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EAN : 9782264034892
432 pages
Éditeur : 10-18 (29/08/2002)
3.65/5   60 notes
Résumé :


Auteur dans sa jeunesse d’un roman qui connu un semblant de succès, William Devereaux Jr. ne peut se résoudre à accepter son destin d’enseignant dans la médiocre université de Railton, Pennsylvannie.

Ce n’est pas tout : persuadé que sa femme le trompe avec le doyen de l’université, il découvre que l’une de ses filles est sur le point de divorcer et, pire encore, que sa secrétaire va publier un roman chez son propre éditeur.
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
viou1108
  20 mai 2013
William Devereaux fils (Hank pour les amis) a bientôt 50 ans, est marié, a deux filles dont l'une en train de divorcer, une mère envahissante, un père prodigue, un poste de directeur du département de Lettres d'une obscure université de Pennsylvanie, des allergies et une prostate défaillante. Il a également à son actif un roman de jeunesse qui a eu assez de succès pour qu'on lui en parle encore 20 ans plus tard. Propriétaire d'un chien nommé Occam (comme le rasoir), d'un humour pince-sans-rire ravageur et d'une propension irrésistible à la vacherie, Hank est généralement considéré comme un guignol par ses collègues, jamais très sûrs d'eux quand il s'agit de distinguer entre moquerie et gentillesse, bluff et vérité.
A première vue, rien de bien palpitant dans tout ça : crise de la cinquantaine et démon de midi, problèmes de famille et de santé, popote interne des campus américains avec aberrations administratives, alliances stratégiques et coups bas inclus, étudiants ados attardés, manipulations médiatiques et questionnement autour du « qu'avons-nous fait de nos rêves de jeunesse ? ».
Et pourtant, moi, ça me plaît beaucoup. D'abord parce que c'est Richard Russo, un des grands auteurs américains actuels à mes yeux. Ensuite, pour l'ambiance, très différente de celle du Déclin de l'empire Whiting, et très jouissive : le narrateur fait tourner son entourage en bourrique, et manie l'autodérision à tour de bras. Parfois subtil, parfois franchement hilarant (demandez à mes voisins de métro), l'auteur se moque de tout ce petit monde qui a la fâcheuse tendance de ne tourner que sur lui-même. le « héros » de cette histoire, qui cache sous son costume de clown de service des questions existentielles, rappelle, par sa lucidité, son mal-être et ses problèmes de tuyauterie, celui de L'épopée du buveur d'eau de John Irving (un autre de mes chouchous).
Enfin, bref, j'aime ces auteurs qui écrivent des histoires aux personnages consistants et attachants, qui les racontent simplement mais avec style, sérieusement mais sans oublier la légèreté et le sourire.
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le_Bison
  27 février 2012
La miction (du latin mingere, « uriner »), l'action d'uriner, désigne l'élimination d'urine par la vidange de la vessie. Comme beaucoup de fonctions liées à la génitalité humaine, la miction est désignée par de nombreux termes familiers et argotiques, en particulier pisser.
Quel bonheur de commencer une chronique par une telle définition. Imaginez donc un roman traitant de ce sujet si sensible et si délicat qui encombre de façon incongrue toutes les perspectives des hommes mûrs. Se retrouver seul devant ses responsabilités ses choix professionnels et familiaux son urinoir et attendre que cela vienne, écouter le silence à la recherche d'un bruit furtif, signal d'un caillou projeté sur la faïence de cette cuvette, libération d'un urètre bouché, nouvelle vie qui démarre.
Je me retrouve dans un campus universitaire américain, des plus classiques et banals. Rien de prestigieux, juste un trou perdu de Pennsylvanie, en compagnie de William Henry Devereaux fils, un professeur quinquagénaire en proie avec sa prostate, avec ses disciples, avec ses collègues et le budget de son service. Folie du monde, furie des hommes, des femmes et des entre-deux, tous se déchaînent sur ce pauvre Hank. Ce dernier n'est pas en reste, et tous les coups bas, et attaques verbales sont les bienvenus pour rabaisser ses collègues et pour mettre à l'honneur une carrière professionnelle complètement ratée dans une existence totalement médiocre. Constat d'échec d'un quinquagénaire pour lequel sa vie lui a totalement échappé et pour lequel la seule porte de sortie pour gagner un pouce d'honneur semble être la dérision, l'ironie et la mauvaise foi. Rien ne me sera épargné, à mon grand ravissement, jusqu'à imaginer un William Henry Devereaux fils tordre le coup à une oie devant les caméras d'une télévision locale chaque jour que Dieu fait, jusqu'à l'obtention de son budget par l'administration universitaire.
430 pages de pur bonheur, de fous rires et de répliques totalement déjantées. Un drôle de portrait de l'Amérique profonde et une critique acerbe de son système universitaire. J'ai adoré ce William Henry Devereaux fils, excellentissime dans la mauvaise foi et la mise en boite de ses collègues. Protagoniste admirable, je n'ai cessé de sourire de ses actions, de le suivre rampant, tel un espion, dans les faux plafonds jusqu'à l'espionner dans les toilettes, seul face à son urinoir et ses pensées. Est-ce que tous les romans de Richard Russo ont cette dérision co(s)mique ? Pas sûr, mais sa plume, drôle et désabusée, m'a enchanté avec sa verve désopilante. Un pur délire, un surprenant délice.
Drôle, caustique, désopilant, désabusé...
Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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BonoChamrousse
  20 janvier 2018
Voilà une critique féroce du monde universitaire américain par un narrateur totalement cynique en pleine crise de la cinquantaine.
C'est drôle, parfois méchant (surtout pour vous messieurs 😂) et on passe un excellent moment de lecture...
Un livre différent des autres Russo et qui, par moment, m'a fait penser à Irving ou à Roth 🤔
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carre
  17 janvier 2012
Encore une fois, Richard Russo nous enchante à travers ce portrait d'un homme qui arrivé à la cinquantaine voit de nombreuses certitudes séécrouler comme un château de sable. La crise de la cinquantaine va être douloureuse. J'y arrive et cela m'inquiête !!!
Russo s'amuse à passer ces compatriotes au microscope de nos questionnements. le tout sur un ton désabusé, souvent très drôle, sincère et surtout extrémement juste. Russo réussit une fois de plus un grand roman.Jubilatoire. Découvrez son oeuvre c'est vraiment formidable.
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Fantasio
  07 juillet 2010
J'aime énormément cet écrivain dont j'ai déjà lu deux romans magnifiques : LE DÉCLIN DE L'EMPIRE WHITING et UN HOMME PRESQUE PARFAIT et un recueil de nouvelles un peu moins convaincant : LE PHARE DE MONHEGAN et je dois dire que ce très bon livre me conforte dans mon opinion. de l'humour certes mais au service d'un récit où l'on voit les différents protagonistes qui se débattent, prisonniers d'une existence assez médiocre d'universitaire sans grande envergure. le narrateur, William, qui est aussi le « héros » du roman, essaye par une dérision de tous les instants, de soigner son mal-être. Son ironie mordante se retournant souvent contre lui.
UN RÔLE QUI ME CONVIENT est tout à fait typique de ce que donne la (bonne) littérature américaine : critique féroce de la société universitaire américaine et de ses enseignants, de l'ennui dans lequel s'engluent la classe moyenne d'une petite ville et des luttes intestines et souvent dérisoires de professeurs désabusés par leur métier.
Les aventures cocasses de William H. Devereaux Jr. nous divertissent grâce à leur drôlerie omniprésente mais n'empêchent pas ce gros livre passionnant et intelligent de poser de véritables problèmes et de montrer que l'enseignement supérieur américaine n'a pas forcément l'excellence que l'on lui prête parfois.
Ce livre est un pur régal !

