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Éditeur : L'Herne (01/01/1900)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 18 notes)
Résumé :
« Vivant aux Etats-Unis pendant la guerre, Bertrand Russell publie son « Outline of intellectual rubbish » (Esquisse de la foutaise intellectuelle)
en 1943, d’abord chez un éditeur de pamphlets socialistes et anti-religieux (Haldeman-Julius Publications), puis en 1950, année où il reçut le
Prix Nobel de littérature, dans une collection de ses écrits intitulée Unpopular Essays.
Désespérant de voir de « grandes nations, qui avaient guidé la civi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
davidmunnich
  03 octobre 2013
Dans ce court et vif pamphlet, Russel met au jour les préjugés, idées reçues, superstitions qui sont les nôtres encore aujourd'hui, et qui sont bien trop répandues, en particulier chez les "intellectuels"....
Chez les dévôts, les politiciens, les écrivains, mais aussi les hommes et les femmes..., la rationalité cède fréquemment la place à un langage tout fait, à la fumisterie ou à l'orgueil.
En cela, nos préjugés modernes n'ont rien à envier à ceux des hommes de l'antiquité, des égyptiens ou des grecs.
Un texte vivifiant et caustique qui n'a pas pris une ride et qu'il faudrait diffuser bien largement à nos responsables politiques, journalistes, décideurs, concitoyens.....
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ATOS
  03 mars 2020
On en a vu d'autres...d'autres guerres, d'autres croyances, d'autres idéologies, d'autres misères, d'autres frontières, d'autres crimes. On a en a connu d'autres mais ces autres ..tous ceux d'avant, d'avant les lumières, d'avant et après les prophètes, d'avant toutes nos guerres... ceux que l'on croit toujours de là-bas, d'autre fois ou de jamais ici, ressemblent atrocement à ceux d'aujourd'hui, de maintenant, qui tourbillonnent dans le maelstrom du présent.
Les fols en dieux, en fracs, en fric, les bûchers, les seigneurs de la guerre ,des famines des pestes, des massacres… oui, on en a connu d'autres... Toujours les mêmes causes toujours les mêmes coups donnés par les mêmes mâchoires qui puisent leur énergie de l'ignorance et de la peur.
On en connaît bien d'autres encore. On en connaîtra probablement et malheureusement encore bien d'autres...
Longue litanie de siècles, et de files humaines, de toutes nos tremblantes et sanglantes traînes humaines.
Est-ce que cela doit nous rassurer ? Ou nous désespérer ? Nous rassurer si on veut y voir notre commune et incroyable capacité de survie. Nous désespérer si nous songeons à l'immobilisme des consciences, au bégaiement stupide de nos peurs et de nos soumissions…
le désespoir est un sentiment inutile nous enseigne Bertrand Russel.
Philosophe, mathématicien, libre penseur, pacifiste, humaniste avant tout et toujours debout face à tous les désordres.
Les faits. Voilà ce que nous demande de considérer le philosophe. Les faits. Non nos croyances, nos préjugés ; les faits scientifiques. qu'ils soient astronomiques, biologiques.
Force est de constater que l'homme a une fâcheuse tendance à se considérer comme étant « le nombril saint et sacré du monde ». Se laisser bercer d'illusions, de fausses promesses...Croire à notre place, à notre « bon droit » au soleil en fermant les yeux...quite à ne pas voir que ces faux soleils brûlent tous les bois dont nous sommes faits. Tous, et cela jusqu'au dernier. Alors croire plutôt que voir. Toujours l'orgueil de croire plutôt que le courage de savoir.
Orgueilleux tel est l'humain..Orgueil stupide et stérile, fécond de tous les démons. Croyances, superstitions...tout est bon pour faire croire, que cela est plus plus aisé que de faire savoir, de connaître et de reconnaître.
Fumisterie intellectuelle, morale, économique, politique, faussement scientifique.
Hiérarchisation de toutes les ordres. Ordres dont la hauteur voudrait répondre au silence des cieux. Alors ordonnancement des corps, des genres, des peuples, des classes sociales…
Faire croire pour mieux faire plier à défaut de faire savoir pour éduquer.
S'attacher aux faits, à la réalité et non au dogme des croyances n'est pas enlever la poésie au monde, s'est au contraire l'amplifier en l'émancipant.
La nature ne connaît ni enfer ni paradis.
L'équilibre des forces de notre monde naturel est régi par l'épanouissement du vivant. Une règle pas un ordre.
Croyances, préjugés… «  la croyance infondée qui alimente ces mythes justifie la persécution et témoigne du désir inconscient de désigner un bouc émissaire. »
Orgueilleux l'humain, orgueilleux et crédule.
Car il est plus facile de croire que de savoir, de connaître et reconnaître.
