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EAN : 9782366298444
450 pages
Éditeur : Editions ActuSF (15/06/2017)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 130 notes)
Résumé :
Emilio Sandoz, linguiste et prêtre, est le seul survivant d’une mission de contact avec des extraterrestres sur une planète lointaine. Il en revient marqué du sceau de l’infamie : là-bas, il se serait prostitué et aurait tué un enfant...

Que s’est-il réellement passé ? Que sont devenus les autres membres de l’expédition ? D’où viennent ces cicatrices terribles sur ses mains ?

Roman inoubliable et bouleversant, Le Moineau de Dieu raconte... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
LePamplemousse
  13 septembre 2017
Je ne suis pas croyante, je ne connais pratiquement rien aux Jésuites, je ne suis pas une spécialiste de science-fiction, l'astronomie est une science que je n'ai jamais étudié ni de près ni de loin, et je ne parle vraiment qu'une seule langue, j'en baragouine bien une seconde mais avec un accent à couper au couteau et surtout à grands renforts de mîmes.
Ce roman parlant d'un prêtre jésuite, spécialiste en linguistique, découvrant l'existence d'une planète habitée et partant presque du jour au lendemain avec un groupe hétéroclite pour un voyage complètement fou n'avait donc que peu de chance de m'attirer…et pourtant, c'est tout le contraire qui s'est produit.
J'ai dévoré ce livre avec voracité, j'ai savouré chaque réflexion qu'elle soit religieuse, scientifique, anthropologique, ou émanant simplement de gens normaux confrontés à des phénomènes extraordinaires.
Je me suis attachée à chacun des personnages de cette histoire, à leurs passés, à leurs vécus particuliers, à leurs espoirs.
J'ai adoré suivre l'évolution de ces personnes aux destins fascinants, j'ai été complètement happée par cette quête presque impossible, par ce besoin de savoir, de découvrir, de comprendre l'autre quel qu'il soit.
J'ai eu l'impression de lire une enquête policière, assemblant des indices au fur et à mesure, mais aussi un récit de voyage où les protagonistes découvrent une faune, une flore, des paysages déconcertants, tout en savourant le plaisir d'un vrai récit de science-fiction mais où jamais les termes scientifiques n'ont été rebutants pour la néophyte que je suis.
Je suis conquise par ce roman dense, riche, foisonnant, à la langue fluide, et poussant fortement à l'introspection philosophique.
Petit bémol cependant : la taille des caractères est vraiment petite, surtout quand on lit le soir et qu'on n'a pas des yeux de lynx !
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finitysend
  22 mars 2013
Un grand plaisir de relecture.
Signalons pour la forme qu'il y a une suite à ce roman accomplis mais en vo seulement : children of god .
Pour ce qui est de la caractérisation et des descriptions, ce texte est quasiment aussi parfait qu'il est dense .
Le lecteur est véritablement transporté en compagnie de ces gens sympathiques et dans un fabuleux environnement exo planétaire .
On voit bien quelles cultures ont servies de cadre de référence, mais c'est très bien fondu, opératoire , et étranger dans ce long récit de près de 600 pages.
Cependant , ce monde et ces cultures étrangères , reposent également sur une éthologie spécifique magistralement réfléchie.
Un pur délice de roman sur le thème du contact .Un texte très fin riche et subtile ,très riche éthiquement. Un texte chargé d'histoire aussi. ..
Cependant la mise en place est longue, près de 200 pages ,donc mode TGV, s 'abstenir car la route est longue et les détails sont nombreux.
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H-mb
  12 février 2020
C'est à la fois une histoire de premier contact et une réflexion sur la question du Mal.
De la découverte de la nouvelle planète habitée à la construction du vaisseau-astéroïde et à l'atterrissage sur Rakhat, nous suivons un groupe de personnages charismatiques et passionnés qui vont établir des relations harmonieuses avec les habitants de Rakhat. Si la construction du vaisseau et la constitution de l'équipe laissent à désirer (la suspension d'incrédulité est un peu difficile), les relations entre les deux espèces vivant sur la planète et l'écologie générale sont intéressantes.
