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Michel Parmentier (Traducteur)
ISBN : 2844850839
Éditeur : Allia (26/01/2002)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 48 notes)
Résumé :
Les méthodes de production modernes nous ont donné la possibilité de permettre à tous de vivre dans l'aisance et la sécurité. Nous avons choisi, à la place, le surmenage pour les uns et la misère pour les autres: en cela, nous nous sommes montrés bien bêtes, mais il n'y a pas de raison pour persévérer dans notre bêtise indéfiniment.
BERTRAND RUSSELL

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Critiques, Analyses & Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Rusen
  16 janvier 2016
Signé par le britannique Bertrand Russell et publié pour la première fois en 1932 dans Review of reviews, Éloge de l'Oisiveté est un très petit essai, rédigé non sans humour, dans lequel l'auteur prend à contre-pied l'expression populaire voulant faire de l'oisiveté la mère de tous les vices et soutient que « l'homme observe un culte non raisonnable du travail qui l'amène à travailler toujours plus, ce à quoi il faudrait mettre un terme", tout en donnant sa propre définition de l'oisiveté, proche de l'Otium.
D'une manière plus générale, Russell traite également du pacifisme et tourne en dérision la politique, en particulier celle alors en vigueur en URSS à l'époque, entre autres.
"Les méthodes de production modernes nous ont donné la possibilité de permettre à tous de vivre dans l'aisance et la sécurité. Nous avons choisi, à la place, le surmenage pour les uns et la misère pour les autres: en cela, nous nous sommes montrés bien bêtes, mais il n'y a pas de raison pour persévérer dans notre bêtise indéfiniment."
Il s'agit d'un texte qui n'a rien perdu de son mordant 80 ans après sa rédaction, bien au contraire, et qui fait un bien fou en ces temps où l'on ne jure que par la croissance et la consommation.
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Apoapo
  06 février 2016
Autre plaquette souvent citée par les critiques du travail et par les théoriciens de la décroissance (en réalité ceci est le texte d'un article de 1932, repris en 1935 pour en faire un essai - que j'ai lu il y a très très longtemps, dans une période d'idolâtrie pour Bertrand Russell : les ados ont tous besoin d'idoles...).
Là aussi une phrase est immanquablement citée :
"La morale du travail est une morale d'esclave, et le monde moderne n'a nul besoin de l'esclavage." (p. 15)
... à laquelle ont peut aussi ajouter :
"[...] le fait de croire que le travail est une vertu est la cause de grands maux dans le monde moderne, [...] la voie du bonheur et de la prospérité passe par une diminution méthodique du travail." (p. 11)
... ou encore, et ceci est particulièrement pertinent pour nous qui consacrons une certaine énergie à apporter notre contribution à notre site bien-aimé (!) :
"L'idée que les activités désirables sont celles qui engendrent des profits a tout mis à l'envers." (p. 31).
Le contexte de ces cit. est le suivant : BR affirme que l'inoculation de la morale du travail représente un acte de pouvoir des classes oisives (propriétaires terriens, prêtres et guerriers) dont le seul but mystificateur est la conservation du privilège de leur propre oisiveté. [Vision très sociologique et très moderne des rapports sociaux]. La révolution industrielle a permis techniquement au loisir de cesser d'être la prérogative des classes privilégiées minoritaires, comme l'a prouvé l'économie de guerre de la Première guerre mondiale. de tous temps, le progrès de la culture et de la civilisation, outre le bonheur et la joie de vivre individuels, ont été le fruit de l'oisiveté (le fameux "otium" latin - jamais cité expressément, car BR était un homme de culture classique et non un pédant !), appelée désormais à remplacer "la fatigue nerveuse, la lassitude, la dyspepsie" (p. 37). [Vision positiviste hélas tombée en désuétude, au moins provisoirement]. J'ajouterai (en relation avec l'une des mes lectures de ces derniers jours) :
"A présent, les universités sont censées fournir, d'une façon plus systématique, ce que la classe oisive produisait de façon accidentelle comme une sorte de sous-produit. C'est là un grand progrès, mais qui n'est pas sans inconvénient." (p. 35)
Quel inconvénient ? Mystère... Ce clin d'oeil à notre propre temps est authentiquement bouleversant - même si le reste n'a rien perdu non plus de sa pertinence (sauf peut-être la première citation, la plus connue, celle sur le besoin d'esclavage... - mais là, je vais me faire lyncher).
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Pirouette0001
  11 novembre 2013
Un pamphlet comme je les aime ! Court mais percutant ! Bref mais convaincant ! A lire surtout par tous ceux que le titre rebuterait ; il y a toujours à apprendre à confronter ses idées, surtout lorsqu'elles sont forgées dans l'airain.
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Chri
  06 juillet 2017
C'est un petit manifeste idéal pour démarrer la discussion à l'apéro : c'est court, c'est clair et du coup ça laisse largement la place pour refaire le monde. (Chacun peut lire ce tout petit texte avant pour s'échauffer).
Les questions sur le rapport au travail ne datent pas d'hier mais c'est important d'actualiser les données du problème, en particulier depuis le manifeste de Karl Marx et Engels. En effet l'auteur, en 1932, peut déjà juger de la trajectoire réelle du régime communiste en Russie pour s'en éloigner raisonnablement. Mais il y aussi une autre expérience internationaliste, très singulière, qui correspond à l'économie mondiale de la 1ère guerre. Bertrand Russel reprend ce point déjà exposé dans ses Essais Sceptiques et rappelle ici que les alliés ont fourni un effort de guerre très important tout en n'affectant pas significativement le niveau de vie des populations.
