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ISBN : 2812605499
Éditeur : Editions du Rouergue (17/08/2013)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 17 notes)
Résumé :
Ce livre est né d'une révolte.
Un homme vient de sortir de prison, un autre tente de l'aider à reprendre pied dans la vie sociale. Ils s'échangent des lettres. Le condamné raconte les chemins qui l'ont mené derrière les barreaux. Il dit surtout qu'on n'en sort pas, que l'acte qu'il a commis l'a fait entrer dans une prison plus vaste, qui l'efface de la société.
Qu'est ce qui, dans l'histoire dramatique, attire l'autre ? En qui correspondent-ils ?
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Annette55
  03 juin 2014
Ce livre est né d'une révolte.
Il relate un rechange de lettres entre un professeur d'université: le narrateur: Arnaud Rykner,et un ex- détenu, professeur, jugé et condamné pour une tentative de meurtre contre une femme qu'il aimait, un amoureux éconduit, Éconduit et violent, avec entre les lettres, son ressenti.
Ce n'est pas un roman social, l'auteur ne désire pas donner de leçons, c'est beaucoup plus que cela.
L'auteur se révolte contre le refus par l'Éducation Nationale de réintégrer en son sein, l'ex- détenu, professeur, qui a purgé sa peine.
Il s'identifie et rejette la bonne conscience, et, plus profondément encore il explore avec force nos enfermements!
Un texte intense et court qui nous pose des questions peut- être sans réponses:
Sort -on un jour de prison même après une libération?
Pouvons nous vivre libres ou demeurons nous toujours enfermés?
Arnaud Rykner nous conduit à une réflexion sur sa propre prison intime ainsi que sur l'autre:
"Qu'est ce que je fais d'autre,qu' inventer cette figure de "bagnard"que je fantasme à partir de clichés, de peurs,d'images plus ou moins éculées, plus ou moins justes. Et puis, faisons -nous autre chose, jamais, qu' inventer ceux que nous côtoyons, leur coller des identités?Qui peut dire qu'il atteint l'autre, en face de soi?
En contrepoint il nous questionne aussi sur la double peine infligée à ceux qui connurent la prison:peine pénale purgée, il leur faut encore payer, en étant tenu à l'écart de la société, à cause du casier judiciaire, l'ex- détenu parle:"Au dehors, c'est peut- être pire qu'au dedans."
"Comment pouvais- je comprendre que dehors n'existerait plus pour moi?
"Comment pouvais- je nommer ce Dedans dont je ne peux m'échapper?"
La lecture de ce roman émouvant, fluide et facile sauf si certaines tournures,répétitions,retour à la ligne, m'ont un peu gênée questionne :
Qu'est que la liberté?
Peut- on être enfermé à vie?
L'ex - détenu sort libre d'une prison dont il ne sortira jamais?
Combien de temps un homme doit - il payer sa dette à la société ?
Arnaud Rykner a perdu toutes ses illusions sur le bon fonctionnement de l'institution.
Il s'agit d'une expérience intense, intellectuelle et humaine qui dérange...
Une écriture dépouillée, juste et forte, une indignation réelle, un désespoir intime, un ouvrage qui se lit d'une traite, qui fait réfléchir et qui nous interpelle, par rapport aussi au métier d'enseigner!
Un opus pas habituel ni anodin semblable à l'écriture du "Wagon",autre livre fort de l'auteur que j'ai eu l'occasion de rencontrer en 2013.

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Seraphita
  24 octobre 2013
Un détenu récemment libéré écrit à un homme qui l'aide à se réinsérer dans la société. Par le biais des mots, des lettres qui s'échangent, c'est une correspondance qui se noue. Mais au-delà des mots, le trouble va s'installer dans l'esprit du destinataire. L'ancien détenu tente de se libérer par l'écriture du regard oppressant, dévaluant, des hommes du dehors, et, ce faisant, il va tendre à l'homme censé l'aider le miroir de ses propres enfermements. Car cette correspondance vient poser à chacun la question cruciale de ce en quoi ils correspondent l'un et l'autre.
J'ai pu lire « La belle image » d'Arnaud Rykner dans le cadre de l'opération « Masse critique » organisée par Babelio.
« La belle image » est l'histoire d'une mutation, d'une conversion d'un homme, pas forcément celui auquel le lecteur pourrait s'attendre. le style des lettres va venir en rendre compte. Au départ très soigné, érudit, porteur de multiples références littéraires, il se libère petit à petit, au fur et à mesure que l'image est interrogée, que le miroir se brise. Comme si la contenance de départ, d'un soi social lisse, venait s'éroder faisant jaillir un « je » libéré d'un masque social. Et avec ce « je », c'est le jaillissement, l'explosion d'une rage aussi intense qu'était l'effort réalisé pour la contenir, la pressuriser en soi. Alors l'écriture et ses convenances volent en éclat et les mots se heurtent presque, le style se libère, laissant la déraison parler, et avec elle, une poésie en deçà, au-delà des mots.
