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ISBN : 2330108915
Éditeur : Actes Sud (29/08/2018)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 47 notes)
Résumé :
Le jour de l’investiture de Barack Obama, un énigmatique millionnaire venu d’un lointain Orient, prend ses quartiers dans le bijou architectural des « Jardins », une communauté préservée nichée au cœur de Greenwich Village, à New York. Flanqué d’une jeune maîtresse russe, la sulfureuse Vasilisa, Néron Golden est accompagné de ses trois fils adultes, aussi brillants que névrosés : Petronius, dit Petya, l’agoraphobe génie de l’informatique, Lucius Apuleius, dit Apu, l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  26 août 2018
Un froid jour de janvier 2009, débarque à Greenwich Village, quartier bohème de NewYork, un septuagénaire étranger, répondant au nom de Nero Julius Golden (Nero=Néron en français, nom +prénom = Néron Doré, illustre bien ce qui va suivre )flanqué de trois “garçons” adultes, et sans aucun signe de femmes à l'horizon. Il arrive d'Orient, il est milliardaire, et avant de descendre de sa Daimler, annonce sa devise à ses trois garçons: " Dans mon domicile américain, la moralité sera au standard or"("In my American house, morality will go by the golden standard."), petit jeu de mots de Rushdie, qui laisse planer une ambigüité qui va aller de paire avec ce personnage sorti de nul part. Accent british impec, teint mate....., leur origine ? le narrateur nous dit, quelle importance !....pourtant....et là Rushdie, le malin, nous lance à nouveau comme appâts, des petits indices qui sentent le roussi....
Le narrateur, René, est un réalisateur, de parents d'origine belge, et l'histoire des Golden est son histoire, histoire inventée ou vécue ?......Rushdie brouille les pistes, le realisateur dit “cut...cut....cut”.....'ma fiction sur ces hommes qui ont fait d'eux-mêmes, des personnages de fiction',(« my fiction about these men who made fictions of themselves »).

A travers l'histoire de cette famille riche et bizarre, dont les origines ne plairaient sûrement pas aux membres du Tea Party et à Trumpy (bien que ses propres origines ne soient pas “meilleur “), c'est un portrait au vitriol d'une Amérique «  puritaine et politically correct », des «success stories” 🤑, et des émigrés, que nous esquisse Rushdie. de ce pays « parfait » qui se déclame gendarme du monde, qui se permet de donner des leçons à l'univers, le temps d'un roman, il en fait un pays virtuel, comme ceux des jeux vidéos, glacé et superficiel, n'omettant aucun détail véridique. Son style d'écriture détaché, qu'on qualifierait en anglais de “cool”, renforce cette atmosphère de personnages antipathiques, coincés dans un environnement stérile, où leur plus grande préoccupation est leur quête d'identité, culturelle, religieuse ou sexuelle. de nombreuses références philosophiques, littéraires, mythologiques, des locutions en latin, énoncées ici et là de leurs bouches, y rajoutent une dimension de sophistication, à mes yeux presque grotesque s'accordant mal avec un pays où l'argent est roi, la télévision, la bible, le port d'armes à feu, libre, l'assurance maladie, inexistante et le fossé entre riches et pauvres abyssal. Faire l'érudit y passe mal, surtout pour ces personnages de Rushdie, qui n'ont pas grand chose à faire que contempler leur nombril. D'autant plus qu'on parle ici précisément de l'ère Obama, beaucoup de scintillements en apparence et presque rien derrière. Bien qu'aujourd'hui, même les scintillements ont disparus avec le Joker ( de Gotham ) 😡 ce caractère de BD qui a sauté de la page sur la scène (« this cartoon character who had crossed the line between the page and the stage »).
En passant, toutes les protagonistes féminines sont d'origine étrangère, jeunes, belles et irrésistibles, ayant des occupations et préoccupations “particulières”, dont la primadonna russe (“Fendigucciprada” et sa tactique de l'araignée.....), à l'image de leur First Lady, que je vous laisse choisir, la jeune ou la vieille 😄. Dans un chick-lit , elles font parties du décor naturel, ici chez Rushdie, c'est du kitch embaumé.
Bref, le livre comme parodie de l'Amérique actuelle est excellent, et ferait un super film hollywoodien ,'a financial and political thriller', comme il le dit si bien lui même.
