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EAN : 9782264053497
336 pages
Éditeur : 10-18 (07/06/2012)

Note moyenne : 3.49/5 (sur 89 notes)
Résumé :

Professeur dans une université du Connecticut, Jack Griffin est invité au cap Cod avec sa femme Joy, le temps d'un mariage. Le week-end, qui s'annonçait enchanteur, se révèle dévastateur. Il sonne le glas du couple, réveille les espoirs déçus, les conflits jamais résolus.

Joy regagne le Connecticut, tandis que Jack part pour Los Angeles. Un an plus tard, le mariage de leur propre fille scelle leurs retrouvailles. Elles sont d'autant plus mouve... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
carre
  07 mai 2014
Deux mariages et des emmerdements.
Griffin s'apprête à vivre deux années bien compliquées, Entre Joy son épouse qui ressent le besoin de s'éloigner, les cendres de son père qu'il doit disperser au Cap Cod mais qu‘il recule de faire indéfiniment et une mère envahissante, désagréable et cynique, cela fait beaucoup pour notre anti héros qui supporte tout ça sans se révolter. Alors que le premier mariage devient un déluge de catastrophes, le deuxième celui de sa fille Laura sonne celui des explications. D'autant que Maman Griffin à rejoint son ex-mari dans le coffre de la voiture en vue d'une dispersion commune.
On retrouve tout ce qui fait le talent de Richard Russo. Entre humour vache et tendresse, une réflexion sur l'amour, sur le temps qui passe, sur les choix de vies. La lecture est toujours plaisante même si pour ma part mon attachement aux personnages c'est moins imposé qu'a l'accoutumée. Les incessants retours en arrière, pourtant essentiels m'ont empêché d'adhérer pleinement à son récit. Néanmoins, ça reste tout de même bien agréable, avec notamment une scène d'anthologie lors du deuxième mariage à ne pas rater. Drôle et cruel.
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GeorgesSmiley
  15 juin 2019
On ne choisit pas sa famille, dit l'adage. Jack, quant à lui, aurait aimé être le fils des Browning, même si « comme avait lâché sa mère, ils (n') enseignent (qu')au collège ». « Il lui avait suffi d'une semaine pour tomber amoureux, aussi improbable que cela paraisse, de toute la famille Browning et les jours passés en leur compagnie étaient merveilleux, y compris ceux où il pleuvait ». Mais il n'était que le fils des Griffin qui, eux enseignaient à l'université. Absents, égoïstes, négligents (surtout avec les affaires des autres), volages, méprisants et insatisfaits de leur vie, voici des personnages peu sympathiques. Oui, mais quand ce sont vos parents, que vous êtes leur enfant unique, il faut faire comme Jack, faire avec. Et puis, soyons justes, il y a toujours, dans toutes les familles, quelques bons moments. Pour Jack et ses parents, cela a toujours été leurs vacances d'été au Cap Cod, vous savez cet endroit magnifique que la bourgeoisie de Boston, imitant les Kennedy, envahit dès les beaux jours.
Richard Russo donne la parole à Jack Griffin, devenu prof d'université lui-aussi après avoir tâté de l'écriture ou plutôt de la réécriture de scénarii pour l'usine à rêves d'Hollywood. Autour de deux mariages, celui d'une amie de sa fille puis, un an plus tard, celui de sa propre fille, Jack va revenir à Cap Cod, repenser à son enfance, alors qu'il vient de perdre son père et qu'il ne va pas tarder à perdre sa mère, tout en constatant que son mariage bat de l'aile. Pour le lecteur, c'est un régal : le cadre, le milieu universitaire, les rapports familiaux et les dégâts qu'ils peuvent causer sur une vie de couple.
Comme d'habitude, les personnages secondaires de Richard Russo valent beaucoup mieux que ce qualificatif. On les croisera à l'un ou l'autre des mariages et, pour peu qu'on prenne le temps de poser son verre et de passer de table en table, on sera étonné de leur consistance. On aimera leur histoire personnelle et, si on en avait le temps, on les accompagnerait sur la plage pour les écouter encore un moment, car ils ont des choses intéressantes à dire.