En parallèle, nous assistons au jugement d'Emilio Sandoz, seul survivant de l'aventure. Il passe du rôle d'un père jésuite dévoué dans son bidonville à celui de quasi-saint rempli de la présence de Dieu et enfin à celui d'un homme brisé physiquement, psychologiquement et spirituellement. Il est obligé de se confronter à ce passé, à son ordalie et cette mise à plat par la parole permet de le reconstruire un tant soit peu - c'est du moins le but de ceux qui l'écoutent.
Nous savons dès le départ que l'histoire finit mal mais suivre Emillio dans son dépouillement progressif de tous ceux qu'il aime puis de sa simple humanité n'en reste pas moins une expérience de lecture dure et intense qui fait toute la valeur du livre.
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elgg
  15 décembre 2020
Curieuse, curieuse lecture. le quatrième de couverture était pourtant (je trouve) prometteur. Mais il ne tient pas ses promesses. Ou plutôt, il nous laisse attendre autre chose de cette lecture que ce gloubi-boulga religieux à la limite du prosélytisme...
Je ne vous assommerai pas avec un résumé, vous le trouverez en le cherchant sur Google. Mais il faut d'emblée préciser qu'il s'agit ici plus de religion-fiction que de science fiction...
L'histoire elle-même met bien 200-300 pages (version pocket en tout cas, pour un total de presque 800 pages) à vraiment démarrer. Avant, on nous brosse en long en large et en travers les circonstances capillotractées de la rencontre des divers protagonistes. Comme de par hasard, ils se connaissaient presque tous avant d'être envoyés dans l'espace.Ils sont tous, grosso-modo potes. Ou plutôt "amis", du style "amis pour la vie". Leurs relations ne fleurent pas forcément le naturel. Ils sont tous affublés de tics de langages digne de la plus caricaturale des mères maquerelles tout droit sortie d'un film des années 80 : "mon chou", "mon lapin", "mon amour" en voici en voilà, à toutes les sauces dès que l'un des gugusses s'adresse à un autre. C'est soit fatigant, soit limite vulgaire à la longue... Les traits d'humour tombent toujours à plat, d'ailleurs il est souvent précisé que c'est de l'humour... Signe que ça n'est pas drôle (sinon, pourquoi le préciser ?). Néanmoins, effectivement, si ça n'était pas signalé, on ne le remarquerait pas tellement la notion d'humour de l'auteur doit être diamétralement opposée à ce dont je suis habitué...
Donc tous ces gens biens sous tous rapports baignent dans la religion, même les athées, et s'embarquent pour une autre planète après avoir capté des chants venus de l'espace. Chants dont on n'entendra quasiment plus parler tout au long de l'histoire. Il en sera vaguement question dans les dernières pages, histoire de boucler l'histoire, mais ça fait quand même léger.
Ils sont tous agaçants, ils s'adorent tous, aiment passer du temps ensemble, faire des repas, s'inviter les uns les autres, bref, ils sont sans doute comme la famille américaine moyenne telle qu'on la voit dans des films/sitcoms (et conforme aussi aux rares spécimens que je connais personnellement) à ne pas savoir vivre détaché(s) des autres.
Pourtant on voit bien que l'auteur a voulu brosser des personnages dont les caractères diffèrent (Yarbrough, Robichaux...), mais elle ne parvient jamais à s'affranchir de son modèle. Son personnage typique est beau, intelligent, cultivé. Il aime ses semblables et il aime Dieu. Même s'il ne comprend pas vraiment ce que "Dieu" signifie pour lui/elle-même.
Au final l'idée qui sous-tend ce roman pourrait tenir en 2-3 lignes. Une délégation catholique part dans l'espace pour prendre contact (/évangéliser ? Même quand ils disent le contraire, je me permets d'en douter) les auteurs des chants captés de l'espace. Ils y arrivent. Tombent sur une planète abritant 2 espèces intelligentes. Voilà.
200-300 pages de mise en place des personnages. La vie sur place sera vaguement décrite un chapitre sur deux ensuite. L'autre chapitre sur deux sera consacré au procès/débriefing de la mission sur place par l'unique survivant auprès de sa hiérarchie jésuite.