Et bravo au réalisateur René , le Zelig de fonction, partout présent, de la chambre à coucher jusque dans les pensées des protagonistes.
Mais je n'ai pas vraiment aimé ni l'histoire ni le style, qui y va comme un gant. le tout un gros beau paquet de Noel, attrayant, dont le contenu n'est pas vraiment à la hauteur de l'emballage, un produit très américain. Peut-être était-ce le but ?
L'érudition de Rushdie, qui en sort une à chaque deux ou trois pages, des citations et références de tout bord, un peu / beaucoup clichés , de Nietzsche , Kafka, Godard, Rembrandt........du fourre tout, à tout bout de champs, m'a lassée. Et franchement vu le niveau intellectuel du milieu ( ex.Le Nero ne lit pas de livres ), je n'en ai pas toujours compris la place et l'intérêt. Se poser des questions existentielles, quand on est bourré de fric et sans responsabilités, ou critiquer la philosophie à deux sous collectée sur internet, font sans doute, aussi parti du cirque. Ses références sur le monde intrinsèque du business clandestin de haut volet n'en sont pas aussi des meilleurs, des clichés qu'on retrouve un peu partout, et certaines expressions en général ne volent pas haut , ‘Choosing an identity,' Ivy Manuel says, ‘is not like choosing cereal at the supermarket.'( Choisir une identité.....ce n'est pas comme choisir une marque de céréale au supermarché ) et que dire du juste dosage du bien et du mal chez un être humain comparé à un Manhattan Cocktail (« rightness and wrongness were combined in the right proportions, just so, like whiskey and sweet vermouth, that was what constructed the classic Manhattan cocktail of the human animal »), ou de l'autisme, qui à ce qu'il parait, possède la propriété de générer des milliards de dollars, où de l'analyse clinique de la transidentité.....
Au final, même les références cinématographiques intéressantes n'arrivent pas à sauver le texte. C'est tellement surchargé, cliché et superficiel, que tout ça perd un peu de son intérêt. Rushdie est un Wikipedia ambulant, qui à mon avis, est une qualité qui s'accorde mal avec la littérature. Pourtant la question d'identité, qui est au coeur du livre, un issu problématique qui gagne de plus en plus d'importance, non seulement aux Etats-Unis mais aussi en Europe est intéressant, et il a bien ficelé son histoire. Mais ça n'a pas été suffisant pour maintenir mon enthousiasme du début qui s'est peu à peu estompé, pour complètement s'éteindre déjà à la moitié du livre, et un peu se raviver vers la fin. Vu la polémique autour de son oeuvre, j'attendais mieux de lui.
Ce n'est pas de la grande littérature, mais peut intéresser qui aime les best-sellers, à connotation thriller politico-financier, surtout qu'il n'épargne pas Trump.
“Identity –specifically, gender identity theory –is a narrowing of humanity....”
( L'identité - spécialement l'indentité sexuelle- est une limitation de l'espèce humaine).





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nadiouchka
  20 septembre 2018
Suite à la rencontre avec Salman Rushdie, dernièrement à Marseille, le 15 septembre 2018, pour "La Maison Golden", rencontre ô combien intéressante avec un écrivain bien sympathique et qui a le sens de l'humour, j'attends pour publier ma critique, de "rassembler tous les morceaux" car je voudrais retranscrire certains de ses propos.
Je prends toujours des notes....
Ne vous inquiétez pas, je ne révélerai pas tout car l'entretien a duré un peu plus de deux heures sans compter le temps dédié aux dédicaces et à l'échange de quelques mots avec l'écrivain.
Je publierai donc ma critique définitive quand tout sera complet.
Mais un petit indice : j'ai adoré et puis, oui, livre déjà lu !
Merci pour votre patience et à bientôt au même endroit.
++++++
Et voici la critique :
Le samedi 15 septembre 2018, il ne fallait pas manquer la visite de Salman Rushdie à Marseille. Un grand événement, tapis rouge déroulé, rencontre prévue entre 15 heures et 17 heures (deux heures seulement ? Eh oui…). Par précaution (car les places sont chères surtout au premier rang), il valait mieux arriver bien plus tôt.
Salman Rushdie venait pour son dernier livre « La Maison Golden », treizième roman traduit en français).