Il ya, en particulier, Sunny, le fils d'immigrés coréens, ami d'enfance de sa fille, amoureux transi et silencieux, bon élève, bon camarade, qui passe à côté parce que trop bien élevé. Il épousera une Coréenne qu'il n'aime pas, pour faire plaisir à ses parents. Ou Marguerite, invitée avec son gros beauf d'ex-mari, qui voudrait vivre encore un peu avant de se faner définitivement. Elle est souriante, pétillante, mais au détour d'une phrase, on apprend qu'elle aussi a un passif avec ses parents.
Le père et la mère, égoïstes et absents mais envahissants même si l'un des deux est en maison de retraite quelque part dans l'Indiana et le second enfermé dans l'urne funéraire que son fils trimballe depuis presque un an dans le coffre de sa voiture dans le but de disperser ses cendres quelque part dans cet endroit qu'il aimait tant. Jack les fuit mais il ne réussit pas à les chasser de son esprit.
Il fuit aussi ses beaux-parents, chaque invitation est un supplice mais comment faire ? Ils aiment leur fille et voudraient la voir plus souvent, ce qui tombe bien mal parce que leur fille les aime aussi et voudrait leur rendre visite beaucoup plus souvent. Ca vous parle peut-être ?
Un mariage qui part en quenouille, peut-être à cause des parents, un collègue et ami proche qui voudrait être encore plus proche de sa femme, laquelle le sent et s'en défend à (grand) peine. Bref, comme parfois à Cap Cod quand la brume marine se lève et efface le paysage, Jack perd pied avant de découvrir, une fois qu'elle se sera dissipée, ce qu'il n'imaginait pas. Richard Russo est un magicien de l'ordinaire, il réussit à passionner son lecteur pour la vie de ses personnages sans drames, sans rebondissements imprévus, juste parce qu'il dépeint merveilleusement bien des choses et des sentiments ordinaires.
Il y a des scènes que nous avons tous, plus ou moins, vécues : l'achat (compliqué) du sapin de Noël, les vacances d'été dont une partie passe à rêver à l'acquisition d'une résidence secondaire, le retour en voiture de week-end en voiture avec le silence où chacun des conjoints laisse vagabonder ses pensées sans déranger l'autre ou sans oser lui parler. C'est subtil, délicat, souvent humoristique et terriblement prégnant parce que ce que raconte Griffin, ce qu'il pense, ce qu'il imagine ou redoute, oui, nous l'avons tous, un jour ou l'autre, vécu ou pensé.
J'ai même eu la chance, un jour, de franchir moi-aussi le Sagamore bridge pour découvrir Cap Cod, me promener au sommet de ses dunes, descendre sur ses plages et partir en mer admirer les baleines, et je n'ai qu'un regret : ne pas avoir lu plus tôt les Sortilèges du Cap Cod.
« Mon Dieu, non, ça n'avait rien à voir avec toi. C'est aux sortilèges du Cap Cod qu'on doit d'être restés ensemble si longtemps, That Old Cap Magic. Tu te souviens qu'on le chantait chaque fois qu'on traversait le Sagamore ? Puis elle se tourna vers Bartleby. "Un mois de rêve, tous les étés. Soleil, sable, mer, gin. Suivis de onze mois de calvaire." S'adressant de nouveau à Griffin, elle ajouta : "Mais ça vaut pour la plupart des mariages, tu verras."