« La belle image » est une intrigue touchante, emplie d'énigme, d'une empathie qui se mue au fil des mots en sympathie. Proximité déraisonnable qui semble conduire à l'envers de la « belle image ». Un récit qui nous conduit à nous interroger sur nos propres prisons, en premier lieu, notre enfermement en nous-même, qui nous conduit, parfois, souvent, à nous fuir en fuyant…
Je tiens à remercier Babelio ainsi que les éditions du Rouergue pour cette belle découverte.
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claraetlesmots
  24 septembre 2013
"Cette histoire donc, encore une histoire vraie. Et fausse aussi. (…)
Mais ce livre est né d'une révolte. de cette sorte de mort légale infligée à un homme qui avait purgé sa peine. « Double peine » qui ne dit pas son nom. Comment croire à la société si la société ne cesse de se mentir à elle-même et ne croit plus en ceux qui la composent ? Notre vie est faite de tous ces chemins que nous n'avons pas pris : tournée à droite quand il fallait tourner à gauche. On ne choisit pas la forêt. Je voulais seulement faire un livre impossible à aimer. Sans morale, sans issue. Ce livre n'est pas un livre "social", encore moins "politique". Il ne veut pas donner de leçon. "
Ces extraits sont de la postface que j'aurai pu citer en entièrement tant elle m'a fait réfléchir comme ce livre d'ailleurs. Ce roman est basé sur une histoire vraie. L'auteur a correspondu avec un homme sorti de prison.
Dans ce livre, un homme est libéré après avoir purgé sa peine de prison. Derrière les barreaux, il a entamé une correspondance avec un universitaire car il voulait effectuer une thèse sur la littérature. Sa première lettre d'homme libre est destinée à cet universitaire. Il a payé sa dette par une longue peine de prison. Mais les barreaux de prison sont remplacés par des barreaux invisibles : regards gênés, l'impression de plus exister dans cette société qui implicitement ne veut plus de lui. Il est libre seulement sur le plan juridique. L'universitaire se fait réceptacle de ses pensées sans jamais oser formuler ses questions. Pourtant, il en a. L'homme le devance, sans se chercher d'excuse ou l'absolution.
Dans cette correspondance on découvre pourquoi il a été emprisonné. Cet enseignant a tenté de tuer une femme. Une histoire d'amour rompue, d'un amour passionnel, qui l'a poussé à commettre cet acte. Maintenant, Il veut juste exister.
Et les questions de cet homme vont engendrer chez son correspondant d'autres questions, réveiller des peurs et des doutes. Qu'est-ce ce que la liberté ? Peut-on être emprisonné dans sa vie ?
L'écriture est tout simplement magnifique ! Sans aucune fioriture, porteuse de réflexions. Ce roman bouscule et nous questionne. Une lecture à méditer !

Lien : http://fibromaman.blogspot.f..
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jostein
  07 novembre 2013
" Je voulais seulement faire un livre impossible à aimer. Sans morale. Sans issue."
Voilà ce que Arnaud Rykner s'est engagé à écrire suite à sa correspondance avec un professeur en prison souhaitant faire une thèse sur la Littérature. Inutile de dire que cet homme n'est pas un délinquant mais il a commis une faute pour laquelle il doit payer. Parce que les lettres sont d'une grande pudeur, que le rédacteur tente de ne pas trop se plaindre mais recherche plutôt une écoute sincère, l'auteur se reconnaît de plus en plus en cet homme meurtri, identifié à jamais par son acte, enfermé même en liberté sous le regard des autres.
" de toute façon, l'image, ce sont les autres qui me la fabriquent, et de celle-là, je ne pourrais jamais me défaire."
Alors que l'un tente de se refaire une place dans une société qui le rejette, l'autre crie sa rage et sa révolte contre ces hommes qui jugent et continuent à réduire à néant celui qui a déjà payé sa dette.
Sans défendre un homme qui a commis un acte répréhensible, faut-il le faire payer éternellement son égarement ?
C'est un récit personnel pesant tant par la lassitude de l'homme banni que par l'égarement de l'écrivain.
" J'aurais beau partir au bout du monde, c'est toujours moi que je trouverais, et c'est ce que je fuis."
Mais c'est un texte très beau où les mots ont la force de l'incompréhension, de la révolte face à cet homme libre d'une prison dont on ne sort jamais.