L’auteur n’a pas changé en gardant son humour, son ironie ainsi qu’un thème qui lui est cher : l’identité.
Il a une supplique : "Obama, s’il vous plaît, revenez."
Pour ce roman, il le qualifie comme « un roman social réaliste sur le New York des dix – quinze dernières années. » En d’autres termes, une fresque de l’Amérique sur l’ascension politique incroyable de Donald Trump qu’il surnomme « Le Joker. » (Ceci en référence au vilain de la série Batman).
Si parfois, et en particulier dans « Les Versets Sataniques », l’auteur a été assez controversé, ici on dit : « La Maison Golden », ou le triomphe de Salman Rushdie.
L’histoire débute ainsi : « Le jour de l’investiture du nouveau président, alors que nous craignions qu’il fut assassiné tandis qu’il avançait, main dans la main avec sa femme exceptionnelle au milieu d’une foule en délire, et alors que tant d’entre nous étions au bord de la ruine à la suite de l’explosion de la bulle immobilière… » (p.11).
C’est ce jour-là qu’arrive à Greenwich un vieil homme nommé Néron Golden « qui n’était pas vraiment roi », mais petit, un milliardaire avec ses enfants, trois fils adultes : Petronius, dit Petya – Lucius Apuleius, dit Apu et Dyonisos, dit D. Pour des noms pareils, il fallait les trouver ! Par contre où était et qui était sa femme ? On le saura un peu plus tard.
Néron se promenait dans « Les Jardins » et donnait l’impression d’être plutôt amical. Mais il a bien caché son jeu.
Installé dans ce quartier huppé (I know it : I went there me too…), on sait de Néron qu’il est arrivé aux États-Unis après les attentats de Mumbai et que sa femme y a été assassinée. Voilà pour l’épouse.
Néron habite dans un château de style médiéval (quand on porte le nom d’un empereur ! ) en espérant avoir la paix avec journalistes ou photographes.
Je ne vais pas raconter l’histoire bien entendu et ici, il ne s’agissait que du début. Il faudra bien lire les 414 pages de cet ouvrage où l’auteur utilise de nombreuses références, citations en latin, faits réels... Il parle également aussi bien de Gorbatchev que de Chesterton – de Barack Obama que de Klaus Kinski, etc.
Ce que je peux dire, ce qui est ressorti de l’explication du livre, c’est que chacun des personnages représente une œuvre et en particulier avec les fils mais aussi avec la superbe russe Vasilisa qui se joue de Néron.
C’est une saga familiale où le narrateur s’exprime sur divers sujets : la société américaine (problèmes raciaux, sexuels…) - la politique avec le bouleversement causé par l’élection inattendue de Donald Trump.
Salman Rushdie qui est sous le coup d’une fatwa : « L'ayatollah Khomeini, le Guide de la révolution islamique condamne à mort l'écrivain britannique le 14 février 1989 et appelle tout bon musulman à l'exécuter, où qu'il le trouve. », n’hésite pas à évoquer le fanatisme et le terrorisme, surtout les attentats qui ont touché Bombay, marquant le point de départ de ce dernier ouvrage.
Je sais qu’il a de nombreux détracteurs (qui bizarrement le lisent quand même). Il n’empêche que c’est un grand personnage, très enjoué, qui manie l’humour avec délice, qui a une très grande intelligence mais qui sait rester à l’écoute de ceux qui veulent lui parler : il prend son temps et adore discuter en se moquant de la file d’attente pour les dédicaces.
Bref, deux heures, c’était trop peu. On aurait pu passer l’après-midi et la soirée que cela n’en aurait été que mieux. Mais problème de timing oblige. C’était vraiment « the place to be ».
Concernant l’ouvrage, même si parfois on a envie de sauter quelques petites pages (dommage), on ressent bien de l’amusement avec cette saga Golden. On se divertit mais je comprends que certains soient un peu insatisfaits car il y quelques accumulations, parfois cela semble un peu hétéroclite. Quant aux allusions à la littérature ou cinématographique, elles ne paraissent pas très bien s’adapter au texte, quoique, si on réfléchit...
Mais allez donc savoir avec un homme tel que Salman Rushdie ! C’est peut-être ce qu’il attend car il joue avec le lecteur.