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pyrouette
  06 janvier 2014
C'est une histoire sur l'atavisme. Soit on traine son enfance comme un boulet dans sa vie d'adulte, soit, sans l'oublier, on vit sa vie d'adulte. C'est compliqué pour Griffin qui arrive toute doucement à la soixantaine. Il a toujours tout fait pour vivre le contraire de ses parents, pour être le contraire de ses parents. Et il s'aperçoit à ce stade de sa vie qu'il s'est trompé. Les souvenirs fusent, pas toujours chronologiquement, alors il faut suivre Griffin, s'accrocher dans ses souvenirs d'enfant, d'adulte. Il se rend au mariage de sa fille avec les cendres de son père dans le coffre de sa voiture. Il va les traîner longtemps les cendres… D'ailleurs les cendres de sa mère vont rejoindre le coffre . Et malgré toutes les demandes de ses parents pour qu'il les disperse à Cap Cod, l'endroit magique de leur vie, ils vont passer quelques temps dans leur nouvelle résidence, à nouveau réunis. Aura-t-il la force de disperser les cendres de ses parents, maintenant qu'il entend et écoute sa mère lui parler, lui donner des conseils ? Pas facile tout ça. de l'humour grinçant pour une histoire qui pourrait être pathétique. Je connais bien l'atavisme, la transmission familiale qu'on traîne comme des boulets.
Lien : http://pyrouette.canalblog.c..
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Northanger
  09 janvier 2013
Richard Russo était professeur de littérature avant de se tourner vers l'écriture. Il a obtenu le prix Pulitzer pour son roman le déclin de l'empire Withing. Les sortilèges du cap Cod constitue son sixième roman.
Jack Griffin se rend au cap Cod pour y disperser les cendres de son père. C'est également l'occasion de revenir sur les traces de son enfance, puisque le cap était au centre de tous les espoirs de ses parents qui rêvaient de s'y installer mais ont été obligés de passer leur vie dans le Midwest. Ces derniers étaient particulièrement exigeants et cyniques, une éducation qui a marqué durablement Jack jusqu'à la soixantaine et dont il va devoir mesurer les répercussions.
Malgré un titre prometteur, ce livre est une déception. le style est fluide et accessible mais je ne suis pas vraiment entrée dans cette histoire. Les personnages sont peu décrits en-dehors de Jack et de ses parents, réduits à de pâles silhouettes sans consistance. Et quand ils le sont, c'est toujours avec une sorte de distance qui empêche de s'impliquer dans la vie du personnage : ainsi, Jack est toujours désigné par son patronyme, Griffin, comme si le lecteur n'entrait pas dans son intimité bien qu'il adopte son point de vue tout au long du récit. La majeure partie de l'histoire se déroule au cap Cod, que l'on peut percevoir à la télé comme le lieu de prédilection de nombre d'Américains, mais les descriptions sont peu nombreuses, ce sont de simples évocations qui ne permettent pas vraiment de se projeter dans cette partie des USA. J'aurais aimé entendre le bruit des vagues et sentir l'air du large davantage. L'intrigue est très réduite (et attention, cerise sur le gâteau, la quatrième de couverture spoile la fin ; les rares événements marquants de l'histoire sont résumés jusque dans les dernières lignes).La chronologie est difficile à suivre (l'enfance puis dans la deuxième partie, un retour sur l'année écoulée entre les deux chapitres, avec des va-et-vient incessants, souvent marqués par le seul emploi du plus-que-parfait). le seul moment qui m'a intéressée est le récit de la répétition du mariage de Laura, la fille de Jack, une réunion de famille qui vire au cauchemar pour le plus grand plaisir du lecteur. C'est le seul passage qui se distingue un tant soit peu du reste de l'intrigue, assez monotone. En résumé, une lecture pas désagréable mais pas transcendante non plus.
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Titine75
  01 février 2011
Jack Griffin, le héros du dernier roman de Richard Russo, est en route pour le Cap Cod où doit avoir lieu le mariage de Kelsey, la meilleure amie de sa fille Laura. Jack et sa femme Joy partent habituellement en vacances au Cap Cod mais cette année il est parti en avance, sans elle. le cap est un lieu privilégié dans la vie de Jack. Il y a passé toutes ses vacances d'enfant. Ses parents, des universitaires aigris, ne juraient que par le Cap Cod qui leur permettait d'oublier leur “Midwest de merde”. Ils n'ont pas eu d'affectations dans de prestigieuses universités, n'ont pas atteint la haute respectabilité à laquelle ils aspiraient et leur mariage est un perpétuel mensonge. le seul moment où ils semblent apaisés est celui des vacances au Cap. le voyage de Jack Griffin fait remonter les souvenirs d'enfance, d'autant plus qu'il a les cendres de son père dans sa voiture. Il cherche le lieu idéal pour les disperser depuis des mois sans arriver à le faire. Les réflexions de Jack dépasseront rapidement le cadre de son enfance pour arriver à une totale remise en cause de son couple.