Lien : http://lefantasio.fr
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   27 février 2012
...je me dirige avec hâte aux toilettes, au fond du couloir, où je me retrouve face à l’implacable miroir à attendre mes mictions. Entre-temps, trois étudiants se présentent, se déboutonnent, pissent, se reboutonnent et partent sans se laver les mains, alors que je n’ai pas bougé et que je médite ces choses de la vie que les jeunes croient acquises. J’ai tous les symptômes du vieillissement - insomnie, craquements et raideurs articulaires (dans les neurones aussi). Je sais que bien des hommes plus âgés que moi confessent veiller la nuit, solitaires et patients, assis comme de vieilles femmes sur le siège fatidique à trois heures du matin, à attendre et attendre, jusqu’à ce qu’ils s’endorment, la tête dans les mains, pour s’éveiller plus tard en sursaut au son de leurs urines. A quelques semaines de la cinquantaine, il semble que je sois bientôt membre de ce club.
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viou1108viou1108   09 août 2015
Lily serre le volant et je retrouve sur ses phalanges nerveuses une vérité que je connais depuis longtemps - que le monde est divisé en deux sortes de gens: d'un côté les enfants qui souhaitent en grandissant ressembler à leurs parents, et de l'autre ceux qui font tout pour le contraire. Aucun n'arrive à ses fins.
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viou1108viou1108   11 mai 2013
Mais les gens vraiment reconnaissants, satisfaits, n'établissent pas de listes de reconnaissances. Pas plus que les gens heureux n'écrivent les raisons pour lesquelles ils le sont. Ils sont suffisamment occupés à le rester.
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bombyliusbombylius   13 décembre 2013
je me dis soudain que Lily est superbe.Mince, sportive, épanouie.Elle fait un jogging tous les jours , et si comme moi elle souffre de courbatures, elle n'en dit jamais rien. Elle pense peut-être que se plaindre après l'effort est trop typique des hommes. Lily n'a pas en général une trop haute opinion des comportements virils.
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nenette87nenette87   15 février 2017
Je rappelai à Lily que Rourke me détestait bien avant que je lui refuse un terrain, que sa haine pour moi était prédéterminée, qu'il est après tout un rationaliste aliéné, que son domaine de référence (la poésie anglais du XVIIIe siècle) est le plus ennuyeux de l'histoire de la littérature, que c'est un catholique apostasié et un séminariste raté, qu'il est incapable d'évacuer la vieille théologie qu'il méprise aujourd'hui, et qu'il est constipé comme un jésuite. Si je l'avais laissé s'établir à côté, notre promiscuité lui aurait fourni des dizaines d'autres raisons de me haïr. Libre d'épier mes allées et venues, il aurait même été capable cette fois de trouver le moyen de m'assassiner et de maquiller la chose en accident. Alors que maintenant, s'il se mettait en tête de me tuer, il lui faudrait traverser la rue, passer devant la maison de l'ex-femme de Jacob Rose, devant celle de l'ex-femme de l'entraîneur de football, et devant celles d'autres ex-femmes de mes connaissances. Je considère toutes ces ex-femmes comme mon ultime ligne de défense.
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