En quittant l’écrivain, on garde en tête son sourire un brin amusé, des yeux rieurs, une présence formidable et qui rayonne tout autour de lui.
Alors, quand je lis que : »Avec « La Maison Golden », Salman Rushdie signe une formidable saga, je réponds : « Yes, it is. »
J’ai aussi relevé que pour « « La Maison Golden », le livre avait raison. »
Quand on lui pose la question de savoir si, lors de l’arrivée DU Donald Trump comme président, il n’a pas eu envie de quitter ce pays, sa réponse est catégorique : « Non, non, non… L’Amérique ne se réduit pas à Trump. Et j’adore ma vie à New York (…) vous ne quittez pas un pays parce que son Président ne vous plaît pas. »
Puisqu’il faut conclure, je vais d’abord retranscrire les dernières phrases du livre : »Les personnes, l’homme, la femme, l’enfant, deviennent secondaires. Seul demeure le mouvement tourbillonnant de la vie. »
Jolie conclusion non ? Un signe d’espoir ?
Pour ma part, je vais dire que je reste acquise à la cause de cet auteur (même si des ouvrages présentent quelques défauts – mais là il n’est pas le seul) et chacun ses goûts.
Vous l’avez compris, j’ai aimé 😍 ce livre et je lui mets cinq étoiles !⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️
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Archie
  02 décembre 2018
Salman Rushdie est un grand écrivain. En lisant Les enfants de Minuit et le dernier soupir du Maure, j'avais été enthousiasmé par son talent de conteur, à même de donner vie à des personnages insolites, d'imaginer des aventures fantasmagoriques, et de les dérouler sur un ton flamboyant et symbolique où l'humour ne manque jamais. Rushdie est aussi un intellectuel courageux, qui n'a pas sa plume dans sa poche quand il s'agit de prendre position, et on se souvient de l'infâme fatwa qui lui avait été assignée pour son roman Les versets sataniques. Né en Inde, élevé en Grande-Bretagne, anobli par la Reine, Rushdie est aujourd'hui citoyen américain et vit à New-York.
Il m'a semblé que son dernier roman, La Maison Golden, avait reçu un accueil mi-figue mi-raisin. Cela m'a étonné. La meilleure façon de me faire une opinion était de le lire.
Il est vrai que les soixante premières pages (sur un total de quatre cents) sont un peu indigestes. Elles sont consacrées à la présentation des lieux et des principaux personnages. Pour te simplifier la tâche, lectrice, lecteur, je vais essayer de te donner les clés, car la suite vaut vraiment la peine.
Tout se passe aux Macdougal Sullivan Gardens, qu'on nomme tout simplement les Jardins. C'est un îlot de verdure dans Greenwich Village, au sud de Manhattan, entouré d'une vingtaine de maisons, accessible aux seuls résidents de ces maisons, parmi lesquelles celle où la famille Golden s'est établie. Un petit univers clos privilégié, où René, le narrateur, vit depuis qu'il est né.
Les Golden sont originaires de Bombay, qu'ils ont quittée pour New-York après les attentats islamistes ayant endeuillé la grande ville indienne en 2008. Néron, le chef de famille, est un homme âgé à l'abord inquiétant. Il est accompagné de ses trois fils, affublés de prénoms étranges, emblématiques de leur personnalité et prémonitoires de leur destinée. Pas de femme !... Pour l'instant !
René est un jeune assistant réalisateur vidéo. Il se met en tête de faire un film sur ces Golden, qui viennent de s'installer en face de ses fenêtres et qui l'intriguent. Il subodore que le père, Néron, cache de lourds et noirs secrets.
Au fil du roman qui s'étend sur huit ans, les Golden seront rattrapés par le passé de Néron, dans des péripéties foisonnantes, dramatiques et burlesques imaginées par René. Des péripéties inspirées par quatre femmes d'exception, dont une bimbo russe férocement manipulatrice. Des péripéties dans lesquelles René lui-même se laissera entraîner à jouer un rôle décisif.
Voilà une structure de roman très originale, où René est à la fois témoin, scénariste et acteur. Sans oublier qu'il est aussi le narrateur. Pour reprendre ses mots, il écrit une fiction qui a parfois la forme d'un documentaire, une fiction sur des hommes qui sont une fiction d'eux-mêmes. Finalement, René ne s'y retrouve plus trop entre ce qui est réel et ce qui est inventé. Mais toi, lectrice, lecteur, tu planeras au-dessus de tout cela avec jubilation, comprenant bien que tout est fiction.