J'ai découvert Richard Russo grâce aux “Sortilèges du Cap Cod” et au festival America de Vincennes. J'ai été totalement séduite par cette histoire de couple douce-amère à l'écriture particulièrement fluide. A 60 ans, Jack questionne les fondements de son mariage, quels étaient ses désirs 40 ans plus tôt ? Jeune homme, il écrivait des scenarii à Los Angeles, sa vie était insouciante et surtout très loin de la vie de ses parents universitaires. Son mariage avec Joy lui a fait changer de vie, lui a fait échanger la légèreté de la Californie pour les responsabilités et le confort. Il est devenu professeur dans une université, a eu une fille et aujourd'hui il a la sensation de ne rien avoir choisi : “Ce n'était pas comme s'il s'était lassé de leur belle vie, de leur beau mariage. Là, ce serait grave. Même s'il devait admettre qu'en dépit des efforts de Joy, il considérait que la maison appartenait plus à elle qu'à eux deux, comme s'ils avaient divorcé et qu'elle en était devenue la propriétaire exclusive. C'était la sienne pour la simple raison qu'elle la rendait heureuse. Elle avait eu ce qu'elle voulait. Etait-il possible que son contentement soit la cause réelle de son cafard à lui ? Cette faculté qu'elle avait de garder ses désirs intacts ? Etait-ce un défaut ?” Jack se pose les questions que chacun finit par se poser : où sont passés les rêves de jeunesse ? Les compromis consentis n'ont-ils pas fini par éteindre tous désirs ?
A ces questions vient se rajouter celle de la famille, des parents. Finalement le thème central du livre de Richard Russo est l'influence des parents sur nos vies d'adulte. Jack ne supporte pas la famille de sa femme et l'importance de celle-ci dans leur vie. Joy aime ses parents, elle en est très proche et cela perturbe beaucoup son mari qui n'a connu qu'une famille dysfonctionnelle. Jack finit par trouver que la famille de Joy prend trop de place dans leur vie. Mais à travers son périple vers le Cap Cod, Jack Griffin va prendre conscience de la place de ses propres parents dans sa vie. Son histoire ressemble de plus en plus à la leur et malgré les mésententes, leurs ombres planent constamment sur ses décisions. Comment se débarrasser de l'emprise de ses parents et dépasser les souvenirs d'enfance ?
Les sortilèges du Cap Cod” pose de très nombreuses questions sur le couple et la famille. Richard Russo dit d'ailleurs ne pas y avoir répondu ! En effet, ce sont des questions universelles auxquelles chacun doit trouver ses propres réponses. Les personnages de ce roman sont très attachants et j'ai pris grand plaisir à lire les affres de leur couple.
Lien : http://plaisirsacultiver.unb..
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critiques presse (1)
Lexpress   05 juillet 2012
Mêlant amertume et humour grinçant, Richard Russo signe un conte cruel sur les affres de la transmission familiale, dans les coulisses de la middle class américaine.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
GeorgesSmileyGeorgesSmiley   17 juin 2019
C'était au sujet de l'endroit où ils passeraient leur lune de miel qu'ils avaient connu leur premier vrai désaccord. Elle penchait pour les côtes du Maine où elle allait en vacances quand elle était petite. Chaque été, la famille louait la même vieille baraque à moitié en ruines non loin de l'endroit où sa propre mère avait grandi. Les huisseries laissaient passer les courants d'air, la charpente craquait, et le parquet était tellement voilé que si un pion des petits chevaux tombait de la table de la cuisine, on courait après jusque dans le salon pour le récupérer. Mais ils y étaient habitués, et il y avait assez de place pour loger les parents, les cinq enfants et les éventuels visiteurs du week-end. Joy se souvenait des dîners en famille et des excursions le soir vers un parc d'attraction de la région, des parties de Monopoly et des tournois de Cluedo qui duraient la journée entière quand il pleuvait. Même après la mutation de son père dans l'Ouest, ils retournaient passer le mois de juillet dans le Maine, malgré les plages de galets et l'eau trop froide pour s'y baigner. Joy était allée jusqu'à suggérer de louer cette même maison pour leur lune de miel. Ce qui appelait la Grande Question numéro un : pourquoi Griffin l'avait-il convaincue d'aller au cap à la place ? Puisque l'opportunité leur était donnée de suivre les traces d'un mariage heureux - celui des parents de Joy l'avait été, sans l'ombre d'un doute -, pourquoi choisir l'exemple misérable donné par ses propres parents ?