Ce serait une espèce de preuve : dans une économie de paix, la population pourrait bien ne travailler que 4 heures par jour pour pourvoir à ses besoins, et ce nouveau rapport au travail serait précisément la condition pour éviter la guerre.
Ça vaut donc la peine de poursuivre la réflexion car évidemment il y a des tonnes de possibilités pour cette deuxième moitié de la journée (ou plus généralement ce 2ième mi-temps) entre l'oisiveté au sens strict et d'autres formes de travail.
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ComtedeMorcerf
  22 septembre 2017
Comme d'habitude, une profonde et particulièrement pertinente analyse de la part de Russell sur la perversité de la société du travail actuel, ainsi que celle de son temps. Un sordide fait, et une tristesse sociale que la révolution des moeurs ne parvint malheureusement pas à abolir dans son sillage.
Par ce petit livre ; parfaitement accessible autant aux jeunes débutants lycéens en philosophie qu'aux plus expérimentés, il démontre clairement une parfaite inutilité probante du travail dans le monde moderne, ainsi que les limites sémantiquement fondamentale entre « travail », « valeur » et « loisir ». Il s'emploi par la même a renégocié les justes frontières entre ces deux termes.
P.S : Autant que leurs équivalents anglais, les termes « oisiveté » et « loisir » ne possède (de mon point de vue) ni la sagacité, ni la justesse sémantique que Bertrand Russel voulu leurs conférés, qui s'entendraient d'avantages dans ce texte sous le sens de la conception Romaine et Latinophone d'« Ottium » ; soit Soit ce que Sénèque appelait laconiquement "le véritable homme libre".
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Citations & extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
adilosaadilosa   14 septembre 2013
"Toutefois, ce n'est pas seulement dans ces cas exceptionnels que se manifesteront les avantages du loisir. Les hommes et les femmes ordinaires, deviendront plus enclins à la bienveillance qu'à a persécution et à la suspicion. Le goût pour la guerre disparaîtra, en partie pour la raison susdite, mais aussi parce que celle-ci exigera de tous un travail long et acharné. La bonté est, de toutes les qualités morales, celle dont le monde a le plus besoin, or la bonté est le produit de l'aisance et de la sécurité, non d'une vie de galériens. Les méthodes de production modernes nous ont donné la possibilité de permettre à tous de vivre dans l'aisance et la sécurité. Nous avons choisi, à la place, le surmenage pour les uns et la misère pour les autres : en cela, nous sommes montrés bien bête, mais il n'y a pas de raison pour persévérer dans notre bêtise indéfiniment."
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adilosaadilosa   14 septembre 2013
"Quand je suggère qu'il faudrait réduire à quatre le nombre d'heures de travail, je ne veux pas laisser entendre qu'il faille dissiper en pure frivolité tout le temps qui reste. Je veux dire qu'en travaillant quatre heures par jour, un homme devrait avoir droit aux choses qui sont essentielles pour vivre dans un minimum de confort, et qu'il devrait pouvoir disposer du reste de son temps comme bon lui semble. Dans un tel système social, il est indispensable que l'éducation soit poussée beaucoup plus loin qu'elle ne l'est actuellement pour la plupart des gens, et qu'elle vise, en partie, à développer des goûts qui puissent permettre à l'individu d'occuper ses loisirs intelligemment. Je ne pense pas principalement aux choses dites « pour intellos ». Les danses paysannes, par exemple, ont disparu, sauf au fin fond des campagnes, mais les impulsions qui ont commandé à leur développement doivent toujours exister dans la nature humaine. Les plaisirs des populations urbaines sont devenus essentiellement passifs : aller au cinéma, assisté à des matchs de football, écouter la radio, etc. Cela tient au fait que leurs énergies actives sont complètement accaparées par le travail ; si ces populations avaient davantage de loisir, elles recommenceraient à goûter des plaisirs auxquels elles prenaient jadis une part active."
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adilosaadilosa   25 août 2013
"L'une des choses les plus banales que l'on puisse faire de ses économies, c'est de les traiter à l'État. Étant donné que le gros des dépenses publiques de la plupart des États civilisés est consacré soit au remboursement des dettes causées par des guerres antérieures, soit à la préparation de guerres à venir, celui qui prête son argent à l'État se met dans une situation similaire à celle des vilains personnages qui, dans les pièces de Shakespeare, engage des assassins. En fin de compte, le produit de son économie sert à accroître les forces armées de l'État auquel il prête ses épargnes. De toute évidence, il vaudrait mieux qu'ils dépensent son pécule, quitte à le jouer ou à le boire.
Mais, me direz-vous, le cas est totalement différent si l'épargne est investie dans des entreprises industrielles. C'est vrai, du moins quand de telles entreprises réussissent et produisent quelque chose d'utile. Cependant, de nos jours, nul ne peut nier que la plupart des entreprises échouent. Ce qui veut dire qu'une grande partie du travail humain aurait pu être consacrée à produire quelque chose d'utile et agréable s'est dissipée dans la fabrication de machines qui, une fois fabriquées, sont restés inutilisées sans profiter à personne. Celui qui investit ses économies dans une entreprise qui fait faillite cause donc du tort aux autres autant qu'à lui-même."
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PiatkaPiatka   28 mars 2014
De façon générale, on estime que gagner de l'argent, c'est bien, mais que le dépenser, c'est mal. Quelle absurdité, si l'on songe qu'il y a toujours deux parties dans une transaction : autant soutenir que les clés, c'est bien, mais les trous de serrure, non.
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adilosaadilosa   25 août 2013
"j'ai été élevé selon le principe que l'oisiveté est mère de tous vices. Comme j'étais un enfant pétris de vertu, je croyais tout ce qu'on me disait, et je me suis ainsi doté d'une conscience qui m'a contraint à peiner au travail toute ma vie."
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