Il n'empêche que La maison Golden délivre une intense critique de la société américaine actuelle, et au-delà, des sociétés occidentales en général – particulièrement de la nôtre, si j'en juge par l'actualité : prolifération de fake-news sur Internet, dénonciation des élites par le « peuple » inquiet de perdre ses repères, élucubrations sur l'identité et le genre, contorsions imposées par la bien-pensance pour ne pas stigmatiser les minorités,… ni ensuite les minorités internes aux minorités...
Dans ce roman à la fois tragique et divertissant, émaillé un peu lourdement de citations érudites littéraires, philosophiques et cinématographiques, Salman Rushdie ne dissimule rien de ses opinions. le roman commence en janvier 2009 lors de l'investiture de Barack Obama, pour exploser huit ans plus tard, dans un monde ayant pris l'apparence d'une BD. A Gotham, Batwoman a été battue. le clownesque Joker à la chevelure verte prend le pouvoir.

Lien : http://cavamieuxenlecrivant...
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nilebeh
  09 février 2019
La Maison Golden est mon premier Salman Rushdie et sans doute pas le dernier. Même si la lecture de ce roman fut un véritable travail. En effet, il faut sans cesse chercher des explications à ce qui pourrait échapper à un non-Américain tant sont nombreuses les références à la vie des États-Unis, politique, culturelle, sociale. Et j'ai la chance d'avoir un « vrai » Américain à portée de voix...
Mais ce livre n'est pas qu'une somme incroyable de connaissances ou de démarches philosophiques, c'est aussi une histoire, celle d'une famille ultra-riche qui vit à New-York dans le très chic et très protégé - croyaient-ils - quartier des Jardins dans Greenwich Village. Une sorte de saga indo-américaine puisque le patriarche - en toute modestie rebaptisé Néron Golden - a quitté Mumbai en secret pour repartir à zéro aux États-Unis.
A quel coupable secret essaie-t-il d'échapper, emmenant avec lui ses trois fils (rebaptisés Lucius Apuleius dit Apu, Petronius dit Petya et Dionysos dit D, (quand on a de l'ambition, autant le faire savoir!). Famille difficile, entre création artistique douloureuse, problèmes de genre et autisme Asperger. le pire reste le patriarche, véritable chef mafieux qui fait fortune dans l'immobilier. Qui se remarie avec une jeunette russe bien décidée à profiter de sa fortune avec laquelle il a un enfant (enfin, lui ou un autre...) à 82 ans passés.
Tout cela serait une romance un peu épicée si ne venaient s'y mêler des règlements de comptes avec la mafia indienne qu'il a naïvement sous-estimée, coups de feu, incendies, explosions, racket et menaces en tous genres.
Le tout est observé par le narrateur René Unterlinden, belge d'origine (d'où peut-être le nombre d'expressions en français dans le texte), cinéaste débutant qui rêve de faire en noir et blanc le film de la saga Golden. D'où , là encore, les innombrables références au cinéma. Et nous devenons, avec René, les témoins attentifs des événements catastrophiques qui se déroulent dans ce milieu à la fois corrompu et ultra-chic du monde des affaires à NYCity.
J'ai pour ma part eu quelques difficultés à véritablement « entrer » dans ce roman, dont les protagonistes sont plus lamentables moralement les uns que les autres et aussi en raison du style, foisonnant, flamboyant, qui déroule longuement des propos intelligents et savants. Évidemment, je ne suis pas non plus insensible aux coups de cutter donnés au passage à ce Joker aux cheveux teints ( en vert!), à la bouche large et rouge et qui va se faire élire après le président Obama. Un pitre sinistre mais redoutable.
Pour conclure, cette lecture est enrichissante, intéressante, malgré le foisonnement pas toujours justifié des connaissances de son auteur.
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jeinus
  02 août 2018
J'ai découvert Salman Rushdie sur le tard. En fait avec son excellent dernier roman publié en 2016 chez Actes Sud "2 ans, huit mois et vingt-huit nuits". J'avais été marqué par son intelligence, son érudition, ses connaissances religieuses, spirituelles et théologiques, et sa capacité à pointer du doigt de nombreux problèmes sociétaux au travers de formes aussi diverses que le conte, le récit historique mais aussi fantastique et magique, cependant ancrées dans les profondeurs du réel.
