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Critiques sur À malin, malin et demi (36)
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Bazart
  12 janvier 2018
Quarante-huit heures dans la vie des habitants de North Bath, ancienne cité industrielle du New Jersey qui ne s'est jamais relevée de la crise. Une ville qui agonise : usine qui s'écroule, odeur pestilentielle, bref un putain de trou paumé dans le nord de l'Etat. Dans ce décor sinistre et banal à pleurer se déroule une triste et tragique mais aussi joyeuse et tendre comédie humaine.

Notre guide sera Douglas Raymer, le policier de la ville, un enfant du pays qui connait tout le monde et que tout le monde connait. Veuf inconsolable d'une femme trop belle pour lui, névrosé, un peu veule mais aussi sincère et secrètement amoureux de sa jeune coéquipière black.

Tout autour de lui, s'agite une ronde de personnages, touchants, paumés et parfois résignés. Il faudra deux jours pour que les choses et les destins qui semblaient immuables évoluent. Quarante-huit heures pour que tout change afin que rien ne change.

Enorme roman fleuve, énorme dans tous les sens du terme, six cents pages serrées avec un sens de la narration et une maitrise du récit qui laisse le lecteur admiratif. Une foule de petites gens auxquels on s'attache, des menues péripéties qui impactent leur vie malgré eux, il semblerait que Richard Russo ait inventé le roman qui se lit comme on regarde une série télé.

Cette description méthodique entomologiste et ironique de l'Amérique des loosers, des combinards et des seconds couteaux n'est jamais cynique ou ricaneuse. le romancier respecte ses personnages, il les regarde évoluer, se fourvoyer ou se défendre avec une sincère empathie.

Russo est un grand romancier américain, Baz'art garde un formidable souvenir de « Quatre saisons à Mohawk » et du « déclin de l'empire Whiting » avec « Á malin, malin et demi » il devient l'égal de Richard Ford ou Philip Roth ni plus... ni moins .
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Franckync
  01 février 2019
Titre : À malin, malin et demi .
Auteur : Richard Russo
Année : 2018
Editeur : Quai voltaire
Résumé : Bath est une cité industrielle du New Jersey, touchée par la crise. Policier de cette bourgade, Raymer, se remet mal du décès de sa femme Becka qui s'apprêtait à le quitter. Dépressif, victime d'une haine de soi qui paralyse chacune de ses décisions, Douglas hante les rues de sa ville comme un fantôme. de l'autre côté de la cité, le vieux Sully passe ses journées et sa retraite, vissé sur un tabouret de bar. Les deux hommes sont ennemis depuis des décennies, quelle histoire rocambolesque a pu les réunir pour qu'il se retrouve cette nuit, à déterrer le cercueil d'un éminent juge récemment inhumé ?
Mon humble avis : Qu'est-ce qui différencie un bon auteur d'un excellent auteur ? Un roman lambda d'un excellent roman ? La réponse est multiple : d'aucun diront l'histoire, d'autre le style, la vision, l'imagination, la singularité peut-être. Pour ma part, et je le pense de plus en plus depuis que j'ai quelques velléités d'écriture, il s'agit de la précision, la densité, le talent de créer un monde viable, complexe, des personnages incarnés, des personnages dotés de toutes les contradictions d'un être humain véritable, des personnages habités, que l'on peut détester à la fin d'un chapitre et adorer quelques pages plus loin. A n'en pas douter, Richard Russo est un excellent auteur, je dirais même un immense écrivain. Je restais sur un souvenir ému de la lecture du déclin de l'empire Whiting il y a quelques années, et la lecture de ce texte me confirme à quel point Russo est un maître. Précises, cocasses, touchantes, cruelles, les petites histoires de cette communauté sont d'une justesse impressionnante, d'une acuité folle. Oui Russo est un maître, il décrit les petites gens comme personne, avec humanité et sans cynisme. C'est tendre, hilarant parfois, d'une tristesse infinie, empathique. C'est beau, tout simplement. À malin, malin et demi reprend les personnages d'un homme presque parfait ( que je n'ai pas encore lu ) vingt-cinq ans plus tard, mais rassurez-vous, il n'est pas nécessaire d'avoir lu le premier bouquin pour apprécier celui-ci. À malin, malin et demi est un pavé de plus de six cent pages, un roman fleuve passionnant jamais pompeux, jamais ennuyeux. Un texte subtil, pétri d'humanité, une ode à la vie et à l'être humain mais aussi une féroce satire sociale. J'en fais trop ? Lisez-le et nous en reparlerons après !
J'achète ? : Oui et de toute urgence. Rarement, en refermant un bouquin, je n'ai eu l'envie de prendre l'auteur dans mes bras. Ca à été le cas ici et pour cela, et mille autres raisons ( dont cette façon unique de magnifier les losers) , il faut découvrir Richard Russo, cet écrivain magnifique.
Lien : https://francksbooks.wordpre..
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sld09
  24 janvier 2018
Malheureusement, au bout d'une centaine de pages, l'histoire n'avait toujours pas vraiment commencé et l'auteur en était encore à présenter ses personnages. Il le fait d'ailleurs avec beaucoup de talent, remontant dans leur passé et évoquant non sans ironie leurs petits défauts et autres traits marquants.

