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ISBN : 2226328629
Éditeur : Albin Michel (27/03/2019)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 30 notes)
Résumé :
Melody Shee, la narratrice, commence son récit à la douzième semaine de sa grossesse. Semaine après semaine, tandis qu’elle sent le bébé bouger à l’intérieur d’elle, elle raconte ses peurs et sa douleur, puis parle de son père, un homme bon à qui elle préfère cacher la vérité pour ne pas le briser ; de sa mère énigmatique aujourd’hui disparue ; de son mari manipulateur qui a des relations sexuelles avec des prostituées. Se débattant avec ses démons intérieurs, la je... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  15 mai 2019
Irlande,
Elle est mariée, a trente-trois ans et est enceinte de son élève, un garçon de dix-sept ans d'une famille des gens du voyage, à qui elle apprenait à lire et à écrire. Bref, une situation compliquée, guère réjouissante vu l'issue qu'elle prévoit et elle est seule.
Dans un long monologue intérieur, Melody nous ouvre son coeur, nous fait découvrir sa vie et ses ressentis à partir de la douzième semaine de sa grossesse. L'occasion aussi pour elle de faire l'autopsie de sa relation avec son mari Pat, qui du grand amour déviera à la haine, ou presque, sa relation avec son père, et régler ses comptes avec son passé.
Mais rien n'apaise Melody, qui ayant commis un acte instinctif et même abusif, pense que quelque chose ne tourne pas rond chez elle ("There's something very badly wrong with me"). Elle est pleine de rage envers elle-même et les autres, dont son mari et sa belle-mère ("I wish I could be normal, or dignified at least, and keep my madness to myself."), et comme la plupart des humains elle peine à contrôler ses instincts, ce qu'elle appelle une de ses anomalies. Et surtout ce qui se dégage de ce texte poignant c'est une grande solitude. Mari parti à l'annonce de la nouvelle, mère décédée, meilleure amie disparue à cause d'elle, seul un père aimant, qu'elle hésite à solliciter..... le réconfort, elle le cherche dans une jeune fille de dix-neuf ans, un peu médium, une autre de la communauté des gens du voyage, à qui elle apprend aussi à lire et à écrire.
Dans le fond toute cette histoire n'a rien de particulier, et le personnage de Melody n'est pas des plus attachants; c'est le fait que ce soit un homme qui parle à travers cette femme qui la rend relativement intéressante. Ryan en profite aussi pour philosopher un peu sur la vie, l'amour, le mariage et l'amitié, et ce qu'il en pense n'est pas des plus enthousiastes. Bref, c'est surtout la forme et la langue qui donne son sel à ce récit. Un style plaisant et fluide au discours indirecte, épicé de british-irish qui fait sourire. de la belle Littérature, mais à mon goût un peu trop romancé, surtout la fin.