Entre temps j'ai eu le temps de me cultiver et de lire par exemple "Les enfants de Minuits", que je vous recommande vivement si vous voulez lire un magnifique roman picaresque au coeur de l'Inde, de son histoire et de sa sagesse millénaire.
Parlons peu, parlons bien. The Golden House (oui j'suis bilingue), nous emmène aux États-Unis, et démarre précisément le jour de l'élection d'Obama. Jour où Néron Golden, mystérieux riche magnat venu d'un pays dontonnedoitpasprononcerlenom débarque avec ses trois fils à Greenwich Village, un quartier résidentiel huppé de Manhattan. Dans cette communauté plutôt fermée, "Les Jardins" sont un lieu de partage, où des réceptions splendides sont parfois données.
Mais qui sont ces richissimes nouveaux arrivants? D'où viennent-ils? Qui est Néron Golden? Qui sont ces fils Petya, Lucius Apuleius et Dyonysos? (Rien que ça 😊)
Autant d'intrigues qui vont pousser René Underlingen, notre narrateur, curieux voisin, scénariste et réalisateur en panne d'inspiration, à pousser l'enquête pour le bien de son travail, trouvant enfin matière à créativité, calquant son film sur les vicissitudes de la vie de cette famille pour le moins particulière, l'entraînant toujours plus, à ses risques et périls, dans la promiscuité, l'intimité et les secrets bien de la Maison Golden.
Du coup c'est un super roman sur l'Amérique contemporaine. Une très vaste critique socio-culturelle. Des réflexions d'une intelligence incroyable sur le pouvoir des très riches. C'est très dense comme narration, avec beaucoup de références cinématographiques car justement le narrateur essaie de réaliser un film sur cette famille Golden. C'est philosophique, satirique, d'une compréhension aiguë de nos sociétés actuelles. Les 8 années de présidence d'Obama en toile de fond avant l'arrivée catastrophique du Joker au pouvoir comme l'appelle très ironiquement Rushdie dans le livre 😁. L'auteur est toujours ancré dans le réel, la question du genre y est évoqué, la place de la famille, l'importance de la filiation, les luttes de pouvoir intestines et la répercussion de nos actes passés sur notre présent et notre futur. Un petit bémol sur la toute fin mais dans l'ensemble j'ai adoré 😉
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critiques presse (6)
Lexpress   26 septembre 2018
L'auteur des Versets sataniques a pu livrer ces dernières années de gros ouvrages touffus, qui ont parfois décontenancé ses lecteurs. De l'avis unanime, le nouveau roman de Salman Rushdie brille cette fois-ci par sa fluidité.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeSoir   24 septembre 2018
« La Maison Golden » est une nouvelle preuve d’un talent hors normes.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Culturebox   17 septembre 2018
Le nouveau livre de l'auteur des "Versets sataniques" et des "Enfants de minuit" dresse le panorama de l'Amérique, de Barack Obama à Donald Trump que l'écrivain, âgé de 71 ans, compare au Joker, le super-vilain de la série Batman.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Bibliobs   12 septembre 2018
L'auteur des "Versets sataniques" n'est pas toujours très en jambes dans ses romans. Mais cette fois, il l'est.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LaPresse   06 septembre 2017
Salman Rushdie voulait écrire un roman à saveur contemporaine, et l'élection de Donald Trump a donné à l'histoire une courbe dramatique intéressante.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LaPresse   05 septembre 2017
Salman Rushdie estime que le contraste entre Barack Obama et Donald Trump offre la toile de fond parfaite pour créer sa fable américaine moderne.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   24 août 2018
Morality came before religion and religion was our ancestors’ way of responding to that built-in need. And if that was so then it followed that it was perfectly possible to lead a good life, to have a strong sense of right and wrong, without ever letting God and his harpies into the room.
( La moralité arriva avant la religion, et la religion fut le moyen pour nos ancêtres
de satisfaire ce besoin inné. Et si c’était ainsi, il était parfaitement possible de mener une vie honnête, avoir un sens puissant du bien et du mal, sans jamais faire entrer Dieu et ses harpies chez soi).