C'est très bien écrit donc mais j'ai été gênée par le fait qu'il n'y ait pas d'histoire. Peut-être aurais-je dû persévérer, mais je n'arrivais vraiment pas à avancer dans ma lecture..
Lien : http://lecturesdestephanie.b..
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BonoChamrousse
  22 octobre 2018
À MALIN, MALIN ET DEMI de Richard Russo
Traduit par Jean Esch
Éd. Quai Voltaire / La Table Ronde (grand format)
Ed. 10/18 (poche)

"Ça ne vous gêne pas de ne pas avoir tiré meilleur profit de la vie que Dieu vous a donné ?" C'est la question que Miss Beryl, professeur retraitée, posait constamment à Sully dans "Un homme presque parfait". Une question qui s'adressait tout autant aux autres habitants de la ville de Bath qu'à la ville elle-même.
Parce qu'il faut dire que dans la ville de Bath tout est toujours allé de travers alors que dans la ville d'à côté, Schuyler Springs, tout prospère. Même le projet de parc d'attraction a finalement échoué... les promoteurs ayant finalement opté pour la Californie car ils trouvaient les habitants de Bath trop bizarres pour être embauchés.

Dix ans plus tard, dans "À MALIN, MALIN ET DEMI", rien n'a vraiment changé, les gens ont continué "de croire que la chance gouvernait le monde, qu'elle leur avait tourné le dos, depuis toujours et pour toujours, amen, un crédo qui les dédouannait et les dispensait de s'investir pour de bon dans le présent, et à plus forte raison dans l'avenir."
Pourtant, le nouveau maire croît qu'il pourra changer les choses... et pour Sully, la chance semble avoir tourné en sa faveur mais il est condamné par les médecins suite aux excès qu'il a commis pendant toute sa vie... Douglas Raymer, le flic peu sûr de lui que Sully avait cogné suite à une bavure policière, est devenu chef de la police...

En prenant Douglas Raymer comme personnage central de son roman Richard Russo nous démontre que même si aujourd'hui nous ne sommes pas "à la hauteur des tâches qui nous incombent", demain nous pouvons être "une meilleure personne qu'aujourd'hui".

J'ai beaucoup aimé "À MALIN, MALIN ET DEMI" pour son humour mais je le trouve un cran en-dessous par rapport à "Un homme presque parfait". Il y a de (toutes) petites incohérences entre les deux récits (dans la biographie de certains personnages) qui m'ont un peu déçues... c'est pourquoi je déconseille de les lire à la suite l'un de l'autre (ce que j'ai fait) alors que les deux livres peuvent parfaitement se lire indépendamment l'un de l'autre.