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kathelkathel   14 novembre 2010
Pour Griffin, qui avait maintenant cinquante-sept ans - à peu près l'âge de ses parents lorsqu'il avait épousé Joy -, les noms de localités du cap avaient gardé toute leur magie : Falmouth, Woods Hole, Barnstable, Dennis, Orleans, Harwich. Ces toponymes le ramenaient à son enfance, au siège arrière de la voiture familiale, où il avait passé une bonne partie de sa jeunesse, sans ceinture, les bras posés sur les sièges avant, à tendre l'oreille pour attraper des bribes de ce qu'ils se disaient sans jamais essayer de l'inclure dans leurs conversations. Non pas qu'elles l'aient intéressé tant que ça, mais il était conscient que se prenaient là des décisions ayant des conséquences directes sur sa vie, et, s'il les interceptait assez tôt, peut-être aurait-il l'opportunité de donner son avis. Malheureusement, le simple fait que son menton soit posé sur l'appuie-tête semblait l'exclure d'emblée. Dans l'ensemble, les informations qu'il glanait ne valaient pas tant d'efforts. "Wellfleet, disait par exemple sa mère, le nez dans un atlas routier. Pourquoi est-ce qu'on n'a jamais essayé Wellfleet ?" L'année où Griffin entra en seconde, celle de leur dernier séjour au cap, ils avaient déjà ratissé les locations saisonnières de la région. Chaque été, au moment de rendre les clés à l'agence, on leur demandait s'ils envisageaient de revenir l'année suivante. Ils répondaient toujours par la négative, et Griffin commençait à douter que cet endroit rêvé existe pour de bon. Il finit par conclure que le chercher leur suffisait peut-être.
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   19 juin 2019
Pas de doute, ses parents étaient des locataires dans l'âme. Les demeures d'enseignants titulaires étaient luxueuses, et leurs loyers bas, du moins jusqu'à ce que la rumeur se répande que les Griffin n'avaient aucun respect pour ce qui ne leur appartenait pas. Un professeur qui rentrait d'un congé sabbatique en Europe avait découvert que son service en porcelaine pour dix couverts n'en comptait plus que sept, un autre que son fauteuil Queen Anne préféré avait été remisé dans le sous-sol humide avec un pied en moins. "Quand on est partis pour Paris, il y avait un mixeur sur le plan de travail de la cuisine." Et la mère de Griffin de répondre : "Ah, le tas de ferraille", comme si son propriétaire devait la remercier d'avoir fait un sort à cette machine diabolique. Mais le pire avait été cette magnifique maison victorienne qu'on leur avait prêtée. La seule exigence de la vieille dame à qui elle appartenait était qu'ils veillent à ce que les canalisations n'éclatent pas pendant l'hiver. Si la température tombait au-dessous de zéro, leur avait-elle expliqué, il leur faudrait ouvrir le robinet de la cuisine avant d'aller se coucher. Ce scénario semblait l'obséder car, ayant appris que l'hiver était rude, elle avait appelé deux fois d'Italie pour s'assurer que tout allait bien. "Cette vieille peau ne se rend même pas compte qu'elle projette sa frigidité!" avait dit la mère de Griffin en raccrochant. "Les canalisations, mon cul, avait ajouté son père. Elle voulait surtout nous en mettre plein la vue avec sa Toscane alors qu'on est coincés dans ce putain d'Indiana." Cette nuit-là, des vents de l'Arctique balayèrent la région. Les canalisations avaient éclaté, et le lendemain matin, tout le rez-de-chaussée était inondé.
