees, regardez les maintenant. Nous les avions laissées pourrir, nous les avions abandonnées, bien avant cet empoisonnement. Nous avons perdu le contact avec nos origines, avec nos racines, notre source Nous disions: ennuyes, pas de demande, ne répondent pas aux besoins. Et maintenant regardez, regardez ! Plus de couleur, plus de vie, plus rien. Tout est perdu !
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I75I75   28 juillet 2020
- Absurde, répliqua le Morse je sais parfaitement ce que tu veux. Tu as vécu une grande aventure et, après une grande aventure tout le monde veut la même chose.
- Ah ? Et qu'est-ce que c'est ? Demanda Haroun, un peu agressif.
- Une fin heureuse, dit le Morse.
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Videos de Salman Rushdie (69) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Salman Rushdie
Le philosophe, écrivain et réalisateur Bernard-Henri Lévy est également le fondateur de la revue "La Règle du jeu" : c'était il y a plus de 30 ans, en 1990.
Fondé avec un groupe d'écrivains et d'intellectuels du monde entier, tels que Jean-Paul Enthoven, Susan Sontag, Salman Rushdie ou encore Mario Vargas Llosas, cette revue se donne pour ambitions d'intervenir dans les débats de l'époque. Comment ces derniers ont-ils changé avec le temps ?
Bernard-Henri Lévy était l'invité des Matins de France Culture le 4 février 2022, pour parler du dernier numéro de "La Règle du jeu" et nous donner son avis sur Zemmour, Poutine et la Chine. _____________
Découvrez tous les invités des Matins de Guillaume Erner ici https://www.youtube.com/playlist?list=PLKpTasoeXDroMCMte_GTmH-UaRvUg6aXj ou sur le site https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins
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