Livre mis à l'honneur dans le #PicaboRiverBookClub dans le cadre du "poche du mois d'octobre"
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trust_me
  01 septembre 2017
Russo reprend ici le cadre et les personnages « d'un homme presque parfait », publié il y a 25 ans et que je me suis empressé d'acheter cette semaine. On retrouve donc cette bonne vieille ville de North Bath, cité industrielle du nord de l'État de New York en pleine décrépitude qui a connu son heure de gloire comme station thermale au début du 19ème siècle mais a depuis perdu de sa superbe au dépend de Schuyler Springs, sa jumelle située à quelques encablures où tout semble plus propre, plus beau, plus attirant et plus civilisé.

Le roman s'ouvre dans les allées du cimetière où se déroule l'enterrement du juge Barton Flatt en présence du maire et des ronds de cuir locaux. Parmi eux Douglas Raymer, le chef de la police, déprimé depuis la mort de sa femme un an plus tôt dans une malheureuse chute d'escalier alors qu'elle venait de faire ses valises et de lui annoncer dans une lettre qu'elle le quittait pour un autre. A partir de cette scène d'ouverture, Russo déplie son intrigue sur 48 heures et tant d'événements s'enchaînent qu'il est impossible de les résumer. Sachez juste que vous croiserez, entre autres, un repris de justice tatoué, un entrepreneur poissard à la virilité défaillante, une restauratrice gouailleuse, un vieux de la vieille à qui on ne la fait pas, une standardiste volubile, des serpents très venimeux, un orage dantesque, une télécommande de garage capricieuse et un chien qui passe son temps à se machouiller le pénis. Rien que ça.

C'est déjanté tout en restant très cohérent, c'est drôle, cynique, sans pitié, irrésistible quoi. Et puis cette galerie de personnages est inoubliable, tous plus cabossés les uns que les autres, tous abattus, tous résignés à sauter dans le vide sans parachute. Un bal des médiocres où chacun tient son rôle à merveille, où chacun enchaîne les humiliations et les regrets sans repentir. J'ai rarement vu un roman aller aussi loin dans le pathétique, un pathétique qui nous laisse à la fois désolé et mort de rire, effaré et goguenard. du grand art.


Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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Labibliothequedemarjorie
  21 février 2018
Douglas Raymer, chef de police locale d'une petite commune au nord-est des Etats-Unis, découvre le corps de sa femme Becka en rentrant à la maison. Quelques minutes plus tard, il trouve une lettre dans laquelle elle lui indique le quitter pour un autre homme.
Sully, un homme âgé et figure de la ville, apprend qu'il est porteur d'une grave maladie. Selon son cardiologue, il lui reste deux ans à vivre, peut-être même un seul. Sans aucun optimisme, il passe le plus clair de son temps dans le bar de son ex-maîtresse, à boire et à fumer.

Dans un environnement miséreux, Richard Russo dresse le portrait des habitants d'une ville, pour la plupart complètement désespérés, le tout avec humour et ironie.
"A malin, malin et demi", de son vrai titre "Everybody's fool" en version originale, a obtenu le Grand Prix de la littérature américaine en 2017. Ce roman est la suite de "Un homme presque parfait" (1994), précédent ouvrage de l'auteur dans lequel c'est le personnage de Sully qui tient la place centrale. Cependant, les deux livres peuvent se lire indépendamment.
Sur plus de 600 pages, cette chronique sociale suit des personnages évoluant dans un univers complètement décadent et dans une existence d'une grande pauvreté.
L'auteur nous embarque dans l'état de New-York, proche de la frontière canadienne, entouré des massifs montagneux des Catskill et des Adirondacks et des plus grands lacs. North Bath est une toute petite ville dans laquelle presque tout le monde se connaît et se retrouve dans l'unique bar de la commune. La seule usine qui s'y trouve est désaffectée, il n'y a pas de travail et certains habitants vivent de récupérations et de petits trafics.
L'histoire se déroule sur deux journées seulement et on y trouve une (très grosse) palette de personnages dont certains sont des plus déplorables. Il faut bien s'accrocher durant les cinquante premières pages pour bien suivre le portrait de chacun d'eux.
[...]
Au fil des pages Richard Russo nous transporte dans la vie de ses personnages et dans des situations plus improbables les unes que les autres. En abordant les thèmes des violences conjugales, de l'infidélité, du manque d'argent et du chômage, on se retrouve dans une lecture bien animée durant laquelle on en ressort même essoufflé.
Ce n'est cependant pas l'intrigue posée dès le départ qui importe pour l'essentiel, mais les rapports humains et les confrontations qui s'y présentent. Les personnages sont très travaillés tant dans leurs personnalités, que dans leurs vies respectives. L'auteur évoque le tout intelligemment avec beaucoup d'ironie, on ressent presque de l'affection pour les plus "paumés" d'entre eux.
L'auteur ne nous présente pas l'Amérique "parfaite" mais celle des américains isolés et livrés à eux-mêmes en pleine province, éloignés des villes les plus prospères. On y rencontre des hommes et des femmes qui vivent au jour le jour, pessimistes quant à leur situation et leur avenir, le tout dans une ambiance assez glauque et pesante.
Lien : http://labibliothequedemarjo..
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jmb33320
  31 mai 2019
North Bath est une ville (imaginaire) de l'état de New-York qui a toujours souffert de sa proximité avec sa voisine Schuyler Springs, plus prestigieuse, et dont les eaux de source ont eu le bon goût de ne pas se tarir rapidement. North Bath a périclité, ses maigres projets de revitalisation échouent régulièrement. Il faut dire qu'elle pue, littéralement, à cause de l'assèchement de ses eaux.

