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ISBN : 1586489291
Éditeur : PublicAffairs,U.S. (29/03/2011)

Note moyenne : 3/5 (sur 1 notes)
Résumé :
At the heart of Africa is Congo, a country the size of Western Europe, bordering nine other nations, that since 1996 has been wracked by a brutal and unstaunchable war in which millions have died. And yet, despite its epic proportions, it has received little sustained media attention.

In this deeply reported book, Jason Stearns vividly tells the story of this misunderstood conflict through the experiences of those who engineered and perpetrated it. He... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
YvesParis
  05 février 2013
Le livre de Jason Stearns a reçu des critiques élogieuses de la presse américaine (Wall Street Journal, New York Times, Washington Post, Foreign Affairs …) Elles sont amplement méritées. Il constitue probablement l'ouvrage le plus complet, et surtout le plus captivant, jamais écrit sur le conflit congolais et ses avatars. Un conflit qui, sur un territoire grand comme l'Europe de l'Ouest, opposa pendant près de six ans pas moins de neuf Etats et causa environ 5 millions de morts.
Le succès de ce livre tient à sa qualité d'écriture. Selon une recette typiquement américaine, Jason Stearns entremêle à des analyses politiques classiques des pages quasi documentaires où il décrit le contexte dans lequel ses interviews se sont déroulées. Cette pratique est bannie en France où l'on apprend au jeune doctorant à s'effacer derrière son sujet. Les auteurs américains ne s'embarrassent pas de telles prescriptions et n'hésitent pas à écrire à la première personne. Ils tangentent parfois avec le récit de voyage. Ainsi du livre de Jason Stearns qui évoque immanquablement les récits de Lieve Joris, tels Danse du léopard (2001) ou L'heure des rebelles (2006), remarquables descriptions, pleines de finesses et d'humour, de la tragédie congolaise. On pense aussi à la trilogie de Jean Hatfeld sur le génocide rwandais .
Sous la plume de Jason Stearns, les guerres congolaises s'incarnent. Les anecdotes qu'ils rapportent sur Laurent Kabila (il avait transféré les réserves de la banque centrale dans ses propres toilettes) révèlent un dirigeant falstaffien qui ne sut jamais troquer le treillis de chef de guerre contre le costume de chef d'Etat. Son fils, Joseph, lui est en tous points dissemblable – au point que sa filiation soit périodiquement mise en doute. Passionné de jeux vidéo (l'ambassadeur de France l'avait affublé du sobriquet de « Nintendo ») et de voitures de course, timide jusqu'au mutisme, il a pourtant réussi, grâce à l'appui de la communauté internationale, à restaurer la paix ardemment désirée par ses compatriotes.
« Comme les pelures d'un oignon, la guerre du Congo se subdivise en plusieurs guerres » (p. 69). Gérard Prunier nous les racontait avec son ébouriffante érudition, au risque de nous y perdre . le livre de Jason Stearns n'est pas seulement une succession de vignettes sympathiques mais éclaire les ressorts et les rebondissements des deux guerres que connut successivement le Congo. La première débute en novembre 1996 lorsque les forces rwandaises arment la rébellion dirigée par Laurent-Désiré Kabila, vident les camps de réfugiés hutus agglutinés à la frontière des Kivus et provoque l'écroulement du régime honni du maréchal Mobutu huit mois plus tard. La seconde débute en août 1998 lorsque le nouveau chef d'Etat congolais décide de se débarrasser de son trop encombrant parrain rwandais et doit au soutien de ses alliés zimbabwéens et angolais de ne pas être renversé.
En bon Américain qu'il est, Jason Stearns ne se satisfait pas du fatalisme qui entoure souvent les études congolaises depuis Au coeur des ténèbres de Joseph Conrad. Plutôt que d'accumuler les vignettes macabres, il veut trouver « une explication rationnelle à un conflit chaotique ». La carence de l'Etat, mise en avant par l'auteur, en est peut-être une. Les tueries aux Kivus renvoient à un stade pré-leviathanesque où « l'homme est un loup pour l'homme ». Ils évoquent plus la Guerre de Trente Ans que la Seconde guerre mondiale. Or, la création d'un Etat hobbesien prend du temps. le Congo en construira-t-il un rapidement ? L'absence d'esprit civique chez les dirigeants congolais, plus préoccupés par leur survie à court terme que par le bien-être de leurs administrés, augure mal de l'avenir.
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