“These are all just bits and fragments, shards; no one can tell the story of a life or a friendship or a death or a marriage day for day for day.”
(Ce n'est que des bribes, fragments, tessons; personne ne peut raconter l'histoire d'une amitié, d'une mort, d'un mariage jour par jour par jour.)
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Jeanfrancoislemoine
  20 mars 2019
Avant de vous parler de ce roman , qu'il me soit permis de vivement remercier Babelio et les éditions Albin Michel qui m'ont fait le grand plaisir de me l'adresser dans le cadre d'une Masse Critique Privilégiée.
Et encore avant de me lancer , "un argument de vente" m'a un peu , disons , irrité . Je vous le livre : " un roman exigeant ,ambitieux , et à même de toucher un vaste lectorat FEMININ ". Je suis un homme et j'ai beaucoup aimé . Je ne poursuivrai pas le débat , je note , c'est tout ( mais pas sans arrière-pensée ...)
L'héroïne principale , c'est Mélody . Elle attend un bébé dont son mari , Pat , n'est pas le père . Non , le père , c'est Martin , un jeune appartenant à la grande famille des " gens du voyage " à qui elle donnait des cours . Pat la quitte . Mélody , submergée d' émotions négatives surgies du passé , veut mourir mais ce n'est pas si facile quand on porte la vie en soi . On va suivre avec attention les étapes de sa grossesse et avec elles vont surgir des souvenirs ,tragiques pour la plupart.....Des personnages vont se succéder dans la sphére proche de Melody et , parmi eux , son propre pére , un personnage d'un charisme et d'une humanité incroyables , un personnage qui de par son âge , possède un regard unlque sur les choses et les êtres. Les autres ne dégagent pas la "même force " , la même sympathie , je vous en laisse juges.
On va pénétrer dans le plus intime de Mélody et c'est peut - être cette intimité qu'on destinerait à un lectorat feminin ? Hum...pas convaincu .
Le style est percutant , sans bavardages inutiles , direct , bien en harmonie avec l'histoire , mêlant sans distinction les pensées de Mélody et les paroles .Il faut bien entendu garder en mémoire qu'il s'agit d'une traduction.
L'intérêt du roman est aussi de nous présenter quelques aspects de la vie quotidienne des gens du voyage et leur " sens de l'honneur " qui aura un rôle essentiel au moment de tourner les dernières pages . le dénouement viendra tout logiquement clore une histoire qui , il faut bien le dire , frôle souvent le tragique, l'incroyable , le dramatique.
Voilà un ouvrage qui a bien plu à l'homme que je suis . J'attends avec impatience les prochains avis et , surtout , ceux des amiEs babeliotes . Quant aux amis , rassurez moi avant de partir pour cette " balade irlandaise "peu conventionnelle . Et attention , prenez votre parapluie . En Irlande , le soleil est magnifique mais .... incertain et rare . Quand il pleut , il pleut bien et ça secoue ...comme dans ce livre , quoi.
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Fleitour
  15 septembre 2019
De semaines en semaines se déroule le scénario de "Tout ce que nous allons savoir", dernier roman de l'Irlandais Donal Ryan. C'est le scénario le plus simple de la vie, il commence le premier jour de la conception d'un bébé, il se termine le jour de l'enfantement. Paradoxalement existe-t-il dans la nature un scénario plus complexe, plus délicat à conter que celui d'une femme, qui à la septième semaine va sentir quelque chose d'imperceptible, un mouvement, un léger déplacement, le poids de l'ombre.

Cette ombre va bousculer toute une vie, celle Melody la future maman, mais il faudra attendre le terme du neuvième mois pour célébrer sa naissance.
Une autre ombre plane, celle des gens du voyage, Martin Toppy a dix sept ans, il est le père de l'enfant à naître, et son propre père est une personnalité reconnue de la communauté du voyage. Les tensions sont palpables dans la petite cité irlandaise. Que s'est-il passé entre Melody Shee, et Pat son mari ?

Donal Ryan s'est emparé de ce scénario, pour parler aux femmes, à deux femmes, l'une Mary, essayant désespérément de concevoir, et de sentir s'arrimer le fœtus, comme après une délicate couvaison, puis une autre femme Melody qui après deux fausses couches a senti son ventre se réveiller.

Dans la plupart des romans on identifie facilement les bons des méchants, on les suit, on les traque, jusqu'à leur faire avouer leurs dernières tentations, les unes perverses, les autres miraculeuses.
Avec sa voix de stentor Ryan réveille l'humanité de chaque personne, mêle et entrelace leur histoire familiale, dans sa multiplicité douce ou orageuse. Les coups de sang en majuscule dans le texte, frémissent de cris et de jurons comme ceux de vieux routiers. Dans le cœur de chacun de ses personnages qui tour à tour sera cruel ou généreux, sourd ou attentif, fidèle ou infidèle, la complexité des sentiments des femmes et des hommes est restituée, leurs capacités d'être des hommes justes ou de piètres parents testée.

Ryan ne fait pas de cadeaux lorsqu'il fait dire à Melody : " j'ai toujours été une salope mais maintenant je suis une salope cinglée. Une vraie salope devenue folle. Et aussi une pute, au fait. "

Il ne fait pas non plus de cadeaux à l'entourage familial, quand il se fait le l'écho des non-dits page 118 : " le soupçon courait, elle le savait au fond de son cœur et de son âme, selon lequel elle aurait été flétrie de l'intérieur par un autre homme et les Clothery auraient été au courant depuis le début qu'elle ne pouvait pas accueillir la vie dans son ventre et ils auraient dupé tout le monde,"

Il anime au diapason du récit, la langue anglaise avec une dextérité d'acrobate et de jongleur passant de la boutade,  "tout ce qu'il a rapporté de l'école, c'est des poux", à de la tendre ironie, celle du père moqueur qui tendrement s'amuse à dire à sa fille, "tu as failli pleurer devant tant de gentillesse, tu as la vessie près des yeux".