Lien : http://surlaroutedejostein.w..
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blandine5674
  27 novembre 2014
Récit troublant et dérangeant de cette correspondance entre deux hommes. L'un sort de prison pour un acte qu'il a commis par amour, dont il a été jugé et condamné. Enfin la liberté ? Mais maintenant il va falloir affronter ses semblables et surtout l'éducation nationale pour y subir une double peine.
L'autre correspondant est l'écrivain Arnaud Rykner, professeur à la Sorbonne, son alter ego. Histoire vraie et fausse comme il est dit dans le livre.
Texte coup de poing qui donne à réfléchir sur la liberté, la prison, la justice, la tolérance, la vie, le mal être, la reconstruction et l'enfermement.
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
Annette55Annette55   03 juin 2014
C'est la sanction la plus juste qu'ils recherchent comme si je n'avais pas été assez sanctionné. En fait, ils sont morts de peur à l'idée que l'opinion, les parents d'élèves, les politiques, les journalistes,n'importe qui, si j'étais réintégré, " découvre mon" passé" ou plutôt mon passif.
"Un ancien taulard fait la classe à nos enfants", ils s'imaginent déjà les gros titres.
Comme si ils ne pouvaient faire face à ça, comme si ce n'était pas leur devoir d'apprendre aux autres ce qu'est la justice, et qu'un crime ne peut être commis deux fois.
Mais ce n'est Pas la justice qui les intéresse,il n'y avait qu'à les voir brandir le code administratif. Ils ne jugent pas. Ils administrent.
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SatoriSatori   01 septembre 2014
J'ai toujours haï ceux qui regardent, haï les badauds qui s'arrêtent en pleine rue, haï ceux qui se repaissent des accidents de la route, jouissent de pouvoir de dire, devant la carcasse calcinée, la civière qu'on emporte, "Je n'en suis pas", "Ce ne m'est pas arrivé à moi"' en même temps qu'ils jouissent de ce qu'ils pourront raconter plus tard, comme s'ils étaient partie prenante d'une grande aventure.
Tout ce peuple à vomir, de la compassion nombriliste, ce peuple auquel je n'échappe pas.
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Charybde2Charybde2   28 avril 2014
C’est vrai pourtant, j’ai aimé son image de la bouteille à la mer. Je m’y suis retrouvé. Et si ça n’avait pas été le cas, il n’aurait pas eu moins de raison de m’inventer, comme il dit. C’est un juste retour des choses. Qu’est-ce que je fais d’autre, en écrivant, que me mettre "dans la peau" d’autrui, faute de pouvoir vraiment habiter la mienne ? Qu’est-ce que je fais d’autre, qu’inventer cette figure de "bagnard" que je fantasme à partir de clichés, de peurs, d’images plus ou moins éculées, plus ou moins justes. Et puis, faisons-nous autre chose, jamais, qu’inventer ceux que nous côtoyons, leur coller des identités ? Qui peut dire qu’il atteint l’autre, en face de soi, l’autre à côté de soi, au plus près de soi, et jusqu’à qui partage son lit ?
Je sais que je suis étranger à tous ceux que j’aime. Peut-être surtout à ceux que j’aime plus que tout. Ils me sont inaccessibles. Je leur suis inaccessible. Tous perdus. Désespérément lointains. On se tend la main, au-delà des miroirs qui nous séparent, mais qu’est-ce qu’on attrape ? qui l’on touche ? à qui l’on parle ?
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SatoriSatori   01 septembre 2014
Je m'aperçois qu'il m'a donné la chance de cet echange écrit que j'aurais rêvé avec toi, que l'amour même a rendu impossible. On n'écrit que parce qu'on edit loin. Proches, l'ecriture devient mensonge, artifice. Fiction. Il faut de la distance pour pouvoir tendre le bras vers l'autre. Proches, il n'y a plus que le manque à dire, comme dans ces Romans d'amour par lettres ou le roman s'arrête quand les amants sont réunis. Car alors tout est fini.
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SatoriSatori   01 septembre 2014
On peut m'enlever le droit de bouger à ma guise, d'aller et venir, de voyager, de disparaître au milieu de la foule. Peut-être est-ce juste, peut-être est-ce normal. Mais comment a-t-on pu me forcer à rester là, visible au milieu de tous, sans le donner de quoi justifier ma propre vie, sans rien qui donne un sens à mon enfermement? Le rien, voilà ce dans quoi on m'a jeté.
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Video de Arnaud Rykner (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Arnaud Rykner
Arnaud Rykner - Dans la neige .Arnaud Rykner vous présente son ouvrage "Dans la neige" aux éditions du Rouergue. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/rykner-arnaud-dans-neige-9782812610301.html Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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