Dougie Raymer en est le shérif. Depuis la mort accidentelle de sa femme un an plus tôt il n'est plus que l'ombre de lui-même. Nous faisons sa connaissance alors que, sous une chaleur accablante, il assiste aux funérailles du Juge Flatt, un homme cassant qui l'accablait de ses sarcasmes. C'est sûr, Dougie n'est pas une lumière et il va vivre quarante-huit heures d'enfer. Une question pourtant le taraude : avec qui sa femme allait-elle partir le jour fatal où elle est tombée dans l'escalier, ses valises posées sur le perron ?

Dans ce roman joyeusement désespéré, qui met en scène principalement toute une galerie d'hommes et de femmes vieillissants, peu portés à l'optimisme mais tenaces malgré tout, les situations grotesques s'enchaînent implacablement, avec beaucoup de drôlerie. Chaque personnage est là avec sa vérité, ses erreurs et ses obstinations. Tout le monde a ses raisons et même le personnage le plus dangereux, Roy Purdy, a suffisamment d'épaisseur humaine pour être troublant.

Ce n'est pas le premier roman de Richard Russo que je lis et je place celui-ci dans ses meilleurs, avec le déclin de l'empire Whitting.
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kathel
  30 mai 2018
Je me suis souvenue au bout de quelques chapitres de ce roman que j'avais noté tout d'abord de lire Un homme presque parfait, puisqu'il constitue un premier volet avec les mêmes personnages une ou deux décennies plus tôt. Malgré cette omission, j'ai énormément apprécié, cette fois encore, les personnages créés par Richard Russo, et ai lu le roman avec autant d'enthousiasme que lorsque javais découvert l'auteur dans Quatre saisons à Mohawk ou le déclin de l'empire Whiting. Comme ses autres romans, si on excepte le pont des soupirs qui se déroule à Venise, Richard Russo met en scène une petite ville de la côte Est des États-Unis, et ses habitants. Ici, il s'agit de Bath, une cité du New Jersey, toujours dans l'ombre de sa voisine et concurrente mieux lotie, Schuyler Springs. En effet, les mauvais coups du sort s'acharnent sur Bath, le cimetière y est victime d'écoulements inopportuns, une puanteur d'origine inconnue se répand sur la ville, un immeuble s'effondre…