Deux histoires qui se nouent et se dénouent avec justesse, comme une délicieuse façon de tendre la main pour caresser le ventre qui s'arrondit pour apaiser une blessure qui n'en finit pas de sourdre.
Les affres que suscitent les tentatives de fécondation du couple de Mary, comme les rapports avec Martin Toppy le jeune père de l'enfant à naître, sont vécus à travers des mots où s'impriment la délicatesse de Dolan Ryan.

La joie, peut être le bonheur, la vie sûrement s'imposent avec une clarté bleutée que nous parcourons les yeux écarquillés, parfois un peu chiffonnés d'avoir trop lu.
On ne saura jamais tout, ni tout ce qu'il fallait savoir, car l'essentiel nous échappe, l'émotion est si dense et si intense que les mots nous fuient, mais le plaisir du lecteur nous le portons très haut, le cœur brisé et l'esprit comblé.
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Biblioroz
  19 mars 2019
Pat, le mari de Melody, est parti lorsqu'elle lui a annoncé qu'elle était enceinte…d'un autre. Elle tait l'identité du père, une folie passagère, un garçon timide et triste de dix-sept ans, appartenant à la communauté des gens du voyage et à qui elle apprenait à lire.
Arrivée à la douzième semaine de grossesse, elle écrit les perceptions de son corps, ses faits et gestes, son envie d'en finir. Puis, de semaine en semaine, au rythme de ce petit être qui se développe en elle, ses confidences éclatent et s'enchaînent en une véritable introspection. Est-elle dérangée, mauvaise, cruelle ?
Elle écrit l'amour initial, fort et fusionnel, pour Pat. La dérive vers les violences verbales, le mépris, les reproches des fausses-couches, tous ces mots destructeurs qui ont fait irruption dans leur couple.
Elle écrit l'amour immérité que son père lui voue, ce père plein de compassion. Cette relation est admirablement décrite par l'auteur qui a su faire jaillir de ces passages la tristesse, l'inquiétude, et surtout tout l'amour de ce père résigné.
Elle écrit sa culpabilité envers son amie d'enfance tragiquement disparue.
Et puis, elle va vers le campement des gens du voyage et y rencontre Mary, jeune femme rejetée. Elle va découvrir les règles qui régissent leur monde de nomades et espère y trouver « un répit à son état sans grâce ».
L'écriture est chaotique, en adéquation avec l'état d'esprit de Melody. Des phrases de longueurs tout à fait inégales déversent parfois des flots de faits, comme une délivrance. Ses pensées multiples, indisciplinées, nous sont livrées au fil de l'eau d'où un récit non structuré où dialogues et texte se mêlent mais sans jamais nous perdre.
C'est un récit d'une grande sincérité, l'histoire d'une vie confrontée à des fautes dont le poids semble soudain trop lourd à porter. Melody écrit ses comportements inexplicables sans faux-fuyant.
Une vie, des vies tout à fait réalistes qui se rencontrent avec des blessures reçues ou données.
L'auteur sait véhiculer les émotions. J'ai été surprise par sa faculté à mettre en scène des personnages qui, malgré leurs défauts, n'occasionnent aucune antipathie chez le lecteur. J'ai également apprécié sa façon de tisser des liens profondément humains au milieu de faits pourtant empreints de noirceur. On se laisse mener par les écrits de Melody jusqu'à son émouvant post-partum. L'originalité de la plume sied parfaitement à cette confession intimiste.
Un roman fort qui traite de nombreux défauts humains mais d'où la beauté latente ne peut laisser indifférent !
Tous mes remerciements à Masse Critique et aux éditions Albin Michel pour la découverte de ce nouveau roman irlandais.
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montmartin
  20 mars 2019
Tout au long des semaines de sa grossesse Melody, la narratrice alterne entre le passé et le présent. Un passé tumultueux et dramatique. Breedie son amie de toujours qu'elle va trahir et qui finira par se suicider. Pat le premier garçon qu'elle a embrassé, avec le temps ils ont fusionné pour ne faire plus qu'un. Même dans les années de haine, ils n'ont cessé d'être proches. Pat, son mari avec qui elle n'a pas pu avoir d'enfant est un salaud, un bâtard de bon à rien qui va voir les prostituées en ville. Martin 17 ans, son élève, il est le père de l'enfant que porte Mélodie. Martin a quitté le campement, mais Mélodie va y faire la connaissance de Mary répudiée par sa famille et son mari. Mary qui a le don de ressentir les choses.