+ Lire la suite
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BookycookyBookycooky   20 août 2018
‘What will we say,’ he asked his father, ‘when they enquire, where did you come from ?'.......'Say we are from nowhere or anywhere or somewhere, we are make-believe people, frauds, reinventions, shapeshifters, which is to say, Americans'.
( Qu'est-ce-qu'on doit répondre, si on nous demande d'où on vient ? demanda-t-il à son père....Dit leur, nous venons de nul part, ou de n'importe où, ou de quelque part, nous sommes des êtres fictifs, des imposteurs, des réplicats, des métamorphes, c'est-à-dire, des américains ).
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BookycookyBookycooky   21 août 2018
‘In the age of information, my dear,.....everyone’s garbage is on display for all to see, and all you need to know is how to look.’
( A l’ère de l’information, mon cher.....la poubelle de chacun est exposée aux yeux de tous pour qu’on la voit, et tout ce que tu as besoin de savoir, est comment le regarder).
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BookycookyBookycooky   26 août 2018
How does one live among one’s fellow countrymen and countrywomen when you don’t know which of them is numbered among the sixty-million-plus who brought the horror to power,...
( Comment vit-on parmi ses compatriotes , ne sachant pas lesquels font partis des 60 millions et plus qui ont voté pour porter l’horreur * au pouvoir...)
*Donald Trump
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nadiouchkanadiouchka   03 février 2019
Que penses-tu aujourd'hui des femmes blanches qui se déguisent en Pocahontas pour Halloween ? Quelle est ta position sur ceux qui se peignent le visage en noir ? Tu les approuves ? Est-tu maintenant une SWERF, une sex worker exclusionary radical feminist, en plus d'être une TERF ? Tu n'es peut-être même plus une féministe radicale ?
P.327
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Vidéo de Salman Rushdie
Milan Kundera, Une vie d?écrivain Jean-Dominique Brierre
En librairie le 13 mars 2019 336 pages ? 20 ?
Le 1er avril 2019, Milan Kundera fête ses 90 ans !
Évoquant les personnages de la Guerre et la Paix, Milan Kundera remarque que leur vie est « un voyage dont les phases successives sont non seulement différentes, mais repre?sentent souvent la ne?gation totale des phases pre?ce?dentes ».
Ce parcours en ligne brise?e est aussi celui de l?auteur de la Plaisanterie. Son ?uvre est faite des me?mes contradictions. Ne? le 1er avril 1929, destine? a? une carrie?re de musicien, il devient poe?te communiste, puis romancier critique a? l?e?gard du re?gime. Exclu du Parti, mis a? l?index apre?s l?e?crasement du Printemps de Prague (1968), il quitte la Tche?coslovaquie sept ans plus tard pour s?installer en France. Ni dissident ni exile?, il continue toutefois a? e?crire en tche?que (L?Insoutenable Le?ge?rete? de l?e?tre), avant de choisir le franc?ais comme langue unique d?e?criture et d?« exploration de l?existence ».
Paradoxal, secret, absent des me?dias, Kundera est conside?re? comme un des e?crivains majeurs du dernier demi-sie?cle. Succe?s qu?il attribue, non sans ironie, « au fait d?e?tre mal compris ». Avec ou sans re?serves, des auteurs aussi divers que Jonathan Coe, Orhan Pamuk, Salman Rushdie ou Taslima Nasreen le regardent comme un mai?tre, dont les re?flexions sur l?« art du roman » questionnent leur me?tier en profondeur.
Ce parcours artistique, intellectuel, politique et litte?raire, Jean- Dominique Brierre l?a reconstitue? en l?inse?rant dans son contexte historique, du « coup de Prague » (1948) a? la « re?volution de Velours » (1989), s?appuyant notamment sur ses e?crits, ses entretiens et sur des te?moignages ine?dits, notamment ceux de son ami Alain Finkielkraut et de son traducteur Franc?ois Ke?rel.
http://www.editionsecriture.com/livre/milan-kundera-une-vie/ --------------------
Écrivain, journaliste, musicologue, Jean-Dominique Brierre est notamment l?auteur d?essais biographiques consacrés à Leonard Cohen (Le cherche midi, 2014) et Bob Dylan (L?Archipel, 2016).
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