Au final, pour un roman qui se veut de science-fiction, on parle beaucoup de Dieu, et relativement peu de la nouvelle planète et de ses habitants (en dehors des quelques pages entre la découverte des chants et le lancement de l'expédition).
Une lecture somme toute décevante, pour un livre que je ne recommanderai pas.
Lisez plutôt "les croisés du cosmos" de Poul Anderson, pour une histoire à peu près similaire, qui, bien que capillotractée, est beaucoup plus agréable, et qui assume sa quintessence.
Dans la petite interview disponible après l'histoire, il est stipulé que l'auteur a voulu décrire les contacts entre un nouveau peuple et notre civilisation, un peu comme lors de la découverte des Amériques. Ses personnages reproduisent alors toutes les erreurs qu'il aurait fallu éviter (déjà la première : ne pas ramener son Dieu avec soi pour le fourrer sous le nez des autres, ne pas se pointer avec sa technologie chez un peuple moins avancé technologiquement, ne pas ramener ses microbes avec soi sans savoir ce que ça va faire, ne pas modifier les habitudes de vie locale en important des façons de faire...).
Il est dit quelque part dans cette interview que de (vrais) astronomes et astrophysiciens ont nommé une planète du nom de Rakkat en honneur à ce livre... Je ne comprends pas pourquoi. Les romans de SF ne manquent pas, les bons romans de SF non plus, et il y a quelques oeuvres cultissimes où piocher de l'inspiration sans avoir à taper dans un livre d'une moyenneté assourdissante.
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Le_chien_critique
  12 avril 2018
Des jésuites qui s'envoient en l'air, pas très sérieux. Alors Dieu se met en colère.
Un roman que j'ai adoré et détesté à la fois.
Un roman assez ardue au départ : plusieurs époques sont évoquées; dans une même scène, les points de vue passent d'un personnage à un autre, des informations importantes se glissent parfois l'air de rien, demandant une lecture attentive. Mais malgré cela, l'auteur débute son roman par la fin et l'on sait que l'expédition s'est mal déroulée : après quelques années, seul un survivant revient, mutilé et blessé. En outre, il se serait prostitué et aurait tué, pas glop pour un curé !

L'auteur prend son temps pour nous dépeindre ses personnages : Emilio Sandoz, jeune et dévoué dans les favelas; le vieux couple Edward, toujours plein de verve et d'humour, Sofia Mendes, la jeune et belle carriériste, une "anorexique émotionnelle" chargé d'en apprendre plus sur le travail de Jimmy Quinn, un astronome...
De même pour l'univers qui nous est fourni par petites touches au coeur des dialogues. L'intelligence artificielle a fait son nid dans la société, Sofia est chargée de collecter les données des travailleurs pour pouvoir construire une IA qui prendra la place des humains, un boulot de nettoyeur à la mode futuriste. Les astéroïdes servent de mines à métaux. L'univers SF ne prend jamais le pas sur les personnages.
L'histoire se déroule en deux périodes : celle de la décennie 2010 et la rencontre entre les différents protagonistes, et les années 2060, avec le retour de la mission et de son mystère. Nous rencontrons alors John Candotti, chargé de prendre soin d'Emilio Sandoz revenu seul de Rakhat. Journalistes tournent pour avoir la primeur du premier témoignage.
La décision et le montage de l'expédition se déroule sans mal, ce qui peut faire lever les sourcils, mais quand Dieu envoie des signes à droite et à gauche que voulez vous, tout glisse comme sur des roulettes...
Toute la mise en place prend un bon tiers du roman mais c'est la partie que j'ai le plus apprécié. Les personnages ont une histoire et des personnalités fortes, leurs relations sont crédibles. La foi est relativement mise en doute par différents protagonistes.
Puis tout se gâte, la révélation mystique de l'un, la conversion des autres face à ce nouveau monde m'a vite lassé. D'un début de roman critique sur la foi, on nage ensuite dans les eaux plus troubles de la croyance comme certitude.