Je me suis laissé facilement entraîner dans ce récit dramatique porté par la puissance des deux personnages principaux Melody et Mary. Des personnages secondaires comme Breedie l'amie délaissée et le père de Melody m'ont également interpellé.
J'ai apprécié cette incursion dans le monde des gens du voyage, une communauté régit par le sens de la famille et de l'honneur, où les mariages sont arrangés, où les conflits se règlent d'homme à homme, un monde clos à l'intérieur d'un autre monde.
Chez Donal Ryan comme toujours les personnages ne sont pas vraiment sympathiques, ils ont des relations toxiques et destructrices parsemées de malheurs voir de tragédies. Avec son écriture toujours aussi fluide, il réussit à nous captiver. J'ai vraiment passé un bon moment à la lecture de ce roman qui parle de trahison, de passion, de violence, et aussi de la condition des femmes.
Merci aux éditions Albin Michel et à Babelio pour leur confiance.
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critiques presse (1)
LeMonde   27 juin 2019
Le nouveau prodige de la littérature irlandaise, âgé de 43 ans, puise son inspiration dans le monde rural et populaire, d’où il vient. En témoigne Tout ce que nous allons savoir. Résultat poétique garanti.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
FleitourFleitour   14 septembre 2019
Le soupçon courait, elle le savait au fond de son cœur et de son âme,
selon lequel elle aurait été flétrie de l'intérieur par un autre homme
et les Clothery auraient été au courant depuis le début
qu'elle ne pouvait pas accueillir la vie dans son ventre
et ils auraient dupé tout le monde, p 118.
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BookycookyBookycooky   14 mai 2019
Some people stay married for lifetimes, decade after decade, great skelps of centuries together until they’re almost in the same skin, growing into each other, shrinking to each other’s sizes and shapes, speaking with one voice, clinging fast together, dying days or hours apart. Love doesn’t come into it.
( Certaines personnes restent mariées toute une vie, décennie aprés décennie, ensemble dans les feuillages des siècles jusqu'à qu'ils se muent dans la même peau, poussant l'un dans l'autre, se rétractant à la mesure et la forme l'un de l'autre, parlant d'une seule voix, se serrant l'un contre l'autre, mourant à quelques jours ou heures près. Il n'est nulle question d'amour dans tout ça).
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BookycookyBookycooky   13 mai 2019
We fastened ourselves too tightly together; we were two people sharing one life, so we had only half a life each.
( Nous étions trop fusionnel ; nous étions deux personnes partageant une seule vie,
donc chacun n’avait qu’une moitié de vie.)
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montmartinmontmartin   18 mars 2019
Il y a des gens qui restent mariés une vie entière, une décennie après l'autre, de grandes plages de siècles passées ensemble jusqu'à habiter presque la même peau, déteignant l'un sur l'autre, se réduisant à la taille et à la forme de l'autre et parlant d'une seule voix, comme collés ensemble , mourant à quelques jours ou à quelques heures d'intervalle.
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AllilyAllily   25 mars 2019
Breedie Flynn devrait encore être de ce monde, une scientifique ou une chirurgienne ou une actrice ou une grande romancière, mais je lui ai préféré d’autres filles, et je me suis détournée d’elle la seule fois où elle m’a demandé pourquoi, et je sais qu’elle pensait à moi au cours de ses derniers instants, aussi vain que cela paraisse, parce qu’elle m’aimait et que je lui avais brisé le cœur. J’aurais pu sauver Breedie Flynn. Mais les filles populaires du lycée la détestaient, et je ne pouvais appartenir à leur groupe si je restais son amie, alors je l’ai rejetée comme les autres, et on l’a fait pleurer tous les jours. Je leur ai raconté des choses qu’elle m’avait confiées sous sa couette, ma main dans la sienne, et quand elle m’avait demandé : Tu promets, Melody, tu ne diras rien à personne ?, j’avais embrassé sa joue mouillée et je lui avais caressé les cheveux et j’avais promis.
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Videos de Donal Ryan (3) Voir plusAjouter une vidéo
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EUPL 2015 Interview with Donal Ryan
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