« les sornettes que l'État est capable de nous faire avaler sont sans limite. Donnez-moi une armée digne de ce nom, donnez-moi les moyens de lui offrir un salaire plus généreux et une nourriture plus abondante que la moyenne et je vous garantis qu'en l'espace de trente ans je me débrouillerai pour faire croire à la majorité de la population que deux et deux font 3 que l'eau gèle à 100 degrés et qu'elle enttre en ébullition en dessous de zéro ou n'importe quel autre fadaise susceptible de servir les intérêts de l'État. Évidemment, même si l'on n'y croyait, nul ne s'aviserait de mettre la bouilloire au congélateur pour faire chauffer de l'eau. le fait que le froid porte l'eau à ébullition serait une vérité sacro-sainte que l'on professe d'un ton exalté mais que l'on n'aurait pas idée d'appliquer dans la vie quotidienne. Toute négation de la sacro-sainte doctrine serait déclarée illégale et les hérétiques récalcitrants seraient « gelés » sur le bûcher. Ceux qui n'embrasseraient pas avec enthousiasme la doctrine officielle serait interdit d'enseigner ou d' occuper un poste à responsabilités. Seuls les plus hauts fonctionnaires se permettraient d'admettre en aparté que ce ne sont que des foutaises, en ricanant dans leur barbe, et en levant leur verre. Je caricature à peine ce qui se passe dans certains États modernes ».
Russell parlait de l'État, mais nous pouvons convenir de la pertinence et de l'urgence qu'il y a de reconnaître que ce comportement sévit au sein de tous les lieux du pouvoir qu'il soient économiques, financier, religieux, familiales et autres.
Oui nous en avons vu d'autres, Russell, lui, peut être même de plus près.
Rejeté de cercles universitaires, mis à l'index, emprisonné, il n'a jamais cessé de penser, de lire, d'écrire, d'enseigner, de raisonner.
Russell nous rappelle que nous ne devons pas croire, mais savoir.
Ne pas laisser croire, mais faire savoir.
Faire savoir avec raison, certes, mais pas sans amour.
La logique comme le signe d'une intelligence, les faits comme la preuve invincible du raisonnement.
Oui il y aura, souhaitons le, d'autres philosophes, d'autres scientifiques, d'autres humanistes comme Bertrand Russell, qui viendront peu à peu rompre obscurantisme que provoque la fumisterie intellectuelle.
Le désespoir est un sentiment inutile, alors espérons le. Espérons le pour notre humanité.
«  VOTRE ACTION DÉSESPÉRÉE. MENACE À LA SURVIE HUMAINE. AUCUNE JUSTIFICATION CONCEVABLE. L'HOMME CIVILISÉ LE CONDAMNE. NOUS N'AURONS PAS DE MASSACRE DE MASSE. ULTIMATUM SIGNIFIE GUERRE... METTEZ FIN À CETTE FOLIE » . Télégramme de Bertrand Russell adressé au Président J.F Kennedy en 1962 lors de la crise des missiles de Cuba.

Masse critique Babelio/ Editions l'Herne – 02.2020
Astrid Shriqui Garain



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pictura
  30 octobre 2013
Je connaissais le logicien Bertrand Russell. J'ignorais qu'il fut prix Nobel de littérature.
De la fumisterie intellectuelle, voilà un bon petit livre qui se lit très vite, court, simple, efficace. Moi qui m'imaginais suer à quelques grosses gouttes à sa lecture tant il peut être difficile de comprendre et suivre le discours d'un logicien.
D'emblée, il égratigne la religion. Il est très facile pour un athée de démonter les rouages du testament, de la bible, du coran. L'auteur donne des exemples et contre-exemples pour contredire l'institution religieuse, j'avoue, j'ai trouvé cela un peu facile. Non pas que je ne partage pas ses avis, au contraire, mais ce n'est pas là l'apanage de la logique. Par contre il le fait avec un cynisme raffiné et cinglant.
Ce à quoi le croyant répondra : les voix du Seigneur sont impénétrables. Imparable pour éviter les embûches.
Bref. Après la religion, Russell s'attaque aux fausses croyances. Il tente d'expliquer leurs origines, il parle des théories populaires, il emballe le produit avec un peu de psychologie, d'analyse. Son raisonnement est toujours pertinent et sonne aussi juste que la meilleure des cloches de la plus belle des cathédrales.
Viendra le tour de la politique. Extrait : « La politique elle-même est truffée de platitudes sentencieuses et erronées. »
Contre exemples judicieux à l'appui.
Il égratigne tout, tout le monde en prend pour son grade. (Même Aristote. Si si)
Il invective à tout va. Et comme c'est fait de manière intelligente, force argumentation et souvent drôle ou cynique, ses réflexions acerbes sont convaincantes.
