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ISBN : 2866810929
Éditeur : Editions Les Deux Océans (01/10/2001)

Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
enkidu_enkidu_   07 mars 2016
L'extase est l'oiseau de la théophanie qui s'est envolé du nid de Dieu. Il agite les ailes et sonde les cœurs de ceux qui recherchent. S'il voit la fidélité au pacte, il descend à cet endroit porter la lettre munie du sceau de Dieu. Mais s'il ne voit pas de sincérité, il ne montre pas le visage dans ce lieu étranger. La réalité de l'extase est telle qu'aucune de ses pratiques n'est réprouvée par le fondateur de la loi, le prince des extatiques. Elle est permise à ceux qui n'ont pas atteints mais interdite à ceux qui font des efforts pour l'obtenir, parce que c'est le lieu du tourment, le repaire des lions. C'est le bout de la rue des amants. Cent mille brigands sont tombés sans vie tués sous la palissade de la cour royale du bien-aimé. Les extatiques sont frappés d'impiété dans les révolutions incessantes des secrets. Tous les amants sont aliénés par l'ami lors de la descente de la théophanie, parce qu'eux-mêmes sont celui qu'ils sont. Dans l'assemblée de ces amants il se doit d'y avoir les brodeurs aux visages de lune, les Khusraw de la connaissance mystique, les témoins de contemplation de Chine, les amoureux de Perside, la musique de Byzance, la crécelle franque. Il y faut le musc du Tibet et le bien-aimé de l'empereur de Chine.

C'est là que le sabre acéré doit passer sur les lèvres. Ce phénomène ne se produit que pour les plus forts des amants, parce que leur transport a lieu dans le conseil de l'exil. Il est avéré qu'ils ont regardé dans la condition créaturelle par l’œil de la condition seigneuriale, et qu'ils n'ont pas regardé dans la condition seigneuriale par l’œil de la condition créaturelle. Ce sont les oiseaux royaux qui volent dans le conseil du bien-aimé autour du trône du royaume de la surexistence de « Gloire à moi! » [= Abû Yazîd Bistâmî]. La parole qu'ils prononcent est l'égoïté, la nourriture qui les fait vivre est l'unicité. Ils restent sobres en buvant le vin de la stupeur, et ils sont ivres dans l'océan de la majesté. Seigneur ! quelle couronne portent ces princes ! Seigneur ! qu'ils sont vaillants ces braves ! Content soit le cœur qui est leur ! (pp. 245-246)
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enkidu_enkidu_   07 mars 2016
Que la rose de la beauté créaturelle élève ces rossignols pérennes jusqu'aux branches de la majesté ; que le rossignol de « ne suis-je pas [votre seigneur] ? » [Cor., VII=171] chante les secrets de l'amour créaturel à ces oiseaux du trône ; que la main de l'automne de la fureur renonce à toucher au jardin du printemps de leur amour ; que dans la demeure de l'union la lune de leur affection soit écartée du nuage de l'exil ; et que lorsque perdant le souffle à cause de l'immersion dans l'extase, le toit du trône soit le tapis que foule leur sandale. Que dans la lointaine maison de la proximité le phénix (Sîmurgh) de leur unité soit libéré du trouble de la nouveauté. Que le cercle de l'existence soit poli par le reflet de leur beauté, et qu'à l'instant de la rencontre intime avec le bien-aimé la sphère des êtres soit le globe solaire de l'esplanade de leur désir.

C'est qu'en effet ils sont les candélabres des attributs dans les tabernacles des versets, les oiseaux des esprits saints dans les corps humains, les traces du briquet des déterminations individuelles qui sont tombées dans la fissure tissée de mensonges de la forme corporelle. Ce sont les hommes de l'étendue désolée de la prééternité qui se ruent dans le désert de la nouveauté, les oiseaux de la condition seigneuriale qui se sont envolés du nid de l'unité et qui ont placé la tête sous le joug de la condition créaturelle. Ils sont la ligne de la vérité qu'ils ont écrite dans ce volume tortueux. Ils sont la flèche de sainteté qui tirée de l'arc de gloire atteint la cible de la forme corporelle, les vagues des océans de la prééternité qui battent les côtes du néant, le courant du fleuve de la providence qui fait croître la lumière de la connaissance mystique dans le champ labouré des phénomènes, la flamme des gloires de la théophanie qui porte à ébullition le chaudron de l'amour incréé dans la cuisine de l'esprit.

Dieu a habillé leurs esprits avec les lumières de l'unicité, et a revêtu leurs consciences secrètes de la splendeur de l'individualité. Il a oint leurs yeux avec le collyre du royaume de gloire, et il leur a fait parcourir les esplanades du royaume angélique. Il leur a versé à boire du vin de la plus grande dignité et les a fait siéger dans les assemblées de la plus grande proximité. Il les a distingués en leur accordant le dévoilement des contemplations, et ils leur a attribué en propre les visitations des dévoilements. Qu'ils nous accorde la faveur de les rencontrer avant la mort comme après la mort, car c'est lui qui est apte à exaucer puisqu'il a le pouvoir sur eux tous s'Il le veut. (pp. 173-174)
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enkidu_enkidu_   07 mars 2016
J'affirme, et je demande assistance à Dieu le Très-Haut [que] lorsqu'Il S'éleva - que Sa majesté soit exaltée - depuis l'orient de la prééternité, et qu'Il Se dévoila au néant par Sa science, Il ne vit rien d'autre que Lui-même. Il s'émerveilla à la vue de Sa beauté, et Il éloigna Ses attributs les uns des autres. Il donna forme à Ses amants, jusqu'à ce qu'ils jouissent d'être unis à Lui, et qu'ils se réjouissent de Sa surexistence. De par Sa volonté créatrice, Il désira créer les esprits de Ses prophètes et de Ses amis, ainsi qu'Il l'a dit que Son nom soit magnifié - « J'étais un trésor caché et j'ai aspiré à être connu ». Il puisa dans la mer du kâf et du nûn. Il répandit [ce qu'il avait puisé] dans le chaudron de la puissance divine, et Il alluma dessous le feu de l'amour incréé (mahabba). Alors la crème de la réalité phénoménale s'enflamma et [y] fut précipitée. Elle devint si pure qu'elle se mit à briller d'elle-même. Il l'illumina d'une lumière issue de Sa lumière, ainsi qu'Il l'a dit - que Son nom soit exalté - « Quand bien même nul feu ne l’effleurerait, lumière sur lumière » [Cor: XXIV=35]. Et il plaça cette clarté au repos au sein des lumières de la réalité prééternelle et de la pureté perpétuelle. (p. 98)
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