Les habitants ne sont guère mieux lotis, et que ce soit le chef de la police Douglas Raymer, Sully et Rub, deux piliers de comptoir aux vies compliquées, Carl et ses projets aussi ambitieux que précaires, Charice l'adjointe de Douglas, ou son frère Jerome, tous vont de malheurs en déconvenues, de contrariétés en catastrophes. Et il faut bien avouer que certaines de ces mésaventures sont plus hilarantes que désolantes !
L'humour de Richard Russo se conjugue toujours d'une grande tendresse pour ses personnages, qu'il rend particulièrement vivants et sympathiques, malgré ou à cause de leurs déboires. Il traite avec empathie des relations familiales et amicales, explore les comportements violents ou délictueux, ausculte les effets de la pauvreté, n'oublie pas nos amis les animaux…
Les six cents et quelques pages de ce roman m'ont accompagnée lors d'une semaine de vacances, et ce fut un très grand plaisir de lecture !
Lien : https://lettresexpres.wordpr..
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majolo
  09 mars 2018
Quel bonheur de retrouver Richard Russo ! Tous les ingrédients que j'aime chez Russo sont là : une petite ville sur le déclin, des habitants paumés et attachants, un humour noir dévastateur, des dialogues ciselés, un brin de folie et beaucoup d'humanité. Il y a peu d'intérêt à vous en résumer l'intrigue. Sachez que tout démarre autour d'une tombe, lors de l'enterrement du juge, en présence de Douglas Rayner, chef de la police, du maire et des huiles locales. Douglas est veuf depuis un an, dépressif et au bord du gouffre. On va le suivre pendant deux jours, deux jours d'errance et de folie douce, au cours desquels il va croiser un serpent, la foudre, des cercueils qui flottent, et toute la galerie de personnages déjantés peuplant la bourgade. C'est drôle, féroce, émouvant, un régal. J'adore.
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Tristale
  18 décembre 2018
La petite ville de Bath est le parent pauvre de sa proche voisine florissante, Schuyler, et cela les habitants le constatent tous les jours. Usines fermées, hôtel abandonné, commerces en berne. Il n'y a guère que les bars qui ont encore la cote et seulement parce que là au moins certains peuvent y noyer leur ennui, leur tristesse, leurs doutes et pratiquer une philosophie de comptoir, même pas salutaire, à peine distrayante.

Sully passe son temps libre chez Hattie, le bar de son ex maîtresse Ruth. Et son acolyte Rub n'est jamais loin de lui.
Roy, à peine sorti de prison, revient chercher des embrouilles en rodant tout prés de Janey, la fille de Ruth.
Raymer, chef de la police, traîne sa dépression depuis la mort de sa femme Becka, tout en cherchant de façon obsessionnelle avec qui elle voulait partir et donc le quitter.
Gus, le maire de la ville se débat entre Alice, sa femme folle et les multiples tentatives avortées pour sortir sa ville du marasme économique.
Carl, entrepreneur radin toujours au bord de la faillite multiplie les plans de rénovation catastrophiques.
Jérôme maniaco/obsessionnel cache un secret que seule Charice sa soeur et adjointe de Raimer, partage.
Karl, le brave mari de Ruth sait très bien que sa femme l'a trompé et avec qui mais il préfère fermer les yeux.

Tout ce petit monde se connait bien sur depuis toujours. La plupart ont été à l'école ensemble. Certains se détestent ouvertement, d'autres de façon plus sournoises mais d'une façon ou d'une autre ils sont tous liés. Chacun connait les travers des uns et des autres. La moindre info circule plus vite qu'un coup de vent. Et quand les choses vont commencer à déraper des alliances pas si surprenantes vont se former.

Parce que malgré les différents qui les opposent quand ça va mal, ces hommes et ces femmes souvent meurtris, désespérés, sont solidaires, tel de vieux briscars qui retrouvent le sens du mot amitié, enfouie sous une couche de ressentiments mais encore là.

C'est le premier livre de Richard Russo que je lis et j'ai apprécié chaque mot. Il sait donner vie à ses personnages à l'humour parfois grinçant, mais aux failles attendrissantes et pour certains aux pulsions détestables. Il sait rentre l'atmosphère lugubre d'une ville qui s'éteint lentement mais que pourtant ses habitants ne désertent pas. Tels d'anciens vestiges d'une grandeur passée, ils ne veulent pas abandonner, baisser les bras.
Parfois déjanté mais souvent émouvant, ce récit est d'une beauté sombre, où la lumière réussie à trouver son chemin, difficilement, mais indubitablement.

Je continuerai à découvrir les romans de Richard Russo.
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