« Un spécialiste de cette pathologie (exhibitionnisme) m'a assuré que pour les réformer, il suffisait de leur faire porter des pantalons qui se boutonnent par derrière et non par devant. »
De la fumisterie intellectuelle, ou comment remettre à plat les croyances d'un monde aveugle qui se veut intelligent. Il parlera aussi des femmes, de l'orgueil, la peur…
Je n'ai pas encore parlé de la préface. Souvent je ne la lis même pas. Peu m'importe ce qu'un agrégé ou un grand penseur a à dire sur un texte que je n'ai pas encore lu… J'ai fait exception par égard de la masse critique et des éditions L'herne (très beau livre au passage, beau dans le sens du toucher, de la qualité d'impression, de la qualité des feuilles, ben oui, désolé d'être aussi terre à terre, il y a parfois la forme qui plait aussi et qui peut être importante à bien des égards…. )
Et bien, cette préface est pertinente, ah non, ca je l'ai déjà dit, vite un synonyme, je trouve rien là ce soir…. Je la refais…
Et bien, la préface que d'habitude je ne lis pas, annonçait un livre un peu difficile à lire, (la conjonction de l'idée que les assertions factuelles se réfèrent à un monde indépendant de nous …) mais en revanche mettait parfaitement en place l'idée de ce livre, sa genèse avec des éléments de la vie de l'auteur riches et importants pour bien comprendre son état d'esprit. Je voulais dire que j'ai autant aimé la préface que le livre.
Je conclurais par une remarque personnelle, je trouve que l'auteur fait part d'une modestie touchante, il n'admoneste qu'à juste raison, dénué de tout orgueil, libre penseur, sans arrière pensée, le livre est un combat contre les dogmes et les croyances, construit avec humour, cynisme, intelligence et simplicité.

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Pirouette0001
  20 octobre 2013
Quel régal ! Livre savoureux, irrévérencieux mais combien d'actualité !
Russel se moque de la crétinerie ambiante à son époque -il faut dire qu'il a écrit cet ouvrage en 1943-, mais qui l'est tout autant à toutes les époques de l'histoire.
Je recommande chaudement cette lecture, brève par ailleurs, l'ouvrage ne dépassant pas la centaine de pages.
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bdelhausse
  21 mars 2020
Voilà un livre de salubrité publique. Rien de moins. OK, il a un peu vieilli, mais Bertrand Russell y développe un argumentaire salutaire. Il secoue les idées reçues, les mythes, les représentations des gens ou des populations, les préjugés.
Bertrand Russell est un philosophe qui lorgne du côté de la science, et donc des faits. Il démarre sur la religion qu'il oppose évidemment aux faits. C'est peut-être un peu daté comme argument, mais en 1943 c'était chaud, surtout aux USA (qui ont quand même un président qui s'attire le vote des évangélistes, créationnistes indécrottables). Russel passe de la religion aux mythes, puis au racisme et aux superstitions liées au sang. de là, on saute sans problème sur le nazisme et l'antisémitisme, thème cher à Russell.
Bertrand Russell étend alors son propos à l'actio de l'Etat, lequel est (même en démocratie) en mesure d'imposer n'importe quelle idée ou croyance. Russell est visionnaire et il ne connaissait pas encore tout à fait le pouvoir des médias ou d'Internet. Comment aurait-il commenté la décision d'un Trump d'acheter les espaces publicitaires sur Youtube au moment le plus fort de l'élection présidentielle...
On passe de la politique à la gouvernance étatique, puis à la place de la femme, qui mélange superstitions et importance du sang.
Le tout en moins de 100 pages. Lecture importante, qui relativise beaucoup de nos préjugés. de quoi se filer un grand coup de latte aux fesses.
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
picturapictura   05 octobre 2013
Afin de mettre cet orgueil en sourdine, rappelons-nous que l’humanité n’est qu’un épisode éphémère dans la vie d’une petite planète nichée dans un recoin de l’univers et que pour autant que l’on sache, d’autres galaxies abritent peut-être des êtres qui nous sont tout aussi supérieurs que nous ne le sommes aux méduses.
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Pirouette0001Pirouette0001   20 octobre 2013
La peur collective favorise l'instinct grégaire et la cruauté envers ceux qui n'appartiennent pas au troupeau.
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StevoStevo   18 novembre 2013
Si la moindre contradiction vous met en colère, c'est qu'inconsciemment vous vous savez incapable de justifier l'opinion qui est la vôtre.
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picturapictura   04 octobre 2013
La persécution est une arme propre à la théologie, et non à l’arithmétique : l’arithmétique, en effet, repose sur un savoir, mais la théologie repose simplement sur des opinions.
Commenter  J’apprécie          110
Pirouette0001Pirouette0001   20 octobre 2013
L'homme est un animal crédule, il a besoin de croire et, à défaut de fondements solides à sa croyance, il se contentera de fondements bancals.
Commenter  J’apprécie          120

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