Et c'est long, très long. Alors que nous sommes enfin sur la découverte de la planète, le rythme est lent, les révélations peinent à venir, la crédibilité scientifique en prend pour son grade et certaines péripéties sont à la limite du grand guignol.
L'explication finale sera bâclée en quelques pages, alors que le lecteur attendait depuis le début son explication.
Du bon, du très bon, du moins bon, un roman qui aurait pu être parfait sans tout ce bazar religieux. Une allégorie sur la découverte des Amériques qui donne au final une vision de la volonté des premiers colons mais fait l'impasse sur le ressenti des indigènes. Les bourreaux n'étaient pas si bourreaux, quand aux victimes, si Dieu l'a voulu ainsi...
Une postface, Des jésuites dans l'espace, postface écrite pour le 20e anniversaire du Moineau de Dieu par Mary Doria Russell et une interview ponctue le livre. Des petits plus toujours apprécié à leurs justes valeurs.
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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
SoleneySoleney   29 avril 2021
— J’espère que vous avez une personnalité détestable, ma chère, observa Anne Edwards, sans quoi je perdrai ma foi en un Dieu de justice.
Sofia ne savait trop quoi dire ni quoi faire, mais George Edwards cria depuis la cuisine :
— Ne vous laissez pas avoir. Elle a cessé de croire en un Dieu de justice l’année dernière, quand Cleveland s’est planté dans le championnat de base-ball. Le seul moment où elle prie véritablement, c’est pendant les dernières minutes d’un match.
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Le_chien_critiqueLe_chien_critique   12 avril 2018
« Pourquoi donc est-ce si difficile à accepter, messieurs ? demanda-t-elle en les regardant sans ciller. Pourquoi attribue-t-on à Dieu tout le mérite quand tout va bien, alors que c’est toujours de la faute du médecin s’il y a une merde ? Quand le patient s’en tire, c’est invariablement “Merci, mon Dieu”, et quand il meurt, c’est toujours “Ce con de médecin”. Une fois, une seule fois dans ma vie, ne serait-ce que pour la nouveauté de la chose, ça me botterait bien si quelqu’un avait l’idée d’accuser Dieu au lieu de m’accuser moi, quand il y a mort d’homme.
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PostTenebrasLirePostTenebrasLire   13 janvier 2021
Tant que tu n’y es pas passé toi-même, tu ne peux pas savoir ce que c’est que de tenir un serment [de mariage] que tu as fait de bonne foi il y a très longtemps. Faut-il se cramponner à tout prix, ou au contraire sauver les meubles ? Continuer vaille que vaille, ou admettre la défaite et s’efforcer de faire contre mauvaise fortune bon cœur ?
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PostTenebrasLirePostTenebrasLire   20 janvier 2021
Sais-tu ce qu’il y a de plus terrifiant quand on avoue qu’on est amoureux ? lui demanda-t-elle. C’est qu’on est tout nu. On s’expose volontairement au danger et on baisse toutes ses défenses. Plus de vêtements, plus d’armes. Pas d’endroit où se cacher. On est complètement vulnérable. La seule chose qui rend l’expérience tolérable, c’est la conviction que l’autre t’aime aussi et que tu peux lui faire confiance, qu’il ne te fera pas de mal. »
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Hatem_GharsalliHatem_Gharsalli   09 juin 2019
"Une si grande partie de ce qu'il savait concernant la religion lui faisait l'effet d'un ramassis de conneries; [...]
A mesure que les mois passaient, il lui semblait que quelque chose avait commencé à se desserrer dans sa poitrine, qu'une force qui lui avait broyé le cœur d'une main de fer relâchait peu à peu son étreinte. Et puis une nuit, au cours d'un rêve, lui était venue l'image d'une rose dépliant l'un après l'autre ses pétales, et il s'était réveillé bouleversé, le visage trempé de larmes versées dans son sommeil.
il n'avait parlé à personne de ce rêve, il avait fait de son mieux pour l'oublier lui-même. Mais lorsqu'il avait eu dix-sept ans, il avait commencé son noviciat."
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