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   21 juin 2019
_ "Qu'est-ce que c'est que tout ce boucan ? voulut savoir sa mère.
_ De la musique. Je suis au mariage, maman.
_ Quel mariage ? Tu m'as dit que tu allais disperser les cendres de ton père.
_ Je t'ai dit plusieurs choses. Tu n'en as retenu qu'une.
_ Quelque part dans le Nord, je crois. Sandwich, peut-être.
_ Ce n'est plus tout à fait le cap, rectifia Griffin. Tu détestais Sandwich. Tu ne veux pas qu'on le jette dans le canal, pendant que tu y es ?
_ Qui ça, on ? C'était une suggestion. fais comme tu l'entends.
(..)
_ Maman, il faut que je retourne au mariage.
_ Tu ne m'as pas dit ce que tu en pensais.
_ De quoi ?
_ North Shore. Même si je dois reconnaître que ton idée du canal commence à me plaire.
_ En quoi ça t'intéresse ? Tu veux bien me le dire ?
_ Parce que si tu le disperse dans le Nord, tu pourras me mettre dans le Sud.
_ Maman, on a eu beaucoup de conversations absurdes, mais celle-ci bat tous les records.
_ Je serais plus à l'aise de savoir que nous avons le cap entre nous, ton père et moi, chacun son côté."
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   21 juin 2019
Toutes les deux semaines, Laura recevait un e-mail et elle attendait quelques jours avant de répondre pour ne pas qu'il se méprenne sur ses intentions, même si elle aimait avoir des nouvelles de sa famille, de ses cours, de ses petits boulots. Elle apprit aussi à lire entre les lignes, et à interpréter la modestie de Sunny (il n'était pas "bon" en cours, mais excellent), son optimisme (l'état de son père n'allait pas "vers une amélioration", mais se dégradait), son stoïcisme ("il s'entendait bien avec plusieurs de ses professeurs", ce qui voulait dire qu'il n'avait pas d'amis). Il y avait beaucoup de jeunes filles belles et intelligentes dans ses cours, admettait-il, mais la plupart étaient prises et de plus, sa mère tenait à tout prix à ce qu'il épouse une Coréenne qu'il ferait venir aux Etats-Unis. Cette perspective ne l'enthousiasmait pas, certes, mais tant qu'il ne rencontrerait pas quelqu'un qui l'aimerait en retour, il ne voyait pas l'intérêt de faire de la peine à sa mère en rejetant l'idée d'un mariage arrangé.
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Videos de Richard Russo (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Richard Russo
« David Hedges était vraiment dans une mauvaise passe. Soren l?avait quitté après cinq ans de vie commune, il avait pris du poids, et entre ces deux faits navrants il s?était réveillé un matin en s?apercevant qu?il n?avait plus vingt ans. Ni quarante. La dernière personne dont il s?attendait à avoir des nouvelles, c?était bien Julie Fiske. Oh, Julie. À partir des bribes d?informations qu?il avait pu assembler, il était parvenu à la conclusion qu?elle était heureuse : un mari (le second), une fille adolescente, une grande maison au nord de Boston donnant sur l?océan. La vie avait finalement bien tourné pour elle, semblait-il. Il s?était inquiété par le passé qu?elle n?ait choisi la mauvaise voie et joué de malchance, après l?erreur qu?avait constituée l?expérience aussi brève que malavisée de son premier mariage. Avec lui. » Quand David reçoit un appel de son ex-femme pour qu?il l?aide à planifier l?avenir universitaire de sa fille, lui dont c?est le métier, il n?hésite pas une seconde. Rien ne le retient à San Francisco. Alors il rejoint Julie à l?autre bout du pays, et tous deux reprennent exactement là où ils en étaient trente ans plus tôt : à finir chacun les phrases de l?autre.
« Un mélange à la fois riche et subtil de personnages hauts en couleur, de dialogues hilarants et de critique sociale acérée. » Richard Russo.
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